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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 01:39

 

 

Idée de musique pour la lecture 

 

 

 

 

 

 

 

- Ce qui est bizarre c'est que je me souviens de plein de détail insignifiant, comme les peluches dans mon lit à mon réveil ou le bruit des marches quand je suis descendue, alors que le reste est embrouillé. Je vois encore exactemment l'état du salon mais je serais incapable de décrire les... Assaillants.

 

Sa voix, s'étant attenué au dernier mot, s'éteignit déjà. Revivant cette scène quaisiment chaque nuit, un flot d'image la visitant sans crier gare au détour d'une simple conversation ou lui tombant dessus en de candide situation, ce n'était pas tant d'y penser qui la désarçonnait mais de poser des mots sur ses souvenirs. L'articuler semblait rendre cette réalité plus crue, plus douloureuse. Cette nuit prenait à vie, à nouveau. Prenant une seconde grosse bouffée d'air, elle se décida à reprendre :

 

- Depuis le cadre de la porte, j'ai regardé ma mère qui se tenait sur le perron. Elle avait seulement posé sur ses épaules un manteaux avec le symbole du clan brodé dans le dos. Reste à l'intérieur, trésor, m'a t-elle demandé. Malgré sa voix calme, je sentais que quelque chose clochait. Je voulais reculer mais j'arrivais pas à bouger. Il faisait nuit noire et seules les lanternes éclairaient la rue. On entendait des bruits étouffés, lointain. J'aurais pas pu dire ce que c'était. Papa est allé voir ce qu'il se passe, a t-elle dit, il a vérifié que tu étais bien couverte avant de sortir, c'est ça qui a du te réveiller. 

 

Son père fut l'un des premiers à sortir de chez lui. Peut être que sans cela Rin n'aurait pu le raconter. Si aucun mauvais pressentiment ne l'y avait poussé, sa fille aurait t-elle connu le même sort que bien des enfants de l'allée principale comme d'autres rues, plongés dans un sommeil éternel depuis le fond de leurs lits ? 

 

- C'est la ou je les ai vu. Des ombres déboulants de toutes parts. J'avais l'impression qu'elles flottaient au dessus du sol tant elles se deplaçaient vite. Sans un bruit. Je sais pas si c'est la terreur qui m'a déconnecté ou si ce silence était réel. Elles se sont faufilées dans les maisons plus loin. Dans un calme plat, effrayant. Et dans la foulée, une multitude d'autre a surgit. Droit vers chez nous et les maisons autour. Pour nous. 

 

Malgré la brise tiède lui caressant la peau, elle sentit un frisson glaciale lui traverser l'échine, comme si le terrible froid de cette nuit la l'avait suivit jusqu'ici, retrouvé et tentait de l'engloutir à nouveau. Remontant presque inconsciemment ses jambes du vide, ses genoux vinrent se coller à sa poitrine. Alors qu'elle n'avait cessé de regarder dans le vague, Gaara, lui, ne pouvait s'empêcher de la dévisager. Jamais il n'aurait pu imaginer que les événements s'étaient déroulés ainsi. Il comprenait enfin pourquoi tout le monde, y compris son père, parlait de massacre et non d'attaque. Ca n'avait rien d'une attaque. Point de bataille ni de défaite comme il l'avait cru. Une intrusion dans des maisonnées endormies, des innocents abattus de sang froid, de grands Shinobi aux éminentes valeurs décimés sournoisement. Piégés dans leurs jolies demeures. Un carnage, voila ce que c'était. Tant d'infamie supplantait sa vision des choses. Même lui laissait une chance à ses victimes de se défendre - techniquement du moins -  jamais il n'avait attaqué en traitre et d'ailleurs rarement le premier. 

 

- Maman m'a prise dans ses bras et en un clin d'œil on s'est retrouvés plusieurs pavillons plus loin, devant chez Haku. Tout le monde disait qu'elle et Satomi étaient drôlement rapide, c'est bête mais sur le coup j'ai seulement pensé que je comprenais pourquoi. Je sais pas si elle les appelés pour qu'ils sortent ou quoi, j'étais comme à l'extérieur de moi même. Dans une bulle. Un cauchemar. La situation me dépassait. Par dessus ses épaules, je fixais les ombres qui entraient dans les maisons. Tu sais, dans le Quartier, je crois que personne ne les fermaient à clé, après tout, à quoi bon ? En vivant ainsi, entre nous je veux dire, de qui pouvait-on se méfier ?

 

Il lui sembla que son cerveau avait donné un vague ordre de sourire jaune, muterie de la part de sa bouche ou incapacité à s'exécuter, mystère, toujours était-il qu'elle reprit avec un visage de marbre inchangé :

 

- Dans le pavillon d'en face je pouvais les voir à travers les fenêtres. Des silhouettes plus noires que la nuit. Avancer. Chercher. Monter à l'étage. J'ai même pas remarqué quand ma tante et Haku sont sortis, j'ai juste entendu ma mère lui dire : Prend les enfants, emmène les... Et pas la fin. Sa voix fut recouverte par les hurlements. Déchirant le silence de la nuit. Retentissant de toutes les maisons. D'atroces hurlements lancés comme d'un corps. Je crois avoir crier aussi, je sais plus trop. Ma mère m'a serré très fort avant d'essayer de me poser mais je suis agrippée. Je voulais pas la lâcher. J'avais bien trop peur. Elle m'a murmuré : Sois sage, tout se passera bien, maman veillera sur toi. Je me suis encore plus collée à elle, enfouissant mon visage dans ses cheveux qui sentaient si bon. Je sentais son cœur battre la chamade contre le mien.

 

De ses bras elle enserra ses genoux dans une vaine tentative de calmer l'emballement présent de son cœur, la peur s'y immiscant. Le pouvoir des mots articulés de vive voix lui sembla ne pas avoir de limite, allant jusqu'à la submerger des sensations d'autrefois. Comme pour lui faire comprendre qu'elle ne craignait plus rien ici, le désert qu'elle chérissait tant lui envoya une légère bourrasque mêlés de grains de sable, l'enveloppant un instant pour lui insuffler le courage de continuer. Ou du moins ce fut ainsi qu'elle le prit, se sentant soudainement stupide d'avoir laissé une peur irrationnelle se frayer si vite un chemin en elle, elle se répeta intérieurement qu'à Suna rien ne pouvait lui arriver. Elle était trop loin dans l'espace et dans le temps du théatre de ces horreurs. Et puis, au plus profond des plaines arrides, entre les montagnes et remparts de la Cité, aucun mal ne pouvait pénetrer. Rassurée, mais sentant toujours son coeur résonner comme un tambour de guerre dans sa poitrine, elle se força à reprendre :

 

- Surgissant de nulle part, j'ai entendu la voix de la Shinobi aux aiguilles de glace dont je te parlais tout à l'heure qui semblait venir du bas des marches. Fébrile, tremblante. Ils sont trop nombreux, on a pas pu les retenir, j'ai eu tellement peur que vous soyez... Ils sont partout, ils... Que son ton ne soit pas placide comme d'ordinaire m'a effrayé plus encore que ce qu'elle a dit, je crois que c'est pour ça que maman l'a coupé, lui demandant ou était Satomi. Elle a bredouillé : Sur la place avec ton mari et une poignée d'autre. Ils combattent des hordes entières. Ca m'a fait un tel coup à l'estomac que j'ai cru que j'allais vomir. J'ai levé la tête, elle paraissait complétement sous le choc et j'ai vu qu'il y avait des eclaboussures de sang sur sa joue. C'est la ou j'ai bel et bien compris que ces ombres n'étaient pas des sortes de spectres mais des humains. Des êtres humains qui faisaient ça à d'autres êtres humains. Je me suis sentie encore plus mal et j'ai pas pu résister quand ma mère m'a posé. Immédiatement ma tante m'a attrapé par la main, tenant son fils de l'autre et nous a fait la suivre. Au bas des escaliers, la Shinobi lui a mit à la ceinture le Katana de cérémonie que lui avait offert Satomi. Assez petit et très beau. Déjà barbouillé de sang. La soeur de mon père n'était pas une Ninja mais elle savait se défendre. Sa main tremblait si fort. M'éloignant de ma mère, j'ai hurlé de toutes mes forces. Maman, maman, maman. C'était hystérique. Maman veille sur toi. Elle le répétait tandis que les silhouettes s'approchaient d'elles, les encerclant. Le ressassant de moins en moins fortement jusqu'à la murmurer. Elle était éclairée par la douce lumière de lanterne juste au dessus d'elle et, quand ses yeux ont prit leur teinte mauve, ils étaient plein de larmes. J'ai du arrêter de tourner la tête vers elle pour pouvoir mieux courir. Avec les fracas que j'ai entendu, j'ai compris qu'elles deux luttaient déjà. 

 

En la laissant aux soins d'autrui en pareille circonstance, en étouffant son instinct le plus profond, sa mère avait fait preuve d'une force de volonté dépassant l'entendement. Se séparer la chair de sa chair, du joyau de son existence, est de loin l'acte demandant le plus de détermination et provoquant la plus vive des souffrance qu'un être puisse connaitre. Et la plus belle des preuve d'amour. Pour protéger son enfant ainsi que le reste du clan elle n'avait d'autre choix que de combattre. Repousser la menace était le devoir incombant à son rang. Elle ne pourrait que veiller sur sa fille de loin, faciliter sa fuite. Qu'importe ce qui lui arrivait à elle, son Trésor devait s'échapper. De plus cette tentative désespérée aurait plus de chance d'aboutir en l'éloignant d'elle, elle en était douloureusement consciente, sachant pertinemment que sa renommée dans le monde Shinobi faisait d'elle une prise de choix. Des meutes entières d'assaillants se jetteraient sur elle. Comme des loups enragés, assoiffés de sang, s'en prenant à une biche esseulée pour s'assurer la victoire. Voulant remporter cet insigne honneur, chacune de ces créatures brûlait sous le désir d'être celle qui lui arracherait les yeux et finirait pas anéantir cette glorieuse existence. Pas pour une quelconque justice mais simplemen pour le pouvoir. Ce fut donc avec la pensée que telle était l'aboutissement de son brillant parcours que sa mère contempla son Trésor disparaître dans la nuit. 

 

- Ce sont elles qui les ont empêchés de nous atteindre sur plusieurs mètres. Sauf que plus loin les individus encapuchonnés sortaient déjà des maisons. On a essayé de biffurquer dans d'autres rues. C'était inutile. Partout pareil. La dans ma tête tout est confus. Je veux dire pas que maintenant, dans ma mémoire, mais sur le coup aussi parce que... C'était le chaos. L'écho des combats, les hurlements s'élevant des quatre coins du Quartier... Le chaos. J'étais terrifiée, choquée. Dans les souvenirs floues que j'ai de ce moment, il y a une image qui est parfaitement gravée. Katsuro, un des meilleurs Jônin du clan, une entité à lui seul, se tenant debout devant chez lui, stoïque. Il avait les yeux écarquillés, comme s'il était surpris, et à la foix vitreux. Et la main droite sur sa gorge. Sa gorge qui n'était plus qu'une plaie béante. Entre ses doigts ruisselait du sang rendu noirâtre par l'obscurité. 

 

Pétrifié, Gaara ne parvenant pas même à formuler un début de pensée, l'avait fixé articuler les dernières phrases sans la moindre émotion dans la voix. En y repensant plus tard, il mettrait l'impassibilité déconcertante de Rin sur le compte du contrecoup, un choc si violent qu'il annihilerait tout espèce d'émotion, comme si son état d'esprit se calquait sur celui qu'elle décrivait. 

 

- Si on s'en est sortis, c'est qu'on se faisait protéger au long de notre avancée. De la glace éclatante fusait de toutes parts pour empêcher les ombres de nous approcher. Même s'ils étaient pas très nombreux au total, les rares qui ont pu sortir de chez eux à temps, je n'ai vu que certains de leur visage. Harei, Ikue, Nowaki. Je sais quand même pas trop comment on a pu réussir, mais on a rejoins une rue semblant abandonnée, ils étaient dans les maisons ou venaient d'en sortir j'en sais rien, lorsque tout à coup ma tante nous a envoyé valser entre un muret et bosquet de buisson, elle-même s'étant dissimulé derrière une statue. J'ai entendu des bruits de pas étouffés par la neige, se rapprochant de plus en plus, jusqu'à ce qu'ils cessent. J'ai fermé les yeux  de peur. Comme si ça pouvait me rendre invisible. L'espace d'un infime instant c'est leur respiration juste devant les buissons que j'ai entendu. Ils avaient du sentir notre présence. On allait se faire débusquer. Et un cri de ma tante a resonné. Elle s'était jetté sur eux avec le Katana et la force du désespoir. Osant ouvrir les yeux, j'ai vu entre les feuillages un des agresseur s'effondrer. Elle nous a hurlé de courir. A peine je m'étais levée que Haku fusait déjà pour tenter de protéger sa mère. Tout petit qu'il était il s'est retrouvé à deux doigts de se faire trancher la tête lorsque des rafales de Shuriken de glace ont fendus l'air, dégommant la bande. Sous le coup de la peur, Haku a éclaté en sanglot. Moi j'avais les jambes en coton et la tête qui bourdonnait tellement fort que je suis retombée aussi sec. C'était Fuyuko, le fils du Chef, qui venait de nous sauver. Il avait déjà de nombreuses blessures. Il était aussi mon cousin, mais du côté maternelle. Pour moi c'était un grand, il avait déjà vingt ans. Je l'adorais. Pour rire, on disait qu'on allait se marier quand je serais grande. Il fréquentait une Shinobi du Village qui venait parfois au Quartier. Le genre de relation vraiment rare. Je me rappelle pas de son visage mais je sais que je la trouvais drôlement jolie. Maman disait que ça se voyait dans son regard qu'elle était folle de lui. Une fois elle est venue à une festivité du clan, tout les deux ont joués longtemps avec les autres enfants et moi. J'y avais dansé avec Fuyuko, je le vois encore me dire en rigolant : T'inquiètes pas, ce sera toujours toi ma cavalière préférée. Je me souviens que vers la fin de la soirée, alors que j'étais sur les genoux de mon père entrain de grignoter des restes de gâteau au thé vert dans son assiette, elle a dit à ma mère qu'elle adorait venir parce que, elle, elle avait pas de famille. Sur le coup j'ai levé les yeux vers elle, sidérée. Je comprenais pas qu'une telle chose soit possible. Ca avait eu lieu peu de temps avant... Cette nuit la. Il m'arrive de me demander ce qu'elle est devenue et... Ce qu'elle a du ressentir en apprenant ce qui s'était passé pendant qu'elle dormait tranquillement. 

 

Après une courte pause ou elle tenta de reprendre le contrôle sur sa voix n'ayant cessé de tremblotter - visiblement l'effet de réconfort du désert n'avait pas tenu aussi longtemps qu'escompté, laissant la Genin à la merci de l'écho de ses propres dires -  Rin lui relata la brève crise d'angoisse de sa tante, manquant de s'écrouler et murmurant fiévreusement : La résidence principale est proche, elle est si proche, mais on y arrivera jamais, c'est impossible. Les y emmener, c'était ce que sa mère avait intimé. Rin expliqua alors qu'un pan de la bâtisse, libre d'accès à tout moment, comprenait une pièce spéciale doté d'un passage secret menant à une galerie sous-terraine. Voila pourquoi la demeure fut accolée à la montagne, en y passant dessous l'artère débouchait dehors, à l'extérieur de Kiri. Loin d'une idée de probable évasion, son intérêt se résumait à être un chemin plus pratique pour se rendre dans la forêt environnante ou rentrer dans le Village puisque sa véritable - et supposée unique - entrée se trouvait à l'opposé complet du Quartier, à des lieux donc. Un univers en cet instant. Haku et Rin l'arpentaient fréquemment pour aller jouer aux Shinobi dans les bois. Et la était leur unique espoir de survie. En effet, le Torii marquant l'entrée principale de leur petit village ainsi que toute la zone environnante était d'ores et déjà tombée aux mains ennemies. Ces derniers pensaient avoir piégés leurs proies comme des rats tout juste bon à écraser.

 

- Pour se redonner du courage, elle avait enchainé sur : Qui l'a déjà atteinte ? Qui s'est enfui ? Personne, avait soufflé Fuyuko. Je vois encore ses yeux s'écarquiller d'horreur. Même s'il parlait tout bas, sa voix avait claqué : Ressaisis toi, d'autres arrivent. D'un ton un peu plus doux, il s'est empressé d'ajouter : Traverser les rues est certes impossible mais il y a un autre moyen de s'en approcher. Avant même que je me rende compte qu'il m'avait attrapé, il m'a balancé au dessus du muret. L'épaisse couche du neige ayant amorti la chute, j'ai atteris dans un jardin et dans la foulée Haku est tombé à mes côtés. On a entendu sa mère supplier Fuyuko de rester avec nous. Je peux pas, je dois combattre, répondait-il. Et alors qu'il la soulevait pour qu'elle nous rejoigne, elle a affirmé : Non, tu dois les sauver. Aide moi à sauver mon fils. Rin n'a même pas encore fêté son sixième aniversaire. Lorsqu'il l'a lâché de l'autre côté, elle a articulé : Ne les abandonne pas. Moi je voulais surtout pas qu'il reste seul face au groupe qui arrivait, j'ai cru défaillir de soulagement quand il a sauté devant moi. C'est comme ça qu'on a pu avancer à l'écart du danger, en traversant les jardins. C'était étrange. Les érables pourpres, les petites mares gelées en cette saison, les troncs secs avec des maisons pour les oiseaux, tout y était inchangé, beau et calme comme si rien ne se passait, alors que de par dela les murs et les arbustes enneigés nous arrivait le fracas étouffé des affrontements... Du carnage. Ma tante avait beau tenté de nous reconforter, j'avais l'impression de me noyer tellement j'étais effrayée, je sais pas comment j'ai réussi à mettre un pied devant l'autre. Surtout un moment, j'ai cru que mon coeur allait s'arrêter pour de bon. Elle était passé la première pour me réceptionner et alors qu'elle m'attrapait j'ai vu une silhouette. Déjà qu'il y avait du brouillard, le vent soulevait des tourbillons de neige de sorte que je n'ai distingué qu'une vague forme mi assise mi avachie contre une colonne de la maison. Je la connaissais, cette maison. C'était celle d'Amaya, une amie de mon âge. La semaine d'avant j'avais encore joué dans ce jardin avec elle et Kosaru, son chien. Et la, il y avait quelqu'un.

 

Déglutissant seulement, elle se força à enchainer de suite, sentant qu'avec un infime instant de pause supplémentaire elle n'aurait pas la force de continuer. Qu'importe qu'elle ne maitrise qu'à peine son souffle ou que sa voix soit presque inaudible, il fallait articuler, l'éjecter. 

 

- Le vent a arrêté de souffler et, malgré la pénombre, je l'ai reconnu. Dire que je l'avais d'abord prit pour un assaillant. Immédiatement j'ai couru vers lui. C'était le grand frère d'Amaya. Il... Il venait tout juste de devenir Genin. Des l'instant ou il l'a reçu, il voulait plus lâcher son bandeau. Il nous taquinait tout le temps et nous on l'embêtait aussi, c'était comme ça, c'était bien. 

 

A peine avait t-elle articulé la dernière syllabe qu'une incontrôlable bordée de larme vint lui brouiller la vue. Ces traitres n'avaient pas même eu la décence de lui faire picoter le nez en prévention de leur arrivée. En une fraction de seconde une sensation de déchirement l'écrasa, jusqu'à se sentir submergée, incapable d'enrayer le processus, elle ne put que ployer. Quelques gouttelettes d'un condensé de tristesse s'écoulèrent. Tentant de les réfréner à force de respirations maitrisées, elle comprit que la responsable n'était pas tant la scène contée que sa dernière phrase. C'était comme ça, c'était bien. Avant. Son idylle lui avait été arrachée. Sauvagement. 

 

- La neige était plus blanche autour de lui. 

 

L'écho de ces simples mots se répercuta chez les deux Genins à l'unisson : Le goutte à goutte se mua en véritable trainée de larme d'un côté tandis que de l'autre s'intensifia une sensation de mal être, chaque organe semblant prit de crampe. Tentant d'éviter un regard noyé ou peut être inconsciemment de dissimuler sa mine accablée, il avait d'ores et déjà detourné le regard. Il n'eut pas besoin de le voir pour comprendre que ce qu'il avait redouté s'était produit, dans la voix de Rin se reflétaient ses pleurs silencieux.

 

- C'est tout ce que j'en ai vu. Avant que je ne lève la tête, Fuyuko m'avait attrapé et collé contre lui. Il me maintenait d'une main avec force, crispé. Regarde pas, faut pas que tu vois ça. Regarde pas, il le répetait frénétiquement. Lui devait avoir les yeux rivés dessus. J'ai entendu le bruit sourd d'un corps tombant à genoux dans la neige et d'hystériques sanglots étouffés. Ma tante pleurant contre Haku, l'empêchant aussi de voir. Elle nous a rejoins un peu après dans le jardin suivant. On peut pas le laisser ainsi, a t-elle dit. En revenant, son haut et ses mains étaient tâchés de sang.

 

Rin, la gorge nouée, se tut un instant, s'empêchant pour la millième fois au moins d'imaginer l'état du garçon, de son ancien ami, tandis que des images s'infiltraient déjà dans l'esprit de Gaara, réalisant à quel point les deux adultes avaient été fort. Tout simplement et incroyablement fort. 

 

- Ce sang, il ne m'a pas donné envie de vomir ou de pleurer, non. Je n'ai pas été triste. J'étais trop... Loin de ça. Trop loin dans la peur. On a avancé de quelques jardins encore, j'étais pas même consciente de marcher. C'est à peine si je remarquais que je vivais encore. J'avais l'impression d'être dans un bocal, à voir flou à travers les parois et, dans ma tête, ça vibrait, ça résonnait, comme si quelqu'un tapait sur la vitre. Pour moi, on était piégés. Pas juste au sens de l'espace, plutôt dans une sorte de cauchemar. Le genre ou tu coures en sachant pertinemment que tu vas te faire rattraper, ou le but du jeux est seulement de retarder l'échéance. Et je savais que la fin serait proche. Je pouvais pas imaginer m'en sortir. J'étais persuadée que j'allais finir en tâche de sang sur les mains de quelqu'un d'autre. Tout ce qui me restait, c'était la peur.

 

Finir en tâche de sang sur les mains de quelqu'un d'autre, à ces mots, il se redressa quelque peu, affichant un air étrangement grave. Jamais il n'aurait pu s'en douter. Se douter, en premier lieu, qu'une personne si proche de lui eut pu connaitre une enfance souillée par l'horreur. Se douter qu'un être capable de ressentir et plus encore d'extérioriser le panel complet d'émotion possible, pu partager l'identique pesanteur de la solitude. Et surtout, jamais il n'aurait osé se douter qu'elle, avec tout ce que cela comprenait, eut ressentit, si jeune, une terreur similaire à la sienne. En posant à nouveau son regard sur elle, la respiration au ralentis, sembla se bousculer devant ses yeux un flot d'image de cette année passée, une foule de souvenir tournant uniquement autour d'elle. L'éclatante glace qu'elle faisait jaillir, sa façon de combattre impulsive, presque brouillonne, calquée sur sa façon d'être, son naturel - trop pétillant pour lui - , leurs coups de sang, sa défiance, leurs conversations et même ses amitiés ou autres aventures hautes en couleurs qu'il épiait parfois au Village. Elle, simplement assise à ses côtés en cet instant, avait eut par le passé la certitude que sa vie allait lui être arrachée. Pas en mission, ou le risque était évident, ça n'avait rien avoir, simplement au beau milieu d'une nuit censée être aussi normale que le reste de la semaine. L'indescriptible épouvante devant cette fatalité n'allant pas tarder à s'abattre avait aussi marquée son âme alors insouciante. Par dela leur lien qu'il saisissait alors, lui apparut comme une évidence que la lueur illuminait son regard à elle tout particulièrement. Elle avait ses propres monstres. Les démons de son passé ayant sauvagement ravagé son eden. Rien ni personne, pas même lui, ne pourrait les égaler à ses yeux. De même que la crainte qu'il insufflait n'avait et n'aurait jamais rivaliser avec le spectre de la frayeur ayant prit posession de son petit corps lors de cette nuit. L'infamie le caractérisant jusque dans son nom ne pouvait la frapper comme les autres. 

 

- Je crois avoir même mis du temps à réaliser que l'on s'était arrêté. Dans le dernier jardin. L'ultime semblant de rempart entre nous et l'enfer. 

 

Son regard dur rivé sur son visage de porcelaine qu'aucune larme ne venait plus gâcher s'écarquilla alors. L'enfer, elle l'avait traversé, elle connaissait ses rouages. Et elle en était revenue. Voila ce qui faisait d'elle un être capable d'accepter l'existence abominable qui était sienne. Et voila ce qui faisait de lui un être devant se repentir auprès d'elle plus que quiconque. Ol n'avait cessé de lui imposer des visions d'horreur. Encore et encore. Comme si ce bain de sang n'avait pas suffit à enraciner les tourments en elle. Loin de pouvoir s'apaiser, l'a forçait-il à ne jamais dépasser ce terrible souvenir ainsi que la cruauté de ce monde ? Il trouva soudainement plus étrange encore qu'elle soit la, avec lui. 

 

- En entendant le souffle saccadé de Fuyuko, je suis revenue complètement à moi. Il se tenait au mur d'une main tandis que l'autre était crispé sur son thorax. Ce n'est qu'à cet instant que j'ai réalisé l'ampleur de ses blessures. Particulièrement celle sur son côté gauche, cachée auparavant par son long manteau. Je n'avais jamais vu de la chair lacérée de si près. Alors que je sentais le peu de maîtrise de moi-même flancher et que la vision de ses plaies se brouillait sous les larmes, il a articulé que ça allait, que ce n'était rien de grave. Une petite pause, c'était tout ce dont il avait besoin.

 

Laissant à nouveau pendre mollement une de ses jambes dans le vide, elle semblait ployer sous la force de sa détresse passée. En son fort intérieur, il eut l'impression que quelque chose venait de faire un bond. Non pas que cette chose ne fut tombée, bien au contraire, elle semblait bondir en avant, à l'extérieur de lui-même. Cette chose voulait s'échapper. Aller vers elle. Peut être n'était-ce pas une chose, ni une matière, mais une plutôt une force. Pour la première fois il eut envie de la soutenir. O combien il aurait souhaité être capable.  Un geste. Une parole. Ou ne serait-ce qu'un mot. N'importe quoi. Ne lui avait-il pas fait assez de mal ? N'était-il donc pas fichu de se rattraper un tant soit peu ? Pourquoi ce quelque chose refusait de sortir, de la frôler ? S'en voulant presque autant d'être présentement inerte que d'avoir été sauvage, tant que son estomac sembla se cramper, il ne se douta pas que son simple silence, et par extension sa présence, lui permettant d'enfin se libérer de son fardeau représentait pour elle la plus forte des preuves de soutien. Sa faible voix vide de toute émotion lors de ses dernières tirades vascilla sous le joug des larmes la prenant une nouvelle fois à la gorge lorsqu'elle lui rapporta la scène suivante : Ecartant d'avantage le pan de son manteau, le regard de Fuyuko s'abaissa vers son entaille, cette stupide entaille dont il ne se rappellait pas vraiment la morsure de la lame sous la frénésie des combats et d'ou la douleur venait de se répendre maintenant qu'il s'était stoppé, et le regretta quasiement immédiatement. Le rythme de son souffle qu'il tentait de calmer s'emballa sur le champs. Sans le moindre lien avec la souffrance encore décuplée par ses autres lésions, même la petite fille le devina. Elle l'avait comprit des qu'il eut levé les yeux. Tout en lui rayonnait de peur. Sans doute avait-il su qu'il ne verrait pas l'aube se lever de l'autre côté de la montagne, qu'il n'effleurait jamais ses rêves du bout des doigts et que jamais plus il ne sentirait le corps de sa tendre contre le sien. Peut être venait-il de prendre sa décision. Tenta t-il de se donner la bravoure nécessaire ou simplement de s'apaiser, lui même ne put trancher, seulement certain de vouloir s'accrocher à cet espoir, il s'enquit à voix basse :

 

- Rin, je peux te demander quelque chose ? 

 

Essayant d'enrayer le vile sanglot cheminant en elle, l'intéressée toute tremblante tant la tâche se révélait ardue ne put qu'acquiescer. 

 

- Je veux que tu t'en ailles d'ici. Loin d'ici. 

 

Reprenant du mieux qu'il put le contrôle de son ton haché par les soubresauts de la peur, il continua :

 

- Et que tu deviennes une jeune fille. Une qui sourit. 

 

Alarmée, brusque, irrégulière, tressaillante, ainsi haleta la voix de l'enfant ne pouvant, elle, la maitriser : 

 

- Mais tu viens avec moi. Tu vas venir avec moi. Tu dois...

 

- Tu es tellement jolie quand tu souris. Tu seras encore plus jolie. Loin d'ici. Tu garderas ton sourire. 

 

Pourquoi ne lui répondait-il pas ? Qu'y avait-il loin d'ici ? Le monde n'était-il pas qu'ici ? Allait-il oser la laisser ? Comment le pouvait-il ? Et comment le pourrait-elle ? Pourquoi parlait-il de sourire ? Ne pouvant s'en rappeller, avait-elle seulement déjà souris ? Qu'était-ce qu'un visage souriant ? Serait-elle un jour capable de s'en souvenir ? 

 

- Fais le pour moi. 

 

Non. Elle ne pouvait pas, ni se calmer, de l'emballement de son coeur à ses spasmes, ni dompter sa peur, plus jamais. Non. Elle ne le comprenait pas, rien, elle ne comprenait rien à ce chaos, pas plus que l'obstination du sang de jaillir en cette nuit. Non. Elle ne voulait pas s'en aller, pas avancer, surtout pas les quitter. Non. Elle ne ferait rien pour lui. Non, elle hochait frénétiquement la tête en ce sens. 

 

- Je t'en prie, Rin, écoute moi. 

 

Pas une seule bribe de sa carcasse n'était épargné par les vibrations du refus. S'allonger dans la neige était sa seule volonté. Et alors qu'elle se sentit y glisser, comme happée, il lui aggripa les épaules, se baissant assez pour plonger son regard dans le sien. 

 

- Tu vas devenir une jeune fille. Et quand tu penseras à moi, ne me vois pas comme ça. N'avance pas en ressassant tout ça. Souviens de toi moi lorsqu'on dansait tout les deux. Garde cette image la de moi. Et souris. Je veux que tu souris en pensant à moi. S'il te plaît. Pense à ce qu'on était, nous tous, en souriant. Je te le demande. 

 

Elle verrait l'aube. Il le sentait, le voulait et il s'en chargerait. Elle serait son ultime lutte. A cette pensée, Fuyuko se sentit aspirer par son propre passé, se retrouvant l'espace d'un instant dans la position de Rin alors que son propre père tenait l'exacte sienne, propulsé dans un souvenir ou il n'était qu'un tout frais Genin appréhendant sa première mission. Attendant autant que redoutant ce moment, celui du début de sa vie de Shinobi, sa crainte de toujours s'était évéillée plus jamais. Celle de ne pas être le digne fils de l'hiver. Les mains juchées sur ses épaules autant que son regard ne flanchait pas, Fuyuhito avait prononcé de sa voix grave :

 

- Un Yutsune peut manquer de Force dans un combat, sa Bravoure peut flancher lorsqu'il doit faire preuve d'Honneur, mais, je l'assure sans crainte, aucun ne trahira jamais son nom. 

 

- Pourquoi ? 

 

- Parce qu'un Yutsune peut fléchir. Il peut être blessé. Sa vie peut lui être ôtée. Pourtant jamais un Yutsune ne perdra sa lutte. Tu seras digne de ton clan, mon fils.

 

Un battement de cil avait suffit pour contenir cette réminiscence et, en rouvrant les yeux, la peur n'y avait plus sa place. Il avait, bien des années plus tard, comprit son père. Complètement compris. Elle verrait l'aube. Leur destinée, celle de leur nom, ne pouvait s'éteindre. La lumière devait subsister. La gloire de leur aïeux autant que la grandeur de la dernière lignée continueraient d'irradier. Pleinement. Ainsi le carnage, sordide, dépravé, répugnant, ne devait entâcher sa voie. Cette ombre indécente et odieuse, Rin devait la laisser se faufiler, l'envelopper, glisser autour d'elle, sans jamais qu'elle l'engouffre. Etre hanté par cette nuit mais ne pas se faire consumer par elle, tel serait son fardeau. Pour leurs âmes, leurs mémoires et le propre salut de l'enfant. Conscient de ce qu'ils lui imposaient, tous autant qu'ils étaient, à lui permettre de voir l'aube, Fuyuko vouerait son dernier souffle à prier pour qu'elle en ait la force. Parce que Rin incarnerait l'étincellant mythe des Yutsune. 

 

- Tu peux faire ça pour moi ? Répéta t-il seulement.

 

Submergée par la vive lueur de son regard, l'aura de la détermination, sa propre volonté s'en fut saisit au plus profond d'elle même, comme ravivée. Le comprenait-elle inconsciemment ou ne fut-elle que pousser par le courage de son aîné, qu'importe, puisque Rin sentit alors jaillir en elle l'envie d'acquiescer. Lénifiée, elle obtempéra et hocha doucement la tête. 

 

- Je crois en toi. Depuis ton premier souffle, on croit tous en toi. Cette réalité jamais ne changera. Alors tu devras garder foi en toi. En ce que tu es. Je serais toujours à tes côtés. Nous serons tous avec toi. Toujours. Pour que tu restes tel que tu es. Tu comprends, mon ange ?

 

La main de sa tante - venant de prononcer ces paroles qui parvinrent à Rin maintenant qu'elle s'était légèrement calmée - se posant alors mi sur son épaule et mi sur la main d'ores et déjà présente de Fuyuko, serra fortement celle du jeune homme. Sans nul doute se comprenaient-ils par dela les mots. Une ombre de sourire se dessina sur son visage strié par les larmes et la terreur lorsqu'elle souffla :

 

- Toi aussi, Rin. 

 

Agenouillée dans la neige, regardant tour à tour la petite fille et son propre garçon qu'elle tenait contre elle, la jeune femme s'adressa à eux d'eux :

 

- Jamais vous ne devez douter que nous sommes à vos côtés. Pour vous protéger. Ainsi vous garderez foi en ce que vous êtes maintenant pour que, quoi qu'il arrive, vous deveniez ce que vous devez être. 

 

Fermant les yeux un infime instant, Fuyuko, se concentrant sur l'apaisante sensation se propageant à partir de sa main qui semblait faire fuir la diffuse douleur dans le reste de ses membres, plaça ce qui lui restait d'espoir dans ces deux petits bouts de Yutsune à peine capable d'envoyer une raffalle d'aiguille de glace. Qu'ils deviennent de plus grands Shinobi encore que ceux ayant foulés les pavés enneigés du quartier. Et pour cela faites qu'au prochain lever du soleil, ainsi qu'à la multitude qui suivra, ils soient assez forts, honnorables et braves pour rester éloignés des ténèbres de cette nuit.

Son bleuté regard ne l'ayant quitté, et ce même lorsque de lourdes larmes avaient bordés ses yeux de perles, s'accrochant à ses longs cils puis en y glissant lentement, il se sentait tout bêtement médusé qu'elle ait finalement réussit à faire les faire cesser. Pas seulement en cet instant mais de manière générale. Des pensées de Fuyuko, elle lui avait rapporté avec ses mots à elle ce qu'elle avait finit par en déduire avec le temps, bien sur, et à son tour il en avait extrapolé le contenu. Ainsi, plus de huit ans après les faits, ses dernières réflexions s'étaient faites entièrement exhumées. Enfin entendues. Pour le Genin, il n'y avait pas le moindre doute, le fils de l'hivers reposait en paix. O combien il devait être fier. Son ultime lutte, il l'avait remporté avec succès, Gaara en avait la preuve devant les yeux.

 

- Courageux, c'est ce qu'il nous a demandé d'être ensuite. Parce que, derrière ce mur, on allait devoir compter sur nous-même.

 

Pour la première fois depuis le début de son discours, elle arracha son regard à la contemplation des dunes et le détourna vers lui. Etrangement, à cet exact moment, elle en avait ressentit le besoin. Tellement plongée dans ses souvenirs, les revivant comme s'ils se déroulaient une seconde fois, elle avait soudainement eut l'impression qu'elle s'y noierait pour de bon en ne cherchant pas à s'assurer qu'il était bel et bien la, que sa réalité était tout autre. Et, également pour la première fois mais, depuis un an sur ce coup, elle fut soulagée qu'il soit sa réalité.

 

- C'est ce que tu fais depuis. Articula t-il avant même de s'en rendre compte. Compter sur toi seule. Mais...

 

La respiration bloquée dans son thorax comme la suite de sa phrase dans sa gorge, il ne parvint pas à ne serait-ce que souffler ce qu'il aurait voulu qu'elle sache. " Mais je vais t'aider " . Dorénavant, il ne se contenterait pas de le vouloir, il l'aiderait. Bien qu'il soit incapable de lui avouer. Se sentant obligé de conclure d'une façon ou d'une autre, sous la pression il troqua un peu stupidement sa, pourtant belle, idée contre :

 

- Tu le fais avec courage. Je ne te l'ai jamais dis mais je te trouve courageuse. Souvent agaçante mais toujours courageuse.

 

Sans le comprendre mais avec ravissement un chouillat stupéfait, il vit naquir un  léger sourire sur son visage.

 

- La peur prévient le danger, le Mirage du Désert me le dit souvent. Je lui répond toujours, peut être mais elle ne l'évite pas. Tu sais quand ton frère râle parce que j'oublie d'être polie avec les gens importants ou que, comme il dit, je cherche nos adversaires et surtout quand Baki m'engueule après que j'ai foncé sur les ennemis sans même écouter son plan...Et bien ils se trompent, je suis pas bête. Enfin, pas tout le temps du moins. C'est simplement que j'ai foi en moi. En ce que je suis. C'est ça qui me donne du courage. Pas l'inverse. Le courage donne pas confiance. C'est la confiance qui t'en donne. C'est pas que je me crois invincible, juste que je compte sur moi.  C'est ce que je suis qui peux faire taire la peur. J'ai foi en ça. Alors j'ai le courage de tout tenter.

 

- C'est pas bête du tout, vraiment pas.

 

Embrasant d'avantage son étonnement - autant que, nous l'avouons à sa place à nos risques et périls, son soulagement - un second sourire illumina l'espace d'un frêle instant la mine de Rin, marquée par les souvenirs. Il brûla d'envie de lui dire à quel point il l'admirait à cette seconde précise et pour toutes celles depuis cette nuit la. Cette pensée, qui semblait s'être formée d'elle même sans qu'il en fut avertit, le laissa pantois. Admiration. Pour la première fois il posait une émotion sur ce terme. Jamais encore il n'avait tenu en assez haute estime qui que ce soit pour lui coller pareille étiquette, éveillant en lui une sorte de respect imposé. Pareillement pour tout les membres du clan ayant rejoins cieux, limbes, tréfonds de la terre et dont les noms s'étaient gravés au panthéon des légendes. Saisissant de moins en moins quelle genre de créature pouvait, pour une simple soif de pouvoir, détruire pareille entité, il n'en revenait surtout pas qu'une tuelle dualité d'âme, en opposition totale, puisse exister sur un même sol. La première sorte, noire, putréfiée, en lambeaux, il en avait été bien trop confronté pour douter de son existence. Alors que la seconde jamais il n'aurait pu imaginer qu'elle puisse peupler autre chose que les pages d'un conte. Si tout ces êtres, au fil des générations, en avaient été animés, alors se pouvait-il que bien d'autres le soient également ici bas ? Ainsi, cette possibilité ne changerait-elle pas du tout au tout sa perception de ce qui l'entourait ? Et ce à commencer par lui-même. Pouvait-il troquer complètement ce qu'il était - ou croyait être - et se muer lui aussi en définition du faramieux terme Admirable ? Par dela la vision des défunts habitants des terres enneigées, lui apparut brusquement celle d'un certain Genin de Konoha. Et il lui sembla que la réponse à ce trio de question était évidente. Se sachant d'avance incapable d'articuler ce genre de raisonnement, il aurait au moins aimé la remercier de lui en apprendre tant. L'usage du conditionnel était pourtant de mise, augmentant d'un cran une exaspération déjà bien installée contre sa propre personne. Ne le décourageons pas de suite et gardons pour nous que ce n'étaient la que les prémices d'une incroyable difficulté à prononcer ce dont il était, non seulement techniquement capable, mais surtout désirait qu'elle sache, comme si sa trachée se refermait à son grès et ne daignait laisser filtrer certaines sonorités. En parfait exemple, cette dernière n'en fit qu'à sa tête en se contentant de prier Rin de continuer.


- Oui, ou en étais-je déjà. Murmura t-elle presque, en laissant à nouveau glisser son regard vers l'horizon avec un gracile mouvement pour ramener ses cheveux d'un côté. Oh oui. Je ne me rappelle plus de ce qu'il a dit qu'on trouverait derrière ce mur mais seulement que je passerais en deuxième, après Haku, vu que je courais plus vite, parce que ça m'a terrifiée. Achevée. Je ne me pensais pas un instant capable de faire un pas, alors courir ! Je n'ai rien dis, mais Haku s'y est de suite opposé. Tu sais il voulait toujours jouer les grands frères.

 

Voyant son regard dans le vague se durcir quelque peu, un peu comme sous le joug de la douleur, il sentit qu'un amas de tendre souvenirs aux côtés de son cousin forçait le passage dans sa tête. Sans doute plus dur à gérer en cet exat instant que le reste. Après tout les fautifs de ses premières larmes étaient bien de ce genre la.

 

- Tu courais déjà vite à l'époque ? S'enquit-il alors dans le but bien précis d'éviter un tel cas de figure.

 

Acquiescant en tournant la tête vers lui avec une pointe de sourire dans le regard, plutôt du à la vague allusion de compliment sur sa vitesse actuelle - après tout il ne lui avait jamais reconnu aucun talent - qu'à la fierté.

 

- Je gagnais tout le temps les courses contre les autres enfants, même plus âgés. J'adorais ça. Je veux dire courir de toutes mes forces. Enfin, gagner aussi.

 

Levant légèrement la tête vers les cieux tendant de plus en plus vers la nuit noire, la lueur de sourire dans son regard de perle pétilla d'avantage en reprenant :

 

- Des fois Satomi m'attrapait quand je courais et me levait dans les airs à bout de bras en s'esclaffant que j'allais finir par m'envoler à détaler si vite.

 

Le regardant bien droit, le confortant dans son idée qu'il préferait nettement ce genre de lueur aux larmes, conferant à son regard un quelque chose qu'il ne saurait décrire, elle continua :

 

- Ce qui était ridicule en fait vu qu'il était l'épeiste le plus rapide sa génération. Parfois la Shinobi aux aiguilles de glace dont je te parlais tout à l'heure l'appellait Kôrikage, l'Ombre de la Glace, mais ça s'entendait à sa voix qu'elle se moquait. Une fois je lui ai demandé pourquoi elle disait ça et Satomi a répondu à sa place avec son habituel sourire en coin : Parce que Madame est jalouse que certain me surnoment comme ça. Et elle, placide comme toujours, a rétorqué : Manquerait plus que ça. Et puis après que Satomi ait légèrement rit, elle m'a expliqué : C'est simplement parce qu'il bouge vite. Alors il y en a qui disent qu'il se trouve face à ses ennemis avant que leurs propres ombres ne les aient suivis. Il est l'ultime ombre de ses cibles.

 

Béate d'admiration, comme depuis  toujours, envers son oncle, elle préféra taire ce que dernier avait alors retorqué, nonchalement posé contre un mur, fixant directement la jeune femme et qu'elle n'avait comprit que bien plus tard : Heureusement que je ne suis pas aussi rapide dans tout les domaines. Continuant de feindre une explication capitale, elle avait alors encherit à - plus ou moins - l'encontre de Rin : Et c'est pour ce genre de remarque devant une petite fille qu'il finira avec une aiguille entre les deux yeux.

 

- J'aimerais bien avoir un surnom comme ça plus tard. Commenta t-elle à la place avant de reprendre plus pensivement : Y'a vraiment que l'élite qui en ait un.

 

- Moi je ne pense pas qu'un de ce genre la m'aille.

 

Suite a une légère reflexion quant aux probables surnoms que l'autre pourrait un jour porter, rien de bien concluant surtout lorsque l'on sait ce que le destin leur reservera de ce côté, elle finit par reprendre le fil de son disours, se sentant un peu soulagée après cette parenthèse.

 

- Je ne sais plus trop ce que lui a répondu Fuyuko mais, moi, je me suis justement souvenu de ce que disait Satomi et je me suis forçée à assurer : Promis, je te rattrape. J'irais en premier, a alors quasiement chuchoté Fuyuko, mais il faudra pas me suivre. La j'ai plus du tout eu l'intention de courir. Je voulais pas passer derrière ce mur ni même me laisser tomber comme avant. Juste hurler. Pleurer et hurler. Alors que, tu parles, je pouvais à peine respirer. J'avais bel et bien compris qu'il comptait pas essayer de s'enfuir avec nous. Je suis restée la, sans bouger ne serait-ce que d'un cheveux, à le fixer complétement sous le choc. J'avais envie d'annuler mon acquiescement, de lui dire que je ferais rien du tout pour lui de ce qu'il a demandé s'il restait pas avec moi. C'est ça que je voulais lui hurler. Et j'ai bien vu qu'il aurait aimé dire une dernière chose. Peut être qu'il en avait trop à dire. Parce qu'il a disparu d'un seul coup. Mes yeux se sont écarquillés sur le vide qu'il avait laissé et, dans ma tête, le silence a rugi de plus bel. Je m'étais à nouveau déconnectée de cette réalité cauchemardesque. A entendre les fracas des combats comme de lointains échos. Je sentais seulement le vent glacial frapper mon visage. La même pensée tournait en boucle : Fuyuko, mon cousin, faisait dorénavant partit de ce bruit de fond tapant sourdement dans mes tympans. Et il n'en reviendrait pas.  La mère de Haku nous a tout deux attiré contre elle. Je la regardais, médusée, je voyais sa bouche bouger sans percevoir le moindre son. Je crois qu'elle priait.

 

Avait-elle eut l'audace de se sentir soulagée une poignée d'instant auparavant ? Quelle folie lui avait donc fait miroboler cet espoir ? Une enclume semblait déjà s'être harponnée en son intérieur, l'attirant avec forces dans les abysses. Littéralement. Tant qu'elle se sentit obligée de ramener ses genoux contre elle et de s'écarter légèrement du vide.

 

- Après il me semble qu'elle a nous a expliqué ce qu'on devait faire. J'arrivais pas à peine à l'entendre et encore moins à saisir ce qu'elle disait. Comme si elle parlait une autre langue ressemblant à la nôtre. Je sais pas ce qu'il se passait dans ma tête au juste... C'était comme quand tu somnoles et que tu es à moitié entrain de penser et de rêver, que ça se mélange. Quand t'y penses tellement fort que t'as l'impression que tu fais réellement ce que t'imagines. Chaque parcelle de moi le voulait si intensément que je me suis vu reculer, m'en aller. Vers chez moi. Dans ma chambre. Mon lit. Je le voulais. Je voulais que ça. Que tout ça se mette sur pause. De me cacher dans mon lit. Et que ma mère vienne me border. Comme tout les soirs. Qu'elle arrange toutes les peluches éparpillées sur la grosse couette en me disant ce qu'on ferait le lendemain. Qu'elle s'assoit à côté de moi et invente une histoire qui mettrait en scène le gros ours blanc avec ses longs poils, le singe caramel tout pelucheux et le petit chat roux dont la mousse à l'intérieure sortait de temps en temps par un trou qu'elle avait recousue plein de fois parce que je l'adorais. Il avait aussi deux billes différentes pour les yeux puisqu'une était tombée. Qu'elle leur fasse me faire des guilis pour qu'on rigole et des bisous à la fin de l'histoire. Et puis qu'elle dise que je suis le plus mignon des Trésor avec de gros bisous. Qu'ensuite quand j'étais sur le point de m'endormir, mon père vienne éteindre la lampe de chevet avec sa lueur toute orangée et qu'il allume la veilleuse ou tournait une farandole de papillons de toutes les couleurs pastel. Que je les regarde bouger comme s'ils dansaient pendant que papa me calerait doucement de gros coussins dans le dos en me disant quelles jolies choses allaient habiter mes rêves. Et qu'il dépose un bisous sur mon front en disant Bonne nuit, mon Trésor. Qu'il dise aussi, comme parfois, que c'était le bisous qui faisait bailler pour fermer les yeux et dormir profondément. Que ça marche comme toujours.

 

La tête penchée, semblant avoir deux grosses billes, identique lui au moins, à la place des yeux, il lui apparut que ce petit morceau fut directement propulsé au second rang des plus belles histoires qu'il eut jamais entendu. Il ne savait pas un tel rituel réellement possible. Loin, tellement loin, aussi loin que de la lune, de ce qu'il avait connu.  Ce simple enchainement de mot lui sembla aussi pelucheux que son contenu. Il ne se doutait pas non plus que l'on puisse ressentir l'étrange envie de se pelotonner contre des mots, que ceux-ci transmettent chaleur, confort et sécurité. Comme si l'effet du soleil eut pu un jour se mêler à la sensation d'un lit de plume. Pourtant, immédiatement, il fut certain que de ça, il n'avait pas l'intention d'en laisser filer un détail. Se trouvant déjà bien assez stupide de l'avoir pensé, il n'allait tout de même pas le traduire à haute voix.

- Et que quand j'ouvriais à nouveau les yeux, au matin, tout ce chaos se soit arrêté.

 

Et voila un magnfique exemple de transition pour retomber sur terre avec fracas. Une fois la fin entendue, certes que cette petite histoire n'avait plus rien de si mirobolant. Du moins en cet instant, avec en contexte les frêles divagations d'une toute petite enfant dépassée par la brusque terreur, ne cherchant qu'à s'échappper de cette cruelle injustice.

- C'est stupide, n'est ce pas ? Lâcha t-elle dans un faible bruissement. D'avoir pensé à ça.

 

Avec un hochement de tête qu'elle ne perçut que du coin des yeux, il souffla d'abord un simple " Tu " avant de reprendre son souffle et d'articuler plus fortement :

 

- Du tout. Tu était si petite. Comment aurais-tu pu réagir ? Et je t'assure que, quoi que tu en penses, tu as fait preuve de beaucoup de courage cette nuit la.

 

- A part me faire dévorer par la peur, je n'ai rien fais.

 

- Est ce que tu as couru ? 

 

Loin de s'attendre à cette question technique selon elle, sur le coup, elle se contenta d'un regard froncé d'incompréhension en guise de réponse.

 

- Derrière ce mur, au milieu des combats faisant rage, as-tu couru de toutes tes forces comme il te l'avait demandé ?

 

Sans vraiment changer de mine, ne saisissant pas le tenant de la question tant elle lui semblait évidente, après tout elle l'avait promit à Haku, elle assura :

 

- Bien sur.

 

Et avant même qu'il n'eut pu prendre son souffle pour rétorquer à son tour,  elle reprenait déjà, son visage à nouveau de marbre comme durcit par un ressentiment enfoui :

 

- Mais fuir, c'est l'antithèse du courage.

 

Faisant mine de détourner le regard vers les dunes assombries tout en l'observant du coin de l'oeil, il lâcha nonchalement :

 

- Avancer malgré la peur, c'est la base du courage.

 

Et la vit donc ciller de suite. Surprit de devoir lui faire prendre à conscience à elle - pourtant d'habitude prompte à le faire d'elle même - de ce qu'elle valait maintenant mais aussi qu'à l'époque ou seule une poignée d'année s'affichait au compteur, et ce écoulée dans le plus douillet des cocon, elle avait su se montrer digne de son nom, il se délécta néanmoins de la découverte de la simple sensation de tirer dans le mile pour son premier essai armé de basique enchainement de mot. Et comme pour lui prouver qui était le maitre en la matière, baissant la tête comme un subterfuge pour mieux croiser son regard vers le bas, immobilisant l'adversaire par un oscillement de sourire, elle verrouilla sa propre cible d'un battement de cil. Et l'atteignit en son centre, la traversant de part en part en un clair bruissement :

 

- C'est ce côté la de toi que tu devrais montrer à tout le monde.

 

Pour ne laisser retentir, comme un écho de son tir, qu'un doux mélange de décontenancement et de liesse chez sa proie. Chassant de son propre chef l'ébahissement, il galvanisa à sa propre encontre un relant plus amer, à l'arrière gout de reproche, même en cet instant elle usait de ses exquis projectiles contre lui, ou plutôt pour lui. Pour s'oublier ainsi, aurait-elle sentit inconsciement qu'il en avait tant besoin ? Ou alors, plus admirable encore, agissait-elle naturellement ? Qu'importe au fond puisque le trouble était ailleurs : Pourquoi, en cet exact moment, cette nécessité était plus profonde que la sienne ? Une suite plutôt incongrue ne tarda pas à le sortir de ces tortillements et autres embuscades de sa conscience, pêchée dont on ne saurait trop d'ou de notre Rin farfouillant dans ses souvenirs.

 

- L'équipière de mon père, de quand il était jeune, avait un problème avec ses yeux. A cause du Kôrigan. Ca arrivait parfois, pas très souvent. C'était de naissance bien qu'elle ne l'ait pas avoué tout de suite, par peur de ne pas devenir une Shinobi. Une fois Genin, elle n'a pas pu le cacher bien longtemps. De base elle distinguait mal les couleurs et certaines formes comme s'il y avait un voile devant ses yeux. Et ça s'empirait à l'activation de ses pupilles. Dans les paysages, tout se mêlaient, se confondaient, se brouillaient. Même la représentation de la chaleur corporelle devenait floue, incertaine, presque éparse. Comme si l'atmosphère tentait de ne faire plus qu'un. Quand Fuyuhito, le Chef du clan, a été mis au courant, il lui dit " Ce n'est pas à moi de trancher de ton avenir. Pas plus qu'à quiconque d'autre. Tu as un vice de forme. C'est aussi simple que cela. Tu n'as d'autre choix que de l'accepter. Alors devant toi se dresse un mur. Face à cet obstacle, il y a deux options. Rester en son contre bas, protégé par l'ombre et y établir une existence paisible. Ou l'escalader à tes risques et périls pour continuer au dela. La décision te revient. Garde seulement à l'esprit qu'aucune des deux n'est la mauvaise et sois certaine que tu seras soutenue dans tout les cas. " C'est ainsi qu'elle se jura de faire de son vice de forme une force. Sans aucun talent inné dans ce domaine, s'étant accaparée cette faculté, elle devint une Ninja Sensorielle hors du commun. Il semblait à quiconque observant sa manière de combattre qu'aucun détail ne pouvait impacter sur sa personne, l'on raconta même que jamais projectile ou technique ne l'avait effleuré.  Appréhendant ce qui l'entourait comme un tout, on disait de cette Shinobi qu'elle le maitrisait dans sa totalité, pouvant le ravager à son grès autant qu'elle était impossible à surprendre.

 

Bien que ce fut loin d'être le but initial de cet écart du récit principal, il apparut à Gaara encore plus nettement pourquoi de la plus frêle Genin au dirigeant, ils s'étaient tous hissés au statut de légende. Certes un bon Chef aurait pu formuler ce genre de parole, s'arrêtant en ce cas à la décision qui lui revenait, pourtant seul un homme admirable pu achever telle tirade de la sorte. Et seulement alors la volonté de la moins gâtée d'un clan bercé par l'excellence pourrait être assez puissante pour galvaniser une force enfouie.

- D'une faible constitution et se fatiguant assez vite, surtout au vu de son style de... Destruction massive, elle ne pouvait participer qu'à de rare mission. Son rayon c'était les gros oeuvres. Le genre de Shinobi que t'envoies si tu veux être sur de l'extermination totale de la menace. Pourtant, elle était une sorte de paradoxe, ressentant véritablement la moindre particule de ce qui gravitait autour d'elle comme un tout à lier ou disloquer à sa convenance, incarnant le plus aboutie des cataclysme, il lui était pourtant difficile de se débrouiller complétement seule. Et il n'y avait qu'une personne qui parvenait à lutter à ses côtés. Mon père. Ce qui est étrange sachant qu'il était à son complet opposé. Bien sur, je ne l'ai jamais vu mener un combat mais je me souviens d'une parole de ma mère, entendue à la volée un soir après un diner avec plein d'invité, alors que nous jouions, Haku et moi, au beau milieu du salon dans une forteresse de fortune ayant chaises et couettes comme fondation.

 

Ce souvenir s'invita à l'esprit de Gaara, se l'appropriant presque, l'imaginant d'ailleurs d'une manière assez proche de la réalité, un décor clair, chaleureux, duveteux qu'embaumaient les braises dans l'âtre se mélant aux arômes du café et de la canelle qui s'élevaient des restes du dessert ainsi qu'un doux brouhaha enveloppant le léger désordre de la pièce. Lui n'avait jamais vécu dans le moindre désordre. Enfant, l'on rangeait impeccablement ses appartements et jamais personne n'y metait le plus infime des fouillis, pas même dans son monticul, organisé, de jouet en tout genre. Un calme plat, asceptisé, y régnait. Ayant gardé cettte habitude de vie avec le temps, il avait pourtant toujours eu du désordre non pas une farouche envie mais une image fascinante, accueillante et fourmillante de vie. Pour autant, il lui était inconcevable qu'une telle déferlante submerge son intérieur. En y songeant, il lui sembla comprendre pourquoi l'inclinaison de Rin à être si bruyante l'insupportait tant. L'exacte même raison était de mise. Jamais un fourmillement de voix n'avait comblé la vacuité de son espace. Ce silence pourtant il en était déjà venu à le bénir. Son esprit craquelait suffisamment sous les hurlements déchirés pour rendre le vol d'une mouche plus infernal qu'une rugissante tempête.

 

-  Je ne sais pas pourquoi ça s'est inscrit dans ma tête d'ailleurs, mais je la vois encore dire : Suffit de regarder tes yeux. Je parie sur ma vie que mon père, en lui demandant " Comment ça ? " avait eu son sourire en coin spécial qu'il réservait à ma mère.

 

A peine eut-elle prit sa respiration, qu'il se rendit compte de son incapacité totale à se figurer ses parents. Autant que foisonnaient les détails de la pièce, seules de vagues silhouettes aux

visages incertains, presque des ombres, se formaient en dépit de ses efforts. Sans doute que cette scène ne pouvait se rejouer à la perfection que dans les lignes du temps, les limbes, les souffles des zéphirs, les ombres des étoiles ou tristement nulle part, ayant été balayé à la seconde ou elle s'était produite. Peut être encore que, poussé dans la noirceur de la nuit par la lumière de la lune, un fantôme du passé était venu nous la souffler discrètement : La Rin modèle réduit de l'époque ayant sortit sa tête de la cabane improvisée pour observer son cousin les réaproviosonner en d'autre parts de tarte, puis détournant son attention vers le premier né de l'ancien partenaire de son père qui déambulait d'un pas peu assuré en s'accrochant aux mains de sa mère, elle finit par pencher sa tête, la concentration réglée à son niveau maximum, comme happée par la voix de sa propre mère, répondant à son époux :

 

 

- Ils se balladent en tout sens. Toi tu ne bouges pas mais eux bondissent. D'abord rapidement, presque de manière saccadée. Puis ils bloquent l'espace d'un battement de cil. Et refont le chemin inverse en marquant un infime arrêt sur certain point. Puis ils s'animent d'une lueur, parce que tu sais d'avance ce qui va se passer. Tu as déjà gagné.

 

La main posée sur le dossier de la chaise de celle qui savait tout de lui et dont il pouvait se targuer de connaitre jusqu'au moindre recoin de son sublime être, il se contenta d'un léger rire incrédule. Ce fut cet exact instant que choisi le dernier né de l'assemblée pour avancer à quattre pattes vers notre Rin qui perdit instantément toute trace d'attention. Son père le regard toujours braqué, lui, sur le chef d'oeuvre dont la nature elle-même osait à peine reconnaitre qu'elle en était l'artiste qu'était son épouse, fut parcouru pour la millième fois au moins de cette exquise émotion de se savoir déchiffrer si aisément par sa moitié. C'était à peine s'il avait lui même conscience de ce petit rituel tant il se produisait vite, de plus leurs combats côte à côte avaient été si rares. Il se souvenait encore de chacun de ses mouvements lors de leur première lutte ensemble. Elle avait cette façon de se mouvoir, gracile et vive, indolente et foudroyante, semblant s'harmoniser à la moindre esquisse d'ondulation. Jamais il n'aurait pu se douter de son talent au vu de son âge. Il falait dire qu'elle était plus jeune que lui. Pas de beaucoup mais tout de même. Certes il la connaissait, elle et son éminente naissance au sein du clan. Elle ne venait pas des grandes bâtisses de la rue principale, elle. Dire qu'il n'avait jamais voulu y croire, à cette supériorité de sang. Peut être que cela ne prouvait rien, s'était-il répété à cette époque, elle pouvait être une simple coincidence. L'était-elle pourtant ? Qu'importe, il se souvenait de chacun de ses mouvements. Ce dont il ne se rappelait pas, c'était ce qu'elle lui avait dit à la fin. Lorsqu'elle s'était moqué de lui. Elle était comme ça. Rien de méchant. C'était clair. Ca se voyait à son sourire. Le sourire qu'elle avait eu après lui avoir lancé cette pique. Ca il n'avait jamais pu l'oublier. Juchée sur une petite colline, un vent battant la neige virevoltant autour d'elle. Autour, oui, rien ne semblait l'atteindre dès lors qu'elle avait ce sourire. Plus tard, lors de cette soirée la, alors qu'ils débarrassaient simplement la table, elle lui dirait qu'elle l'avait remarqué, sa façon d'être un remarquable tacticien, dès cette première mission. Il ne se demanda pas pourquoi elle lui disait ça maintenant, après si longtemps. Il le savait. Pour elle, il s'agissait d'une évidence. Comme le fait de respirer. Tout chez lui était une évidence pour elle. Ce qui n'était pas rien sachant qu'il était communément considéré comme insondable. Une vraie statue. Pour elle, pourtant, il avait été une évidence. Il était une évidence. Il serait une évidence. Son évidence. Quant à lui ? Elle avait été sa raison d'être égoïste. De ça aussi, il s'en souvenait. Pas ce jour la, après ce combat. Une fois ou il la regardait. Surement qu'il allait à sa rencontre, il n'en savait plus trop rien. Il la regardait, s'avançant peut être ou stoïque, et l'avait pensé. Que personne, aucune âme, jamais, nulle part, n'avait pu savoir ce qu'il se passait en lui. Il n'aimait pas dire ressentir ou parler de sentiment. Non, parce que ça dépassait de loin. De tellement plus fort. Donc personne, aucune âme, jamais, nulle part, n'avait pu savoir ce qu'il se passait en lui. Béni, il avait été l'unique être à en être capable. D'une façon aussi écrasante, totale. Lui seul. Il s'était douté que beaucoup avant et après lui avaient du se targuer de l'être. Certes qu'ils faisaient tous fausse route. Leurs émotions, sentiments - particulièrement ces termes - ou autres suites de lettre qu'ils utilisaient, il n'en avait que faire. Ce n'étaient rien. C'étaient trop bas. Trop faible. De ça, il en était certain. Seul ce qu'il se passait en lui importait. Puisque c'était supérieur. Tellement plus intense. Pur. Ainsi pour l'unique fois de sa vie, il s'était vu être égoïste. Prétentieux. Du moins l'avait-il cru. De son existence, il n'avait, en vérité, jamais été l'uni ni l'autre. Simplement parce qu'il savait que rien ne venait de lui. Cette bénédiction. C'était elle. Personne, aucune âme, jamais, nulle part n'avait pu savoir ce qu'il se passait en lui parce que personne, aucune âme, jamais, nulle part ne l'avait eut elle en ligne de mire.

 

- C'est donc ainsi que tu fomantes tes fameux plans ! Entendit-il en fond de ses pensées s'exclamer son équipier de jadis. Je n'avais jamais remarqué. Et toi ?

 

Faisant non de la tête, leur troisième partenaire de cette époque étoffa sa réponse par :

 

- Mais je me suis toujours dis que notre succès devait être du à notre opposition totale.

 

- Ainsi qu'au fait que personne d'autre n'a envie de se manger une mini bombe atomique de la part de son allié. La taquina alors ce même acolyte.

 

- Ca aussi, évidemment. Répliqua t-elle en tentant de garder son sérieux, arrachant des sourires à la petite assemblée.

 

- Ce truc la, ça cache une pulsion suicidaire si tu veux mon avis. Lança Satomi, se balançant tranquillement avec sa chaise, sans peiner le moins du monde à le garder, son sérieux. Ce qui est compréhensible vu ce qui t'es tombé dessus il y a près de six ans. Ou alors ça vient d'un gout du risque atrocement prononcé. Ce qui expliquerait donc ce funèste evenement. Voila, c'est ça, ça clarifie bien des...

 

- Frappe le pour moi. Le coupa sa soeur, s'adressant à la mère de Haku assise à côté de lui, la malice pétillant dans son regard. Il parle de notre mariage. Un petit coup dans le pied de la chaise et je t'en serais éternellement reconnaissante.

 

S'étant esclaffé comme les autres convives, il afficha bien vite une mine aussi sombre que son ton, tout en prenant soin d'arrêter de se balancer, sait-on jamais, il ne craignait pas de coup bas de sa voisine, bien trop douce pour ça, il ne la pensait pas même capable d'hausser le ton mais l'on n'était jamais trop prudent lorsque sa soeur était assise de l'autre côté de la table  :

 

- Vous voyez, c'est ce que je disais, tant de violence contenue... Ah, ça fait froid dans le dos. Moi j'ai vécu avec elle des années durant. Dans la terreur, j'ai du me construire. Et je peux vous dire que le traumatisme me poursuit encore.

 

Considérant le sourire figé de sa chère soeur comme de mauvaise augure, il jugea opportun de se lever et de s'écarter légèrement pour continuer comme à son habitude sur sa lancée :

 

- Vous croyez quoi, que mes cicatrices sont dues à des combats ?

 

Le regard dans le vide, comme si les chimères d'un terrible passé lui collant à la peau s'imiscait dans son esprit déchiré, il hocha la tête au ralenti de droite à gauche et dans un souffle sembla lâcher la plus pesante des confession :

 

- J'aurais préféré, vraiment, j'aurais préféré.

 

Après un bref instant ou le silence se fit écho des - imaginés - cauchemars hurlants, tout les regards de ciel d'hiver s'étant accrochés à ses lèvres se tournèrent vers sa soeur et nombres de remarques fusèrent sur le thème plus ou moins varié des condoléances quant à une enfance passée avec tel individu. Le tout sur, bien évidemment, une litanie de complainte de l'incompris épeiste ne parvenant pas vraiment, cette fois, à le garder, ce sérieux. Couvrant sa voix, sans qu'il s'arrête pour autant, l'épouse, civile, de l'ancien coéquipier de ceux qui formaient maintenant un duo occasionnel, s'affairant à faire marcher d'un pas peu assuré leur petit garçon, revenant sur le sujet inital, s'enquit :

 

-  N'empêche que ça m'intrigue, si c'est tellement impressionnant comment fais-tu pour ne pas finir en dommage collatéral ?

 

Ce n'était pas vraiment pour l'embêter qu'elle avait finit par le couper, elle se le demandait réellement, mais tout de même asticoter Satomi ne la gênait pas franchement non plus. Après tout, depuis le temps, un monticule de raison de le faire s'étaient entassé. En l'état de cousine et amie proche - ou du moins ce qui se rapprochait à peu près de cette définition, connaissant la personne en question - de la fameuse Shinobi aux aiguilles de glace, elle le pratiquait étroitement depuis un moment, ce goujat. Un charmant goujat, cela va de soi. Le genre que l'on avait irrémediablement envie de giffler, attachant au possible, au charisme inégalable, dont l'absence se faisait ressentir, causant émoi et feu d'artifice de sourire même dans les pires moments mais que l'on finissait tout de même par giffler.  Elle avait l'impression que lui et sa cousine étaient toujours fourrés ensemble depuis qu'ils savaient marcher. Dire que, difficile et complexe comme elle était, c'était avec lui qu'elle s'était tant liée. Le plus insupportable marmot du clan. Mainte fois, elle s'était demandé si, avec son esprit particulièrement récalcitrant à toute forme d'autorité, il avait pu évoluer de façon plus édulcorée sans son père. Ou une version moins stricte de son père. Pour dépeindre une esquisse de portrait du roc qu'il était seul un évenement suffisait. Le guet-apens orchestré par des Shinobi de Kumo dans lequel son équipe était tombée pendant la première grande Guerre. Chuunin alors, Il avait assisté au sacrifice de son équipier censé laisser l'opportunité aux deux autres de s'échapper. Plus tragique que l'innefficacité de son abnégation, il avait juste eut le temps d'assister, impuissant, à leur rapt. Avant de finir lui-même inconscient, leur père, pu voir la désolation dans son état le plus cru se graver dans les pupilles de son ami. Toute trace de ce qui avait pu contenir un peu de joie ou de foi dans son existence balayé, oublié. Comme si le seul gout de cendre de l'amertume avait remplacé ses souvenirs. La certitude que son passage sur terre n'avait été qu'un long écho de ses souffrances physique de l'instant, pareille à un océan en feu, et aussi laid que vain fut l'ultime éclat dans son regard. Ce spectacle funèste, il eut largement l'occasion d'y plonger sa conscience s'écartelant peu à peu. Les jours et les nuits se succèdaient tandis que ce regard restait inchangé, fixant le néant. Face à lui. Il s'était en effet évéillé après le transport dans cette sorte de cave, avec une unique trappe au plafond laissant passé une brise gelée et une lumière grisâtre. Eclairant pâlement le cadavre avachi, la tête penchée en sa direction. Surement qu'elle avait du mollement nodeler sur le côté lorsqu'ils l'avaient jetés au sol. Son équipière, attachée sur le mur en face du sien, heureusement ne pouvait l'apercevoir. Très vite ils comprirent que de probable secret militaire n'interressaient pas leurs geoliers. Pas tant que leurs précieuses pupilles. Ceux-ci ne savaient pas si les yeux, non activés à sa mort, de la dépouille pourraient être gréffés. Seuls des Dôjutsu activés par le détenteur initial au moment de énucléation s'utilisaient, avaient-ils entendu dire. Nous laisseront donc imaginer aux visiteurs de ces mots ce qui fut infligé aux deux jeunes Yutsune pour que leurs regards se teintent de mauve. Plus inestimable que leurs vies résonnait en eux le foutu honneur de ce clan, ça les Jônin de Kumo le savaient pertinemment. Certes qu'ils préferaient subir mille tourments plutôt que leur abandonner son essence même. Qu'importe, les Jônin avaient le temps de leur en faire connaitre des centaines de milliers. De toute façon, par crainte d'une quelconque erreur, d'un léger tressaillement du scalpel risquant d'abimer le délicat Dôjutsu, ils avaient eu l'ordre d'attendre un expert, le Docteur. Pas un de ces Ninja Médecin comme on en vit plus tard. Un précurseur en la matière, expérience, autopsie sur les cadavres ennemis pour débusquer certains secrets et pire encore. La était leur rudimentaire mais non moins efficace plan : Jouer de leur carcasse pour qu'à son arrivée ils aient d'autre choix que d'animer ce condensé de pouvoir. Ils les supplieront même de leur extraire. Surtout la gamine, ils en étaient persuadés. Depuis des jours, ses glapissements s'étaient mués en murmures pour s'éteindre sur d'indistincts bruissements, toujours les mêmes : Je suis désolée. Comme si elle s'excusait d'avance de son sacrilège à venir auprès de son équipier, du clan tout entier et d'elle-même. Ils le guettaient, son regard, d'un instant à l'autre il allait revêtir la divine nuance. Bordel, elle n'en finissait plus de se répéter. Toujours rien à la clé, l'abjecte créature. Et l'autre qui restait muet. Pour sur qu'il lui causait dès que la trappe se refermait, les laissant seuls. L'idiot. Qu'il la laisse en finir. Autant au début ils avaient du se faire violence, si l'on puis dire, pour s'y mettre. Pour les motiver, se disaient-ils, accélerer le processus pour le Doc'. Surtout, encore une fois, la gamine, c'était qu'elle était mignonne, enfin, avant. Autant maintenant, l'habitude s'étant installée, ils n'avaient plus la même répugnance. Particulièrement pour le petit fumier. Pour lui, il y avait dorénavant de l'envie. De la vraie. Fallait dire qu'il avait cette façon de les regarder. Sans jamais rien dire. Même hurler, ça se sentait qu'il résistait, il sortait que des râles. Mais c'était surtout ce regard qui tapait sur les nerfs. De la fierté. Il restait fier, le merdeux. Et c'était pas le pire. Il y avait de la férocité. Ce batard avait le regard féroce. Que ça les rendait fou. Lui, et la saleté de gamine aussi, le savaient bien qu'ils allaient le lâcher, leur dernier souffle, ici, ça se voyait bien qu'ils le savaient. Alors c'était quoi cette résistance stupide ? Plusieurs fois, le petit salopard, il leur avait cracher son sang à la face. Diable ce qu'il rendait marteau. En plus il n'y avait pas que le principe, le geste, non, il n'y avait pas que ça. Dans son sang, c'était le Hyôton qui courrait. Ca l'irriguait. Ils avaient bien compris, ça aussi, ça se sentait. Il leur crachait à la gueule un talent inné, supérieur, qu'ils n'auraient jamais. C'était qu'il avait franchement l'air de s'en foutre, de crever la. Même la manière, il en avait rien à faire. Son don, il leur crachait à la gueule. Le gaspiller comme ça, ça lui allait. C'était à lui. Et l'autre qui en avait toujours à la bouche, des foutues excuses. Et que ça débouchaient sur rien du tout. Ils perdaient patience. Le Doc' avait pas l'air pressé. Pour la prise du siècle, il se hâtait pas. Ils commençait à se sentir aussi emprisonner que les deux - enfin trois, si on comptait le moins actif - la en bas. Peut être qu'il lui était arrivé quelque chose, au Doc'. Et puis il y avait les bouffages de bec entre eux. A la base, c'étaient des chamailleries, presque drôles. C'était étrange, comme c'était rapidement devenue de sérieuse altercation. Oui, des yeux, il n'y avait que deux paires. Trois, avec un maximum de chance mais ils avaient pas grand espoir. Problème, ils étaient quatre. Voila, en prime, qu'ils s'imaginaient que d'autre au Village voudraient leur piquer. Dans les hauts dirigeants. Il manquerait plus que ça. Bientôt, les deux Yutsune n'en virent plus descendre que trois. Tant pis, ils masqueraient ça, inventeraient une mort tragique pendant le combat. Dire qu'à la base, lorsqu'ils avaient mis ce foutu piège en place, ils étaient le double. Alors un de plus un de moins. Et voila qu'un d'eux se mit à jouer les chef proclamé. Valait mieux se calmer, disait-il, arrêter un peu ce foutu manège. Fallait dire qu'il avait pas totalement tord, si un autre mioche claquait, le Doc' les écorcherait vifs et le Sandaime déglinguerait ce qui resterait de leurs squelettes. Après tout le Doc' saurait y faire. Même qu'il se pointa. Bordel, enfin. Il était foutrement nerveux.  Ils n'osaient pas le taner avec son retard. Enervé, c'était pas franchement le genre de gars qu'il fallait taner. Se dépêcher, il avait que ça à la bouche. Se magner et déguerpir. Ils savaient que les gamins étaient pas morts. Diable, comment, aucune idée. Surement des foutus types du clan qu'avaient monté la tête aux autres. Bon sang, qui ça Ils ? Tous. Putain. Tous. Voila la saleté de raison de son fichu retard. Tout ce qui était vaguement Shinobi s'était lancé à la recherche de leur butin. Pour une fois qu'il y en avait des déjà attrapé. Morts ou vifs, ça restait un sacré bordel de butin. Comme si c'était pas assez harrassant d'être en plein territoires criblés de champs de batailles. Sauf qu'il y avait un genre de soucis, les gosses étaient pas prêt. Et puis il en restait que deux. Il était tellement sur les nerfs qu'il moufta même pas pour la perte. Alors ça. Vu l'état des survivants, il y avait rien à en tirer de cette manière. Par la force, il voulait dire. Ou l'usure. La gamine, à la limite, elle craquera, apprit-il. Pas le temps. Sérieusement, putain. Bon. Toi, attrape la, plaque la au sol, attache la, du solide, faut pas qu'elle puisse bouger au risque d'abimer la rétine, je vais t'aider. Elle se débatait, la chienne. Enfin, voila. Ca devrait aller. Vous deux, détachez le gosse. Allez. De toute façon il y avait rien à en tirer de celui la. Ca se voyait, comme une maladie incurable à son ultime stade. La férocité, chez lui, c'était ça. Regarde le, il y a encore de la vie qui se bat en lui, regarde ça comme il se démene, se tortille, un vrai damné. T'entends comme il rugit. Je le libère si tu donnes ce qu'on veut. Vos gueules, vous autres. C'est le seul moyen.  La sauvagerie le maintient en vie. Il va tenir. T'oserais pas gâcher sa vie ? Vos  gueules, vous. Toi, regarde le je te dis. Montre moi ce que je veux et je le libère. Putain mais vos gueules. C'est ça ou vous crevez tout les deux ici. Empêchez le d'hurler, ce merdeux, bordel, foutez lui un truc dans la bouche. L'écoute pas. Il fait le brave mais il va couiner quand je vais l'égorger. C'est ce que tu veux ? Je vais le faire. Tu vois ma lame sur sa gorge ? Je vais l'enfoncer si tu montre pas tes jolies yeux. Arrête de chialer comme ça. Vous, putain, vous la fermez. Ca grouille de salopards de Konoha la dehors et d'autres batards de Taki. Partout dans ce foutu coin. Et il n'y a pas d'autre moyen. On s'en branle que vous ayez pas votre du. Vous aviez quand même pas cru ces petits bijoux seraient vôtre ? Putain. Ta gueule toi. Gamine, je vais lui planter ça dans... Putain. Qu'est ce qui te prend, à toi, reste la ou t'es. Voila. Merde. Voila ce que vous m'avez poussé à faire. Voila gamine t'as vu, j'en ai buté un des miens. Oh fermez la. Enfin, tu vois, je suis prêt à tout pour tenir parole. Merde, je t'ai dis d'arrêter ta crise. Je le relâche dans la seconde ou tu l'actives, tu le verras partir. Regarde le je te dis. Je suis obligé de te maintenir la tête pour que tu le regardes, bordel, je veux pas de faire de mal mais tu m'écoutes pas. Tu vois maintenant le feu qui le ravage. C'est toi, c'est toi qui va me forcer à le tuer. Ce sera ta faute. Ou tu peux le laisser vivre. Imagine le fier type qu'il va devenir. Tu sais ce que tu dois faire. Pour sur, elle le fixait. Elle le voyait faire non de la tête. Et le feu dans son regard aussi. Toi tu l'as plus, cette force de combattre. Le regard droit sur lui, elle acquiesca. Malgré le morceau tissus l'étouffant à moitié, elle l'entendit mugir un puissant non. Le regard trempé de larme d'hystérie, elle acquieça à nouveau. La force de combattre, murmura t-elle. Les yeux exhorbités du Doc' firent des allers retours entre la gamine vers qui il était agenouillé et l'autre gosse qui, subitement, avait cessé de s'agiter. Oh putain. C'était bon. La, maintenant, il l'aurait. Solennelement, ses yeux injectés de yeux s'abaissèrent et rencontrèrent le Kôrigan. La, magnifique, à sa portée. Son coeur batit comme un tambour de guerre. Il le sentait résonner au plus profond de lui. Bam Bam, Bam Bam, Bam Bam. Les deux Jônin restants pareillement ébahis, absorbés. Bam Bam, Bam, Bam Bam. Aucun de prêta attention à l'autre Kôrigan. Scintillant pareillement. De millle teintes. Mille feux. Mille rages. Bam, Bam Bam, Bam. Sa main se crispa sur son scalpel. Bam, Bam Bam, Bam. A elle seule, à lui seul, ils n'y seraient pas parvenus. Ensemble, par contre. Bam, Bam, Bam. De face, de dos, le Doc' goutait au Kôrigan. Bam. La force de combattre, les batards. Silence. Son scalpel retentit en se fracassant au sol abrupte. Beuglant, les deux créatures de Kumo se jettèrent sur elle, sous le joug d'une colère sans nom, la croyant unique responsable. L'activation, synonyme de salut et mort, elle le savait. Tout s'était déroulé si vite. Si vite, certes, pourtant chaque millième de seconde était et serait gravé pour toujours dans sa mémoire. La, s'écroulant à la lointaine vue de silhouette aux chevelures blanches entre les arbres. La, planté dans la forêt enneigée, fixant le passage vers son quartier, incapable d'y croire. Ses plaies creusées puis gelée par la morsure du froid. La, dressé au milieu de la demeure principale, du monde s'affairant autour de lui. Ses cheveux goutellant de neige fondue, ses yeux vitreux fixant le néant semblant ne rien percevoir.  La, chez lui, partout, l'univers gravitant pareillement. Sa bouche continuellement close. Ni les soins, ni l'affection pas plus que l'irritation n'y avait changé quoi que ce soit. Muet, il l'était resté longtemps. Son corps avait guéri, le reste, jamais vraiment. Même lorsque sa voix éraillée s'était à nouveau éveillé, une éloquence qualifiée de normale n'était pas revenue. Il avait trop hurlé. Et trop entendu hurlé. Lorsque les deux monstres s'était lancé sur elle, ils lui avaient soutiré le plus terrible des râles. Enfonçant, déraçinant, lacérant, extirpant. Chacun lui avait arraché un oeil. Horrifié devant cet étalage de sauvagerie humaine, il lui fallut un instant avant de se rendre compte qu'il n'était plus entravé par aucun lien. La lame plantée dans le copr encore chaud du cafard de Kumo ayant été abattu par son camarade se retrouva dans sa main en moins de temps qu'il falait pour l'écrire et, plus rapidement encore, dans le dos du premier Jônin puis l'abdomen du second se retournant à peine. Leurs têtes se heurtèrent à peine par terre qu'il était déjà au chevet de la jeune fille. Quelques instants plus tard le son du métal de la lame martelant le sol chaque fois qu'elle transperçait les corps résonna, recouvrant les gargouillis de sang dans les gorges ainsi que les braillements étouffés. Encore et encore. Continuant bien après que le dernier souffle de vie leur fut ravi. La férocité. Encore et toujours. La rage. Des lambeaux de peau vascillant sur les carcasses, mollement accroché aux os éraillés. Il tremblait, pleurait, hurlait. Ils avaient fait de lui une bête. Cet acharnement fièvreux, il ne fut pas stupéfait d'en avoir la force, pour le reste, le chemin paraissant infini jusqu'aux abords du quartier, sa façon de rester sur ses gardes quant à la traque dont il faisait l'objet, il s'en étonna lui même, sur le coup comme après. Avançant de territoires en territoires, il ne sentait ni vivant ni mort. Quelque part entre les deux. Il avançait, simplement. Même lorsqu'il les avait vu s'approcher, ceux du clan, rien ne s'était éveillé. Dès l'instant ou il avait ouvert les yeux dans cette immonde caveau, attaché comme chien fuyard, il n'avait cru en son salut, il n'avait cessé d'attendre que la mort le cueille. Peut être ne réalisait-il pas qu'il en avait bel et bien réchappé. Surement que de cet état de mort intérieure, jamais il n'en sortit pleinement. De jour comme de nuit, il se sentait à mi chemin entre une léthargie indolente et une puissante pulsion de vie. La férocité enfouie sous un masque inflexible comme de la lave bouillonant sous une épaisse couche de glace. Parfois, au fin fond de son regard de marbre, lorsqu'il semblait se voiler, les heures passées à subir les pires tourments se faufilaient bassement. La même scène se jouant continuellement. S'agenouillant vers le corps supplicié de son amie, ses mains tremblottantes n'avaient osé la frôler. De ses fines lèvres s'échappait un halètement gutural. Un dérangeant souffle d'agonie. La machine humaine lui donna un vertige absurde. Une joie imbécile, délirante, démente s'emparra de lui. Viens, on s'en va, viens, on le peut. Viens, nous sommes libres. Viens, à la maison, ils te soigneront. Me laisse pas, viens avec moi, tu ne peux pas rester la. Viens, tu dois rentrer. Je te porterais, le cauchemar est fini. Halluciné, presque convulsif, il hachurait drôlement ses phrases et semblait oublier la moitié des syllabes. Tandis que d'épouvantables lamentations s'élevaient de la vivante dépouille. Arrête, sérinait-elle dans des frémissements de grognements. Un gémissement grinçant le sortit brutalement de son délire, semblant immobiliser jusqu'à son sang dans ses veines : Tue... moi. Bien sur, il le savait. Il l'avait su dès que son regard s'était posé sur cette sanguignolente carcasse. Non, il se mentait encore, à l'instant ou elle avait activé ses pupilles. Peut être même lorsqu'il avait réalisé qu'ils mouraient ici. Que personne ne viendrait à leur secours. Pas même la mort ne daignait les libérer. Etaient-ils maudit ou avaient-ils simplement atteris dans un caveau trop enraciné dans la terre ? Des enterrés vifs ayant échappés au regard de la mort. C'était à lui seul d'y remédier. Elle ne pouvait plus qu'attendre un trépas, égaré et éloigné. Dans la souffrance. Son être n'était plus que souffrance. Des râles guturaux. Du sang noircie sur de la peau meurtrie. Et deux orbites, excavées, sombres, deux cavités, poisseuses. Il cligna des yeux. Les ouvrant sans aucune teinte mauve. Ils restèrent accrochés sur les cratères, répugnant, crevasses souillées, morribonds. Etrange sensation que le dégoût dans sa forme la plus crue mêlant un mal à en détourner une attention mortifiée. Refrainant une nausée, il se força à les fermer. Et du se faire autant voir plus violence pour les rouvrir. Aucun changement de pupille. Une vive angoisse le submergea. Ca, non, ça, incapable, lui échappa en un murmure. La troisième tentative se solda par un échec identique. Redoublant les gargouillis expirant de son amie. A bout, tout, avant, tout, ni force, ni rien, impossible. Du mieux qu'il pu, il tenta de s'expliquer, de se défendre. Juste l'activation, pas moyen, jamais arrivé. Il pensa à la lame déjà ruisselante de sang. Non, il s'y refusait. Sa peau d'albâtre déjà lacérée, il ne pouvait la meurtir d'avantage. L'outrager n'était pas une option. Ce qu'il avait fait pour l'amener au trépas, pour forcer la mort à venir la cueillir, il ne l'avait raconté que bien plus tard, lorsqu'il était enfin sortit de sa période de mutisme. A sa mère à elle. Elle en avait alors fait de même, comme lui à cet instant. Sans, cela va de soi, la terrible conséquence. Et la, seulement, finalement, il avait pleuré. De toute son âme. Il lui sembla glaner, un tant sois peu du moins, le pardon. Dans ses bras, il l'avait prise. Contre lui, il l'avait maintenu. La serrant au creux de ses bras qui ne tremblaient plus. Sentant les frêles et déchirants débattement d'agonie. L'étouffant. Dans une étreinte, forte et douce, elle s'était éteinte.

La conclusion de toute cette aventure, pour lui, fut sans équivoque. Il y avait le Clan. Et le reste du monde. Hostile, ennemi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 01:45

 

 

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis un bon moment déjà les deux Genin avançaient dans la zone de combat, ou du moins ce qu'il en restait. Au milieu de ce cimetière d'arbre, ils sautaient au dessus des épaves de tronc et gravissaient les décombres, silencieux. Aucune bête monstrueuse à l'horizon. Seulement une gigantesque sphère dévastée ou le regard aux milles teintes mauves de Rin ne décellait pas la moindre tâche orangée. Saisis d'une sourde anxiété, conscients d'être arrivés trop tard, ils ne pouvaient plus qu'espérer les retrouver en un seul morceau. Pour leur défense notons tout de même qu'il leur était quasiement impossible de rattraper ces colosses à temps, ayant besoin de plusieurs minutes de course effrenée pour recouvrir la distance d'un pas de titans.

 

- J'y vois pas mieux avec tout ces énormes débris. Même si le Kôrigan utilise pas beaucoup de Chakra juste comme ça, je le désactive. 

 

- Ouais, mieux vaut faire le plein pour après. On sait pas ce qui nous attend encore. 


Retenant tout deux un soupire, ils laissèrent le calme plat retomber. Point pour très longtemps pourtant : Un instant plus tard Rin s'arrêtait, intimant à Kankuro d'en faire de même, et demandait à mi voix :

 

- T'as entendu ?

 

- Quoi ?

 

- Des voix. On dirait que ça vient de la-bas. 

 

Fusant vers la direction qu'elle indiquait, les bruissements se muèrent en murmures plus distincts. Impossible de se méprendre : La voix de Gaara. 

 

- Pourquoi ? Qu’est-ce qui te pousses à mettre ta vie en péril pour d’autre ?

 

- Ils m’ont délivrés de l’atroce solitude dans laquelle j’étais plongé. Ils m’ont acceptés tel que je suis, voilà pourquoi ils sont tellement importants pour moi. Révéla péniblement une autre voix, celle de Naruto.

 

- Mais moi...  Lui répondit-il seulement.

 

- Toi tu es comme moi. Tu as connu les mêmes souffrances. Autant que tu as tout ce qu'il faut pour le même salut. 

 

Dans l'instant Rin et Kankuro bondirent au dessus du tronc éclaté qui leur cachait la vue, atterrissant juste devant le corps cloué au sol de Gaara, face au blondinet. Tout deux semblaient être en piteux état, une trainée de sang leur striant pareillement le visage. Dans un murmure brisé, il articula lentement : 

 

- J’en ai assez, c’est terminé.  

 

Avant de le relever doucement, Kankuro ne put que bafouiller le nom de son frère, la gorge serrée d'inquiètude, au lieu du " Ca va aller " qu'il aurait voulu clamer. 

 

- Partons. Lança ce dernier à son équipière, s'élançant ensuite de l'autre côté du tronc, son frère s'appuyant sur son épaule. 

 

Ne s'exécutant pas de suite, elle détourna promptement la tête vers le sens opposé, ayant entendu d'autre éclats de voix au loin scandant le nom du blondinet. Il lui sembla reconnaitre celle de la guimauve et de son plus-ou-moins-adversaire de la dernière étape. Ils n'allaient pas tarder à arriver à sa rescousse, parfait. Plongeant une dernière fois son regard de perle dans celui du Genin, elle se contenta d'un signe de tête en guise de remerciement. Et il lui retourna un frêle sourire. Se comprenant par dela de futile parole. Dans la seconde, elle avait disparu. Ce ne fut qu'après une longue avancée dans la forêt ou seuls leurs bruits de pas résonnaient que Gaara chuchota presque :

 

- Rin, Kankuro...

 

Hésitant le temps d'un battement de coeur, il prit une légère inspiration avant de continuer sur un ton à fendre l'âme :

 

- Je suis désolé.

 

Les deux concernés s’échangèrent un regard teinté d’étonnement. Alors ça. Devaient-ils tenter d'annuler un quelconque Genjutsu ou ces mots étaient-ils bel et bien sortis de sa bouche ? Désolé. Ca alors. Mais de quoi au juste ? La liste des probabilités étaient anormalement longue. S'excusait-il d'avoir complètement pété un câble de l'arène à maintenant ? D'avoir laissé Shukaku se faire la belle ? D'avoir planté la mission ? Ou faisait-il référence à son comportement en général ? Cette idée la sembla des plus improbable à notre jeune Yutsune qui opta pour l'échec de la mission et répondit donc avec un sourire radieux  : 

 

- T’inquiètes. 

 

- C’est rien ! Lança Kankuro sur un ton assuré, étant visiblement parvenu à la même conclusion. 

 

Un ton plus bas encore et la voix tresaillant d'avantage, il répéta comme s'il n'avait pas percuté leurs réponses :

 

- Je suis vraiment désolé. 

 

Ce coup-ci leur échange de regard fut chargé d'étonnement. Sa blessure sanguignolente avait-elle engendré une sorte de traumatisme cranien ? Que lui prenait-il au juste ? Ca ne résultait tout de mêmes pas des... Non. Il ne sous-entenderait pas seulement... Invraisemblable. 

 

- Tellement...

 

N'ayant pas même le temps de se l'échanger cette fois, ils gardèrent leurs regards saturès d'étonnement rivés sur Gaara, qui dans souffle, confia un dernier  «  Désolé » avant de perdre connaissance.  

 

- Gaara ? S'exclama son frère en le secouant, stoppé net sur une branche. Oh Gaara !

 

- Arrête de le remuer comme ça ! Ca doit être à cause de son réveil brutal. J'avais dis à Naruto que c'était super risqué mais il a pas du avoir le choix. 

 

- Merde, ouais. C'est d'ailleurs super dingue que ce moucheron ait pu faire un truc pareil. 

 

- C'est clair, il est de loin le plus puissant des Genin de ce bled. 

 

- En parlant de ce trou, on en est plus très loin... Comment on fait maintenant ? 

 

- On... Réfléchit. Déjà faut faire le point. Même avec les troupes d'Oto en aliées, les notres étaient en inferiorité numérique et sur un terrain étranger, Shukaku était censé faire la différence. Bon, ils ont toujours les énormes invocations du Chef d'Oto. Du coup jusqu'à maintenant ça doit être à peu près égalité. Et surement encore entrain de batailler. A nous attendre. Si on se montre pas, soit Konoha va perdre l'avantage et céder - ce dont je doute - , soit ils finiront pas ordonner le retrait des troupes. 

 

- Et c'est pile la ou on se fait démonter n'est ce pas ? 

 

- Exactemment. 

 

- S'ils voyaient son état, peut être qu'ils lâcheraient l'affaire... Ouais, non. Ils seraient encore capable de le soigner juste assez pour pouvoir le forcer à le lâcher à nouveau. En plus de l'anéantissement de Konoha, du conflit qui en découlera, physiquement Gaara supportera pas un truc pareil.

 

- La seule option est de rentrer directemment. On pourra s'inventer des poursuivants. 

 

- Ah parce que tu connais le chemin sur quatre jours toi ?  Imagine qu'on s'égare un peu, on va se retrouver à devoir traverser Ame. Ame. Le Ame de toutes les rumeurs flippantes. Et puis même, Gaara a besoin d'au moins des soins basiques. 

 

- C'est l'impasse. A moins que...

 

Affichant tout deux une moue revulsée, ils crachèrent en choeur :

 

- Baki. 

 

- Techniquement c'est le seul qui pourrait nous couvrir, s'occuper un minimum de Gaara et retourner à Suna les yeux fermés... Mais y'a surtout de grande chance qu'il nous en claque une et qu'il expédie Gaara remplir la mission. Notifia t-elle, peu emballée, avant de soupirer et de marmonner : On pouvait pas avoir un Sensei normal non ? 

 

- Bah il dit toujours qu'il est uniquement la pour gérer les débordements de Gaara... C'est le moment. J'ai pas vraiment confiance non plus mais, c'est pas comme si on avait le choix. Va falloir être persuasif.

 

-  Du genre : Si Gaara claque pendant qu'on le sortira du Sommeil du Tanuki pour la deuxième fois en un jour, on sera légèrement en pénurie de Jinchuuriki. 

 

Il ne put que grimacer devant le charmant résumé plein de tact de son équipière alors que cette dernière expliquait déjà :

 

- On ferait mieux d'entrer ensemble dans le Village, histoire de pallier au mieux de probable attaque, puis l'un de nous deux restera à l'abris avec Gaara pendant que l'autre partira à la recherche de Baki. 

 

- D'accord mais faudra un sacré abris pour éviter les deux camps. 

 

Attrapant promptement un Kunai dans la sacoche prévue à cet effet de Kankuro, elle grava un carré dans l'écorce d'un tronc, trois triangles à l'intérieur - positionnant l'entrée principale, le bâtiment du Kage et l'arène - puis plusieurs croix en divers endroits.

 

- Les zones occupées par l'Anbu. A esquiver en priorité. Ils ameneraient directemment Gaara auprès de Keisei. Et celui-la, il lui sortirait Shukaku par la bouche s'il le fallait. 

 

Keisei Hageshi, Chef de l'Anbu, rival suprême du Mirage du Désert de part son poste et son attitude. Le type de Shinobi qui ferait passer le Jônin leur ayant parlé dans l'arène pour un ange. Elle continua tout en traçant d'autre croix :

 

- La ce sont les escouades comprenant des Ninja Sensoriels ou Médecin. Les premiers grilleraient la masse de Chakra de Gaara tout de suite tandis que les autres le ranimerait à la vite pour le plonger dans le Sommeil sur le coup. 

 

Incrusant un unique rond près du triangle représentant l'arène - faisant égalemment office d'entrée suite à l'explosition - , elle indiqua :

 

- La seule unité de Chuunin. Si jamais ils nous voyaient, ils nous laisseraient surement tranquille en leur expliquant la situation. Et dans le cas contraire... Je pourrais les bloquer facilement. 

 

Deux ronds de plus s'ajoutèrent au carré déjà bien chargé, sur quoi elle notifia :

 

- La Brigade des Pantins a envoyé que deux petits détachements parce que, selon ce que t'as entendu, ils étaient pas franchement pour l'attaque. Du coup ils nous comprendront peut être. 

 

S'écartant légèrement pour une vue d'ensemble, elle lança presque dans l'instant :

 

- C'est bien ce que je pensais, vaut mieux rester près de l'arène. Vu que c'est la que l'attaque a commencé, c'est la zone qui a du être abandonné le plus vite. C'est sans doute pour ça qu'ils ont prévus d'envoyer les Chuunin dans ce coin. Et par chance c'est des marionnettistes de la Brigade un peu plus loin. 

 

Tout en traçant un long trait avec de nombreux détours concluant sur un petite tête à l'air farouche, elle annonça que tel était le trajet le moins risqué pour rejoindre l'endroit ou était censé se trouver leur Sensei et, avec un dernier hochement de tête en inspectant l'écorce tailladé, lança son Kunai à un Kankuro plutôt éberlué.

 

- C'était quoi ça ? Articula t-il au ralentis, les yeux écarquillés faisant des allers-retours entre le tronc et son équipière. Y'avait tout ça dans ta petite tête d'albinos ? Comment t'as fais pour y mettre et l'organiser ? Toi ? 

 

- C'est vexant que ça te surprenne autant. Vraiment. Claqua t-elle froidement.

 

- Ca fait un an que je te vois foncer sur les ennemis et improviser comme ça te vient, alors désolé, mais je savais pas que y'avait l'option stratégie fournie avec le pack équipière-hautement-téméraire. Et je dis téméraire pour être sympa.

 

- Ca a aucun lien. Maugréa t-elle avant d'expliquer en haussant les épaules : Baki avait caché les croquis et autres plans dans la réserve de nourriture, au cas ou y'aurait eu une fouille je suppose, j'y jetais un oeil machinalement en allant taper dedans la nuit. 

 

- Et c'est ainsi que l'estomac relié au néant de Rin Yutsune sauva ses équipiers d'une mission d'abord voué à l'échec. Proclama t-il solennellement avant d'éclater de rire.

 

Du moins ce fut ainsi que son estomac les amena dans la ruine de l'arène déserte, le nauffrage ou le succès de leur mission étant pour l'heure indéterminé. Il sembla que les battements de son coeur résonnèrent lourdement entre les gradins, amplifiés comme des tabours de guerre par le silence de plomb y régnant. Des battements ralentis par la crainte grandissante, précisemment à cause de cette quiètude. Sans oser prononcer le moindre mot, les deux Genin ponctuaient leur observation des alentours par des regards échangés à la sauvette insinuant clairement que quelque chose clochait. Seuls de lointains bourdonnements d'affrontements leur parvenaient. Etouffés, semblant disséminés. Le Village ne croulait pas sous les explosions, ne vrombissaient pas sous les raffales d'attaques comme ils se l'étaient imaginés, pas plus que les hurlements ne se mêlaient aux violents fracas. Leurs troupes ne pouvaient pas déjà avoir été écrasé et il était encore plus inconcevable que Konoha ait cédé, alors que diable se passait-il ? Prenant les devants pour scruter les abords de l'arène, aucun Dôjutsu ne fut de mise, elle ne décella pas la moindre âme qui vive dans les rues et fit signe à Kankuro de la rejoindre. Ce dernier, aussi perplexe que son équipère, se contenta de rehausser le corps inerte de son frère sur son épaule, à peine afficha t-il un air dérouté que déjà sa mine se décomposait : Rin venait de fuser vers un énorme débris, s'en servant comme trempli pour bondir sur le toit d'un petit bâtiment et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle en eut gravit un plus haut.

 

- Qu'est ce tu fous ? S'exclama t-il vivement à mi-voix. Tu peux pas être prudente cinq minutes d'affilées !

 

Imperturbable, elle s'accroupit derrière une cheminée et en profita pour s'y maintenir, ces fichues tuiles se révélaient plutôt glissantes, tandis qu'il continua sur sa lancée, augmentant un chouillat le volume :

 

- Tu vas redescendre oui ?! Avec ta tête blafarde et tes cheveux, on doit te voir jusqu'à l'autre bout du Pays ! Oh bordel, on va se faire repérer. 

 

- Mais tais-toi donc. Riposta t-elle dans un murmure exalté. Y'a personne de toute façon, c'est bien ça le problème. 

 

Moue renfrognée scotchée, il ne tint pas longtemps avant de ronchonner à voix basse :

 

-  Tu vois quoi alors ? 

 

- La majorité des bâtiments sont en partie anéantis. Y'a du avoir quelques explosions mais ça ressemble surtout au passage de gigantesques bestioles. Surement les invocations du type d'Oto la, le dirigeant auto-proclamé. Ca a du être super dégueulasse. Et c'est surtout étrange que des machins ayant fait de tels dégats aient déjà disparu. 

 

- A moins qu'ils aient eu une aide divine, ceux de Konoho ont du s'en charger. 

 

- Dans ce cas c'est purement impossible qu'ils aient pu décimer leurs assaillants en même temps. Et pourtant y'a plus un chat. Enfin... Je crois deviner des silhouettes qui combattent vaguement par ci par là mais... Bon, faut dire que je vois pas très bien d'ici.

 

- Même... Comment une attaque de Village organisée a pu se transformer en petits affrontements de rue ? On est tombés dans un faille spacio-temporelle ou quoi ?

 

- J'en sais rien, je comprend pas ou ils sont tous passés. Et... Je t'ai pas encore dis le truc le plus bizarre. 

 

- Crache le morceau, on a pas la journée.

 

- Ca ressemble à un combat. Sauf que y'a un foutu Kekai qui gêne la vue. Et c'est loin, tout la-bas, sur... Le toit du bâtiment de l'Hokage.

 

- C'est la ou mon père avait prévu d'entrainer le vieux Sandaime ! S'exclama t-il plus fort que prévu avant de se reprendre : Pour éviter les dégâts de Shukaku. 

 

- Merci je suis au courant ! Mais depuis avant... Y'a pas eu la moindre salve d'or. 

 

- Tu veux dire que...

 

- Je veux rien dire du tout. Peut être que ces attaques sont juste cachés par la barrière et les arbres. Y'a plein d'arbre de partout. Ca existe les invocations d'arbres ?

 

- Qu'est ce que j'en sais moi ? Je vois pas trop l'intérêt. 

 

- Tu crois qu'il serait possible que le Sandaime possède le Mokuton en secret ? 

 

- Bien sur que non, andouille. Personne a cette affinité depuis des décennies. Ca se saurait sinon. 

 

- En gros, on est pas plus avancés. Je redescend en tout cas. 

 

Alliant le geste à la parole, elle ne tarda pas à le rallier la terre ferme et du suivre le marionnettiste s'en retournant déjà sur ses pas, vers l'intérieur de l'arène. Grimpant dans les premiers étages des gradins, il allongea son frère sur des sièges - commençant à devenir franchement encombrant - si bien qu'il était pratiquement invisible d'en bas. 

 

- Ce foutoir tourne pas rond, mais ça change rien à notre plan. Comme tu l'as dis, un reste ici avec lui et l'autre va chercher Baki. Déclara t-il à haute voix maintenant avant de sauter aux côtés de Rin, restée sur la terre battue.

 

Cette dernière, acquiesçant seulement, se contenta de lâcher un :

 

- Je me dépêche, t'inquiètes. 

 

Et fit volte-face aussi sec. 

 

- Ou tu crois aller comme ça ? S'enquit-il en la retenant par l'épaule.

 

- T'imaginais quand même pas t'en charger ? Sans vouloir t'offenser, tu t'es fais laminer par l'autre dresseur d'insecte. T'as donc plus de Chakra, t'es plus en état de te défendre contre d'éventuels adversaire sur le chemin et, quoi qu'il en soit, c'est râpé pour toi vu que tes pantins sont inutilisables. Les ligaments ont été rongés, tu l'as dis toi-même. Mon Chakra se régénère rapidemment. Je suis rapide. Je...

 

- Tu es Rin Yutsune.

 

- Finement observé.

 

- Je sais que tu as toujours plein de Chakra parce qu'il se régénère vite, que tu transformes ton hyper-activité en rapidité, que tu peux te permettre de foncer sur le danger et de composer comme ça te vient vu ta super affinité. Parce que tu es Rin Yutsune. Et c'est exactement pour cette raison que tu resteras ici. On sait pas ce qui se trame au juste ni qui peut trainer dans ces rues, mais doit surement y'avoir des tas de profiteurs mal attentionés ou même rien que des Shinobi étrangers venus spécialement te voir. Je vais pas leur laisser une opportunité si facile de te tomber dessus. Et y'a pas de " je les démonte " , ni aucun argument de ce genre, qui tiennent. T'es forte, ça ouais, je crois même que je te l'ai jamais dis, et du coup t'assumes toujours tout toute seule. En partie parce que tu sais que tu en es capable, mais aussi parce que t'as pas le choix. Et je te l'ai dis avant, j'ai jamais géré ma partie du contrat envers toi. Je vais y remédier. C'est pour ça que les équipes existent. Pour que les équipiers laissent pas les p'tites têtes assumer toute seule ce qui leur tombent dessus. 

 

- Kankuro... Laissa t-elle échapper dans un souffle.

 

- Voila, c'est justement la ou je voulais en venir. Ils feront pas spécialemment gaffe à un Kankuro. Et t'inquiètes, je peux me débrouiller.

 

Avec un léger éclat de rire, il donna une pichenette dans la partie métallique de son bandeau, comme souvent après une victoire en mission. S'éloignant jusqu'à la sortie sous le regard abasourdi de la Genin, il se retourna à peine pour avouer :

 

- Tu sais, c'est pas toujours facile d'avoir des équipiers aussi fort que vous deux. C'pas que je doute de moi, ça surement pas, mais parfois faut se rendre à l'évidence. Enfin, je crois avoir finalement compris que mon rôle...

 

- Les deux censés être plus fort que toi vont se terrer ici pendant que tu affronteras le danger. Le coupa t-elle avec une ombre de sourire. Y'a qu'une déduction possible. 

 

Ecarquillant les yeux grands comme deux assiettes, il troqua bien vite son air confus contre un large sourire et s'élança dans la foulée vers l'inconnu, sentant une vague de fierté le submerger. Fier d'être un Kankuro bravant péril et angoisse pour eux. Fier d'être l'équiper d'une Rin Yutsune. De son côté, elle resta scotchée sur place, n'intégrant pas tout à fait ce qui venait de se passer. Décidemment cette journée contenait le lot de renversement de situation inopiné d'une poignée de mois. 

 

- Qu'est ce qui vous prend à  tout les deux aujourd'hui ? 

 

Levant la tête vers sa silhouette inconsciente dont elle appercevait à peine la chevelure écarlate entre l'écart de la rangée de siège de devant, la penchant pensivement, elle continua doucement :

 

- Désolé. Vraiment et tellement désolé. A quoi tu pensais au juste ? Tu parlais pas que de Shukaku, pas vrai ?

 

Soupirant, elle donna un petit coup de pied dans un gravillon et, suivant sa trajectoire des yeux, pensa à voix haute :

 

- On a plus qu'à prendre notre mal en patience. Et compter sur la coopération de Baki. Ca me parait compromis d'avance.

 

En une grande enjambée elle rejoignit le cailloux pour l'envoyer rouler plus loin.

 

- Il a jamais franchement été de ton côté, hein ? 

 

Avec un troisième coup de pied plus vigoureux, il n'acheva pas ses roulé-boulés qu'elle lui en assenait déjà un autre en lâchant :

 

- Ni du notre tu me diras. 

 

Quelque pas et frappes plus tard, elle reprit, incrédule, en hochant la tête de droite à gauche :

 

- J'ai l'impression que les camps se sont inversés en peu de temps. Ou qu'on gravite à part. En tout cas c'est du grand n'importe quoi depuis que j'ai mis un pied dans cette arène. 

 

Regard rivé sur la petite pierre depuis le début, elle remarqua à peine qu'elle la menait devant l'alcôve de la sortie et s'en rapprocha d'ailleurs encore.

 

- J'en ai ras le bol de ce coin. J'ai juste envie de rentrer. Et aller sur les collines environantes pour y regarder le coucher du soleil. Le ciel est moche ici. Je veux être à la maison. Le vent me manque, y'a pas de bruit de fond comme ça dans ce trou. J'espère qu'il y aura une bonne tempête de sable quand on rentrera. Je te jure que j'vais sauter de partout ! Et je courrais jusqu'aux allées recourbées pour en profiter. Je me demande si t'aimes bien y aller toi. 

 

Haussant les épaules, elle rectifia l'itinéraire du précieux caillou - s'enfuyant un peu trop vers la droite - puis s'exclama :

 

- Qu'est ce que je déteste attendre. J'aurais du...

 

Stoppant nette de sa phrase à sa respiration, son coeur rata un battement. Une ombre venait d'engloutir le gravillon. Au ralentis, elle la retraça du regard et remonta vers la silhouette se tenant à son bout. D'abord aveuglée par la subite clarté, elle ne put qu'en distinguer les contours et entendre une voix d'homme s'y élever :

 

- Bonjour. 

 

Sourcils légèrement froncés, frisant la tachycardie, elle le voyait distinctement maintenant : Grand, squelettique mais étrangement pourvu d'une musculature apparente, un visage émacié surplombé d'une chevelure brunâtre en bataille, vêtu simplement d'un marcel blanc et d'un pantalon large. Rien qui ne justifiait l'emballement de son rythme cardiaque. Au détail près que son haut était maculé de tâche de sang et qu'une ceinture munie de sacoche débordante d'arme en tout genre maintenant son pantalon. 

 

- Mais je te reconnais toi ! J'étais dans la tribune tout à l'heure, je t'ai vu combattre, ou enfin ce qu'on a pu voir de ton combat. Ils étaient tous survoltés dis donc. Tu me diras, c'est pas tout les jours qu'une revenante refais surface. 

 

Ne pouvant décrocher son regard de sa ceinture, il fut attiré par un objet rutilant en pendouillant. Un bandeau. Oh bon sang. Pas n'importe lequel. Sur le coup, elle du retenir un éclat de rire soulagé et se trouva plutôt idiote de s'être angoissée pour si peu. Rin faisait face à un Ninja d'Oto, un allié donc. Comme quoi il arrivait au Karma d'être de son côté ! Sa voix lui appararut tout de suite plus engageante lorsqu'il demanda :

 

- A qui tu parlais ?  

 

- Personne. Ca m'arrive souvent de causer toute seule quand je m'ennuie. 

 

- C'est bizarre, j'aurais juré sentir une autre présence. 

 

Hochant la tête en signe de négation, elle-même n'en sut pas exactement pourquoi. Pas plus qu'elle n'aurait pu expliquer la raison de sa trouiller persistante. 

 

- T'étais entrain de te dire à toi-même que tu détestais attendre. T'attends quoi planté ici ? 

 

Une foutue mauvaise impression ne daignait pas la lâcher. Pourquoi, ô grand pourquoi, fallait-il toujours qu'une mauvaise impression se mêle de ses affaires ? Ainsi inventa t-elle à la vitesse de la lumière : 

 

- Mes équipiers. Ils sont allés du renfort. On a descendu tout un groupe de fuyard dans la forêt mais y'en reste encore. C'est qu'ils sont pas très courageux les Shinobi du Pays du Feu, se barrer comme ça franchement !

 

- Les miens l'étaient pas mal. C'était d'ailleurs stupide de leur part. Répondit-il en sortant d'une de ses poche arrière un veritable bouquet de bandeau frappé du symbole de la feuille. 

 

Les soulevant jusqu'à son oreille, il les fit tinter les uns aux autres avec un grognement étouffé apparement censé être un éclat de rire, donnant au passage le droit à l'estomac de Rin à une énième acrobatie. 

 

- J'adore récolter les bandeaux. 

 

- Chacun sa petite habitude. Commenta t-elle le plus légèrement possible, se forçant à sourire sans être certaine du résultat.

 

- Le tien est chouette. En noir, c'est plus rare. 

 

Ayant dans l'idée de le remercier, elle s'étonna qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Peut être son mutisme subit avait un lien avec la crainte qu'il lui inspirait, cet étrange compliment y ayant largement contribué. Se répetant qu'il était - bien heureusement - dans son camps pour se rassurer, cette technique ne fonctionna pas des masses. Surtout lorqu'il eut rangé ses nouvelles conquêtes et continua de faire la conversation :

 

- Et j'en ai pas beaucoup de ton Pays. Normal vu la distance. Pour les collectionneurs le nombre compte, c'est sur, mais compléter sa panoplie aussi. La tâche est ardue avec tout ces petits Villages. Tu savais, par exemple, que le Village caché de l'Etoile existe ? Non, hein ? Cette acquisition est dans mes projets. Au fait, tu veux que j'attende avec toi que les autres rappliquent ? 

 

- C'est gentil de proposer mais ça ira, pas besoin de s'embêter pour moi. 

 

- T'es loin du compte ! Tu vas pas m'embêter, plutôt le contraire. Il se trouve que j'ai une passion première, bien plus éminente que les bandeaux, et je pourrais la partager avec toi. L'un dans l'autre, d'ailleurs, les deux se regroupent.

 

Machinalement, presque sans en avoir conscience, elle se recula. 

 

- A cause de leurs assouvissements... Ma tête à été mise à prix. 

 

Et de quelque pas encore. 

 

- Moi, ce que j'aime par dessus tout, c'est voir le sang couler. Lacérer. Ecorcher. Couper. Qu'importe tant que le résultat coule. Je ne suis pas un vulgaire meurtrier. La mort, seule, courte, est laide. Ma passion est dans la beauté. Dans l'accession à la mort par la beauté. 

 

Lentement, il s'approcha. Un spectacle transcendant, murmura t-il, pianotant sur sa nuque de ses doigts décharné. Attisant une peur déjà bien embrasée en elle. 

 

- Et quand je t'ai vu avant, à la seconde ou t'as atterri, j'ai été subjugué. Plus exalté encore que quiconque dans la foule. Longuement, tu es resté immobile au centre. Eblouissante. Une poupée de porcelaine. A se demander si le précieux fluide vermeil pouvait s'échapper de toi. 

 

Chaque pas l'éloignant de lui était, lentement mais surement, rattrapé. 

 

- Sur ta peau couleur de neige, le vermillon tranchera à la perfection. Tu seras mon chef-d'oeuvre.

 

De sa bouche tenant plus d'une fine balafre s'échappa un éclat de rire dérangeant, saccadé, presque une suffocation entrecoupé de glapissement strident. Sa terreur explosa, rententissant dans toute sa carcasse, empêchant toute envie de fuir. Figée, elle ne put que le regarder envelopper son bras gauche d'une sorte de prothèse métallique dépliante, affreusement munie de trois lames courbées en forme de griffe. Idéal pour saisir et déchiqueter, commenta t-il dans un souffle. Et sortir d'une autre poche ce qui lui sembla être une broche à viande améliorée : Une poignée de fer se séparant en deux longs pics tranchants au possible. 

 

- Percer, percer, percer. Se mit-il à chantonner. Je vais te transpercer. Percer, percer, percer. Prenez garde à ne pas trop planter, le plaisir ne doit pas être écourter. 

 

«  Percer, percer, percer » Fredonna t-il en se jetant sur elle à une vitesse fulgurante. Quasiement dans la seconde elle sentit le froid des lames la frôler, il ne lui en fallut pas plus pour la sortir de sa tétanie et bondit plusieurs mètres en arrière. Instinctivement, sa main alla piocher dans ses réserves de projectile. Vide. Autre valse de ses tripes. Merde. Elle les avait tous balancé au profit d'un scénario de combat plausible. Stupide, bon sang, ce qu'elle pouvait être stupide ! Et elle n'avait pas tant de Chakra que ça, le comble pour une Genin habituée à un stock considérable. Sautant en tout sens pour échapper aux assaults, elle brailla l'unique pensée lui tournant à l'esprit :

 

- Suna et Oto sont dans le même camps ! Attaquer un allié est interdit. Ca revient à s'en prendre à un de ses propres partenaires.

 

- Superbe ! Rugit t-il, vociférant une caricature de rire. La chair des imbéciles est la plus tendre.

 

Piochant dans une de ses poches arrières, son hilarité n'en fut que décuplé, frisant à nouveau une asphyxie suraiguë, tandis qu'il agitait trois nouveaux bandeaux. Son regard de perle s'écarquilla d'effroi, bloqué sur le sablier y étant gravé. 

 

- Cette journée est des plus productive pour ma collection.

 

Ce malade, en plus de ceux de Konoha, avaient abattus trois Ninja de chez elle et ce avec la plus grande cruauté à ne pas en douter. La nausée aux bords des lèvres, elle se demanda avec horreur à qui ils avaient appartenus. Aux Chuunins stationnant dans le coin peut être. La seule équipe envoyée, l'une des plus prometteuse, comptant la cousine de son amie la marionettiste équipière de Natsume. Toutes trois avaient prévu d'aller dépenser leur prochaine ensemble dans leur quartier favoris. Elle ne put s'empêcher de l'imaginer noyer dans une marre de sang. 

 

- Ecervelée que tu es, voici une petite leçon qui, je le crains ne te seras pas d'une grande utilité vu ce qui t'attends : Ne jamais se fier aux apparences. Faire confiance est la pire faute que tu pourras commettre. Dommage que tu ne puisses pas en tirer profit. 

 

«  Nos intérêts communs dépassent cette chimère » Lui avait assené le Kazekage lorsqu'elle avait demandé s'ils ne faisaient pas confiance à leurs associés. Brutalement, un flot de rage s'empara de son être à leur encontre à tous. A commencer par ce taré congénital et le dirigeant. Pour de bon elle comprit que, non, elle n'était pas dans leur camps.  La fureur prenant peu à peu le pas sur la peur, elle cracha d'une voix glaciale :

 

- Pourtant il y a une personne sur qui je suis certaine de pouvoir compter. Je lui fais entièrement confiance pour ce qui est de t'anéantir. 

 

Et, dans un geste théâtrale, leva les bras pour finalement se désigner des deux mains. Il ne la vit même pas les abaisser qu'il apperçevait déjà une salve d'aiguille de glace fuser en sa direction. Peu de Chakra dépensé pour un effet escompté : Il se jeta sur le côté pour les éviter. Exactement la ou Rin l'attendait déjà un peu plus loin pour lui lancer dans l'instant qulelques hirondelles aux ailes tranchantes, à tête chercheuse de cible. Embrochant les deux premières, cet idiot se retrouva bien vite obligé de balancer son arme ou elles étaient restées bloquées entre les pics et se mangea quelques égratignures avant d'en dégainer une autre : Un manche de bois pourvu d'une masse d'un côté et de quatre énormes clous de l'autre, bout pointu apparent bien sur. Avec une dextérité impressionante, il s'en débarassa rapidemment pour charger en sa direction, l'honnorant d'une flopée de juron en prime. N'ayant de toute façon pas grand autre choix, elle recommença à jouer les anguilles pour lui échapper, avec un autre dessein en tête : L'attirer sur les gradins face à ceux ou était toujours Gaara. Mieux valait éviter qu'il tombe sur son corps inconscient, après tout il avait aussi le teint blafard.

 

- Fuir est inutile !

 

Se hissant sur le premier étage de la tribune, elle ramassa le premier débris qu'elle trouva - en l'occurence un morceau du panneau d'affichage des noms des participants - et le lui balança sans ménagement. Peu protocolaire mais relativemment utile pour le ralentir. Une tuile et deux fragments de la paroi connurent le même destin. La poursuivant entre les rangés et paliers de sièges, à deux reprises il parvint dans une démonstration de vitesse à couper le souffle à - presque - la perforer de ses clous. 

 

- Tous, ils fuient tous. En semant d'exquise trainée pourpre dans leur sillage. Ils finissent par ramper. Se trainer. Laissant d'éclaboussante flaque. Tu seras sous peu magnifiquement mouchetée, trouée...

 

- Ferme la, tu me fous la gerbe. Si ta tête est mise à prix, j'arrive pas à croire que personne se soit encore fait une joie de te l'arracher.

 

- Etait. Je préfère cette précision. Je suis un Shinobi maintenant. Alors que je me plaisais à saigner ces enflures que j'exécrais de toute mon âme...

 

- Une âme ? T'emballe pas trop. 

 

N'appréciant que très peu d'être coupé de la sorte, il manqua - de peu - de lui raccourcir un bras, dans la seconde elle se laissait tomber un étage plus bas.

 

- Celui qui devait se charger de moi, affublé du ridicule bandeau de la feuille, a reconnut la primauté de ma passion. Et de ma puissance. Par la suite je l'ai suivis dans sa conquête de transcendance. En devenant le dirigeant d'Oto, il a fait de moi un digne représentant de son armée. Depuis je mène ma croisade en son nom, plongeant l'engeance de...

 

- Déjà que t'essayes de me transformer en passoire, rend pas la tentative plus déplaisante qu'elle ne l'est avec ton histoire. 

 

S'il y avait bien un domaine dans lequel Rin excellait, c'était la capacité de rendre ses adversaires fou de rage à la vitesse de la lumière. Ainsi - dès qu'elle eut essuyer le largage de sa massue cloutée - continua t-elle d'une voix cassante :

 

- On va s'arrêter la pour le passage nostalgie, j'ai déjà compris le topo. T'étais un pauvre dégénéré jaloux et, grâce à un encore plus barge que toi, t'es devenu un pauvre dégénéré tout court. 

 

- Tu oses insulter Orochimaru-Sama. Lâcha t-il dans un murmure avant d'hurler : Il est le Shinobi ultime et je suis un de ses semblables !

 

- Surement pas. 

 

Ce fut avec cette réplique lançée d'un ton narquois qu'il atteignit le point de non retour de la colère. S'emparant d'une poignée de couteau à cran d'arrêt, il lui les envoya et, avant même qu'elle ne puisse esquisser le moindre mouvement, il avait déjà intimer des sceaux. De petite bourrasque de Futon naquirent derrière chaque projectile, amplifiant leur vitesse et créant en simultanée des ondes de vent plus tranchant que des rasoirs. N'ayant pas le temps de se protéger avec un mur de glace, elle du se rabattre sur l'esquive mais devant la force de l'attaque ne parvint pas à l'éviter entièrement. Avec un cri de douleur, une raffale lui effleura la joue, l'écorchant aussi nettement que celle l'ayant touché sur la jambe gauche et un couteau lui meurtrit plus profondément le bras, manquant de peu d'y rester juché. Ayant dégainé une hache à double face dans la foulée, il resta pourtant immobile à contempler le sang goutteler le long de son visage, s'écouler lentement sur la fine peau de sa jambe et imbiber sa manche. 

 

- Et tu crois que maitriser le Ninjutsu fait de toi un Shinobi ? Expectora t-elle avec morgue, son mépris ayant atteint des sommets. S'il agit avec honneur, respect et droiture même un lanceur de caillou serait plus digne de ce titre que toi. Tu es et resteras une vomissure de dégénéré. Aucun bandeau ne changera jamais ça. En te le procurant, en plus lâcher un barge dans la nature, ton Orochimaru a craché sur l'essence même de notre rang. Ce qui fait de lui un être encore plus infâme que le malade mental que tu es.     

 

Dans un mugissement d'indignation, il fonça sur elle, qui du se résoudre à décamper vers les rangées supérieures. Courant tout azimut, l'autre à ses trousses. Et faillit trébucher sur un objet trainant au sol : Un éclat d'une barrière certainement propulsée par l'explosion. Une rutilante barre de fer n'attendant que d'être utilisée donc. S'en emparant avec joie, elle se retourna et para dans la foulée un puissant coup de hâche qui fit trembler de son arme de fortune jusqu'à son épaule, amplifiant la douleur de sa blessure. Serrant les dents pour retenir un gémissement, elle lui en assena un autre. Du mieux qu'elle put, elle lutta - ou plutôt se défendit en grande majorité - contre les assaults de la fichue prothèse et de l'autre arme, tentant d'animer les gênes d'épeistes légendaires que son oncle lui avait sans doute transmis. Contre toute attente le duel se révéla plus ou moins égal, sans le moindre lien avec la génétique pour autant. Bien qu'elle peinait à tenir la cadence, il s'avéra que les capacités de son agresseur, émoustillé par la vue du sang sur sa peau laiteuse, étaient largement amoindries : Son regard constamment attiré par les sillons écarlates et ses reflexes pâtissant de son étourdissement. En profitant donc, Rin parvint, suite à un brillant enchainement de parade et autres feintes, à glisser le bout de barre entre les trois lames courbées de la griffe. De toutes ses forces elle le bloqua ainsi et le gratifia  d'un vigoureux coup du pied gauche en plein sur la tempe. Valsant de côté, elle lui en octroya un second dans l'abdomen, tenant toujours fermement la barre. Alors qu'il s'écroulait en arrière, la prothèse bloquée s'arracha de son bras et elle la lui balança en pleine face. Sous le double impact, il passa par dessus la ballustrade, s'effondrant au bas de l'arène. Félicitant son potentiel inné et se jurant de s'entrainer sérieusement en rentrant - parce que, oui, elle était certaine de rentrer en une pièce - , elle sauta dans son sillage. Intimant des sceaux tout en chutant, à peine se posa t-elle qu'elle claqua des mains créant ainsi une longue trainée de glace fusant tel un serpent vers le tarré plutôt sonné. N'ayant à son tour d'autre échapatoire, il déguerpit à toutes jambes en arrière, tout en lui envoyant des salves de Shuriken. Tentative qui n'eut pour seul résultat que de la vexer passablement : Comme si elle allait se faire avoir par ça ! Alors que la morsure du froid l'effleura, le sillon se stoppa brusquement. Rin venait de se forcer à l'arrêter. Et ce suite à une lutte intérieure entre sa conscience qui l'emporta sur sa rage de vaincre. En effet si elle continuait à l'étendre, il risquerait de bondir dans la tribune pour y échapper. Le côté des foutus gradins ou se trouvait ce foutu Gaara. Retenant une flopée de juron, un « Fais Chier » ultime résuma son état d'esprit. Surtout lorsqu'il éclata de son rire dément en crachotant :

 

- Quelle incompétente ! Cette saletée fait à peu près la même longueur que lors de ton combat, quand tu as abandonné. Tu es incapable de la continuer d'avantage ! Une flaiblarde qui peine à concentrer son Chakra assez longtemps et qui ose l'ouvrir sur Orochimaru-Sama, risible !

 

Effondrement mental de notre jeune Yutsune. Elle du se faire violence pour continuer d'écouter la voix de sa conscience. Foutu Gaara.

 

- Tant que je reste à cette distance, tu ne peux rien contre moi... Tandis que tu es à ma merci.

 

La balafre lui servant de bouche s'étira dans un sourire répugnant lorsqu'il amena sa main à sa ceinture, y tréfouillant il semblait décrocher des attaches. Et libéra ce qu'elle avait prit pour une partie esthetiquement utile des sangles. 

« Bordel. C'est un... Fouet ? »

 Agréablement muni d'une multitude de piquant métallique qui plus est. Le faisant bruyamment claquer au sol pour le dérouler de toute son inquiétante longueur, il n'eut besoin que d'un geste précis du poignet pour le faire fendre l'air en sa direction. Elle se jeta sur le côté, le fouet dans son sillage, martelant l'endroit qu'elle quittait à peine, encore et encore, la manquant de peu à chaque fois. Une panique aigue refit surface, dévorant la hargne à grande allure. Autant que les sillons, les projectiles de glace qui le feraient reculer étaient à bannir, elle était d'ores et déjà à bout de souffle, bon sang, que pouvait-elle faire ? 

 

- Je vais t'arracher la moindre parcelle de peau ! Vociféra t-il.

 

Sentant la morsure du fouet lui frôler le flanc, l'affolement la gagna. Rien, elle n'avait rien pour le stopper. L'impasse. Sa rage de vaincre digérée par l'épouvante, la douleur lancinante ses blessures n'en fut que plus vive. Sous peu il lui serait impossible de fuir.  

 

- Voltige pour m'échapper, petit flocon de neige, voltige tant que tu le peux. 

 

Le stopper. Trouver un moyen. Vite.

 

- Agrémentons la un peu tiens ! S'esclaffa t-il. Des grêlons pour le flocon.

 

Ils t'iront, ou plutôt se planteront, à ravir, continua t-il dans un grognement, lui balançant une poignée de seringue de sa main libre. Avec une acrobatie, elle parvint à se placer de justesse entre la nuée qui lui siffla à l'oreille et le fouet dont le seul frôlement lui enflamma le dos. Repartant dans la foulée à la charge, elle bondit tout juste assez en arrière pour que sa pointe manque de peu de lui lécher le visage. Il n'avança que de quelques pas, sauvegardant sa maudite distance de sécurité. Le manche en cuir du fouet dans la bouche, il farfouilla dans ses poches à la recherche d'autres seringues. Tentant de contrôler sa respiration - proche de la crise d'asthme avec ce mélange d'effort, de peur et de douleur - elle saisit cette chance de répis inespérée et intima des sceaux. Au même instant que lui. Les mêmes que précédemment, il amplifierait de Futon ses répugnantes seringues. La trainée de glace s'étendit vers lui avant que ne fusent ses rafales. Il recula si vite qu'elle ne le vit pas même bouger. De seulement quelques pas pourtant. Tout s'était déroulé à la vitesse de la lumière : Son flash des excuses à fendre l'âme de Gaara, son arrêt de la technique pour l'empêcher d'atteindre les gradins et le rire tonnitruant de son fou à lier d'advesaire tandis que quatre aiguilles se plantèrent dans sa cuisse. Bien qu'étouffer dans l'oeuf pour protéger celui qui restait, malgré tout, son équipier, sa tentative avait au moins fait capoter son Jutsu. Mieux valait quelques fines pointes que des bourrasques qui lui auraient déchiqueter la jambe. Et, au point ou elle en était, elle se contenta d'être satisfaite que la vue de son sang soit cachés par sa jupe. Des larmes de douleur aux coins des yeux, elle le regarda faire tournoyer son fouet dans les airs, murmurant d'indistinctes moquerie sur son besoin de parfaire sa technique de trainées de glace. Décidemment et pour de bon : Foutu Gaara. Echappant une énième fois à l'assault du cuir, elle chancela sous la diffuse douleur et faillit basculer. 

« Ressaisis-toi, bordel. Je peux pas flancher maintenant. Je dois lui faire payer. Je peux pas crever ici. Et encore moins le laisser avoir l'autre tarré en haut. Mon tarré d'équipier. Bouge. »

Son corps obtempéra, s'abaissant, faisant volte-face et valsant de droite à gauche. Ce qu'il ne pourait plus continuer indéfiniment, qu'importe sa volonté, de ce fait sa cervelle serait des plus aimable de se manifester dans les plus brefs délais pour lui fournir un plan. 

 

- Ta peau immaculée ne sera plus que striure ensanglantée. Des ruisseaux écarlates. 

 

Bien sur ! Cette réplique - outre lui avoir donné la chair de poule - lui donna une miraculeuse idée. Il se ferait avoir par sa propre folie. Mieux valait la mettre en oeuvre de suite, pas sur qu'elle y soit encore prompte dans ne serait-ce qu'une seconde. Déglutissant, elle retint sa respiration et ferma les yeux. Courage, s'ordonna t-elle mentalement. Et, le prenant à deux mains, elle s'arrêta brusquement. Un battement de coeur. Elle se fit heurter de plein fouet. La lanière jonchée d'épine lui cingla l'épaule. Une giclée de sang s'en propulsa, éclaboussant son cou et sa joue. Par fierté, elle se força à ravaler son hurlement et tonna mentalement un flot de juron. Comme elle l'avait prévu, les globes oculaires enfoncés de son assaillant s'écarquillèrent, illuminés d'une lueur d'émerveillement. Figé, il contempla son oeuvre. Exactemment ce dont elle avait - pour l'instant - besoin : Immobilité et temps. Essuyant les gouttelettes pourpres du coin de sa bouche, elle murmura :

 

- Kôrigan. 

 

Obnubilé par cette nouvelle blessure et les fines coulées commençant à se montrer sur sa cuisse, il ne remarqua même pas le changement de teinte de ses pupilles tandis qu'elle se concentrait au maximum pour projeter une bombe de Chakra directemment en lui et influer de la sorte sur son organisme, plus particulièrement sa chaleur. Le orange vif la représentant pâlit considérablement. 

 

- Qu'est ce que... ? Je me sens... Tellement engourdis. Bredouilla t-il, fixant avec horreur son poing se refermer lentement.

 

Parfait. Ralentis, il ne pourrait pas détaler comme un lapin vers les gradins. La voyant intimer les sceaux, il se traina, tout frissonant, derrière sa ligne de sécurité. Imaginaire. 

 

- Et alors, petite imbécile, que crois-tu pouvoir faire ? Proclama t-il avec assurance. La température du corps humain remonte tu sais ?  Je me sens d'ailleurs déjà revigoré. Même ça, tu le maitrises mal !

 

- Pour ça, c'est vrai que j'ai du mal. Répondit-elle, ravie de pouvoir l'enjoliver d'un sourire en coin. 

 

«  Pour ça seulement » Ajouta t-elle en claquant des mains. A une vitesse fulgurante la trainée de glace s'étendit jusqu'à lui. Sa mine fière se décomposa aussi promptement. Horrifié, il recula. Lentement. La glace le rattrapa sans mal, lui attrapant d'abord le pied droit. Puis le gauche. Et grimpa le long de ses jambes. Rien que l'infime instant d'une désactivation de Kôrigan avait suffit pour qu'elle enserre sa proie jusqu'à la taille, l'élevant ainsi de plusieurs mètres.  Ne pouvant plus que trembler de peur et de froid, il resta muet d'épouvante alors qu'elle intima d'autres sceaux en déclarant :

 

- Petite leçon qui je le crains ne te sera pas d'une grande utilité : Ne jamais se fier aux apparences.

 

Elle abattit ses paumes sur le commencement du sillon à ses pieds. Non loin de lui, en émergea un long pic. Dont la pointe se planta dans sa gorge. Un jaillissement grenat s'échappa à forte pulsation de sa trachée, ruisselant sur l'éblouissante glace. Eut-il seulement le temps de ressentir l'intense souffrance ? Elle n'en sut rien. Son expression de fascination, figée pour l'éternité, lui fit du moins comprendre la teneur de son ultime souffle : Son chef d'oeuvre, sa propre mise à mort. 

Un silence assourdissant submergea l'arène tandis que, vascillante, elle contemplait le premier être à qui elle ôtait la vie de manière consciente et voulue. Les deux précédents ayant plutôt resulté d'une attaque instinctive que sincérement prémédité. Se laissant tomber à genoux, elle ressentit, en dépit de la haine profonde à son égard, une étrange sensation. Et réalisa qu'il s'agissait presque de satisfaction à l'idée que son existence se soit achevée sur l'accomplissement du prodige auquel il aspirait tant. Après tout, même le pire des être méritait-il une fin uniquement teintée de cruauté ? Et, plus important encore, qui pouvait se permettre d'y répondre ? 

Bon, ce n'était pas tout mais elle avait toujours ses fichues seringues enfoncées dans la cuisse. Rassemblant ce qui lui restait de courage, elle entreprit des les enlever avec précaution, insultant plus que de raison chacune d'entre elle. La quatrième et dernière, Rin la balança mollement en direction de la tribune en s'écriant :

 

- C'est à cause de toi ça ! Y'a intérêt que tu t'en excuses aussi et autant !

 

- Oh, merde, Rin ! Je suis désolé.

 

Sursautant légèrement cette dernière se tourna vers, non pas Gaara, mais son frère déboulant à l'entrée de l'arène flanqué de Baki. 

 

- J'ai vraiment mis du temps à revenir. Y'a eu... Un truc... Sur le chemin. 

 

Un chouillat bêtement ils s'arrêtent nettement à plusieurs mètres de Rin et contemplèrent, abasourdis, le spectacle s'offrant à eux. Le Jônin, regard rivé sur la dépouille nichée dans sa funèste sculpture de glace, lâcha dans un murmure étouffé : 

 

- C'est... Le bourreau d'Oto. 

 

Kankuro,  fixant quant à lui son équipière, brailla avec affolemment :

 

- T'es recouverte de sang ! Ca va aller ? C'est quoi cette question. Bien sur que non. T'es coupée de partout.

 

- Arrête. Plus aucun synonyme de sang et coupure ou je vomis. 

 

Arrivé à ses côtés en un quart de seconde, son Sensei l'inspecta du regard avec son sempiternel air austère et se contenta d'en conclure :

 

- Somme toute assez superficielle. 

 

Soufflée par son cruel manque de compassion, elle resta coite de consternation tandis qu'il reprennait :

 

- Je ne savais pas qu'un tel individu avait été envoyé. Il était inscrit dans le Bingo Book et recherché par quasiement toutes les autres Nations. 

 

Après tout les déboires de cette journée interminable, elle explosa subitement de rage, déversant son indignation envers le Yondaime s'étant allié à un Village comptant de façon apparemment connue de tels malades, pourvu du taré ultime en tant que dirigeant et mettant franchement en doute le bien fondé de cette attaque. Presque sans reprendre sa respiration, elle dénonça l'horreur qu'était leur foutu plan maintenant qu'elle avait vu Shukaku dans toute son immensité ainsi que la folie qui avait été leur en croyant qu'ils pourraient tranquillement le renvoyer. Sa colère grandissante lui fit même pratiquement ordonner à son Sensei de consentir à s'occuper de Gaara et décamper sans plus attendre, direction la maison. Et finit sur une dernière clameur :

 

- Et, putain, j'ai mal. 

 

Essouflée par son emportement craché d'une traite, elle planta un regard effronté dans celui de son Sensei, attendant résolument une giffle monumentale. Ne cillant pas lorsqu'il leva la main, elle s'étonna de seulement le voir farfouiller dans une de ses poche pour en sortir deux bandages enroulés et les tendre à Kankuro. Les sourcils en accent circonflexe, elle lui indiqua vaguement l'endroit lorsqu'il lui demanda dans la foulée ou se trouvait Gaara.

 

- Je vais le chercher. Nous partons dans cinq minutes.

 

Alliant le geste à la parole, il laissa une Rin sidérée aux bons soins du marionnettiste déjà agenouillé à dérouler les bandes. 

 

- Toi alors, franchement, t'apprendras jamais à attendre avant de l'ouvrir ? 

 

Soupirant en hochant la tête de droite à gauche, il inspecta les bandelettes, ignorant royalemment les points d'intorragations ayant quasiement remplacés ses pupilles métalliques.

 

- Apparement y'a des onguents dessus. Ca risque de piquer mais ça te fera moins mal pour l'chemin. Et dès qu'on sera rentré, ils te feront disparaitre tout ça. 

 

Grimaçant lorsqu'il entreprit de lui bander l'épaule sous la sensation de brulure, elle ne put lui demander quoi que ce soit, mais qu'importe puisqu'il reprit :

 

- J'ai pas eu à persuader Baki du tout, ni à le chercher d'ailleurs. C'est lui qui m'a retrouvé, pile au bon moment, juste quand ça allait partir en sucette avec... Je te parlerais plus tard de ça. En fait il nous cherchait partout. C'est le seul à être resté pour ça, histoire d'être plus discret je suppose. 

 

- Comment ça le seul ?

 

- Les combats qu'on entendait au loin et que t'as vu du toit tout à l'heure, c'étaient juste les troupes d'Oto. Les nôtres ont quitté les lieux depuis un moment. 

 

Le choc supplantant les picotements l'empêcha tout autant d'articuler le moindre son. Semblant chercher ses mots tandis qu'il bouclait d'un noeud de papillon la bande autour de son bras, il se décida à lâcher :

 

- Mon père a pas mit un pied dans le Village, idem pour ses gardes du corps officiels. Depuis ce matin, ça a jamais été eux mais... Le chef d'Oto et ses sbires. Personne sait ou il est du coup, ni ce qu'il s'est passé au juste. En tout cas cet Orochimaru avait prit son apparence et c'est lui qui combattait le Sandaime. Dès le début de la lutte il a révélé son identité et... Ca a foutu un sacré bordel au sein de nos bataillons. Ceux qui étaient de base contre l'attaque ont pas trainés pour se barrer, flairant l'entourloupe. La majorité est restée à son poste, continuant de suivre le plan. Sauf que les invocations d'Oto se sont fait jarter et que... Il se trouve que l'équipe en charge d'amener Shukaku se pointait pas. 

 

Ils s'échangèrent une esquisse de sourire forcé et, après lui avoir demandé si le bandage autour de sa jambe lacerée par les raffales n'était pas trop serré, il continua son récit :

 

- Vu la situation, Keisei, plus haut gradé sur place en tant que Chef de l'Anbu, a finit par ordonner le repli. Certainement à contre coeur. D'après Baki y'a eu de sacré prise de tête mais la décision de rentrer à été prise. Encore heureux. On avait vraiment plus rien à foutre ici si le Kazekage y était même pas. 

 

- Il serait resté à Suna ? Souffla t-elle, dépassée par cet énorme chamboulement final. 

 

- Je... J'en sais rien. 

 

Son taux de mauvaise impression à son comble et la cervelle lessivée, elle resta muette, incapable de formuler ne serait-ce qu'un début de pensée, tandis que Kankuro l'aida à se relever. A peine se fut-elle redressée que Baki flanqué de Gaara sur le dos réapparut devant eux.

 

- Je ne sais ce que vous vous êtiez imaginés mais, dans cet état, je ne peux rien pour lui. 

 

- Faut se magner de rentrer alors. Fit remarquer le marionnettiste d'une voix trésaillante d'inquiètude.

 

- Evidemment. Nous devons quitter sur le champs cette zone plus que dangereuse. Et pour le reste du trajet : Cadence maximum et pause minimum. Son pouls est faible, espérons qu'il tienne les trois jours dont nous aurons besoin. 

 

- Ca ira pour toi, Rin ? 

 

- Ce serait carrément une jambe en moins qui me ralentirais. Et aucune manque à l'appel.

 

Se forçant à afficher un sourire plein d'assurance, elle essuya en réalité un raz de marré interne de peur, dépassant de loin ses foules de crampes d'estomac du jour. Aucun lien avec la mystérieuse disparition du Yondaime et encore moins avec ses blessures, l'inquiétude avait anihilé tout le reste.  S'amplifiant au fil du trajet, cette crainte lui donna la force nécéssaire pour suivre la cadence imposée, rageant même de ne pouvoir accélérer d'avantage. Si intense qu'elle lui semblait presque irréelle : Il ne pouvait rien arriver de grave, pas à lui. Il se devait de respirer normalement, d'ouvrir les yeux, d'expliquer ses excuses. Lui lançant sans arrêts des coups d'oeils, elle souhaitait ardemment le voir revenir à lui, cracher à Baki de ne pas le toucher de la sorte. Tellement anxieuse que même son abject comportement lui apparaissait comme lointain. Qu'importe que cela signifiait peur et ressentiment, il devait se réveiller. 

 

 


 

 

 


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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 15:53

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

 

Compassion. Elle le devrait. Tellement de tristesse pour son propre compte. Culpabilité. Elle n’avait le droit de s’apitoyer sur son sort, son fardeau à lui devait être bien pire. Tellement pire. Il était partit, partit pour toujours, la laissant seule. Non, les laissant seuls. Elle ne pouvait s’imaginer ses tourments à lui, à Sasuke. Hiyayaka déambulait dans le labyrinthe de couloir humide sans vraiment réaliser ou la conduisait ses pas. 

 

- Déjà l’autre barge, c’était pareil. Je comprend vraiment pas leur délire à tous de s’engouffrer dans des foutues montagnes pour leur foutus repaires. Tu m’étonnes qu’ils deviennent tous dingue, à force de trainer dans la pénombre. Tu sais s’il fait jour toi ? 

 

- Comment tu veux que je le sache. Soupira-t-il. Je m’y suis fait à force. Moi c’est pas la roche qui me perturbe mais l’endroit ou on se trouve. 

 

Son regard se promenait de l’immense entrée du repaire, impossible à ouvrir de l’extérieur comme de l’intérieur pour eux, jusqu’au début des galeries à l‘autre bout, en passant par le gigantesque hall de pierre dont les murs étaient parsemés de lanterne.  Rin et Sasuke étaient assis, les jambes dans le vide, dans l’un des renfoncements de la paroi abrupte. Si haut que la lueur des flambeaux les éclairaient à peine. Tout deux faisaient de leur mieux pour ne pas engager une vraie conversation, depuis un moment déjà ils abordaient des sujets plus futiles les uns que les autres. 

 

- Je fais ce que je peux pour pas penser à ce lieu et encore moins aux dégénérés qui arpentent ces murs. 

 

Et Rin n’allait pas tarder à y être confronter quoi qu’elle en pense. En effet les pas d’Hiyayaka l’amenait peu à peu à leur rencontre. Elle le savait, elle aurait du éprouver de la pitié envers lui et son geste engendrant le plus profond des remord pourtant c’était tout bonnement impossible. La blessure était trop récente, la douleur trop vive. Elle ne pouvait s’empêcher de le maudire. Ce qui exacerbait encore plus sa colère. Il lui avait ôté à la vie. Qu’importe ses regrets. Cette pensée tournait en boucle dans son esprit depuis ce qui lui semblait une éternité, lui faisant frôler l’hystérie. Son poing partit tout seul, s’abattant sur la roche rugueuse, une vive douleur la ramena à la réalité. Et quelle réalité. Un foutu couloir qui ne menait à rien. De toute façon jamais plus ses pas ne la mènerait à quoi que ce soit qui en vaille la peine. 

 

- Oui je suis d’accord. Répondit-elle d’un ton aussi neutre que possible alors qu’elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle approuvait. 

 

La Jônin peinait à prêter attention aux paroles peu intéressante de l’Uchiha, son terrible mal de ventre accaparant son esprit. Elle se demandait d’ailleurs si elle ne frisait pas l’ulcère. 

 

- Te fatigue pas, je vois bien que tu m’écoutes pas. 

 

Elle leva les yeux vers lui, en d’autre situation il aurait eu un de ses fameux sourire en coin et Rin lui aurait alors rétorqué un mensonge gros comme une maison pour le faire rire. En d’autre situation, oui. En cet instant la voix de Sasuke comme son visage ne traduisait qu’une morosité sans borne. Ne prêtant pas la peine de chercher une réponse, elle se contenta de tourner la tête droit devant elle, fixant sans la voir la flamme d’une lanterne. Lorsque soudain son regard métallique fut attiré par une forme sur le sol. Intriguée, elle se pencha pour distinguer cette ombre mystérieuse. Promptement Rin se tourna vers Sasuke observant lui aussi la silhouette se dessinant maintenant à l’encadrement du couloir. Leur deux regards rivés sur le sol avec stupeur suivaient la Shinobi s’avançant tranquillement. Comme si de rien était cette dernière traversait l’immense pièce, apparemment peu perturbée de leur présence. En réalité, trop absorbée par ses pensées, elle ne les avait même pas remarqué. Ne sachant pas à quoi s’attendre, les corps des deux jeunes Shinobi étaient tendus, prêt au pire. 

 

- C’est… Souffla Rin.

 

- Oui, la partenaire d’Itachi. Acheva-t-il. 

 

Immédiatement Hiyayaka se stoppa net. Les sourcils de Rin se froncèrent devant cet intriguant spectacle, tellement lentement qu’elle semblait de pas prendre conscience de se mouvoir, la Shinobi se tourna. L’impression créée par ce mouvement était inexplicable, comme si corps était dénué de conscience, lui conférant une aura teintée de mystère et de noirceur. Ne faisant pas l’ombre d’un geste, elle semblait contempler la paroi comme si c’était la pierre qui avait parlé. Son regard couleur de perle ne pouvait distinguer que sa longue chevelure de bronze lui chatouillant le creux des reins. En dépit de son large pull noir qui laissait apparaître un haut en résille on remarquait que sa silhouette était élancée. De fine lanière de cuire enserraient à ses cuisses un éventail de chaque côté. Deux éventails donc, la lueur des lanternes miroitaient sur la matière argenté, faisant ressortir les fins cisèlement. Rin se demanda pourquoi elle n’était pas affubler de sa cape, cela semblait pourtant être la deuxième peau de ces dégénérés lorsque la Shinobi leva brusquement les yeux vers eux.  Son regard noir transperçait Sasuke. Mauvais signe. 

 

- Tu ne dois pas être fier de toi. Cracha-t-elle d’une voix dédaigneuse.

 

Leur réactions de stupeur furent avalé dans son éclat de rire, presque dément. Ou tout du moins selon la jeune Yutsune, en fait il avait échappé à Hiyayaka, rien qu’une réaction nerveuse et incontrôlable. Immédiatement le regard emplie de fureur de l’Uchiha prit la teinte rougeâtre du Sharingan. Rin sentit son corps, frôlant le sien, se cramper sous la colère. Elle posa sa main sur son bras pour lui intimer de s’arrêter lorsqu’il tenta de se dresser. Il ne fallait pas engager une lutte en ces lieux risquant de ne pas tourner à leur avantage. Changeant bien vite d’idée pourtant. L’or s’immisçant dans ses pupilles, son regard devint meurtrier au sens littéral du terme. Le Tetsugan. La lutte semblait s’engager d’elle-même. Comme un corps, ils sautèrent au sol, atterrissant côte à côte face à leur adversaire. La cuisante colère à la vue du meurtrier d’Itachi l’avait fait perdre le contrôle, regrettant bien vite la tournure que prenaient les choses, elle désactiva sur le champs ses pupilles. Seul le Sharingan resta obstinément éveillé.

 

- Ah, toujours en vie. Lâcha la Jônin d’un ton nonchalant. 

 

En effet la présence de Kisame pour les retenir à la place de sa comparse l’avait intriguée. Les binômes ne se séparaient jamais selon leurs informations. Rin en avait alors déduit que cette Nukenin avait succombé, bien heureusement d’ailleurs. Pourquoi n’était-elle pas venue en ce cas ? Un pic d’irritation lui titilla la fierté, cette rouquine semblait l’analyser de haut en bas. Et en effet. Sous le regard aguerris d’Hiyayaka, cette Shinobi semblait avoir l’âge de l’Uchiha. Elle se surprit à ironiser sur son physique étincelant, on aurait dit une ampoule. Sa chevelure immaculée lui tombant sous la poitrine et sa peau laiteuse tranchaient dans la pénombre. Des bottes noires lui arrivant aux mollets, une jupe trop courte à son gout de la même teinte noire que son haut resserré par une large ceinture grise marquant sa taille. Elle se doutait que l’emblême de son défunt clan devait trôner dans son dos, trop prévisible. Son décolleté était caché par un débardeur en résille, dépassant à peine, bien que ce fut inutile, ce n’était pas comme si cette gamine avait une grande masse à dissimuler. Enfin, autour de son cou était noué un bandeau de Suna. Hiyayaka avait déjà entendu parlé du Flocon des Sables mais que pouvait-elle bien ficher la ? 

 

- Ah, toi aussi. Rétorqua-t-elle, irritée par son attitude arrogante que traduisait sa façon de se tenir jusqu’à son regard, les mots s’échappèrent de sa bouche sans pouvoir les retenir :   Dernier spécimen de ton espèce. 

 

Immédiatement ses paroles déclenchèrent un raz de marée de fureur chez la jeune Yutsune. Une provocation sur son clan en cet instant était la dernière des choses à faire. Le Kôrigan apparut aux côtés du Sharingan. Suivit de près par le Tetsugan. Un éclat de rire aussi forcé que méprisant fut lâché par Rin dans le but bien précis d’échauffer les esprits avant sa réplique :

 

- Le Tetsugan. Il ne scié guère aux voleuses. 

 

Aménageant un petit soupire hautain de circonstance, elle la fixa de toute sa fureur contenue.. En vérité la vue de ce Dôjutsu la plongeait dans une colère sans nom. Une véritable honte. Rien qu’avec tous ses adversaires qui avaient essayer de s’emparer de ses yeux, cela aurait suffit à l’énerver mais la pensée qu’une criminelle de ce rang la arborait des pupilles subtilisées la mettaient hors d’elle. Elle n’imaginait pas ce qu’elle éprouverait face à un tel outrage fait à son propre Dôjutsu. Il était inutile qu’elle concerte Sasuke pour savoir qu’il pensait la même chose. Et d’ailleurs : 

 

- Comment oses-tu te planter devant nous avec tes fausses pupilles. Gronda-t-il d’un ton menaçant. 

 

- Oh quels gamins agaçants. Ce détail ne gênait pas Itachi. Acheva-t-elle plantant son regard dans celui de l’Uchiha. 

 

- Sen’ei Jashu. S’exclama-t-il dans la foulée.

 

A peine trois serpents immaculés sortirent de chaque manche de Sasuke, qu’elle riposta avec un léger sourire moqueur  :

 

- Sen’ei Jashu. 

 

Les serpents d’Hiyayaka se heurtèrent à leurs ennemis, tombant au sol en s’entremêlant, les mâchoires claquant. 

 

- Inutile de m’attaquer avec les Jutsu du maitre. J’étais son élève plus longtemps que toi.

 

En même temps, avec un ton et un regard aussi méprisant qu’identique, Sasuke et Rin lancèrent :

 

- Du maitre ? C’était tout sauf mon maitre.

 

- Comme si t’étais pas assez abject, fallait en plus que tu sois le genre de fidèle de la secte de l’autre dégénéré. 

 

- Une fidèle ? Ricana-t-elle. Si je suis ici aujourd’hui c’est que nous n’avions plus les mêmes espérances. J’ai été de nombreuses années à ses côtés et, comme pour toi, il m’a rendu plus forte. Sauf que je ne me serais jamais permise d’être aussi ingrate que tu l’as été. 

 

A nouveau, ils ne se laissèrent pas mutuellement le temps de parler, trop emportés, et s’exclamèrent d’une voix :

 

- Orochimaru ne méritait pas ma gratitude. Le sort que je lui ai réservé si. J’y ai d’ailleurs pris un grand plaisir. 

 

- Divergence d’opinion alors ? Tu préférais te lancer à la chasse au Bijuu, nettement plus stimulant et bienfaisant.

 

- Du calme les morveux, une seule de ces conversations à la fois est déjà bien rébarbative. Tu sembles très sur de toi pour quelqu’un qui n’a pas pu achever le maitre. Et quand à toi, tu n’as idée de nos objectifs. Vous feriez tout les deux mieux de vous taire. 

 

- Des objectifs très positifs j’imagine. Eructa Rin, hors d’elle. C’est bien connu, des criminels de rang S cherchent à s’approprier de telles puissances pour faire le bien. Et tant pis pour les Jinchuuriki n’est-ce pas ? Ce ne sont rien que des hôtes à vos yeux. L’idée que vous acheviez par la même occasion des êtres importants n’a jamais traversé ton esprit dérangé ? 

 

Dans la foulée, elle fit chuter sa température corporelle. Rien de mortel, malgré sa fureur elle restait consciente que tuer un membre de l’Akatsuki en ces murs tenait de la tentative de suicide. Hiyayaka, transie de froid, ne put sauter sur le côté pour éviter la salve d’aiguille de glace que la Jônin avait envoyé, se doutant qu’avec le niveau de son adversaire elle pourrait les éviter. Mais bon sang que ça faisait du bien. La détentrice du Tetsugan parvint difficilement à empoigner ses éventails pour se protéger des projectiles fusant vers son visage. 

 

- Je vois que tu es une personne avec de belles valeurs. D’après toi les vies que tu as prise valaient moins que celles des Jinchuuriki ? Ces gens avaient autant de raisons qu’eux de rester en vie, les mêmes raisons que toi de combattre.

 

- En tant que Shinobi j’obéis aux ordres de mission pour le bien de mon Village. Mes ennemis se battaient pour leur intérêt et moi le mien, ils  n’avaient qu’à être plus fort, y croire plus fervemment. Toi, tu es une Nukenin, tu n’as pas agis d’après des valeurs ou dans l’idée de protéger quoi que ce soit. Votre seul but est de détruire ce qui vous entoure. Les morts que vous avez engendrés n’avez rien de légitime. 

 

- Une vie est une vie, même si tu avais un ordre tu as crée une veuve, un orphelin et des personnes endeuillées. Tu as eu bonne raison d'agir mais le bilan reste le même. Et surtout serais-tu si remonter si le Kazekage n'avait pas été touché ? Ne viens pas avec m'insulter avec tes belles paroles, tu n'as pas la moindre idée de ce dont tu parles. Tu ignores mes motivations et l'objectif que je me suis toujours fixée, tous les sacrifices qu'il nécessite ne sont pas vain.

 

 Rin, qui avait prévu d'intimer des sceaux, se stoppa net. Abasourdie par sa première phrase, pour le moins inattendue selon elle, signifiant que son adversaire avait une conscience. Et vague forme de valeur. Un membre de l'Akatsuki respectant la vie, presque suréaliste. L'image de la marionette de Sasori - contre laquelle Rin avait catégoriquement refusé de s'entrainer - lui vint à l'esprit, se rappelant ainsi du respect qu'elle éprouvait à l'égard du Maitre des Pantins mort avec honneur. Lui aussi, derrière sa cape aux teintes rouge sang, terrait une certaine forme de moralité et de sentiment, malgré l'avalanche de meurtre qu'il avait engendré, elle l'avait respecté pour cela. Tout comme Kisame. Derrière le Monstre du Brouillard se cachait une personnalité complexe teintée d'émotion. Ces Nukenin n'étaient pas que des dégénérés ayant pour seule motivation une soif de cruauté. Rien n'était jamais aussi simple avec l'âme humaine, les notions tranchées de bien et de mal ne pouvaient les définir. Etrangement, au lieu de la rassurer, cela ne fit qu'aggraver le poids dans sa poitrine, fissurant un peu plus sa conception du monde. Rin réalisait que l'Akatsuki, qu'elle avait hait du plus profond de son être, était constituée de personnes ayant un passé teinté de sentiment d'ou découlait leur façon d'agir. Ils n'étaient pas fondamentalement mauvais. Et ce qui illustrait cela à la perfection était bien sur Itachi. Il serait futile de s'épancher sur le sacrifice du Shinobi le plus valeureux et honnorable dont elle eut jamais entendu parler. Alors que les Shinobi qu'elle pensait emplis de valeurs dissimulaient bien des mensonges derrière leur masque d'hypocrisie. Pour simplifier un peu bêtement les choses, la jeune Yutsune avait l'impression que le camps des méchants n'était pas foncièrement méchant et les gentils n'avaient de gentil que leur faux sourire dont ils usaient pour vous poignarder dans le dos. Pourtant la Jônin ne se voyait pas avouer l'atroce dilemme qui la secouait et préféra rétorquer de ce dont elle était certaine :

 

- Tes motivations, ton objectif... Si tu te bats pour ta propre personne aucun sacrifice n'en vaut la peine. Ce n'est pas ça être un Shinobi. Et je t'interdis de parler du Kazekage, n'évoque pas Gaara alors que tu as participé à sa mise à mort. 

 

Si ces paroles ne lui avait pas été adressé, Hiyayaka aurait sans doute été subjugué par les propos de la Shinobi. De tels idéaux lui étaient peu habituel, se remémorant la personne qu'elle était à son âge, elle ne pouvait que constater le goufre qui les separait. Cette ampoule sur patte était plutôt mature, dotée d'une façon de penser propre et incontestable de surcroit. Dommage que Rin ne puisse se brancher sur l'onde de ses pensées, elle que tous considérait comme inconsciente voir un peu stupide. Oui, la Nukenin aurait presque put l'apprécier si elle ne lui avait pas balancé ça au visage. A elle, qui faisait tout sauf se battre pour elle même. Avouer sa véritable motivation à cet instant semblait évident, mais impossible en ce lieu. Elle ne pouvait risquer de se faire démasquer maintenant qu'elle devait tenir la promesse faite à Itachi. Chercher une réponse lui fut, heureusement, évité puisque Sasuke s'en chargea.

 

- Cessez cette ridicule querelle, on se fout pas mal de connaître vos foutues valeurs. Lâcha-t-il d'un ton las avant d'ajouter avec une pointe de mépris : Et arrête avec ton Kazekage il n'est pas mort. 

 

La rage à son comble depuis la terrible révélation, un rien aurait suffit à le faire sortir de ses gonds. Inconsciemment ravit de pouvoir évacuer les relans de haine qu'il avait du ravaler en patientant de la sorte, ses mains bougèrent d'elles même pour entreprendre des sceaux. 

 

- Gōkakyū no Jutsu. S'exclama t-il subitement, suprenant les deux Shinobi qui ne s'y attendaient vraiment pas. 

 

Reconnaissant le debut des signes, ayant vu un nombre incalculable de fois Itachi les intimer, Hiyayaka anticipa la technique en amplifiant l'un de ses éventails pour la contre-attaquer. Le feu jaillissant de la bouche de l'Uchiha, la Shinobi levait déjà son arme. 
 

- Kamaitachi no Jutsu. S'écria-t-elle rabattant violement l'éventail. 

 

Le vent chargé de chakra alla à la rencontre de la boule de feu, luttant, pour doucement la repousser dans un crépitement sourd. Dès que Rin vit l'éventail se lever, irrémédiablement l'image de Temari lui vint à l'esprit et à l'entente de la première syllabe elle su ce qui allait suivre. Ayant déjà fait face à ce puissant Jutsu en entrainement, la Jônin savait comment le contrer. Ou plutôt attenuer son effet dévastateur.

 

- Futon Atsugai. Lança t-elle instantanément. 

 

 De l'énorme brasier de l'Uchiha, il ne restait plus que de fine flammèche lorsque la bourrasque créee par la jeune Yutsune frappa de plein fouet celle d'Hiyayaka. Comme Rin s'en doutait, le Kamaitachi fut plus puissant que sa technique qui suffit pourtant à leur épargner le tranchage de différent membre. Profitant du fait que leur mains soient occupés, comme le reste de leur bras, à les protéger des raffales, la Nukenin tenta de calmer une éventuelle envie d'attaquer :

 

- Arrêtons ce jeu stupide. Nous sommes dans le même camp maintenant. 

 

Cette dernière phrase était toute calculée. Hiyayaka était au fait du dilemme consummant leurs êtres, suite au talent d'orateur de Madara, mais se doutait de leur dégout à l'encontre de l'organisation. Elle espérait ainsi leur faire réaliser qu'ils étaient entrain de basculer vers un avenir dont ils ne seraient plus maître. Exactement comme elle le souhaitait, ils affichèrent une mine révulsée. Rin, trop choquée pour sortir le moindre son, resta bouche bée tandis que l'Uchiha claqua d'une voix glaciale :

 

- Je me fous de votre Akatsuki et de vos objectifs, j'ai un tout autre projet. 

 

 Rin tiqua n'appréçiant guère le sous entendu. La curiosité d'Hiyayaka, elle, fut piqué à vif. Mais ne devait-il pas rentrer à Konoha ? 

 

 - Comment ça ? Que comptes-tu faire maintenant ? Lâcha-t-elle d'un ton abrupte. 

 

 - Venger Itachi. 

 

Laissant un instant sa phrase en suspens il observa la réaction d'Hiyayaka qui écarquilla les yeux. Milles questions assaillirent son esprit. Que voulait-il dire par là ? Elle ne tarda pas à avoir une réponse et non des moindres, lâchée d'un ton rauque :

 

 - Détruire Konoha. 

 

Explosion de fureur dans la tête d'Hiyayaka. C'était impossible, en faisant cela le sacrifice d'Itachi serait vain. Elle avait l'impression d'être aspiré par un tourbillon d'horreur. Impuissante, elle avait vu l'être qui comptait le plus s'en aller à la rencontre de la mort, cette fatalité qui l'avait détruit pendant tant d'années. La seule idée pouvant alors la réconforter fut de mêler ses espoirs à ceux d'Itachi, en souhaitant que son petit frère puisse retrouver son sourire auprès de ses proches. Heureux et fier d'avoir accompli sa vengeance. Impossible, c'était impossible. Il lui sembla que ses entrailles se tordaient en tout sens. Même après les révélations de Madara, il lui apparaissait comme une évidence de vouloir suivre le modèle de son frère qui avait jeté son avenir dans le brasier de la honte pour protéger son Village. Etait-il complétement stupide ? Quel espèce de raisonnement avait-donc jaillit de sa maudite cervelle pour en venir a de telles conclusions ? 

 

- J'ôterais la vie du moindre individu qui vit paisiblement grâce au sacrifice de mon frère. 

 

Sa tête légèrement penchée, ses yeux exhorbités et surtout sa voix tressaillante, presque excitée dévoilaient une folie sans nom. Bien que Rin fut déjà au courant de ce plan dénué de toute trace d'humanité, le voir ainsi la terrifiait. Son aura était tout bonnement terrifiante. Elle ne put réprimer une moue horrifiée. Contrairement à Hiyayaka, affichant une mine impassible malgré l'ouragan déferlant toujours dans son esprit. Comprenant qu'elle ne pourrait le faire changer d'avis avec de simple parole, elle se lança à corps perdu dans sa dernière chance de déjouer son projet, l'idée désesperée de le saboter. Comme pour la chasse aux Bijuu avec Itachi, elle agirait comme une gangraine empoisonnant de l'intérieur cette ignominie. 

 

- Je veux t'aider. Laisse moi y participer. 

 

 Sasuke sembla retrouver son masque flegmatique. Impénétrable, il jaugea la Shinobi, analysant cette subite et étrange proposition. Quant à Rin, elle était abasourdie par cette réaction. Profondément surprise par l'évidence qui découla de son prompt raisonnement : Participer à cela ne pouvait être mué que par une profonde volonté de le venger. Or, mettre sa vie en péril et ôter celle d'autrui dans un tel projet n'était pas anodin. Elle le savait plus que quiconque, on ne voulait que venger les êtres auxquels on tenait plus que tout. Pourtant les membres de l'Akatsuki avaient plus l'air contraint de faire équipe que de s'apprécier un tant soit peu. Etrange. Tout ceci ne tournait pas rond. 

 

- Pourquoi ? Lâcha t-elle brusquement. Depuis quand les criminels de votre genre tiennent à se mouiller pour venger leur comparse ? Ils me semblaient plus prompt à s'arracher la tête pour des broutilles. 

 

- Ca ne te regarde pas. Rétorqua Hiyayaka froidement. 

 

- Moi ça me regarde. 

 

- Sois déjà content que je te vienne en aide.

 

- Une membre de l’Akatsuki offrant une aide gratuite ? Louche. Répondit-elle à la place de l'Uchiha 

 

C’était quoi son problème à cette morveuse ? Personne ne lui avait jamais appris les règles basique de politesse ou du moins à tenir sa langue ? Irritée, Hiyayaka lâcha avec une pointe de menace dans la voix :

 

- Ne me fais pas me répéter.

 

Ce mystère la titillait, exaspération encore accrue par son aplomb. Membre de l’Akatsuki ou pas, pour qui se prenait-elle de ne pas lui répondre ? Plus qu’une simple vexation, ce refus l’intriguait réellement. Rin sentait que quelque chose clochait avec cette Nukenin à la bonne conscience. Voulant percer cette énigme, une esquisse de plan pour la pousser à faire une erreur lui vint. Immédiatement la Jônin fit chuter légèrement la température de la rouquine, enraillant ses mouvements, et fusa dans sa direction à la vitesse de la lumière tout en dégainant Fuusetsu. Surprise par la vivacité de cette attaque incongrue et surtout par le plus que désagréable froid s’immisçant dans ses membres, l’empêchant de réagir assez vite, dans l’empressement elle ne put qu’amplifier un éventail, protégeant ainsi son buste. La seconde qui suivit le tintement de la lame s’abattant sur le fer résonna. Exactement ce à quoi Rin s’attendait, voulant simplement la bloquer et s’en approcher.

 

- Toujours pas envie de me répondre ?

 

- Ton impertinence est aussi déplaisant que les effets de ton Dôjutsu. Si tu ne veux pas gouter au mien, tu ferais mieux de déguerpir de ma vue. 

 

Toutes deux savaient que leur vie ne tenait qu’à un battement de cil. Pourtant Rin n’esquissa pas le moindre geste, en aucun cas mué par une envie de la combattre mais de déclencher une sorte de pression, d’attendre que la tension soit à son paroxysme et de lui balancer ce qu’elle avait en tête depuis le départ pour guetter sa réaction. Désactivant le Kôrigan, son regard métallique se plongea dans celui d’Hiyayaka reprenant également sa teinte naturelle. Dans un murmure à peine audible, Rin déclara :

 

- Sasuke m’a conté ses derniers instants. A Itachi. Il lui a sourit. Itachi est mort le sourire aux lèvres. 

 

Hiyayaka ne put feindre l’indifférence. Son masque d’impassibilité tomba. Ses yeux écarquillés la picotèrent. Dans un mouvement de recule, le regard dans le vague, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer le visage rayonnant d’Itachi sublimer par son sourire, sourire qu’elle avait aperçut si peu de fois. Lorsqu’elle avait vu son visage, souillé par son propre sang, le voile de sérénité de la mort s’était déjà abattu sur ses traits qui, quelques secondes auparavant, irradiait de satisfaction. Bonheur d’avoir accomplit son devoir envers ce frère qu’il aimait tant. Un mélange de chagrin et de joie s’était emparé d’Hiyayaka. En dépit d’un véritable crève cœur, elle était heureuse qu’il pu choisir cette mort et s’en aller l’âme en paix. 

A travers le regard de Rin, son brusque changement d’attitude et surtout ses yeux embué de larme corroboraient son hypothèse. On ne vengeait que les êtres qui nous étaient particulièrement cher. Si vivement que s’en fut presque instantané elle se dressait déjà aux côtés de Sasuke et lâcha dans un souffle incrédule :

 

- Ce n’était pas que sa comparse. 

 

-  Que veux-tu dire par là ? 

 

Devant sa mine perplexe elle distinguait presque les rouages de son cerveau en pleine ébullition et du retenir une envie de le secouer. 

 

- T’es sérieux ? Claqua-t-elle avec un soupire. 

 

La lueur d’une intense réflexion scintillait dans son regard, sans apparemment la moindre esquisse de résultat.

 

- Sois plus explicite.

 

- Utilise ce qui te sert de cervelle, cherche bien, je suis sur que t’en as une dissimulée quelque part. 

 

Elle était décidemment la championne hors catégorie pour le faire sortir de ses gonds si rapidement, en même temps elle était la seule à oser lui lancer de telles répliques. Son sempiternel flegme, qu’il se félicitait pourtant de posséder, n’était peut être que du au fait que son entourage savait se contenir. Enfin bref, Sasuke et Rin se faisaient face, des éclairs dans les yeux, comme souvent. 

 

- C’est toi qui me dis ça, je rêve. C’est encore plus insultant quand ça sort de ta bouche. Rétorqua-t-il en insistant bien sur les pronoms. Réfléchis, je sais même pas ce que vous vous êtes dit. 

 

- Je te dis qu’ils étaient pas simplement partenaire, ce serait amplement suffisant pour qu’un poireau comprenne. S’exclama-t-elle les mains sur les hanches avant d’en pointer une en sa direction. Je te signal que moi j’ai compris de suite, alors niveau dégourdissement, je remporte la manche.

 

- Une manche tenant du miracle dans un océan de défaite. Je t’éclate du plat de la main et les yeux bandés quand je le souhaite. 

 

Hiyayaka observait cette scène, incrédule. Ils avaient soudainement l'air tellement insouciant, après toutes les épreuves qu'ils venaient de traverser ils parvenaient encore à se chamailler pour des futilités. Enfin, à leur yeux. Ces deux là formaient décidément un sacré duo de cancre. Pourtant cette dispute la soulageait, Sasuke avait quelqu'un sur qui compter, il n'était pas seul. La pire des craintes d'Itachi s'avérait injustifié. Heureusement. Maintenant elle pouvait s'en aller le cœur plus léger, elle s'occuperait de la vengeance de Sasuke le moment venu. Encore un instant, la Shinobi assista à la burlesque scène - avaient-ils conscience de se donner en spectacle ? -  avec une affliction non dissimulée et tout de même, il fallait le dire, une pointe de divertissement, aucun de ses compagnons n’avaient jamais agis de la sorte. 

 

- On a complètement dévié le sujet à cause de toi. Grommela Sasuke.

 

- C’est pas moi qui ai commencé à divaguer sur nos masses de Chakra.

 

- Bref, à la base tu disais donc qu’ils n’étaient pas que… Mais alors, tu sous-entendrais que… 

 

Volontairement il laissa sa phrase en suspens, la regardant avec une mine ahuris, donnant l’impression à la jeune fille de voir une cible circulaire se dessiner sur sa face histoire qu’elle vise à la perfection ou elle lui enverrait un Shuriken de glace. 

 

- Oui, bon sang. 

 

- Tu veux dire… Comme dans la grotte ?

 

- Et le repaire surtout. 

 

- Ah.

 

Se tournant au ralentis vers Hiyayaka, n’ayant pas bien suivit la fin de leur discussion, il lâcha un somptueux :

 

- Oh. 

 

Levant les yeux au ciel, Rin ne put s’empêcher de trouver sa réaction un chouilla attendrissante. Avec une esquisse de sourire elle analysa sa réaction dès plus basique, habituellement si placide aux pensées impénétrable, elle pouvait parfaitement lire en lui avec ses yeux ronds : Sasuke était des plus perturbé. Connaissant passablement la réflexion masculine, Rin réprima un rire à la pensée qu’il devait très certainement les imaginer batifoler. Tournant le regard vers la Shinobi, la jeune fille se réjouit pour Itachi, dans les méandres de sacrifice et de privation qu’avaient été son existence ce Shinobi exceptionnel avait connu des instants de liesse, une parenthèse de lumière dans les ténèbres. Elle réalisa également que cette Nukenin ne pouvait décidemment pas être si mauvaise, les monstres ne s’attachent pas, ils n’éprouvent de sentiment. Aimer requiert un cœur qui bat pour l’autre avant soi. Comme une claque en pleine figure sa réaction excessive lorsqu’elle s’était trouvé face au corps inerte de Gaara lui apparut brusquement. La vie semblait avoir perdu son éclat, non ce fut au delà de cela, elle n’en valait plus la peine. Prenant conscience de l’infinie tristesse devant la ravager, l’image qu’Hiyayaka lui renvoyait changea du tout au tout : de la répulsion à la compassion. De son côté, cette dernière décelait sans peine les pensées évidentes de l’Uchiha et se sentait passablement embarrassée ayant l’impression d’être passée au microscope par un regard inquisiteur. Avant qu’il n’ait le temps de lui poser une question relativement incommodante, elle préféra interrompre cette dissection mentale. De plus cela lui brulait les lèvres depuis un moment et tombait à pic maintenant qu’ils avaient compris l’étendue de leur relation.

 

- Tu sais… Souffla-t-elle le regard planté dans les sombres pupilles de l’Uchiha. Tu lui a permis de vivre plus longtemps, d’avoir la force de combattre le mal qui le rongeait. Sans toi il aurait abandonné et succombé à sa maladie depuis des mois. 

 

Ses propres paroles l’attristaient tant, heureuse d’un côté qu’il ait pu se battre et tenir mais tellement accablée de ne pas en être la raison. 

 

- Crois-tu que cela me soulage ? Répondit-il d’un ton impétueux. 

 

Sasuke n’était pas du genre à admettre directement le chagrin qui l’assaillait , taisant ses états d’âmes il détourna le regard vers l’entrée du couloir. Avec un pincement au cœur, Rin se doutait que ses yeux étincellent de rage se criblaient de larme. 

 

- Il avait quoi exactement ? Continua-t-il à mi voix. 

 

- Le mal ravageait ses poumons. 

 

Le sang craché, sa difficulté à respirer lors du combat, tout devenait plus clair et ajoutait encore un poids dans sa poitrine. Hiyayaka crut voir briller sur sa joue un ruissellement de chagrin tandis qu’elle sentait ses propres larmes monter lorsqu’elle articula:

 

- Depuis le début, dès qu’il a eut l’ordre, Itachi décida qu’il mourrait de ta main. Ce fut son souhait alors ne t’en veux pas. 

 

Aussitôt sa phrase terminée, Hiyayaka fit volte face, ne voulant pas qu’ils voient son regard embuer de larme. S’empressant de rejoindre le couloir, Rin devina ce que ce prompt départ signifiait. Supposition bien vite confirmée lorsque le son de ses sanglots amplifié par les parois de pierre résonna. A son passage Sasuke s’était retourné complètement vers le mur, ne voulant pas être vu dans un état si pitoyable. Tant accablée par leur réaction les renvoyant à sa propre situation, la jeune fille eut envie de se laisser tomber au sol mais resta pourtant figée dans son désespoir silencieux, presque jalouse de ne pouvoir elle aussi laisser éclater sa tristesse. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yzak & Claris

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 02:33

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

Rin avait passé la nuit recroquevillée sur le large lit de cette pièce obscure collée contre la paroi de pierre. Pas un infime instant elle n’avait trouvé le repos et à vrai dire la simple idée de somnoler ne lui avait pas traversé l’esprit. L’esprit, longtemps la jeune fille s’était interrogé sur ce terme. L’esprit, son propre monde intérieur, refuge des pensées et songes insondable. Il lui semblait que cette définition lui était maintenant étrangère : elle ne le contrôlait plus, il avait été envahit et lui échappait. Perdre l’esprit. Oui, l’expression collait à la perfection. En ce cas, ou avait-il bien pu passer ? A quel moment exactement avait-il fuit ? En réalisant la vérité avait-elle d’abord pensé. Puis il lui apparut que son esprit avait peut être toujours été une chimère. Lui avait-il réellement appartenu un jour ? Son monde intérieur avait été bâtit au fil du temps, de ses rencontres, des événements. On lui avait inculqué des valeurs, des raisonnements et elle en avait déduit une façon de pensée et d’agir. Au bout du compte, son esprit fut constamment envahit. En général, ses actes au court de son existence lui avait semblé bon, ayant toujours agit en fonction de ce que lui dictait son esprit. Pourtant s’il ne lui appartenait pas réellement et qu’il fut seulement construit à partir de ce qu’on lui avait raconté, peut être que ses actes furent mauvais ? Après tout, le monde et le portrait qu’on lui en avait fait étaient mensonger. Si tout ce qu’elle croyait juste ou moral étaient, par la même logique, erronés sans doute avait-elle toujours été dans l’erreur.  Elle qui avait toujours cru qu’un idéal et des convictions étaient primordiaux et transcendaient la vilénie semblait s’être trompé, en fin de compte la lâcheté et l’ambition personnelle domptaient les êtres. La grandeur d’âme était condamnable et la bassesse victorieuse, en ce cas le bien et le mal, à quoi correspondaient-ils ? S’étant toujours battue pour protéger ce qui lui semblait juste, au final, s’était-elle fourvoyée ? 

Complètement perdue, Rin aurait aimé pouvoir répondre à ces interrogations. Si seulement, oh oui si seulement, elle avait pu apaiser ce brasier mental pour se concentrer. Impossible pourtant. Les paroles de Madara avaient longuement tourné en boucle, grignotant peu à peu sa raison et nourrissant le bucher de haine. Pourtant, au fin fond de sa conscience, elle savait pertinemment que cette haine serait destructrice. D’abord, Rin fit de son mieux pour apaiser cette rage dévastatrice lui retournant les entrailles et la faisant littéralement bouillir. Sauf qu’un problème, et de taille, s’installa : dès que la fureur se résorbait, la démence prenait le pas. Et inversement. Un véritable cercle vicieux. Le seul moyen de modérer sa haine était de se répéter et d’imaginer sa vengeance, or s’en suivait foule d’hallucinations répugnantes. Plus le flot d’image immonde s’immisçait, plus la folie la gagnait. Aliénation uniquement gérable si l’hostilité la gouvernait. Aucun échappatoire. Son unique certitude : haine ou folie engendreraient un péril identique. 

 

Après une énième tentative de calmer ces hurlements haineux, atroces hallucinations ou murmures meurtriers en se jetant de l’eau glacée au visage, Rin eut la même révélation que précédemment et s’intima sur le champs de penser à Gaara pour faire fuir ses tourments. Elle eut bien du mal à s’imaginer sa présence, trop de mare de sang et autres visages terrifiés l’assaillant et aucune idée de parole rassurante ne lui vint tant sa fureur fut immense. Les yeux embués de larme sans qu’elles ne coulent pour autant, Rin finit donc par retourner se coucher, recroquevillée, sur le lit avec une unique pensée à l’esprit qu’elle se mit à murmurer :

 

- Viens me chercher, ramène moi, loin de ce cauchemar. 

 

 

Sans se douter que, à quelques pas seulement de cette maudite pièce, se trouvait Madara n’allant pas tarder à la plonger encore plus dans l’enfer. 

Lui était toujours de si merveilleuse humeur. Sasuke s’était éveillé depuis quelques heures maintenant et il avait depuis bien longtemps intégré la vérité sur son passé. Summum de la fortune : ce gosse teigneux avait agit comme il s’y attendait. Bien que ce fut d’un prévisible peu divertissant, cela n’avait en rien entacher sa joie. Tout se déroulait à merveille. Le jeune Uchiha deviendrait une boule de malfaisance dès plus utile à ses plans. Restait pourtant une ombre au tableau qu’il espérait bien vite faire disparaitre. Un gravillon gênant titillant sa gaieté. La gamine n’avait pas exactement réagit comme il le souhaitait. Il avait pourtant excellé mais elle n’avait pas complètement cédé. En effet, contrairement à Sasuke, la Yutsune s’était contenté de vouloir anéantir les dirigeants et membre de l’Anbu. Rien de plus. Même pas une plaisante menace contre le reste du Village. Quelle déception ! Il se fichait bien de ce ramassis de déchet, franchement, elle aurait pu faire un effort et souhaiter le chaos. Rien qu’un petit chaos était-ce trop demandé ? Plus embêtant encore, la gamine ne semblait pas prête à les rejoindre. Après son insuffisance réplique sur la destruction de ces maudits types, il avait sous-entendu qu’elle pourrait aller bien plus loin dans sa vengeance et clairement dit qu’il lui apporterait le soutien nécessaire. Et cette stupide gosse l’avait regardé comme si elle venait de noter sa présence et avait osé lui dire qu’elle voulait être seule maintenant. Gentiment malgré son irritation il l’avait invité à se reposer en attendant que Sasuke se réveille. Non mais quel culot sérieusement ! Ce fut plus clair qu’un refus pour lui : Mademoiselle ne souhaitait pas son aide et encore moins se mêler à eux. En dépit de son trouble évident, de foutues valeurs restaient sous-jacente. Non mademoiselle, cela ne se passera pas comme ça. Elle allait lui faire le plaisir de bien vite effacer toutes ces niaiseries de sa caboche. Et d’ailleurs, en avant, Sasuke avait passé des heures à cogiter et se faire avoir pour bon par le poison de la haine, maintenant seconde étape du plan : Que tout deux attisent le besoin de chaos de l’autre. 

 

- Rin, puis-je entrer ? S’enquit-il après avoir toqué de sa voix la plus aimable. 

 

Après son acceptation, il fit son entrée en riant mentalement à sa propre plaisanterie : Aujourd’hui je revêt le masque de la compatissance sympathique.

 

- As-tu pu te reposer un peu ?

 

- Pas vraiment. 

 

- Je comprend et j’espère… Non, je suis certain que ça ira vite mieux. C’est le temps d’accuser le choc.

 

La jeune fille assise sur le bord du lit regardait cet homme vêtu de noir toujours dans le pas de la porte. Madara Uchiha. Décidemment cette situation était tout bonnement incroyable. Cette légende du monde Shinobi se dressait face à elle sans, qu’apparemment, le temps n’ait eu le moindre effet sur lui. Après tout Orochimaru pouvait bien changer de corps à sa convenance, surement que cette incarnation de la puissance usait d’un Jutsu aussi mystérieux qu’interdit de cette sorte. Et au delà de cela ce fut surtout la bienveillance qu’il dégageait qui lui semblait incroyable. 

 

- Souhaites-tu que je t’apportes de quoi manger ? S’enquit-il sur le même ton doux. Cela te ferait du bien. 

 

Vraiment incroyable. Madara Uchiha, membre de l’Akatsuki du surcroit, s’inquiétait de son sommeil et lui proposait un repas comme une vieille connaissance. Rien ne collait plus. Il était plus aimable que la plupart des Shinobi. Bon sang, cela accentuait tant son impression d’être complètement perdue. Comme si elle venait d’ouvrir les yeux pour la première fois sur la réalité. Enfin bref. Pour l’heure, la douleur restait diffuse dans son corps et spécialement ses entrailles. Se sentant toujours nauséeuse après toutes ces hallucinations, la simple évocation de nourriture lui retournait l’estomac. Rin hocha donc la tête en signe négation.

 

- Sasuke non plus n’a rien voulu avaler. 

 

« Ohlala, des petites natures ces deux la. Quelle exagération pour des broutilles. Rien que d’insignifiantes sanguinolentes broutilles. » S’esclaffa-t-il mentalement. 

 

- Il s’est réveillé ? S’exclama-t-elle.

 

- Oui. Il fut plutôt secoué par la nouvelle que je lui ai apprise, j’ai préféré le laisser accuser le coup avant de venir te chercher.

 

Les sourcils froncés et avant qu’elle ne puisse l’interroger sur cette mystérieuse révélation, il leva à peine la main pour lui intimer de garder le silence. 

 

- Tu comprendras bien assez vite l’étendu du problème. Avant ça, j’aimerais te parler d’autre chose. 

 

Doucement il s’approcha du vaste lit ou Rin était assise à la tête et, après un léger signe de tête semblant lui demander sa permission qu’elle rendit aussi imperceptiblement, vint s’assoir au bout. 

 

- Me libérer d’un poids. Déclara-t-il à mi voix.

 

Posant les bras sur ses jambes écartées, il baissa la tête avec un faible soupire. Il semblait hésitant à continuer, comme s’il cherchait les termes adéquates alors qu’en réalité il tentait seulement d’effacer son large sourire moqueur histoire que sa voix transpire la désolation lorsqu’il continua :

 

- Je dois t’avouer que cela faisait un moment que je menais une enquête pour en apprendre plus sur toi et tenter de t’approcher.

 

Le cœur de Rin rata un battement. Pensant immédiatement à l’autre taré reptilien qui avait fait de son mieux pour l’attirer dans ses filets, à coup de patience et de manipulation. Qu’il était inquiétant d’être la cible de dangereux criminels de la sorte, dans son dos qui plus est. 

 

- Ne te méprend pas, ses recherches ne furent en cas muée par une envie de m’approprier quoi que ce soit. Continua-t-il comme s’il lisait dans son esprit. Dans un premier temps j’étais seulement curieux de ton évolution. Celle de l’héritière d’un clan que j’ai tellement bien connu. Puis, en voyant combien tu étais puissante, il m’est apparu que tu devais savoir la vérité. J’étais certain que tu saurais y faire face. Plus encore que tu aurais la force d’agir en conséquence. De les venger. 

 

Laissant sa phrase en suspens un instant, il leva la tête vers une Rin sous l’emprise d’une stupeur sans nom et annonça d’une voix assurée :

 

- Moi qui était au courant de la vérité, moi qui pouvait la partager et ainsi sonner le funeste glas des assassins, je me devais de te l’apprendre. C’est à toi de réparer ce mal. Je n’avais pas le droit de garder cela pour moi. Pourtant je ne savais comment t’approcher. Nos statuts respectifs faisant barrière. Je n’oserais condamner ta vision exagérément simpliste du bien et du mal qui en fut largement la cause. Tu n’es pas coupable du lavage de cerveau dont tu as fait l’objet. Nous étions dans des camps opposés, chacun œuvrant pour le bien à sa manière. Et on t’as mis en tête une vision du monde obscurcissant non seulement la vérité mais aussi la véritable justice.

 

A nouveau il aménagea une légère pause, lui laissant juste le temps de s’embourber encore un peu plus dans les méandres de ses interrogations sans pour autant lui offrir l’occasion de formuler une réponse.

 

- Enfin, le hasard a finalement orchestré notre rencontre. Peut être fut-elle tellement primordiale qu’elle allait se produire d’une façon ou d’une autre. Nous en voila maintenant au dénouement et tu l’auras compris, je l’espère, que cela remet tout en cause. Et avant que tu tires d’hâtives conclusions, il me faut être complètement honnête. 

 

Dans un soupire déchirant, il se tint un instant la tête semblant dès plus perdu. Tout autant que Rin qui ne saisissait pas du tout ou il voulait en venir et qui sentait monter un drôle de sentiment à son égard. A l’égard de ce bienveillant Shinobi en dépit des apparences malfaisantes. Bien entendu, l’inverse étant nettement plus vrai mais la jeune fille n’avait le droit qu’à la vision extérieur du personnage et après tout son discours tenait largement la route. 

 

- Après cela je comprendrais que tu me haïsses tout autant. C’est déjà étonnant que tu ne l’ai pas réalisé par toi-même. Alors au risque d’attiser ta haine à mon égard… Je me dois d’être franc. 

 

Son estomac se crampa, qu’allait-il encore lui avouer de si terrible ? Bon sang, son calvaire n’aurait-il jamais de fin ? 

 

- Il est de notion commune que j’ai jadis combattu Hashimara Senju à la Vallée de la Fin pour le titre de Premier Hokage. Mais comme tu le sais maintenant, je ne suis pas mort des suites de ce combat. Vois-tu mon désir le plus ardent fut de voir les Uchiha à la tête de la Nation. A mon sens si de tels clans existent c’est pour qu’ils dirigent leur semblable. Si la nature nous a doté de capacités si extraordinaire nous rendant supérieur, c’est que nous le méritons. Il est injuste et vile que les hommes en décident autrement. Pourtant j’ai échoué. Les Uchiha ne sont jamais parvenus à atteindre la grâce qu’ils méritaient. Et à Kiri j’ai vu dans les Yutsune un véritable calque des miens. Inconsciemment j’ai fais une sorte de transposition. Voila pourquoi leur mise à l’écart m’a tant écœuré. 

 

Elle ne voyait pas en quoi cet aveux supplémentaire serait haïssable, plus encore sa sympathie envers lui augmenta d’un large cran. Ce qu’il avait malicieusement prévu. Se levant, il alla se planter face à Rin et s’accroupit pour être à la hauteur de la jeune fille toujours assise. Cette dernière n’eut pas le moindre mouvement de recul quant à leur promiscuité affolante.

 

- Au final… Ce fut un autre échec cuisant. Dit-il à mi voix, suintant le chagrin. Si je n’avais pas cru en eux, si je n’avais pas rendu public leur prouesse contre les Kaguya, si je ne les avais pas placé au Conseil et tout fait par la suite pour chacun comprenne à quel point ils furent estimable… Jamais cela ne se serait produit. Ils n’auraient pas attisé la jalousie et la haine à ce point. Ils seraient en vie. Sans le vouloir j’ai été l’une des raison de leur chute. Et je me sens terriblement coupable. Voila pourquoi, entre autre, je voulais tant de te rencontrer. Pour pouvoir présenter mes excuses à l’héritière. Insuffisantes mais sincères.

 

Il se leva brusquement comme assaillit par le tourment et se retourna aussi théâtralement que possible. Il hésita même à murmurer qu’il n’était pas digne de croiser son regard mais jugea que cela ferait un peu trop. Une bonne comédie se doit d’être nuancée. Rin, bien malheureusement, ne pouvait qu’agir en fonction de qu’elle voyait et entendait. Plus affaiblie que jamais, ne sachant plus à qui elle devait faire confiance. Tout ce dont la jeune fille fut certaine en cet instant fut :

 

- Non. Vous n’avez en aucun cas à vous sentir coupable. Certainement pas vous. 

 

- Au fond… C’est de ma faute. Lâcha-t-il d’une voix teintée d’émotion alors qu’un feux d’artifice éclatait dans sa tête.

 

- Ce n’est pas une faute que d’avoir cru en mon clan. Vous n’aviez rien à vous reprocher, c’est plutôt le contraire. Grâce à vous ils ont enfin pu être estimé. Je vous suis profondément redevable de cela. Vous ne pouviez vous douter des terribles conséquences. 

 

Tandis que la jeune fille se levait, il se tourna vers elle, pouvant lire dans son franc regard un élan de compassion, plus encore même, à son égard.

 

- Je suis soulagé que tu ne m’en veuilles pas. J’aimerais tant changer le court des choses… J’avais déjà peu de foi en notre monde mais jamais je n’aurais osé penser qu’il soit possible de faire preuve de tant de vilénie. 

 

Il hésita un instant puis décida qu’il n’était pas encore temps de lancer ce sujet. L’aboutissement de ses plans. Son réel désir. Non, Rin n’était pas encore prête à l’entendre et à le suivre. Patience, ce serait pour bientôt. De son côté, Rin n’en revenait pas, il lui semblait être si… Bon. 

 

-  C’est aussi pour cette raison, parce que je ne peux me le pardonner, que je t’apporterais le soutien qui incombe à ta noble vengeance. 

 

Malgré la déchéance qui la résumait, persistait encore la flammèche salvatrice. En dépit de son mal être, de la perte de sa foi, s’allier aux porteurs de la cape aux rougeoyants nuages lui était impossible. Pour l’instant seulement ?

 

- Comme vous l’avez dit, c’est à moi de réparer ce mal. A moi seule. 

 

Un éclair de rage écrasa immédiatement sa gaieté. Autant il aimait à jouer la comédie, autant il n’appréciait guère que le public soit si peu réceptif. Enfin, ce n’était qu’un éclair après tout, rien que du momentané. Il avait encore quelques tours dans son sac. A commencer par :

 

- Je comprend. Allez, trêve de conversation dramatique, tu dois être impatiente de voir Sasuke. 

 

Et les conversations pire que dramatique reprendraient de suite. 

 

 

Rin venait d’entrer dans la chambre de ce dernier, calque de la sienne, et n’osait la moindre esquisse de geste. Un raz de marée de peine la submergea. Restant debout, frigorifiée, à le regarder, ayant tant envie d’éclater en sanglot. Il n’avait même pas remarqué sa présence tant il semblait accablé. Comme la jeune Yutsune lors de la nuit, il était adossé contre la paroi à la tête du lit, le regard dans le vide. Il était, par contre, meurtri en divers endroit et un large bandage recouvrait une partie de son torse nu. Qu’avait bien put-il apprendre pour le plonger dans un tel état léthargique ? 

Oui, elle eut une terrible envie de pleurer de toute son âme. Pour lui. Pour elle-même. Eux, les génies arrogants, n’étaient plus que des ombres, de vagues esquisses d’êtres humains. Trop faible pour s’en sortir. Et dire que la veille elle avait été si confiante. En courant à perdre haleine vers le duo de l’Akatsuki, Rin s’était répétée que tout rentrerait dans l’ordre sous peu. Tout serait parfait. Elle les imaginait déjà couchés au sol, à rire à plein poumon. Il lui semblait que cette scène s’était produite à des années lumières, mais non, simplement la veille. Comment leurs vies avaient-elles pu basculer si vite ? Sa vie d’avant, la Rin confiante et forte, lui semblait n’être qu’un mirage. En une poignée d’heure tout avait été détruit. Son bonheur, une illusion. Le tourment, la réalité. Perdue plus que jamais, elle avait seulement envie de pleurer sur son propre sort. Aucune larme pourtant. Son cœur fut donc brisé au point d’être stérile ? 

Au ralentis, cela lui demandant une énergie incroyable, elle s’avança jusqu’au lit et s’y agenouilla. Malgré la promiscuité, Sasuke ne cilla pas, semblant plonger une torpeur inconsciente. 

 

- Comment te sens-tu ? Demanda-t-elle à mi-voix.

 

Il sursauta comme s’il avait été brusquement réveillé par un hurlement, levant vers elle un regard non pas empli de chagrin mais reflétant un vide incommensurable. Un instant semblant une éternité il resta ainsi, cherchant des termes suffisant pour répondre. En vain, il ne savait comment expliquer son état. Et de toute façon formuler une phrase complète serait une épreuve bien trop ardue. Ainsi lui apparut une évidence : lui montrer. S’il ne pouvait lui expliquer la scène tournant en boucle dans son esprit, il pourrait la lui faire vivre. Elle comprendrait. Immédiatement et si rapidement qu’elle eut à peine le temps de voir la teinte du Sharingan, il la plongea dans un Genjutsu. 

Comme pour le souvenir du Yondaime massacrant le dirigeant, Rin incarnait l’Uchiha. Et pas seulement dans ses gestes cette fois mais également ses pensées. Adossée à un débris de mur elle avait l’impression que chacun de ses os étaient brisés tant la cuisante douleur fut diffuse. Complètement à bout de force et impuissante elle voyait Itachi s’approcher. Un Itachi bien plus blessé que son propre corps pourtant, foule de plaie et surtout le côté droit entièrement brulé. Le visage sanguinolent tant il avait craché de sang. Pourquoi avait-il la force d’avancer après ce combat ? Une atroce angoisse lui enserrant l’âme l’empêchait même d’hurler. Elle était terrifiée, il ne devait pas l’approcher. Ses yeux, il allait lui arracher ses yeux. Vacillant, il était maintenant dangereusement proche et tendait le bras. Pourquoi ne pouvait-elle bouger ? L’épuisement et la terreur certainement. Sa main allait le frôler, non, elle allait perdre. Il lui prendrait ses yeux et la laisserait se vider de son sang. Ca y est. Finit. L’angoisse à son comble, deux doigts tendus allaient l’énucléer. S’en serait finit pour de bon de son existence. Lorsque soudainement il se stoppa. Et naquit sur le visage d’Itachi un sourire. Le plus pur des sourire. Il se contenta de lui… Donner une légère pichenette dans le front. Comme jadis.  «  Désolé, c’est la dernière fois, petit frère . »  Murmura-t-il. Son sourire plus radieux que jamais, éblouissant son visage ensanglanté d’une joie sans pareille. Un infime instant de sérénité. Puis il s’écroula. 

 

L’émotion de la fin de l’illusion, celle de Sasuke donc, fut déchirante. Tout bonnement déchirante. Et encore cela n’avait duré que le temps d’un battement d’aile de papillon, lui devait la ressentir encore maintenant. Une peine incommensurable. La vue brouillée par les larmes ne coulant toujours pas, les sanglots coincés dans la gorge, Rin resta silencieuse. Triste mélange d’incompréhension et de compassion. 

 

- J’ai tué mon frère. 

 

Il avait soufflé cela à voix si basse qu‘elle du presque lire sur ses lèvres, la regardant sans la voir. 

 

- Il… Commença-t-elle par répondre. Il a… Itachi était…

 

Non, définitivement elle ne savait pas comment finir cette phrase, ayant largement du mal à comprendre.

 

- Ma vie… Sa vie… N’étaient que mensonge. Il était tout sauf le monstre que je croyais. 

 

Il sembla reprendre ses esprits à ses propres mots, une étincelle dans son regard, celle de la haine. Serrant la mâchoire, ses traits devinrent aussi dur que sa voix :

 

- Le massacre lui avait été ordonné. Itachi fut forcé de sacrifier le clan et son existence. La vie la plus honorable a du être souillée, il a du se souiller les mains du sang des siens, souiller son bandeau tant adoré en le rayant.

 

Le temps d’accuser le choc, Rin resta pantoise, l’esprit soufflé par la détonation de cette atroce vérité.

 

- Pour le bien du Village. Cracha-t-il, le visage déformé par la fureur et le dégout. Ils lui ont ordonné d’anéantir son propre clan. C’est eux qui voulaient la mort des Uchiha. Pour le bien de leur putain de Village. Ils lui ont aussi volé sa vie, le forçant à s’enfuir, hait de tous. 

 

Immédiatement Rin du retenir un autre haut le cœur tant son effroi fut violent. Son être entier révulsé par ces paroles. Un grondement assourdissant éclata dans sa tête, entendant seulement une bribe de la dernière phrase de Sasuke :  Konoha. Tempête dans son esprit et son corps. Le remarquant à peine et ne sachant comment elle s’y été prise, Rin se retrouva debout. Ou a peu près. Vacillante, les jambes en coton, elle manqua de s’écrouler et se colla au mur. Une autre crise d’angoisse la guettant, elle peinait à respirer. Machinalement elle se couvrit la bouche tentant d’apaiser sa nausée et surtout son envie d’hurler. L’esprit en feu, il lui était difficile de se concentrer pour formuler un début de pensée.

Itachi. Souiller. Sacrifice.

Son cœur battait si violemment qu’elle eut l’impression de ne pas tarder à le vomir. Itachi qu’elle avait jadis vu dans la clairière portait cet atroce secret en lui. Il avait du assassiner les siens et jeter son honneur au feu, devenir un monstre aux yeux de tous. Ce Itachi mort le sourire aux lèvres. Pour… Non, à cause de son Village. 

Konoha. Ordre. Détruire. 

Avec cette révélation, l’âpre réalité était encore pire à avaler que ce qu’elle pensait. En effet que Kiri, ou les valeurs avaient été bannis à coup de marre de sang, éradique un clan était compréhensible. Enfin entre mille guillemets. Disons qu’un Village à l’histoire si trouble et barbare prenne la décision d’anéantir ceux qu’il est de notion commune qu’ils exècrent depuis des lustres ne remet pas l’ordre de toute chose en jeux. Alors que Konoha, si. Définitivement si. Depuis ses huit ans les professeurs de Rin lui rabâchaient que ce Village aux jolies valeurs ou les sentiments primaient élevaient leur Shinobi comme des poussins. Elle avait grandit en entendant ce qu’elle avait plus tard considéré comme des louanges. Konoha qui se gorgeait de sa Volonté du Feu. Konoha et ses Hokage honorables sous toutes coutures. Konoha l’entité suprême du Bien, berceau de la bravoure et des valeurs immuables.

Et non. Tout bêtement non. Ce Village reposait autant sur le mensonge et la trahison que Kiri. Qu’importe la Nation, tout n’était que mirage et bassesse sous-jacente. En même temps que sa vision idyllique du monde, sa raison partait en fumée.

«  La foi en son Village, aussi inébranlable que réciproque, est la base de notre monde. Sans cette valeur fondamentale nous ne vaudrions encore moins que les bousiers »   Ses propres paroles, lancées à Kisame la veille, lui revinrent brusquement à l’esprit. Pire que la plus violente des claque.

Son corps entier sembla se transformer en coton, rester debout devint aussi complexe que calmer ses tremblements. Elle sentait presque son esprit se craqueler et tomber en cendre. Cette révélation l’acheva tout simplement. Le monde était définitivement factice et pourri. Voila, exactement cela. De la pourriture. Les vomissures de larves l’avaient envahit, dévorés et régurgités une dépouille pourrie. L’esprit déjà bien fragilisé de Rin implosa pour de bon. S’en était finit de sa conscience, finit de sa foi, finit de ses valeurs. 

 

- Rin, oh, reprend toi. 

 

Clignant ses yeux métalliques, elle se surprit à voir le visage de Sasuke si proche. Comme lui un instant auparavant, la jeune fille fut plongée trop profondément dans les abysses de son âme en perdition pour remarquer quoi que ce soit. 

 

- C’est la deuxième fois que je te demande pourquoi tu es ici. Il m’a simplement dit que tu te remettais d’une révélation. C’est lui n’est-ce pas ? Qu’a-t-il dit ?

 

Doucement, elle acquiesça. La jeune fille savait exactement quoi lui répondre pourtant les mots peinaient à sortir. Articuler cette atrocité lui semblait insurmontable. Comme elle aurait aimé pouvoir le plonger dans un Genjutsu aussi aisément que lui. 

 

- Comme toi. 

 

Immédiatement lui revint à l’esprit la phrase de Madara   «  Le massacre des miens inspira celui des tiens  » . Plus que jamais Rin se sentait proche de Sasuke.

 

- Tu veux dire…

 

- Kiri.

 

Aucune parole supplémentaire n’était de mise. A son tour, il essuya le choc, se reculant machinalement. Rien que de prononcer le nom de ce maudit hameau, elle sentit une vague de fureur la submerger. Elle le sentait, la fin de sa raison grondait, la guettant, menaçante. Pourtant Rin ne croulerait pas. Elle savait comment s’empêcher de crouler sous la démence. La haine. Resplendissante, salvatrice. Elle ne pouvait la combattre et ne le voulait pas. La haine serait sa force. Le cœur battant violemment de rage, Rin articula d’une voix glaciale, terrifiante de calme :

 

- Tous, ils ont tous voulu anéantir les clans supérieurs. Ruiner ce qui les dépassaient. Détruire la grandeur. Ecraser l’excellence de toute leur fange. 

 

- Pour leur ambition, leur sérénité, leur faux salut. 

 

- Et ont terrés leur abominations en bâtissant un monde de mensonge.

 

- En sacrifiant les leurs. 

 

- En bafouant l’honneur.

 

Dans leur yeux étincelaient maintenant la lueur d’une haine écrasante. Leur cœur battant à l’unisson comme un tambour de guerre. 

 

- Ils l’ont tentés. Ils ont échoués. Ajouta-t-il, un sourire carnassier naissant. Ils ont fait une erreur. Ils nous ont laissé en vie.

 

- Des vies qui leur couteront les leurs. Enchérit-elle d’une voix rauque. Je les vengerais, je les suivrais certainement dans la mort mais je les vengerais.

 

Se comprenant tant, ils avaient l’impression que leur esprit ne faisait qu’un. En réalité, ils réalisaient à peine la présence de l’autre, se voyant simplement comme un miroir et entendant leur paroles comme un écho. Chacun pensant à sa propre existence en lambeau, des images de leur vengeance à venir les assaillant. En fin de compte rien n’avait changé, plus que jamais même, ils éprouvaient le même désintérêt pour leur futur respectif au fond. Et appréciait surtout l’éclat de haine que l’autre rejetait comme s’il exacerbait le sien. Ainsi, elle fit à peine attention à :

 

- Konoha est une aberration. Une souillure à la mémoire des miens. Et surtout d’Itachi. Sa vie fut réduite en cendre à cause d’eux. Je veux arracher chaque sourire de la face de ces rats. Je détruirais Konoha.

 

Et il en fit de même à :

 

- L’honneur, la bravoure, le respect, la confiance et toutes les autres valeurs que je pensais fondamentale n’étaient de vague mirage. La bassesse et la cruauté dirigent le monde. Comme j’ai  été naïve toutes ces années ! Tout les beaux discours que j’ai tenu auront un gout amer dorénavant. Si la barbarie crue est la base de ce monde, alors je lui jetterais en pleine face une magnifique démonstration de sauvagerie. 

 

 

Leur propre paroles ayant tant accentué leur fureur, la moindre particule d’eux même brula plus que jamais. Un instant ils restèrent muets, ayant le battement de leur sang à leur tempes pour seul orchestre. Chaque inspiration ayant un effet corrosif. Le regard perdu dans le vague, perdu dans d’atroces visions.

Ces deux gamins aux existences teintées d’horreur et de vif bonheur, ayant perdu leur innocence aussi prématurément que violemment. Ces gamins à la comique arrogance et aux attendrissantes faiblesses. Ces gamins que leur simple naissance a rendu supérieur, puissance accentuée au fil des années. Comme un corps, ils levèrent leur tête et il ne suffit qu’une infime seconde pour qu’ils lisent dans les yeux de l’autre la même émotion destructrice. La rage.

 

 

 

 

La rage de voir leurs buts entravés, de vivre en travers. 

La rage gravée depuis bien loin derrière.

La rage d’avoir grandit trop vite, leurs enfances volées.

La rage de voir ce putain de monde s’autodétruire et que ce soit des innocents au centre des tirs.

La rage d’être autant balafré. Désharmonie profonde, mais dans quel monde la colombe est partie ?

La rage d’avoir la rage depuis qu’ils sont mômes.

La rage d’aller jusqu’au bout et la ou voudra bien les mener la vie. 

La rage parce qu’ils ne choisissent rien et subissent tout le temps.

La rage car l’irréparable s’entasse depuis un bout de temps.

La rage parce que c’est tout ce qu’on leur laissent , tout ce qu’il leur reste.

La rage de vivre dans un monde qui ne leur correspond pas.

La rage de lire vérité dans un monde nourrit de faux rêves.

La rage de voir rouge mais de grisaille entouré, parce qu’eux ont entendu les cris lorsque le sang coule.

La rage car le mal tape sans cesse trop.

La rage, trop de mensonges et de secret gardés, de pouvoir changer l’humanité. 

La rage d’être manipulé et que le pouvoir soit gardé.

La rage d’être au milieu du chaos.

 

Parce qu’ils ont la rage, rien ne pourra les arrêter, insoumis et révoltés. 

Parce qu’ils ont la rage, le cœur et la foi.

 

La rage car ils croient aux anges et ont décidés de marcher avec eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yzak

 

 

 

 

 

 

Paroles tirées de la Rage de Keny Arkana

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 01:59

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

 

 

- J’espère ne pas avoir été trop long. S’exclama-t-il en apparaissant dans la pièce. J’ai ramené Sasuke, encore inconscient mais il se remettra vite. Kisame m’a brièvement conté votre discussion, c’est que je n’aurais presque plus rien à t’apprendre. 

 

En fait, plus que ses révélations il avait voulu en savoir plus sur la réaction de la jeune fille qui se révéla impeccable : d’abord le déni puis une violente crise. Il fallait dire que Kisame n’avait pas prit de gant dans sa tirade. Mentalement affaiblit, pauvre petite chose. Idéal pour la manipulation. Cela faisait un moment qu’il gardait un œil sur elle, l’épiant de temps à autre et tentant d’en apprendre plus à son sujet. Une Shinobi exemplaire, rien de très bonne augure. Ce Flocon des Sables semblait intouchable. Sasuke, lui au moins, avait fait l’effort d’évoluer n’importe comment. Décamper de Konoha pour rejoindre un type comme Orochimaru, non mais quelle idée ! Affligeante pour son propre compte et tellement bénéfique pour ses plans à lui. Alors que cette gosse passait d’irréprochable à encore plus irréprochable. Enfin voila qui serait loin derrière elle désormais. Même la bâtisse la plus solide et opulente s’écroulerait comme un château de cartes si ses fondations craquelaient, exactement ce qui venait de se produire pour l’honorable Shinobi, ou plutôt sous peu, l’anciennement honorable.

 

- Rin, quel jolie prénom. Je l’ai toujours trouvé plaisant. Il y fort, fort longtemps j’avais une connaissance portant le même. 

 

La jeune fille, s’étant assise sur le lit quelques instants avant qu’il ne débarque subitement, crut déceler une drôle d’intonation à ses derniers mots mais bien vite il continua aussi légèrement qu’auparavant :

 

- Enfin avec signification différente. La tienne est plus qu’évidente. 

 

En effet son prénom pouvait également désigner ‘’ le son d’une clochette ‘’  avec une écriture distincte en ce cas. Personne n’avait d’ailleurs jamais vraiment fait l’amalgame, se doutant de suite qu’il signifiait ’’ glaciale ’’ .

 

- Pourquoi me dire cela ?

 

Heureusement qu’en dépit de son abattement, sa personnalité subsistait, Rin avait lâché cela de son habituel ton légèrement cassant, un sourcil levé. 

 

- Parce que je me souviens que j’avais été ravi de savoir que tu portais ce jolie prénom lorsque ton père me l’a dit. 

 

Immédiatement son autre sourcil rejoint son comparse dans une mine des plus ahuris.

 

- Je ne cacherais aucune bribe de la vérité, le Yondaime Mizukage n’était rien d’autre que ma marionnette. Une enveloppe corporelle à ma merci grâce aux facultés de mon Sharingan. Je contrôlais jusqu’à la dernière particule de son esprit et lui dictait la moindre parole. Il a vécu à travers moi. 

 

- C’est tout bonnement horrible. Souffla-t-elle.

 

Ce qui n’eut pas autre répercussion que de lui arracher un léger rire.

 

- Tu frôles la témérité avec une telle franchise mais j’apprécie ce trait de caractère. Constata-t-il en s’adossant nonchalamment au mur.  Il est vrai que je lui ai volé sa vie mais j’ai limité la casse. 

 

- En mettant en place la Brume Sanglante ? Drôle de façon de limiter la casse.

 

- Détrompe toi. Je ne suis absolument pas à la base de la Brume Sanglante qui était déjà en œuvre. Je ne démens pas que la quête de puissance et d’indépendance d’action furent mes motivations premières. Pourtant j’ai plutôt calmé le jeux à ce niveau la. En fait… Tu dois certainement savoir que Yagura, le Yondaime, fut exceptionnellement doué pour son très jeune âge, d’où sa nomination. Je veux dire que sa jeunesse en fut la raison. Le Conseil de Kiri l’a choisit uniquement pour en faire un pantin. Il ne devait en aucun cas réellement diriger le Village, seulement en être à la tête officiellement. Un charismatique gamin étant le choix idéal pour ce titre fumeux. 

 

- Et eux comptaient gouverner dans l’ombre. Prendre toutes ces affreuses décisions sans se mouiller. 

 

- Bien sur. Yagura était en première ligne au cas ou la situation leur échapperait ainsi ils n’assumeraient jamais les répercussions de la Brume Sanglante. Ils n’avaient qu’a régenter comme bon leur semblait et dans leur intérêt bien tranquillement. Ils l’avaient placé comme une potiche. 

 

- Il est d’effroyable de constater l’étendu de leur irrespect… Souiller ainsi le titre de Kage. 

 

- La puissance, toujours plus de pouvoir, la était leur unique but. Rien d’autre ne méritait d’égard. Le plan était parfait pour cela… Jusqu’à mon arrivée. Personne n’était au courant de ma présence, l’emprise que j’avais sur lui était imperceptible. Avec mes ordres, il est rapidement devenu ce qu’il aurait toujours du être : un véritable dirigeant. Je te laisse imaginer qu’ils n’étaient pas vraiment ravi d’assister à son éveil ! Et impossible de l’éjecter ou de le contredire. Ils s’étaient fait avoir à leur propre jeux. 

 

- C’est bien beau mais pourquoi ne pas avoir fait cesser la Brume Sanglante ?

 

- Déjà, ils étaient constamment à me mettre des bâtons dans les roues. Et puis je n’étais pas totalement contre. Au fond tout cela était dans l’intérêt du Village. J’ai, de ma propre volonté, donné l’ordre à plusieurs reprise à des Shinobi d’exception comme Kisame d’éradiquer leurs compagnons s’ils devenaient un obstacle au triomphe d’une mission. La victoire nécessite des sacrifices. Et personne ne leur avait demandé d’être un poids de la sorte. 

 

- C’est écœurant, finalement vous alliez exactement dans le même sens qu’eux. 

 

- Ravale tes insultes. Claqua-t-il, plutôt irrité, avant de promptement reprendre ses esprits. J’ai agis selon mes propres idéaux, bien loin des leurs, l’exemple le plus flagrant étant justement ton clan. En tant qu’Uchiha je n’ai jamais compris leur délire avec les Kekkei Genkai. C’est entre autre grâce à moi si les mentalités ont évolués sur ce point. Après l’attaque des Kaguya si je n’avais pas été la, l’exploit des Yutsune aurait été étouffé. Je leur ai apporté les égards qu’ils méritaient amplement. Notamment la nomination de deux d’entre eux au Conseil. Le chef du clan et… Ton père. La Brume Sanglante avait déjà arraché les notions de confiance et de moralité de la majorité des Shinobi, les Yutsune épargnés par leur autonomie furent les seuls aux valeurs si intacts. Par extension ils étaient les rares personnes encore aimable et je me suis rapidement lié avec Fuyuhito, le Chef du clan.  Ton père par contre a toujours été plus méfiant mais ses talents au combat et surtout son intellect l’ont rendu incontournable au clan et donc, à mes yeux, au Village. D’où ce choix. 

 

Avec de grands yeux ronds elle le fixa, sans sa cape et vêtu de noir, articulant d’un ton incrédule:

 

- Mon père… Je savais pas. 

 

- Tu n’avais qu’une poignée d’années, c’est compréhensible. Répondit-il la voix teintée d’un sourire sympathique. Peut être… Oui, peut être cela t’intéresserait… De plonger dans ce souvenir. Mon Sharingan peut recréer ce que je souhaite. Un Genjutsu bien entendu mais tu verras certainement de toi-même que cette scène est indubitablement véridique. 

 

Sans hésiter un seul instant, Rin acquiesça. Au-delà de certifier la véracité de ses propos, elle voulait surtout voir son père. Elle n’avait pas la moindre photographie de sa famille et le regrettait amèrement. En une décennie, la jeune fille avait complètement oublié le son de sa voix. Quelle chance inespérée ! Elle graverait chaque seconde à jamais dans son esprit. 

 

- Prête ? Murmura-t-il. 

 

Une seconde fois, elle hocha la tête, son regard déjà planté depuis longtemps dans le Sharingan. Soudainement la pièce déjà ténébreuse s’assombrit pour de bon. Comme si elle avait fermé les yeux pour les ouvrir sur une scène complètement différente, évidemment cela se déroulait dans sa  tête, ainsi elle n’était qu’une spectatrice invisible. 

Une gigantesque pièce circulaire surplombée d’un dôme semblant de marbre finement ciselé, de large fenêtre derrière lesquelles la neige tombait en rafale et un mobilier opulent suintant le faste. Le tout fut époustouflant. Le bureau du Mizukage au beau milieu du Palais Miroitant à ne pas en douter. Au centre de la somptueuse pièce trônait un majestueux bureau d’ébène sur un léger promontoire de sorte que la personne siégeant derrière surplombe ses interlocuteurs s’ils s’asseyaient en face. Admirant une vitrine contenant divers objets aussi mystérieux que rutilent, deux individus conversaient tandis qu’un troisième se tenait fièrement en retrait, semblant peu intéressé par ces bavardages d’usages. Son père. Envoutée, Rin détourna pourtant le regard vers le jeune garçon se dirigeant lentement vers son luxuriant bureau. Yagura, le Yondaime. Elle lui aurait donné une douzaine d’année pourtant émanait de lui un charisme indéniable, il inspirait une placide crainte qui lui rappelait un peu l’aura de Gaara. Ses yeux avaient la même teinte qu’un Kôrigan activé, cela ajouté à sa chevelure grisonnante, l’idée qu’il ressemblait assez à un Yutsune lui apparut avec une pointe de sarcasme. De son œil droit jusqu’à sa mâchoire se faufilait une longue balafre lui conférant pourtant un certain charme. 

 

- Je vous en prie, prenez place.  Déclara-t-il d’une voix mélodieuse tout en s’asseyant à son bureau. 

 

Immédiatement Fuyuhito âgé d’une cinquantaine d’année s’exécuta tandis que son père s’avança lentement vers eux sans s’assoir pour autant. Ainsi dressé il dépassait légèrement le jeune Kage à l’allure un chouilla grotesque entre l’énorme fauteuil de cuir verdâtre et le faste bureau. 

 

- Je n’aime pas avoir à lever les yeux pour parler. S’expliqua-t-il le plus poliment possible de sa voix suave. 

 

Il semblait avoir une vingtaine d’année et donnait l’impression d’avoir été taillé à même le marbre surtout avec son visage figé dans une beauté impassible. Grand et élancé, le père de Rin était incontestablement séduisant. De tout le clan il avait sans conteste l’allure la plus virile, accentuée par sa mâchoire anguleuse et sa courte chevelure d’un négligée charmant aux nuances grisâtre. L’atmosphère autour de lui émanait de sérénité tant il irradiait de quiétude. 

 

- Je ne vais faire durer la conversation futilement. Nous connaissons tout trois la raison de cette convocation. J’ai assez laissé planer le doute, désormais je souhaite le rendre officiel. Avec votre acceptation bien entendu. Rejoignez le Conseil. 

 

- Mizukage-sama, c’est un immense honneur et ce sera avec une plus grande joie encore que nous accepterions. Répondit humblement Fuyuhito en inclinant légèrement la tête. 

 

- M’en voila ravi. S’exclama Yagura. 

 

- Nous vous remercions de cette attention. Modestement, je vous assure que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour mériter la confiance que vous placez en nous. 

 

Dans toute son impassibilité jamais le père de Rin n’aurait eu la moindre réaction exagérée, il se contenta ainsi d’une imperceptible regard au Chef du clan. Seule son épouse aurait pu y déceler l’immensité de l’affliction qu’il traduisait. 

 

- En aucun cas je ne peux accepter le moindre remerciement. Rétorqua le jeune Kage, éveillant ainsi l’intérêt de son père. Pour moi votre écartement de la vie politique comme des hautes sphères militaires est une véritable honte. Votre clan est une des pierre angulaire de notre puissance, il est normal que vous siégiez aux côtés des autres dirigeants. 

 

- A ce propos, il a du être bien complexe de gagner leur accord. Intervint-il. 

 

- Ils n’ont d’autre choix que de se plier à mes décisions. Déclara Yagura avec un sourire en coin suintant l’orgueil en dépit de son ton léger. 

 

- Comme nous tous n’est-il pas ? Répliqua-t-il sur le même ton, sous-entendu clair pour le Yondaime sur ses ordres  parfois inhumain. Quoi de mieux que des Conseillers forcés pour nous accueillir à bras ouverts. 

 

- C’est justement pour cette raison, parce qu’il s’est mouillé pour nous, que nous devons lui en être reconnaissant. Articula Fuyuhito avec un regard lui intimant de cesser ses sarcasmes sur le champs. 

 

- Pardonnez mon incompréhension mais c’est exactement ce point qui reste un mystère entier pour moi. Continua-t-il sans prêter intérêt à son Chef, avec son sempiternel ton poli et calme. Pourquoi prendre tant de risque ? La simple inquiétude de restaurer la justice ne me semble pas dans vos habitudes. 

 

- Je pardonne et comprend ta méfiance mais je t’assure qu’elle est erronée. Ma seule motivation est le bien suprême du Village, or vos capacités nous sont primordiales. Oublie les outrages du passé et construisons l’avenir ensemble, je t’offre la possibilité de mettre tes facultés au service de Kiri plus que jamais. Tes succès en mission ne sont plus à prouver mais ce sont avant tout ta réflexion et ta facilité à raisonner calmement en toute situation qui m’intéressent. Tu as mené les troupes lors de l’attaque des Kaguya. Tu es un tacticien d’exception.  

 

- La flatterie est l’unique arme qui ne fonctionne pas sur moi, ses projectiles me sont insipide. 

 

- Sauf votre respect, Mizukage-sama. S’empressa d’ajouter le Chef du clan à la place de son subalterne.

 

- Ne t’inquiètes pas mon cher Fuyuhito, c’est exactement pour ce genre de réaction que je vous nomme au Conseil. La fourberie et la bassesse ne font pas partit de votre façon d’être. C’est ce dont Kiri a besoin. Je connais le point de vue de votre clan sur notre politique mais reste persuadé que l’alliage de l’ancienne génération à vos valeurs ne pourront qu’être profitable à notre avancé à tous. De plus cela ne pourra qu’être bénéfique aux Yutsune, tous apprendront à vous estimer et j’espère vous réconcilier au reste du Village. 

 

- On ne peut réconcilier ce qui ne s’est jamais entendu. 

 

- Arrête. Intima Fuyuhito. Pense au clan et cesse de te focaliser seulement sur le passé. 

 

- Certes, votre gloire ne pourra que croitre. Je ne suis pas votre ennemi. Pour répondre plus honnêtement à ta question… Etant un Jinchuuriki, moi mieux que personne peut comprendre votre rancœur. J’exècre l’idée de savoir un clan comme le vôtre mis à l’écart. Le caractère inné et incontrôlable de notre puissance qui effraie nous rapproche. Ma nomination prouve qu’il est possible de passer de l’ombre à la luminescence. Pour la dernière fois, je ne suis pas votre ennemi. Je ne souhaite que le bien du Village, avec votre participation aux hautes sphères de la direction de Kiri nous prouverons notre suprématie aux autres nations. Tu es un stratège hors pair, tu nous sera utile en cas de conflit. De plus je compte vous mêler aux autres Shinobi plus que jamais pour les missions, tu ne peux réfuter le fait qu’il est stupide d’un point de vue stratégique de ne pas allier vos forces aux autres comme il est d’usage. 

 

N’étant pas du genre à se donner la peine de formuler d’inutile parole, il se contenta d’acquiescer. Son épouse ne cessait de lui répéter de lâcher du leste, d’apprendre à faire confiance, sans doute devait-il suivre ce conseil et son instinct. En effet le discours de ce gamin des plus mature lui semblait sincère.  

 

- Par extension, vous pourrez également rejoindre les forces de l’Anbu. Cette exclusion est d’un ridicule affolant. Nombre de vos membres seront de précieuses recrues.

 

- Sur ce point ne vous donnez aucune peine Mizukage-sama, je puis d’avance vous assurer que vous ne recevrez aucune candidature. 

 

La commissure de sa lèvre frémit à peine suite aux mots de Fuyuhito, enfin il se décidait à répondre avec Force, Honneur et Bravoure. Avec son habituel ton courtois, il ajouta :

 

- Etonnement, il en va de même pour votre Académie.

 

- Pourtant nos résultats sont exemplaires. Répliqua le Yondaime aussi aimablement que ses interlocuteurs en dépit des sous-entendus flagrant. 

 

- L’indépendance nous sied mieux que la démence. Sans vouloir offenser vos méthodes. Rétorqua-t-il en inclinant légèrement la tête. 

 

- Ta courtoise impétuosité te sera aussi profitable qu’estimable. Je te met pourtant en garde des périls qu’engendre cette sorte d’honneur à double tranchant. 

 

Ce fut sur ces dernières paroles du Yondaime que Rin ouvrit les yeux sur la pièce obscur et celui qui avait véritablement intimé ses mots : un Madara toujours adossé au mur les bras croisés. En fait cette vision n’avait duré que l’espace d’un clignement d’œil. 

 

- Un remerciement serait offensant d’insuffisance. Souffla-t-elle.

 

Il le savait et avait complètement prévu non seulement ce Genjutsu mais également ses effets : la gamine s’embourberait dans la sympathie à son égard. Plus qu’une bribe d’effort et elle lui ferait plus confiance qu’en quiconque. Et en effet un ravissement sans borne rythmait son cœur se muant en estime pour celui qui lui avait permit de voir son père, d’entendre sa voix et de se souvenir à jamais du moindre détail de sa façon d’être. D’ailleurs elle fut  frappée de constater qu’il maniait si bien l’art de la suffisance sans pourtant la moindre once d’arrogance. Décidemment elle tenait de son oncle autant que de ses parents et en bouillonnait de fierté. En fin de compte, sans même le savoir, Rin n’avait pas vraiment fait preuve d’originalité et en était ravie. Ne craindre rien ni personne, parler avec franchise en toute circonstance en n’ayant que faire des répercutions et ne jamais tourner le dos à ce qui lui semblait juste, elle avait ça dans le sang. 

 

- Je suis ravi de pouvoir palier un tant soit peu à ton abattement, passager je l’espère. Dit-il d’une voix compatissante, éclatant de rire mentalement en louant son talent inouï. Tu auras compris que ton père n’appréciait que très peu Yagura, pourtant à mon sens il fut l’une des personnes les plus épatante d’imperturbabilité que j’ai côtoyé. Même en pleine crise politique ou combat lors des guerres, du flegme pure coulait dans ses veines. Primordial pour un Shinobi. 

 

Oui, bon, sur ce point le caractère de Rin laissait plutôt à désirer. Elle avait hérité de la fougue du côté maternelle. Quoi qu’il lui arrivait souvent de rester calme se dit-elle en tentant d’amasser quelques situations de ce genre. 

 

- Je me dois maintenant de t’éclairer sur les derniers mots de Yagura m’étant directement… Inspiré. Bien entendu je ne prédisais en aucun cas leur funeste chute. Plutôt les tensions exacerbées par la sempiternelle franchise des tiens. Vois-tu en notre monde faire preuve de noblesse d’âme est de mauvaise augure. L’honneur est périlleux dans une société régit par la fourberie. Et les effets sont traitres. Dans un premier temps leurs valeurs ont surprit les dirigeants autant que les Shinobi ou les habitants y étant peu habitués, puis s’est mué en véritable admiration. Pour la plupart. Rapidement ils sont devenus l’incarnation d’un idéal oublié. La est toute la traitrise. Atteindre le statut d’idole s’avère délicat et plus menaçant encore lorsque l’individu inspire la jalousie. Ne perdons pas de vue que l’aversion pour leur puissance innée grondait encore au fond des cœurs faible empli de crainte.

 

- Le loup commençait à menacer le bétail si je comprend bien. 

 

-  Belle conclusion, je vois que tu tiens de ton père. En effet certains dirigeants sentaient que la situation leur échappait peu à peu. Tout était bien plus pratique pour eux lorsque… Le loup restait bien sagement dans les montagnes. S’ouvrant au reste du Village, grimpant dans l’estime de chacun, les Yutsune devenaient une véritable menace a leur pouvoir. Les Shinobi les côtoyant en mission louaient leur habileté au combat et leur valeurs. Les parents zyeutaient leur Académie ou il n’y avait pas le moindre risque que leur rejetons finissent en lambeau. Bref, leur système parallèle était plus attractif que le fonctionnement propre de Kiri. Ainsi une même interrogation fourmillait dans les esprits, pourquoi donc subir la Brume Sanglante alors que de si puissant Shinobi étaient juste la, sous leur nez, prompt à ramener la sérénité ? 

 

- Sentant le glas de leur fin arriver, les Conseillers détestant de base mon clan ont commencé à tenter de les salir, en attisant à nouveau la haine à leur égard, c’est cela ? 

 

- Exactement. N’importe quel prétexte était bon pour les trainer dans la boue. Une vraie chasse aux sorcières. Sans résultat chez les Shinobi ou les habitants, plus pour les autres dirigeants par contre. Un moment, je m’en souviens bien, ils ont tentés de faire croire à leur compères réfractaires que je, enfin le Yondaime, tentait de se monter une sorte de garde personnelle avec les Yutsune pour grappiller encore plus de pouvoir. Jamais entendu telles inepties quand on sait à quel point nos relations furent houleuses. 

 

- Finalement leur tentatives furent vaines ? 

 

- Oui. Jusqu’à une certaine époque ou la plupart des réfractaires ont rejoins le camps des perfides de leur plein grès. Commençant, eux aussi, à sérieusement craindre pour leur place. 

 

- Pourquoi ?

 

- Et bien… De nombreux soupçons et rumeurs à l’égard de Yagura ont commencé à circuler. Depuis un moment déjà en fait. Son brusque changement d’attitude les avaient toujours inquiétés mais l’élément déclencheur fut un satané jour ou un Jônin revint d’un combat contre une équipe de Konoha avec un Byakugan subtilisé. S’étant emparé de ce Dôjutsu, il a aisément pu déceler que quelque chose clochait avec le Chakra de Yagura. Moi. La suspicion s’est vite muée en profonde méfiance. Le doute s’immisçait du plus haut dignitaire jusqu’au dernier des Genin : le Yondaime était sans doute manipulé. Ma chute en ce lieu a alors débuté. Impossible pourtant d’éjecter le Mizukage, ils ont donc fait de leur mieux pour m’évincer. Les Assemblées se déroulaient sans moi, les Daimyo ne me contactaient plus directement, l’Anbu ne suivait plus mes directives. Ils sont parvenus à leur fin en quelque sorte, le Yondaime brillait à nouveau de toute la splendeur de l’inutilité. 

 

- Sauf qu’entre temps mon clan s’était immiscé, faisant barrage à leur ambition cruelle.

 

- Et provoquant ainsi leur propre destruction. Murmura-t-il presque avant de reprendre d’un ton devenu grave : Kiri avait été roulé, ils ont bien sur gardé le silence de cela au niveau international, synonyme de grande faiblesse et de futur crise. Pour tous il était devenu urgent de me remplacer. Le Village avait besoin d’un sauveur. Les dirigeants comptaient nommer un des leurs mais tu comprendras évidemment que personne ne souhaitait voir un des instigateurs de la Brume Sanglante prendre le relais. Cette situation était inespérée pour les Shinobi et habitants, enfin le règne du Yondaime prendrait fin, de surcroit la Brume Sanglante s’estomperait avec lui. Pas question de continuer ainsi. Ils avaient besoin d’un Shinobi puissant certes mais d’un véritable modèle à suivre pour les extirper des ténèbres. Une icône pour leur salut. L’évidence n’a pas laissé place au moindre doute. Alors la rumeur s’est propagée comme une trainée de poudre, embrasant le désir de chacun : un Yutsune devait accéder au titre de Mizukage. 

 

Rin étouffa un cri de stupeur. Surement que si elle n’avait pas été assise, elle aurait vacillé sous le choc. Incroyable, tout bonnement incroyable. Soufflée par cette révélation inattendue, elle ne pensa même pas à crouler de fierté ou bouillonner de ravissement.

 

- Quoi ? Chuchota-t-elle, n’en revenant toujours pas. 

 

- Malgré les décennies d’aversion pour les Kekkei Genkai, en quelques années à côtoyer les Yutsune la répulsion, terreur ou jalousie furent peu à peu oubliés comme tu le sais. Regarde maintenant la Mizukage actuelle est bien porteuse de Kekkei Genkai. D’ailleurs à mon humble avis, cette cruche devrait vous en remercier. Enfin, pour moi il est évident qu’avec vos puissants dons, cela aurait du faire un moment qu’un Yutsune aurait du accéder à ce titre mais bon… Il a fallut que le chaos règne à Kiri pour que les habitants s’en rendent compte. 

 

Trop occupée à réaliser l’étendue de l’enchantement de cette nouvelle, Rin ne fit pas vraiment attention aux dires sur la Godaime. 

 

- Je ne savais absolument pas… C’est… Epoustouflant.  

 

- Normal, les Conseillers ont fait de leur mieux pour étouffer cette probable nomination en dehors du Village. Et puis ce n’est pas vraiment époustouflant puisque c’est exactement cela qui a amené le massacre. 

 

Il laissa planer un léger silence, attendant un peu que ses paroles fassent bien effet, roucoulant gaiement de fierté. Rien de mieux pour déstabiliser cette gamine que de briser la joie s’étant invitée sans sa permission un instant auparavant à son esprit. Et en effet elle réalisa l’ampleur de l’atrocité de leur fin, le destin de son clan fut brisé alors qu’il s’apprêtait à toucher le sommet. A nouveau la jeune fille sentit l’étau dans sa poitrine se resserrer, les maux s’en suivant menaçant encore son corps se remettant peu à peu.  

 

- Comme je te le disais ce fut à partir de la que la plupart des Conseillers ont souhaités les éradiquer. Eradiquer des hautes sphères d’abord, ils n’auraient pas osé penser qu’il fut possible d’anéantir un clan si puissant. Et c’est la que deux événements entre en jeux, scellant à jamais leur destin. 

 

- Le coup d’état ? 

 

- Dans un premiers temps, oui. Ca collait parfaitement au contexte vois-tu puisque tous voulaient les voir accéder au pouvoir. Sauf que les Yutsune n’avaient pas le moindre lien avec cette vaine tentative. Ils n’auraient pas agit de façon aussi brouillon à mon avis. D’ailleurs ils n’auraient jamais rien fait de tel. Je ne suis même pas sur qu’ils désiraient réellement diriger le Village. Tiens j’ai une idée ! Simplement pour le plaisir de le voir à nouveau, souhaites-tu que je partage un autre souvenir ? Court mais explicite. 

 

Il atteignait des sommets sur ce coup, à force d’osciller entre tristesse et joie, elle se fragilisait de plus en plus. Surtout - et il appréciait tout particulièrement ce surtout -  en comprenant qu’il lui apportait ces bribes d’espoir alors qu’un Village, entité qu’elle avait stupidement cru suprême, n’engendrait que le tourment. Bien entendu Rin acquiesça vivement, certaine qu’une autre vision de son père apaiserait la crise de nerf pointant le bout de son nez. 

 

- Allons-y. Chantonna-t-il presque. 

 

Comme précédemment, elle eut l’impression de fermer les yeux pour les ouvrir sur un nouveau décor et du d’ailleurs s’habituer à la vive clarté. En effet la scène se déroulait en extérieur et la neige au sol faisait le travail du soleil terré derrière d’opaque nuage en illuminant les rues. Une poignée d’individu se trouvaient juste devant l’entrée du quartier des Yutsune, un haut portique de bois déteint par les intempéries et ouvragé d’arabesque. Quatre hommes plus ou moins âgés face à Fuyuhito, une jeune femme que Rin connaissait et son père. Les années - et les tensions nous le supposons - avaient marqués de ride le visage du Chef du clan tandis que son père n’avait pas vraiment changé, telle une statue de marbre échappant aux trivialités du temps. Seule sa chevelure aux nuances toujours grisonnante avait un peu poussée, accentuant l’effet négligé des plus séduisant. Il était vêtue d’un long manteau d’un gris aux légères teintes bleutés doté d’une encolure à l’épaisse fourrure beige et grise, suivant à la perfection sa taille élancée. Son charisme n’étant plus à prouver, il se dressait devant ses deux acolytes du clan. 

 

- Il n’était même pas présent lors de l’attaque et de nombreux témoins pourront attester de sa présence au quartier, bien loin du Palais Miroitant donc. Déclara la jeune femme d’une voix glaciale. Il ne pouvait préparer d’embuscade si c’est que vous tentez d’affabuler. 

 

Rin avait son nom sur le bout de la langue et s’exaspérait fortement à ne plus s’en rappeler. Ses traits fins lui donnait un petit air enfantin tranchant avec son regard froid. Regard, d’ailleurs, d’un gris plus sombre que celui de Rin qui se souvenait de la teinte également plus foncé de son Kôrigan. En effet le Dôjutsu différait légèrement d’un individu à l’autre. Celui de la jeune fille, l’ultime restant, fut sans conteste l’un des plus nuancé comme constellé de milliers cristaux aux teintes violettes variantes, conférant au tout un ravissement certain. D’ailleurs, elle s’était déjà demandée si sa parfaite maitrise résultait, en outre de ses capacités, d’une puissance particulière et innée. Enfin, la chevelure de la jeune femme très courte sur l’arrière était aussi immaculée que celle de Fuyuhito, étant longue et attachée, pourtant les pointes de ses deux mèches plongeantes à l’avant étaient grise. Elle était célèbre pour combattre majoritairement à l’aide d’aiguille de glace avec une précision chirurgicalement fatale, ce que Haku admirait tout particulièrement et en fit d’ailleurs de même par la suite. Et également connue par la gente féminine du Village en tant que «  Celle qui est un peu trop souvent aux côtés de Satomi à mon gout » .

 

- Des témoins tous membre du clan en ce cas. Articula l’un des hommes d’une voix nasillarde. 

 

- Ses amis et sa famille. Très objectif bien sur. Enchérit un autre avec morgue.

 

- Qu’insinuez-vous ? Claqua la voix glaciale de la jeune femme avec une once de menace.

 

- Seirein. Déclara  la voix suave de son père pour lui intimer de se taire avant de continuer tout aussi calmement :  Nos chers Conseillers n’insinuent absolument rien et surtout pas la moindre accusation. Ils ne mettraient pas notre bonne foi en doute, n’est-ce pas ? 

 

- Cela va de soi. Articula le plus âgé, les dents serrées. Nous voulons simplement l’interroger, en tant que dernier épéiste de sa génération au Village, il est le seul à pouvoir nous fournir des informations sur la folle tentative de ses compagnons.

 

- Anciens compagnons. Précisa-t-elle.

 

- Seirein, va quérir Satomi je te prie. Intima encore son père dans le but évident d’éviter un esclandre. J’ai bien peur qu’il ne puisse vous être d’une grande aide, il est de notion commune qu’il ne les a jamais apprécié.

 

Les poings serrés et avec un regard mauvais pour les Conseillers la jeune femme, dont Rin fut ravie de connaitre à nouveau le prénom, s’exécuta. 

 

- De plus il condamne autant que le reste du clan cet acte dénué de raison. Ajouta Fuyuhito. La mauvaise posture du Village ne peut être réglée dans un bain de sang. A notre avis, Kiri en a déjà connu bien trop.

 

- En ce cas avez-vous une autre idée pour résoudre cette crise ? S’enquit un Conseiller d’une voix exagérément mielleuse. 

 

- Il est tout autant de notion commune que vos dons et intellect transcendant ceux des simples mortels nous seraient d’un salut utopique. Proféra un de ses comparse d’une voix transpirant le sarcasme, la bouche tordue dans une moue se voulant menaçante. 

 

- Je remercie vos louanges mais vous surestimez notre pouvoir et notre influence je le crains. Répliqua-t-il avec sa sempiternelle courtoisie en hochant la tête d’un air désolé. 

 

- Nous sommes un clan de Shinobi talentueux pour la bonne raison qu’il est de notre nature de combattre. Rien de plus. Nous serions heureux de vous aider à choisir le remplaçant idéal de Yagura. Rien de plus. Protéger le Village nous est primordial, combattre est notre essence même. Rien de plus. 

 

Suite aux mots de Fuyuhito et alors que Seirein revenait déjà au loin avec Satomi resplendissant d’une nonchalance outrageuse, le père de Rin conclut :

 

- En dépit de nos personnalités différentes, un point commun lie tout les Yutsune, je ne parle pas du sang empreint d’identiques dons mais de ce qui nous rapproche encore plus. Certains nomment cela impétuosité ou suffisance par manque de discernement. Moi j’appelle cela liberté. La liberté d’acte et de parole est un privilège réservé à l’élite me direz-vous. Je sais que, pour vous du moins, nous nous permettons cela parce que nous nous croyons intouchable. Raisonnement erroné. Même le plus faible des hommes est impossible à museler si la bravoure emplit son cœur. Ce n’est pas la puissance qui engendre cette liberté mais le courage. Les principes de base que nous insufflons aux jeunes générations sont : Force dans la lutte pour ce qui te semble juste, Honneur dans le combat et la vie, Bravoure pour protéger ce à quoi tu tiens et ne jamais craindre quiconque. Nous leur apprenons que la mort n’est pas une fin en soi, être privé de sa liberté est le véritable assassinat de l’homme. De ce fait nous agissons en fonction de ce que nous dicte notre conscience. Nous combattons pour cela. La est notre idéal, non pas dans la direction. La gloire qui découle de ce titre n’est pas aussi substantielle que la libre autonomie dont nous jouissons. Vous ne trouverez aucun Yutsune prêt à troquer son indépendance contre les entraves du pouvoir. 

 

Lorsque la jeune fille ouvrit les yeux, ils étaient déjà embué de larme. L’admiration et la fierté envers son père peu à peu étouffés par le poids de la terrible réalité : Ce fut certainement les derniers jours d’un être si extraordinaire. Pire encore elle avait vu les visages d’une poignée des monstres l’ayant condamné. Monstre ? Non. Vomissure de larve. Comment osaient-ils faire face à son père ? S’adresser à lui ? Une violente envie de retourner dans le passé pour leur arracher les yeux et leur enfoncer dans la gorge la prit brusquement. 

 

- Ces rebus… Ces déchets… Mon père leur a clairement dit que les Yutsune se foutaient tous du titre de Kage. Pourquoi…pourquoi ?

 

- Ils ont cru à une fumeuse duperie. La peur fut trop enracinée, ils ne discernaient plus rien en dehors de la crainte poignante d’être évincé. Réduire à néant la menace les hantait. De plus ton père a fait preuve, une fois de plus, de trop d’éloquence. Avec de tels discours servit aux foules, il galvaniserait d’avantage l’engouement à leur égard. Plus les Yutsune agissaient honorablement, plus la terreur et la haine grondaient chez leur opposants. Combien d’hommes ont refusé de courber l’échine et ont crié leur idéaux en sachant que cela leur couterait la vie ? Ton père est…

 

- Attendez. Le coupa-t-elle, venant de réaliser : Yagura n’était pas présent, comment avez-vous pu me montrer ce souvenir ? 

 

- Il l’était. Yagura pouvait dissimuler sa présence aussi bien que son Chakra, c’est pour cela qu’il m’était aisé de le manipuler discrètement. Je ne peux te montrer la suite, l’interrogatoire de Satomi, parce qu’il a activé le Kôrigan peu de temps après son arrivé. Fugacement, un de ses fameux coup de colère, lorsque les dirigeants se sont montrer trop insultant envers les épéistes mais je craignais qu’il recommence et détecte ma présence donc je suis partis. 

 

- Je vois. Je comprend aussi que les tensions étaient à leur comble en dépit de leur saleté de ton mielleux mais décidemment pas comment ils ont pu faire gober une telle énormité à leur compère.

 

- Honnêtement je n’en sais rien non plus, je te l’ai dis, j’étais mis à l’écart. Tout ce que je peux te montrer pour prouver qu’ils ont usé de ce prétexte c’est…

 

Sans le moindre préambule il la plongea à nouveau dans un Genjutsu. La pièce ressemblait à un cachot, dans un coin obscur se tassait une silhouette prise de convulsion pleurnichant et gémissant. 

 

- Comment ? Gronda la voix de Yagura qui n’avait plus rien de mélodieuse. 

 

Rin eut l’impression d’avoir elle-même craché cela. Elle n’était plus une invisible spectatrice mais incarnait bel et bien le Yondaime, voyait cette scène à travers ses yeux, ayant l’impression qu’elle s’accroupissait face à l’individu tremblant, pire encore, que sa main venait de tourner un Kunai déjà enfoncé dans sa jambe. Arrachant de terrible hurlement à l’homme, celui de la vision précédente à la voix nasillarde. Il était tout bonnement en charpie.

 

- Fausses… Fausses preuves. On a, on a, on a crée de toutes pièces de fausse preuves. Bredouilla-t-il entre deux sanglots.  Mais nous n’avons pas eu… De mal… à leur faire croire… Que, que… Ces chiens avaient orchestré le coup…

 

Avant qu’il ne puisse prononcer «  état » , Yagura lui attrapa la tête et l’explosa contre la paroi abrupte. Un craquement rebutant ainsi qu’une effusion de sang signifièrent que son nez venait de se briser en un paquet d’osselet. S’écroulant comme un vulgaire cadavre, il trouva tout de même la force de bafouiller, ouvrant ses lèvres ensanglantées sur une bouche ou manquait plusieurs dents :

 

- Trop tard.. Pour eux… Pour vous. Nous avons gagné. Votre chute est… Proche.  

 

Rin sentit son bras, enfin celui de Yagura, se lever doucement pour attraper sa longue arme dans son dos. Une barre d’acier. Et l’abattre avec violence sur la trachée de l’homme. Elle put sentir son bras vibrer sous la force de l’impact avec le sol. La barre avait traversée sa gorge. 

En ouvrant les yeux, elle affichait une moue répugnée, ne pouvant s’empêcher d’être révulsée par la barbarie de sa mise à mort. Pourtant bien vite la jeune fille s’en voulut d‘avoir éprouvé un semblant de pitié.  « Sois ravie, il méritait pire encore. » 

 

- Tu remarqueras que j’étais plutôt remonté. Lança-t-il comme si de rien était. 

 

- Et je vous en remercie. 

 

« Tadam ! » Se dit-il dans la foulée, bon sang comme il était facile et prévisible de s’attirer sa sympathie. 

 

- De rien. S’exclama-t-il en inclinant légèrement la tête. Avant cela, il venait de m’avouer le second élément ayant joué un rôle important dans leur décision. Ce qui fut aussi la raison de mon absence lors du massacre. Déjà que je n’étais pas au courant de leur tentative de faire passer le coup d’état de la sorte, je n’étais même pas la. 

 

- Comment ça ?

 

Bon, la il lui mentirait un peu. Rien qu’un peu. Ce n’était pas si grave d’omettre un léger détail comme le fait qu’il avait largement participé au massacre de son propre clan.  

 

- Quoi, tu ne devines pas ? Voyons cela ne t’a jamais paru étrange que ton passé ressemble tant à celui de Sasuke ? Un tel lien ne peut être fortuit. 

 

Laissant planer un bref silence, histoire qu’elle accuse le coup, il continua :

 

- Ils n’ont pas agis directement après le coup d’état bien qu’ils furent tous d’accord. D’accord pour les croire coupable. D’accord qu’ils étaient l’incarnation de la menace envers leur pouvoir. D’accord de les évincer. Pourtant il se passa un bon moment entre la fuite des épéistes et l’hécatombe. A mon avis ce n’était pas tant l’envie qui leur manquait mais le courage. Ils rêvaient de voir les Yutsune disparaitre sans oser le formuler. D’abord parce qu’ils étaient incontestablement utile pour les missions mais surtout à cause de leur puissance. Ils ont donc ravalés leur haine, cherchant une façon de les écarter à nouveau sans même oser songer à les tuer. Et c’est la que le massacre des Uchiha eut lieu. Immédiatement je me suis rendu à Konoha, désemparé.

 

Faisant une autre pause, le regard dans le vague, il afficha une mine des plus accablée. Et fondit en congratulation mentale, bon sang qu’il était doué. 

 

- Enfin bref… Lorsque j’ai interrogé ce rat à mon retour, il m’a avoué qu’en apprenant la nouvelle une joie transcendante les a plongé dans une exultation sans borne. Oui, le massacre de tant d’être fut une merveilleuse nouvelle pour eux. Cela signifiait que leur rêve n’était plus un mirage mais tenait de la réalité. Un clan si puissant que les Uchiha avait été réduit à néant de la main d’un seul homme. L’anéantissement de leur soucis à eux était donc largement probable. Mieux encore n’éveillerait pas trop l’attention, ce ne serait pas un cas isolé.

 

Se décollant du mur, il se redressa et s’avança d’un pas pour déclarer solennellement :

 

- Le massacre de mon clan inspira celui du tien.  

 

Alors la, si avec cette réplique elle ne sentait pas la profondeur de leur lien et ne l’estimerait pas, il était prêt à manger son masque. 

 

- Je suis revenu à Kiri seulement deux jours après l’hécatombe des Yutsune sans m’en douter bien sur. Pourtant je sentais que quelque chose clochait plus je m’approchais. Dès que j’ai mis un pied sur l’ile… Sais-tu ce qui m’a immédiatement frappé ? 

 

Doucement, elle fit non de la tête, le souffle et le cœur au ralentis.

 

- Une odeur atroce emplissant l’air. Celle des corps calcinés. 

 

Rin du retenir son souffle pour éviter d’hurler. Hurler de désespoir. Elle avait tout les symptômes du sanglot en dehors du plus évident, ses larmes ne coulaient toujours pas. 

 

- Peut être as-tu déjà sentis un corps brûler en mission, l’effluve est écœurante n’est-ce pas ? Alors imagine celle d’un brasier de cadavre. Ceux de ton clan et de certains membres de l’Anbu. L’émanation devait être insoutenable aux réveils des habitants. L’odeur a persisté des jours durant. Elle semblait s’être emparé du Village comme pour laisser flotter la fragrance de l’horreur. 

 

Immédiatement elle se couvrit la bouche sentant un regain de nausée. Ses tremblements avaient reprit possessions de sa carcasse. Elle du ravaler une âcre portion de bile lui brulant l’œsophage. 

 

- Je ne sais pas si les Yutsune ont eux même mis le feu pour empêcher le Village de s’emparer du Kôrigan ou si l’Anbu souhaitait effacer les preuves. Si c’est le cas, ils n’ont même pas eu la décence d’offrir une sépulture à leurs compagnons.

 

Sans trop savoir pourquoi l’image du quartier rasé lui apparut. L’allée de saule pleureur constellée de neige. Les statues de renard en marbre. Le mémorial ou les valeurs de son clan furent gravées. Les panneaux d’ébène avec les noms des disparus peint en or.  Une rage profonde résuma son être.

 

- Ils ont bâtis un putain de mémorial. Articula-t-elle au ralentis. Ils ont osé mettre un putain de mémorial. 

 

- Je sais. J’en ai entendu parler. Lorsque des Shinobi d’autres nations se rendent officiellement à Kiri, passer par le mémorial est une étape d’usage de la visite.

 

Une haine si brusque, si violente la ravagea, l’étouffant presque, qu’elle se mit à toussoter. Prise en réalité d’un ardent besoin d’hurler son effroi, sa nausée sous jacente l’en avait empêcher, provoquant une asphyxions passagère. 

 

- Je me demande si cela les a fait bouillonner de haine ou de joie. Je penche pour la seconde option. Cet ultime affront à leur mémoire a du les faire exulter. 

 

Rancœur. Aversion. Fureur. Rage. Haine. 

Rin ne se sentait plus simplement mal, ce ne fut plus que l’effroi de la vérité qui la saisissait mais un véritable tourbillon de haine. Son esprit grillait sous l’ardente exécration.  

 

- Ce fut un coup de maitre, un véritable chef d’œuvre de perfidie. Continua-t-il d’une voix plus profonde. Comme pour le coup d’état, ils ont étouffés ce mensonge, n’en pipant mot aux habitants ou autres Shinobi. Seul le Conseil les a cru coupable, se doutant ou non du bien fondé du prétexte. Jamais ils n’auraient risqué d’ébruité cette allégation. Malgré leurs fausses preuves certainement que personne n’y aurait cru. Ils se seraient alors embourbés dans leur position de tyran. Dans la même logique, ils ont eux même lancé la rumeur de mystérieux criminels en ayant après le Kôrigan. Sinon… Bonjour la guerre civile. Les Yutsune seraient devenu de véritable martyre. Alors que la, avec ce magnifique mémorial, ils ne sont devenus plus que l’ombre d’un vestige du passé. Prouvant, d’une part, que les dirigeants les estimaient puisqu’ils avaient fait honneur à leur mémoire et donc qu’ils étaient eux même estimable puis, dans un second temps, cela sous-entend que les valeurs des Yutsune n’engendrent pas de salut ni de pérennité. 

 

- En mémoire des Yutsune qui ont combattus jusqu’à la fin avec Force, Honneur et Bravoure. Articula-t-elle au ralentis tant la rage faisait trembler son être. Je comprend maintenant le vrai sens de cette phrase. Ils ont combattus l’abject tyrannie avec ces valeurs. Et c’est justement cette grandeur d’âme qui les a condamné. 

 

Sa tête sembla imploser sous l’impact de la réalité. Un désir irraisonné de détruire ce mémorial mensonger naquit en elle. Le feu nettoierait cet affront. Un brasier énorme dévorant cette souillure. Se propageant jusqu’au Village. Soudain une image apparut à son esprit. Une véritable illumination. Rin souhaita ardemment voir :

 

- Le Palais Miroitant bruler. Je veux que le Palais Miroitant soit détruit. En cendre. 

 

Se levant brusquement, les poings serrés et le regard dément, Rin sentit peu à peu la haine monter en elle telle de la lave en fusion. Une violente fureur avait déjà prit possession d’elle lorsqu’elle avait appris la mort de Haku ou celle de Guren mais rien, oh non rien, de comparable à cet instant. Rin était la haine personnifiée. 

Derrière son masque, Madara fronça les sourcils, remarquant bien évidement la brusque montée de rage chez la jeune fille. « Mince » Se dit-il seulement. Selon son plan, il devait d’abord se la jouer sympathique puis abattre les cartes de la culpabilité ensuite seulement faire naitre la fureur. Bon, il devait sauter l’étape des excuses. Tant pis, il le ferait plus tard. Ce paramètre étant primordial pour que la jeune fille lui fasse pleinement confiance. Pour l’heure, il savait exactement comment galvaniser l’exécration de la Jônin pour la transformer en désir meurtrier. Avec un sourire carnassier dissimulé derrière son masque, il fit un pas vers elle et d’une voix qui n’avait plus rien d’aimable, comme teintée de démence, il articula :

 

-  Es-tu le genre de Shinobi a lancer de vague piaillement en l’air ? Non… Non, n’est-ce pas ? Rin Yutsune, le Flocon des Sables, n’est pas de ce genre la. Le souhaites-tu réellement ? Oui n’est-ce pas ? Voir le symbole de la suprématie d’un gouvernement rongé par la bassesse bruler…. Tu le veux. Ce fut en ce lieu que la décision d’anéantir les tiens fut prise. Ils l’ont formulés. Chacun a accepté. Tremblant d’impatience et le sourire aux lèvres, chaque Conseillers a dit oui. 

 

Il fit un autre pas en sa direction et continua à voix basse :

 

- Oui, tuons-les. Oui, tuons-les. Oui, tuons-les.

 

Rin, stoïque, semblait figée dans l’horreur. Physiquement présente mais l’esprit loin, bien loin, de cette pièce glaciale. Ses yeux dans le vague semblait de ne pas le voir, elle remarquait à peine sa présence, entendant seulement ses paroles comme un bruissement fantomatique. 

 

- Comptes-tu t’arrêter à la destruction du Palais Miroitant ? Cela me semblerait affolant d’insuffisance. 

 

Doucement elle hocha la tête en signe de négation. Elle respirait à peine. Un furieux grondement lui faisait tant tourner la tête qu’elle aurait aimé se la claquer contre le mur. Plus que jamais ses entrailles se contorsionnaient, exacerbant sa nausée. Son corps entier croulait sous le brasier de la haine. 

 

- Plus aucune goutte de sang empreint du Hyôton et du Kôrigan ne devait faire battre un cœur dompté par l’honneur. Telle était leur désir. Plus aucun Yutsune ne devait se dresser face à eux. Malheureusement pour eux… Tu es la. L’unique héritière.

 

Encore un pas. Il était dangereusement proche d’elle maintenant. Il se pencha en murmurant encore «l’unique héritière » , son masque à la hauteur du visage de Rin, plantant son Sharingan dans son regard couleur de perle écarquillé d’effroi.

 

- Ces rebuts ont ordonnés à leur meute de chien assoiffé de sang de tuer jusqu’au moindre vieillard, jusqu’au moindre enfant. Par jalousie, par terreur, par vilénie. Laisseras-tu passer cette infamie ?  

 

L’image d’une horde de chien décharné, squelettique, galeux lui apparut, terrifiante de réalité. Grognant, claquant leur mâchoire, bavant. Se jetant soudainement sur un petit groupe de colombe. Les bêtes les dévorèrent. Glapissants, le sang jaillissait de leur gueule. Brusquement leur ombre prirent la forme de silhouette encapuchonnée tandis que les colombes éventrées se muèrent en cadavre du clan. Rin crut être à nouveau sous l’emprise d’atroce hallucination. Il n’en fut rien. Elle ne fit pas le lien avec le Sharingan. Cette vision était bel et bien un Genjutsu. 

 

- Toi, l’héritière d’un clan à l’histoire aussi majestueuse que leur fin fut tragique, agiras-tu ? Leur feras-tu payer l’injustice de ta vie, privée des tiens ? C’est de leur faute si tu es si seule, pire encore, tu traverses l’enfer à cause d’eux. Ils t’ont tout pris. Absolument tout. 

 

Soufflée par les ravages de ses tourments, elle ne put qu’acquiescer. Elle semblait n’être qu’une esquisse d’être humain.

 

- Que comptes-tu faire à ces ordures ? Ces déchets ayant ôté la vie de tant d’être cher. Te souviens-tu du visage des membres du clan, la joie de vivre s’y dessinant, la fierté et l’honneur guidant leur pas ? Te souviens-tu de leur sourire, de leur rire ? De l’amour qu’ils t’apportaient ? Du bonheur qui te comblait? 

 

A nouveau il la plongea dans un Genjutsu qu’elle ne soupçonna même pas. Un tourbillon de scène. Le quartier de nuit éclairé par de jolie lanterne, les familles s’agitant gaiement derrière les fenêtres de leurs maisonnées illuminées ou encore un jour de fête ou tous s’étaient réunis dans la demeure principale et tant d’autre vision de délice pure. Le flot d’image s’accéléra de plus en plus, des tas de visage rayonnant sur fond d’éclat de rire cristallin et de discussions enjouées. Et cessa subitement. Pour ne montrer qu’un petit garçon haut comme trois pommes, tellement adorable qu’il semblait irréel, tenant un lapin en peluche contre lui. Appelant timidement sa maman. Marchant de petit pas de louveteaux vers la sortie. Elle eut envie de lui hurler de rester à l’intérieur, de se cacher, d’arrêter d’appeler sa mère. Se mettant sur la pointe des pieds pour atteindre la poignée, il peina à ouvrir la porte. Papa ? Demanda-t-il d’une petite voix devant l’ombre se dressant face à lui. Dans la pénombre, seul le sourire malfaisant de l’individu fut visible. Il jeta quelque chose au sol qui roula jusque devant l’enfant, trop terrifié pour hurler. La tête de sa mère. Un instant plus tard, le lapin en peluche fut recouvert de sang, s’écrasant aux côtés du cadavre du garçonnet. 

 

- Ils auraient très bien pu refuser la mission. Tu aurais désobeis pour moins que cela n’est-ce pas ? Oui, je m’en doutais. L’Anbu mérite tout autant de gouter aux ravages de l’héritière du clan qu’ils ont envoyés dans les méandres du trépas. Surement que les Conseillers leur ont fait gober l’histoire du coup d’état. Te rends-tu comptes de l’ampleur de leur culpabilité ? Ils auraient pu dénoncer cet ordre. Ordre d’éradiquer.

 

Autre illusion : une rangée de Shinobi portant le masque de l’Anbu s’inclinant sous un tonnerre d’applaudissement des dirigeants au beau milieu des panneaux d’ébène aux inscriptions dorées. 

 

- Eradiquer. Eradiquer. Eradiquer.  Lui susurra-t-il.

 

Genjutsu suivant. Une photographie en noir et blanc du mariage de ses parents. Le clan entier étant réunit, irradiant de bonheur. Ses parents au centre semblaient être l’incarnation de la perfection angélique. Le cliché s’embrasa, les cendres virevoltèrent pour finalement sombrer dans une mare de sang. 

 

- Je peux te transmettre le nom de chaque Conseiller. Après quelques recherches je serais également en mesure de te donner ceux des assassins direct. Tu auras l’appui nécessaire pour ta quête. Si, bien sur, tu le souhaites. 

 

Se redressant, il prit le soin de détacher chaque syllabe en articulant :

 

- Tu peux leur faire connaitre l’enfer. Leur sort est entre tes mains. Désires-tu te venger ?

 

Vengeance ? Vengeance. La vengeance semblait être l’unique terme ayant encore un sens pour elle. La seule valeur tangible en ce monde. Haine ? Haine. La haine. La vengeance et la haine bouillonnaient en elle. Non. Trop tard. La vengeance et la haine l’avaient déjà consumées.

 

- La mort serait un châtiment trop doux. Déclara-t-elle enfin d’une voix d’outre tombe. Je veux qu’ils hurlent. Des hurlements déchainés. Je veux qu’ils me supplient. Je veux leur arracher toute notion de joie et d’espoir avant de leur faire connaitre la douleur. Je veux les détruire. 

 

Vous souvenez-vous du gouffre ou Rin avait faillit chuter après la mort de sa chère Sensei ?  Terrorisée à l’idée de disparaitre à jamais dans les méandres de ce gouffre, elle s’était agrippée de toutes ses forces. Sa conception de la vie, fondement de ses valeurs, avait volée en éclat. Sa raison et sa conscience formaient un brasier de haine. Impossible de se rattraper à quoi que ce soit. Elle chutait. 

«  Je veux les détruire  » Résonnait encore à son esprit. Pour l’heure l’unique être détruit fut elle-même. 

 

 

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Yzak

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 17:19

Idée de musique pour la lecture 

 

 

 

 

 

 

 

Un cadavre. Un blessé. En était-ce fini de Sasuke ? Le sang des Uchiha une fois de plus avait coulé. La vengeance avait-elle brillée ? Fratricide. Impossible de considérer le rescapé comme vainqueur. Avait-il échoué ? 

 

- Impossible. Murmura-t-elle pour son propre compte. Il n’est pas mort. Je sens qu’il n’est pas mort. 

 

- Loin de moi l’idée de t’affliger d’avantage mais sois réaliste, ton pote le miraculé n’a pas pu avoir Itachi. Sans aucun doute, il est l’un des Shinobi les plus puissant que j’ai rencontré et ce n’est pas peu dire. 

 

- Ferme la. Souffla-t-elle. Il devait le remporter, sa conviction et son devoir. Il n’a pas le droit d’avoir flanché. 

 

- En plus tu es du genre à croire que la volonté et la conviction sont les pierres angulaires de la victoire. Railla-t-il. N’as-tu donc rien retenu de l’histoire des épéistes ? Enfin… Bien que ça ne me déplairait pas de me lancer dans une autre tirade, le temps nous presse. Il ne va pas tarder. 

 

Rin n’avait même pas la force d’être furieuse contre son propre corps, lui insufflant les pires maux, et tremblant si vivement. Elle avait l’impression que son esprit, prit dans une bulle ébouillantée, n’inoculait plus le moindre ordre, comme s’il avait coupé tout lien avec sa carcasse. Impossible de le contrôler. Pourtant elle le devait. 

Fais un effort. Bouge. Cesse de trembler. Redresse toi. Oublie la douleur, la nausée, le manque d’air. Fais taire ces foutues voix dans ta tête un instant, ces hurlements fantomatiques cherchant à t’arracher la raison. Bouge. Serre les dents, ravale l’âpre bouillie de rancœur, inspire, omet l’acide semblant consumer tes muscles, expire. Tu n’es pas à l’agonie. Ta conscience flambe mais pas ton maudit squelette. Bouge. 

Péniblement sa main parvint à attraper le pommeau d’ivoire, l’agréable tiédeur se rependant instantanément comme un sédatif. Brusquement la lame se planta dans le sol. Elle s’en servirait d’appui pour se dresser. L’effort semblait surhumain. 

 

- Il t’expliquera certainement les détails. Fais lui confiance. 

 

Confiance ? Foi, loyauté, sincérité, fiabilité. Ces termes voltigeaient dans son esprit, semblant se fissurer, se désintégrer et imploser. Plus que de simple lettres collées les unes aux autres formant un vague son. Sans le moindre sens. 

 

- Gamine, ça va aller ? 

 

Son regard de pierre planté sur sa main englobant le pommeau, elle ne savait par quoi commencer. Impulsion dans les jambes ou élan de poussée dans le bras ? Dans son esprit seul résonnait les déchirants cris des siens, le gaz rongeant leur poumon, intimant des sceaux au ralentis avec terreur sans le moindre résultat. Peut être fallait-il coordonner ses gestes ? Seulement capable de sentir la chaleur de leur sang couleur le long de leur gorge. Comment ordonner à ses membres de se mouvoir déjà ? Le gargarisme s’échappant de leur trachée béante, voulant hurler leur désespoir. 

Tiens, enfin son corps semblait percuter. Vacillante comme si elle venait de se prendre la raclée du siècle, Rin parvint enfin à se hisser. Debout ou à peu près. Baissant un regard mortifié vers Fuusetsu encore plantée dans le sol, la lutte pour la récupérer lui semblait insurmontable. Un mouvement, aussi lent soit-il, et la jeune fille ne promettait pas de contenir le haut le cœur en plein anéantissement de ses entrailles. 

 

- Tu resteras surement au repaire après ses éclaircissements. Ne t’inquiètes pas, tout se passera bien. On se croisera peut être plus tard. Pour l’heure, je ne me sens pas d’humeur à rentrer. 

 

Le dos de sa main congelée lui couvrant la bouche, Rin concentra toute son énergie pour lever l’épée. Même lorsqu’enfant elle l’avait brandit pour la première fois Fuusetsu ne lui avait pas paru si lourde. Comment diable pouvait-elle combattre avec une telle enclume ? La voila rangée, enfin. Dans la foulée sa tête se mit à tourner violemment, plus qu’avant si cela était possible. Le sol semblait chavirer. Même la gravité l’avait abandonné. Elle ne parvint à distinguer si le brutal séisme faisant osciller son être n’était qu’une impression ou si elle tanguait réellement. 

Son esprit dévasté par le tourment devenait tout simplement fou, n’intimant plus le moindre ordre à sa carcasse, au contraire il y infusait les pires maux, comme s’il avait perdu le contrôle de son propre pouvoir. Elle avait beau tenter de se calmer, de se répéter que ces douleurs étaient irréelles, engendrées par sa cervelle en pleine crise de démence, Rin sentait tout de même son sang en plein ébullition, ses muscles fondre, ses os se craqueler, ses organes se tordre en tout sens. 

Elle ne parvenait à se concentrer sur rien, ni les vagues sons s’échappant de la bouche de Kisame et encore moins leur probable signification. Dans sa tête résonnaient seulement un orchestre d’éclat de rire, plus détraqué et malfaisant les uns que les autres, les gloussements tonitruant des dirigeants de ce maudit hameaux. Cette hilarité sauvage traduisait un bonheur aliéné. Le volume des ces rires gras augmentant au fil de leur décadence vers le cri bestial. Une joie cruelle les domptant, ils raillaient la mort des siens. 

Fais les taire. Chut. Fais les taire. Tu as besoin de silence. Qu’ils s’étouffent, qu’ils s’étranglent dans leur propre folie. Non, chut, arrête. Ne pense pas encore aux suffocations des tiens, s’embourbant dans le voile ensanglanté de la mort. Ta conscience est prisonnière de ton corps endoloris dont ton esprit est le geôlier pourtant elle subsiste, tremblante, terrifiée, rouée de coup mais elle est la. Va la chercher. Avant qu’elle ne se meurt. Elle agonise, dépêche toi. Vite, maudit sois-tu, pourquoi ne la trouves-tu pas ? 

La brusque envie de trancher sa propre tête lui apparut comme une évidence. Aussi soudaine que démente. Seul moyen de se libérer de ce cachot d’horreur. D’apposer ses paumes sur son buste, de transformer sa chair embrasée en glace. Implosion. Le néant semblait un éden. 

C’est l’enfer que tu mérites avec de telles pensées. Tu es ridicule. Parle, ça t’évitera de sombrer. De toute façon, tu te crois sérieusement capable de bouger le petit doigt ? Allez, parle. Répond-lui bon sang. Rassemble ce qui te reste de bon sens et enchaine les mots. Tu voulais lui dire quelque chose, tu t’en souviens n’est-ce pas ? Du fond de ton trépas mental, rappelle toi. 

 

- Merci. 

 

Il la regarda aussi surpris qu’il était possible de l’être. Pourquoi avait-elle articulé cela, se demanda la jeune fille. Certes elle s’en souvenait, elle voulait le remercier. Il lui serait plus pratique de réfléchir si son brasier intérieur daignait bien se tarir. Comment se concentrer lorsqu’elle se sentait griller sous les crépitements du tourment ? Plus complexe que l’épuisement ou le froid lors d’un combat, Rin devait passer outre elle-même. 

 

- En dépit de tout… Merci de m‘avoir appris la vérité. Finit-elle par pouvoir formuler. Tant pis pour ma réaction ou les conséquences, l’infamie faite à leur égard serait encore pire si elle était resté ignorée.  

 

- C’est ce que je me disais aussi. Tu es une Shinobi puissante, tu pourras te remettre du choc et faire face à la réalité. 

 

- Oui. 

 

Elle avait répondu instantanément et s’en félicitait franchement. Que sa démence aille se faire foutre, elle parvenait encore à avoir le dessus. 

«  Je suis Rin Yutsune, une Shinobi d’exception qui vient à bout de tout ses adversaires. Le fameux Flocon des Sables, je n’abonne jamais et je ne me laisserais pas avoir . »

 

- Mettons de côté la vérité sur l’hécatombe. Dit-il légèrement. Merci à toi de m’avoir permis d’évoquer le passé. C’était vraiment la belle époque et pas seulement avec les épéistes. Ouais, malgré tout, c’était la belle époque parce que…

 

Laissant sa phrase en suspens, il sembla perdu dans ses pensées. Peut être plongé dans ses souvenirs ? Bien entendu Rin ne pouvait se douter du dilemme le saisissant, lui brulant les lèvres de délier.

 

- Tu sais ta mère…

 

Penchant légèrement la tête l’évocation de soudaine de sa mère la surprit au plus haut point. Prête à boire ses paroles sur un probable souvenir partagé, elle attendit. Et attendit encore un peu. Lui qui était si prompt à bavarder, se perdre dans un tortillage d’hésitation ne lui ressemblait pas.

 

- Elle t’appelait toujours son Trésor. 

 

Bien sur, elle s’en était toujours souvenu, mais ne savait par contre pas que sa mère le faisait en dehors du cercle familial aussi et surtout ne saisissait pas bien pourquoi il le lui disait. La jeune fille avait une drôle d’impression, comme si cette douce parole ne lui avait pas été réellement adressé tant son regard était dans le vague. Ou peut être n’avait-il pas souhaité dire cela au fond ? 

En toile de fond de son esprit flottait déjà foule de souvenir, grappillant peu à peu ses interrogations sur ce mystérieux Nukenin, sa mère accroupie l’appelant Trésor, son père la portant sur ses épaules rythmant ses jolies récits de Trésor, son oncle riant aux éclats après une frasque de son Trésor. 

Maintenant de qui était-elle le Trésor ?

Qui lui offrirait cette amour inconditionnel ?

Personne.

Le Trésor était mort avec eux.

Et elle savait à qui en incombait la faute.

 

- Bonjour. 

 

Rin sursauta légèrement lorsque cette voix enjouée et inconnue résonna. Se tournant immédiatement, ses yeux écarquillés par la stupeur contemplèrent un individu drapée dans la cape aux rougeoyants nuages adossé contre un arbre nonchalamment. Elle ne l’avait pas sentit arriver, serait-il possible qu’il soit apparut aussi brusquement que l’autre créature ? Bon sang, comment pouvaient-ils faire cela ?! Enfin lui semblait humain, c’était déjà cela. Ou du moins elle le supposait, son visage était dissimulé derrière un masque orangé ciselé de large torsade, surplombé d’une courte chevelure noir corbeaux. Un unique trou dans cet étrange masque lui dégageait la vue de l’œil droit mais impossible de le distinguer, trop loin. Rin avait pensé trop vite, le voila qui s’approchait lentement. C’était donc lui, l’obscur personne tirant les ficelles, lui qui pourrait lui en expliquer d’avantage.

 

- Ravi de te rencontrer. Lança-t-il légèrement.

 

Sa voix était chaude, plutôt agréable, comme si son intonation suffisait à vous faire comprendre qu’il souriait derrière son masque. 

 

- Kisame, je suppose que tu lui as raconté ?

 

Ce dernier acquiesça, l’air grave, tandis que la voix suintait la sympathie. S’approchant d’avantage, il pencha légèrement la tête et continua d’un ton presque guilleret :

 

- Je vais devoir te presser, désolé, le temps nous manque. 

 

Après une fulgurante illumination plutôt incongrue, les mots échappèrent à Rin :

 

- Je suis venue avec deux autres, je ne peux pas les laisser comme ça. Ils sont… 

 

Cherchant du regard ses comparses, qu’elle avait totalement zappé depuis un moment, il lui était impossible de distinguer quoique ce soit dans l’épaisse forêt et elle n’osait pas activer le Kôrigan de crainte que le nouveau venu ne l’interprète mal.

 

- Je sais, je sais. Répondit-il jovialement. C’est gentil de ta part de t’en soucier mais ne t’en fais pas, je les ramène tout à l’heure. D’ailleurs Kisame reste ici s’il te plait, je reviens dans un instant. 

 

- D’accord. A une autre fois, gamine. 

 

Rin aurait aimé acquiescé avec un léger sourire pourtant elle en fut tout bonnement incapable. Son visage se refusa à traduire l’ordre du sourire, comme s’il avait perdu la notice d’un tel geste. Tournant à nouveau la tête vers l’individu bien proche maintenant, son cœur rata un battement. En aucun cas à cause de cette proximité ou de sa main tendue vers elle. Non. 

 

- Je te prie. 

 

Le souffle retenu sous le choc, ses yeux écarquillés fixaient l’unique trou de son masque et le voyait à la perfection. Le Sharingan. Incapable de formuler le moindre début d’interrogation tant elle fut sidérée mais pensa tout de même à baisser le regard. Et contempla sa propre main se diriger en direction de la sienne. Son bras maintenant tendu, leur paumes se touchaient presque. Rin bloqua ainsi. Entre écouter les paroles d’un membre de l’Akatsuki et carrément en suivre un autre dans les méandres de leur cloitre, il y avait un monde. L’angoisse rythma les battements de son cœur. Que s’apprêtait-elle à faire? Son instinct lui soufflait qu’il n’y avait pas le moindre risque, s’il en avait voulut à sa vie, il aurait déjà attaqué. Le problème n’était pas la.  Jusqu’à ou était-elle prête à aller pour la vérité ? Les battements de son cœur s’accélèrent encore, plus de crainte pourtant, cette sensation serait-ce de l’envie ? Peut être la démence n’avait fait qu’une bouchée de sa raison, elle en mourrait d’envie. Au point ou elle en était, que pouvait-il lui arriver de pire ? Les fondements de sa façon d’être, sa conception du monde et de ses valeurs, avaient volés en éclat, fissurant au passage son équilibre mental. Il ne pouvait rien lui dire de plus accablant. Sinon, adieu pour de bon à notre Rin Yutsune. 

Elle posa sa main tremblante sur la sienne. Avant qu’elle ne sente le contact tiède de sa peau, déjà la jeune fille se fit aspirer. 

 

Atroce sensation de se faire happer. Il lui sembla qu’un crochet s’était cloué à son estomac et la tirait violemment, la faisant tournoyer en tout sens, comme à l’intérieur d’une tornade. Elle ne distingua qu’un tourbillon bleutée. Puis crut s’écrouler.

 

Pourtant il n’en fut rien, Rin se tenait parfaitement debout. Au milieu d’une pièce sombre ou seulement la diffuse flamme d’une torche dans un coin éclairait les murs de pierre et un large lit, unique meuble. Derrière une alcôve sans porte il lui sembla que se trouvait une petite salle d’eau. En dépit du côté extrêmement rudimentaire de la chambre, le tout était impeccable comme si personne n’y avait jamais mis les pieds. 

 

- Ce n’est pas le grand confort mais, je t’en prie, met toi à ton aise. Lança-t-il joyeusement avec un vague geste de la main.  Et surtout ne t’inquiètes pas, tu n’es ni en danger ni une prisonnière. Tu pourras t’en aller dès que tu le souhaiteras. 

 

Trop occupée à éviter la ligne de mire de son Sharingan - sait-on jamais - et à maudire mentalement ce voleur de Dôjutsu malgré sa sympathie incontestable, Rin ne fit pas vraiment attention à son murmure  « Si tu le souhaites bien sur » . A moins que… Impossible. Ils avaient tous péris. Ce type ne pouvait pas être un Uchiha. N’est-ce pas ? 

 

- Pardonne-moi mais je dois te laisser seule un instant. Il faut que j’ai une brève conversation avec Kisame pour savoir ce qu’il t’a dit exactement, je ne voudrais pas être redondant ou t’affliger d’avantage en te faisant rapporter ses paroles. 

 

Rin n’en revenait pas, ce type arborait-il réellement la cape de l’Akatsuki ? Alors que sa voix, son attitude, ses paroles, bref le tout, semblaient dégouliner de bienfaisance. 

 

- Je dois également ramener…

 

- Sasuke, il est en vie n’est-ce pas ? Le coupa-t-elle brusquement. 

 

Le cœur sur le point d’exploser d’angoisse, l’infime instant avant qu’il ne lui réponde lui sembla une éternité.

 

- Oui. 

 

Un océan de soulagement la submergea. Les mains sur le cœur et avec un long soupire, elle se sentit allégée d’un poids. Il avait gagné. 

 

- Il est blessé mais rien de grave, ne t’en fais pas, il est inconscient pour l’instant. Je le ramène pour lui administrer les soins basiques et le laisser se reposer avant de… Eclairer quelques détails de son passé. Un peu comme avec toi. 

 

- Comment pourriez-vous savoir quoi que ce soit sur son passé ? A moins que… Ce Sharingan… Qui êtes-vous ? 

 

- Je te la fais courte. Déclara-t-il légèrement avant de lever les bras théâtralement pour continuer : Madara Uchiha. 

 

Bon. Très bien. Madara Uchiha, le Madara Uchiha. Le puissant des puissant ayant sa titanesque statue à la Vallée de la Mort. Madara Uchiha âgé de quoi, une bonne centaine d’année ? Bon. Très bien. C’était quoi ce délire ?  Au point ou elle en était, Rin parvenait encore à être étonnée mais plus à refuser catégoriquement l’impossible. Après tout l’humanité dans son entièreté semblait n’être qu’un risible mensonge. On pourrait lui annoncer que l’astre solaire n’était qu’un mirage qu’elle acquiescerait avec une mine surprise.

 

- Evite les questions inutiles pour l’heure. Le massacre, mon Sharingan et ma bonne foi prouvent que je dis vrai. De toute façon je pense que tu auras saisis que le monde regorge de surprise et de mystère opaque que tu es bien loin de soupçonner. Seuls les imbéciles refusent cette réalité et tu m’as l’air trop maligne pour le réfuter. En parlant de ça, dès que tu as aperçu mon Sharingan tu as immédiatement détourné le regard et d’ailleurs tu continues, reflexe des plus malin, pourtant bien futile. Voyons tu fais face à Madara Uchiha ! Tu t’imagines bien que je n’ai pas besoin de croiser le regard de mon adversaire pour l’avoir à ma merci et au delà de cela, je ne te considère pas comme mon ennemi. Alors regarde moi sans crainte. 

 

Se souvenant qu’Itachi avait prit le blondinet dans les mailles d’un Genjutsu simplement en levant un doigt, Rin réalisa qu’en effet sa réaction fut bien stupide. Certes ce n’était sans doute pas une raison de tenter le diable mais, comme nous le savons, la témérité étant son fort elle planta son regard gris dans son Sharingan, se demandant au passage pourquoi le masque n’en montrait qu’un seul. Son unique œil visible fut légèrement clos traduisant un large sourire bienveillant. Je te considère pas comme mon ennemi avait-il donc dit le sourire aux lèvres. Pourtant il aurait du. Au fond et en cet instant Rin ne le considérait en aucun cas comme son adversaire non plus. Elle qui avait tant hait l’Akatsuki. Sans vouloir influencer votre jugement, s’inquiéter sur l’intégrité du Flocon des Sables devenait de plus en plus évident. 

 

- Avant de m’absenter un instant, j’aimerais te poser une simple question. Continua-t-il légèrement. 

 

Lorsque, si soudainement qu’elle sursauta, il s’approcha. D’une proximité perturbante, Rin sentait presque la froide matière du masque frôler sa joue. Dans un murmure il articula au ralentis :

 

- Pourquoi les hommes chassent-ils les loups ? 

 

Aussi brusquement qu’il s’était approché, il s’éloigna à nouveau contre le mur et d’un geste théâtrale se mit à décompter les secondes de ses deux mains, abaissant un doigt à chaque instant sans bribe de réponse. Il fallut qu’une main s’abaisse pour que Rin ne digère cette étrange question et se mette à réfléchir. Trois doigts furent encore levés lorsqu’elle rétorqua :

 

- Parce qu’ils les considèrent comme une menace. 

 

- Précisément ! S’écria-t-il alors. Ces créatures magnifiques sont dotées par la nature de crocs et de griffes acérées doublée d’une rapidité que seule sa force n’égale, les rendant victorieux face à l’homme dans une lutte. Or il est de notion commune que l’homme craint ce qui le dépasse et finit par exécrer l’objet de ses angoisses. Le loup n’est en aucun cas dangereux, il mène tranquillement sa vie à l’écart mais son essence même, le caractère inné de sa supériorité, le rend menaçant. L’homme stigmatise donc le loup pour terrer sa propre infériorité derrière une monstruosité imaginée. Ce qui au passage est terriblement vile, savais-tu que le loup est l’une des rare espèce gardant une même compagne tout au long de son existence ? De plus il vit selon des règles exemplaires avec une hiérarchie parfaitement établie. Peu d’hommes en sont capable à mon avis. Face à ce noble animal l’homme bien plus faible a du faire preuve de ce qu’il maitrise le mieux : la perfidie. Il s’est donc servit d’arme rendant le combat peu loyal. Puis a usé du subterfuge fondamental des faibles, le mensonge. Pour convaincre les hésitants à massacrer cette somptueuse créature, qu’a-t-il prétexté ? Que le loup menaçait le bétail. Terrifié à l’idée que cet animal rendu dominant par la nature elle-même ne mette en péril ce que l’homme dirige sans peine, l’hécatombe des loups fut ordonné. 

 

Laissant un léger silence donnant de l’ampleur à sa tirade, il ajouta dans un souffle :

 

- Je te laisse méditer sur cette simple métaphore sans grande prétention.

 

Dans la foulée il disparut dans un tourbillon, comme aspiré par son propre Sharingan. Laissant la jeune fille désespérément seule. D’abord elle resta pantoise à contempler le mur de pierre comme s’il avait un quelconque intérêt, ses pensées se réveillant peu à peu. Méditer n’est-ce pas ? Tout semblait limpide pourtant. Les Yutsune étant les loups à abattre. D’une atroce limpidité. Les hommes étaient les dirigeants et le bétail, les habitants de Kiri. Le maudit gaz, les allégations de coup d’état, tout bonnement limpide. Une réalité limpide et pourtant insondable : il s’agissait d’êtres humains, de leur compagnons et connaissances, non pas d’animaux.  Était-il réellement possible que la crainte et la faiblesse les aient poussés à une telle barbarie ? L’être humain était donc vile. La pire des créatures grouillant sur cette terre. Un vague tas d’aberrantes larves frétillant sur un monceau de déjection, se délectant d’immondice. Simplement bon à éradiquer ce qui le dépasse, le somptueux, en se tortillant de toute l’immensité de sa fange pour l’étouffer. Enfin, ces êtres humains la en tout cas, ceux qui osaient se définir en tant que dirigeants. Les puissants n’étaient en définitive qu’une vomissure de larve souillant de leur morve et dévorant goulument l’éclat de noblesse de ce monde. 

De répugnant rebut rampant à écraser. 

 

Rin se recula en vacillant comme frappée par la réalité. Ses tremblement avaient beau s’être calmé, la nausée lui enserrant les entrailles s’était encore accrue par cette technique a se téléporter de la sorte. Elle se sentait mal, atrocement mal. Son clan avait été abattu comme de vulgaire chien. 

Un crissement strident résonna. Le grincement des lames raclant le sol. Un bruit métallique assourdissant, celui d’une armada tranchante avertissant le spectre de la mort que le carnage était proche, terrifiant ainsi ses victimes. 

Dans une vaine tentative de stopper ce supplice, elle plaqua ses mains sur ses oreilles. Inutile, le crissement de plus en plus fort n’était que le fruit de son imagination. 

Brusquement le son des lames en friction s’accéléra, comme si les bourreaux courraient à en perdre haleine. Insupportable. Lorsqu’il prit fin aussi soudainement qu’il était née. Pour laisser place à pire encore. Le sourd bruit des lames se plantant dans des corps jusqu’au pommeau. 

Immédiatement ses mains lui couvrirent la bouche, tentant de réprimer un haut le cœur. L’image des membres du clan affichant un regard terrifié s’imposa à son esprit, ils contemplaient avec effarement le masque de l’Anbu de Kiri tâché de leur propre sang. A la rapidité de l’éclair Rin fusa jusqu’à la salle d’eau et eut tout juste le temps de se planter devant le lavabo qu'elle vomissait déjà. Une nausée de terreur et de rancœur. Régurgitant son frugale repas de la veille au soir, bien vite sa trachée brula sous l’amère bile. L’estomac retourné par le tourment, sa nausée semblait être un calvaire sans fin. Heureusement et naturellement il finit tout de même par se tarir. Toussotant et le regard brouillé de larme de dégout, Rin fit couler un puissant ruissellement du robinet et en profita pour se rincer la bouche ainsi que s’asperger le visage. L’eau gelée l’apaisa passablement, n’ayant que faire des frissons elle continua de s’éclabousser. L’idée de s’y noyer lui traversa furtivement l’esprit.  Une fois à peu près remise de sa répugnante nausée et complètement transie de froid, elle se laissa glisser au sol. 

Sentant que de terribles hallucinations n’allaient pas tarder à reprendre possession d’elle, le peu de raison lui restant tenta de faire barrage un instant, de mettre de côté les révélations et le massacre. Sa vie avait définitivement volée en éclat. Un désastre auquel elle n’échapperait pas. Cherchant avidement un échappatoire à l’onde de tourment menaçant de s’abattre à nouveau, il lui apparut comme une évidence qu’en cet instant, recroquevillée dans la pénombre de cette pièce glaciale au beau milieu de nulle part, Rin n’avait envie que d’une seule chose. De toutes les possibilités s’offrant à elle, rien ne lui permettrait d’échapper à l’enfer aussi aisément que cela. Un unique besoin, cruciale et ardent. Une supplication presque vitale.  Gaara. 

Elle aurait voulu hurler et pleurer pour qu’il arrive. Sa présence annihilerait ses craintes, ce vide et illuminerait les ténèbres. Seule et perdue, la jeune fille avait besoin de lui. Qu’il s’accroupisse à ses côtés et plante son regard serein dans le sien terrifié. Qu’il enserre ses mains congelées et tremblantes dans les siennes. Plus que tout Rin voulait entendre sa voix si parfaite lui murmurer : Tout va bien, je suis la. Et que pour une fois, bon sang, il ose la prendre dans ses bras. Elle sentait que parfois il en mourrait d’envie mais qu’à chaque fois le foutu blocage de ses émotions terrées au fin fond de lui-même l’en empêchait. Alors que, sur ce coup, il dépasse tout cela et la blottisse au creux de ses bras, bien contre lui. Ainsi elle se sentirait protégée de tout le mal imaginable. La elle pourrait se laisser aller et sangloter, il la serrait plus fort. N’en ayant que faire d’être trempé par son flot de larme, il lui assurait que tout se passerait bien, qu’il la ramènerait et trouverait une solution mais que surtout elle devait se calmer, après tout il était la. Il lui sortirait de douce parole comme il en avait le secret, chassant pour de bon l’angoisse. Elle ne tomberait pas dans l'antre de la folie. Son unique besoin, Gaara, sa voix et son étreinte. 

Mais il n’était pas la et impossible qu’il se volatilise. Rin était seule. Condamnée à trembler et à se débrouiller sans ses paroles rassurantes. Elle en était incapable. Seule, elle avait fait face à bon nombre d’épreuve mais le poids de celle-ci était trop considérable. Elle était faible. Surtout sans sa présence réconfortante. Il est loin, bien loin d’elle et de son gouffre d’atrocité, il ne pourrait la retenir, elle chuterait. 

Et de toute façon, en imaginant que cela soit possible, jamais il ne viendrait à son secours. Certainement pas en ce lieu. Il la maudirait. Rin s’était embourbée dans un inextricable pétrin à la seconde ou sa main avait frôlée celle de l’homme masqué. Elle aurait beau le supplier de venir, de la ramener, Gaara la haïrait pour cela. Il n’y aurait pas de salut, tous la considéraient comme une traitre alors qu’elle traversait l’enfer. Coupée du monde dans cette foutue pièce gelée, il n’y avait pas le moindre échappatoire, elle devrait affronter les autres révélations et surtout les assauts de son esprit. Comme une claque, il lui apparut brutalement qu’elle n’avait ni assez de bravoure et encore moins de force pour cela. 

La déchéance de Rin Yutsune s’amorçait. 

 

 

 

De son côté Madara avançait tranquillement, le pas léger, à travers le dédale de couloir. Il jubilait. Un bonheur presque enfantin molletonnait son esprit et il du retenir une envie de siffloter gaiement. Comme cette journée était radieuse ! Il y avait longtemps qu’il n’avait pas été de si merveilleuse humeur. Tant de miraculeux événements d’une traite s’en était presque trop, quel gâchis qu’une si grande joie ne puisse pas s’étaler sur plusieurs jours. Enfin ce n’était pas mal ainsi, comme si un feux d’artifice avait éclaté subitement pour son plus grand ravissement. D’abord la rencontre avec les équipes de Konoha, ce combat avait été d’un exquis divertissement. Surtout la retrouvaille de l’hôte de Kyuubi, le chérubin qui lui avait échappé avait bien grandit et semblait prometteur. Parfait pour la distraction. Ah, qu’il aimait jouer la comédie de la sorte ! Dommage, maintenant qu’il avait dévoilé cette identité il ne pourrait plus agir ainsi, cela lui manquerait certainement. Un mal pour un bien, il avait de nouvelles attractions sous la main désormais. En premier lieu Sasuke. Tout s’était déroulé sans la moindre anicroche, le temps avait façonné ce gamin à la perfection, bouillonnant d’une vilaine haine. Lui faire avaler la vérité s’avérait surement un chouilla complexe, c’était bien le genre à se croire trop intelligent pour avoir raté pareille énormité, mais rien d’insurmontable. Il était certain de ne même pas avoir à déployer ses dons rhétorique pour le manipuler, teigneux comme il était, Sasuke foncerait de lui-même dans le panneau. Pas comme la gamine. D’ailleurs, la survivante des Yutsune face à Kisame. Oh, quelle merveilleuse surprise ! La cerise sur le gâteau. Qui aurait cru que le hasard ferait si bien les choses ? Et dire qu’il ne savait pas comment l’attraper dans ses filets, voila qu’elle s’y prenait toute seule. La partie la plus compliquée, dévoiler la vérité, était déjà faite. Pas même besoin de se fatiguer, il n’y avait plus qu’à laisser le piège se refermer. Lui retourner la cervelle. Cela s’annonçait d’un amusant ! 

Il valait mieux attendre encore un instant pour atteindre le mélange idéal entre " la laisser mariner " et " agir tant que le fer était encore chaud ". Il tressaillait d’impatience et savait exactement comment il allait jouer cette scène : feignant une gentillesse à outrance et une pudique culpabilité. Sur terre et dans les cieux, personne n’excellait mieux que lui dans l’art de la manipulation et surtout n’y prenait autant plaisir. Bon, allez. Que le spectacle commence. 

 

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Yzak

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 04:02

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

De toute son existence Kisame Hoshigaki avait déjà engendré de nombreux regards épouvantés. Par sa simple apparence, de la part de ses victimes ou de ses compagnons avant de les achever. La plupart des ces visages, il les avait oublié, bien que parfois certain lui apparaissaient en songe. Il avait pris l’habitude de passer outre ces regards depuis le temps, en ayant vu tant. Pourtant en cet instant il su que jamais il ne pourrait oublier cette expression épouvantée. Celle du trésor. Elle ressemblait tant à sa mère qu’il lui était insoutenable de la voir ainsi. Il n’avait encore rien ajouté depuis qu’elle avait acquiescé, prête à entendre la vérité. Il avait prévu de lui répéter la même phrase que précédemment mais comprit que cela serait inutile. Rin semblait avoir saisit qu’il lui avait déjà appris la vérité. Brusquement ses épaules s’étaient mise à trembler, comme si sa prise de conscience avait eu l’effet d’un séisme intérieur. Son thorax semblait prit de crampe tant il se démenait à la faire respirer, épreuve s’avérant complexe, de sa bouche entre ouverte s’échappait un souffle saccadé. Comme un poisson hors de l’eau. Elle avait levé un regard bouleversant vers lui. Embué de larme. Il n’avait jamais vu sa mère ainsi, son regard constamment pétillant, et espérait de tout son être qu’aucune larme ne coulerait. Il ne voulait pas voir son calque sangloter. Silencieux, il l’avait regardé lutter pour respirer et rester debout. Il avait l’impression d’assister à la scène bien rodée de l’agonie de ses adversaires, lors de l’infime instant ou leur organisme combattait pour survivre, tentative aussi vaine que stupide, juste avant qu’ils ne s’écroulent. Il n’arrivait pas bien à savoir ce qu’il éprouvait, seulement certain de se trouver pathétique. Atterré d’être touché de la sorte. Peut être qu’après tout, il lui restait une particule d’humanité éveillée par le Trésor. Malgré cela, il ne regretta pas le moindre mot. Il fallait qu’elle sache. Pour sa mémoire à elle. Que l’infamie faite à son égard ne reste plus dans l’ombre. Ses yeux se posèrent sur la fine main de Rin, prise de tremblement comme la moindre partie de son corps, qui se dirigeait tant bien que mal sur son cœur. Peut être souffrait-elle. Physiquement. Les tourments de l’esprit infligeaient les pires supplice, il s’en souvenait. Il se demanda si elle parvenait à trouver les termes pour décrire cette torture en ayant été incapable lui. Un court instant, Rin ferma les yeux, emprisonnant une nuée de perle dans ses cils, larmes ne coulant heureusement pas. Surement tentait-elle de se calmer. Il se douta alors de la calamité de pensée qui la ravageait, elle avait du tenter de se convaincre qu’une telle atrocité n’avait pas eut lieu, signifiant que sa vision du monde partirait en fumée, lorsqu’elle murmura :

 

- Impossible, c’est impossible.   

 

N’ayant jamais eu l’esprit pollué par des valeurs telle que la confiance en son Village, il peinait grandement à comprendre les tourments de la jeune fille. Il ne voyait pas comment le lui faire réaliser sans être trop abrupte lorsque l’idée lui apparut, après un vague regard vers le pommeau d’ivoire. 

 

- Pourquoi Satomi t’a emmené avec lui selon toi ? S’enfuir de la sorte n’était pas son genre. 

 

- Ma mère le lui avait ordonné. Articula t-elle, cette réponse d’une logique un peu simpliste étant largement pardonné par son état. Je me souviens de son tendre sourire quand elle m’a fait signe de déguerpir. 

 

Se joignant quelque peu à ses tourments, il eut l’impression qu’on clouait son cœur. Comme pour lui, elle s’était forcée à sourire. Et combien ce sourire avait du lui pénible, tellement plus douloureux. Il ne pouvait s’imaginer la souffrance que cette ange avait du éprouver en abandonnant son Trésor. Son splendide regard avait contemplé son Trésor lui être arraché à jamais, avant de se tourner vers les cadavres de ses proches sachant que le sien les rejoindrait sous peu. Ravalant sa douleur à l’idée que les derniers instants de la pureté incarnée qu’elle était furent si funeste, il fit de son mieux pour continuer d’un ton neutre :

 

- Aux quatre coins des Nations, tout le monde a spéculé sur de mystérieux ennemis voulant s’emparer du Kôrigan. Tu en as donc déduit, avec raison, qu’ils voulaient te sauver. Te protéger en t’emmenant loin de cette hécatombe. Trouver asile dans le Pays le plus improbable pour que ces énigmatiques criminels ne te retrouvent jamais. Ce plan ne t’a jamais paru d’une complexité exagérée ? Pourquoi vouloir s’enfuir si loin ? Par crainte que Kiri ne puisse vous protéger, après tout c’est vrai, leur défense furent aisément déjouées par ces obscurs agresseurs. D’ailleurs une autre ombre de perplexité s’abat sur ce récit cousu de fil blanc, comment autant d’hommes ont pu s’introduire sans que personne ne donne l’alarme dans le Village le mieux gardé de tous ? Enfin restons sur la trame principale. Même s’ils sont parvenus à s’infiltrer sans mal et à décimer la majorité d’un clan réputé, une armée de Shinobi bien entrainée par les conflits antérieurs aurait certainement pu en venir à bout tu ne crois pas? Surtout que les Yutsune en avaient déjà anéantit une partie. Alors pourquoi Satomi aurait eu la folie de sortir seul du Village, des ennemis à ses trousses, avec l’idée de traverser tant de Nation ? L’évidence aurait été de te mettre à l’abris auprès des dirigeants et de courir porter secours au clan. Peut être craignaient-ils des représailles ? Que les acolytes de ces ennemis te poursuivent tout au long de ta vie, en ce cas il valait mieux d’emmener loin de tout ça, au risque de mourir en chemin. Puis survivre en secret, en se terrant, déracinés, oubliant le massacre, rayant un trait bien net sur le passé et l’honneur. Cela ne me semble pas très plausible connaissant Satomi. Par contre rester sur vos terres d’origines, certain d’être à l‘abris, avec peut être d’autre membre également sauvé et éradiquer la menace avec l’aide du Village serait plus raisonnable. A moins que cette menace ne soit pas extérieur. Le seul moyen de te protéger alors était de t’éloigner des assassins. De Kiri. 

 

Il fit une légère pause dans sa tirade pour vérifier qu’elle respirait encore. On aurait dit qu’elle était en apnée depuis la première phrase. Percevant un léger mouvement de son thorax, il continua :

 

- Tout semblerait alors s’illuminer. Impossible de t’emmener auprès des instigateurs de cette hécatombe, les dirigeants. Aucun membre n’avait tenté d’aller quémander de l’aide aux Village, personne n’aurait été envoyé. Pas la moindre équipe ne serait formée pour vous protéger par la suite, plutôt pour achever le travail. Les assassins n’avaient pas eut du mal à pénétrer dans l’enceinte de Kiri, ils y étaient déjà. 

 

Ses suffocations reprirent plus violemment que jamais. Vissée dans le sol par une force invisible, son corps entier semblait bloqué dans un étau tant il n’esquissait pas l’ombre d’un frissonnement. Seuls ses halètements étranglés prouvaient qu’elle n’était pas une statue de porcelaine, sculptée avec une expression d’horreur figée. 

 

- Prit au piège, Satomi n’avait eu d’autre alternative que s’enfuir. Non seulement le plus loin possible mais surtout la ou le duo du Gel Ardent connaissaient des Shinobi susceptible de leur venir en aide suite aux hasards du destin. A mon avis il comptait dénoncer le Pays de la Brume, cela va de soi. Puisqu’il n’en fut rien, je suppose qu’il a du être blessé en chemin et que sa célèbre fougue la maintenue en vie juste assez longtemps pour t’amener en lieu sur.  Lueur de chance dans leur ténèbres, personne n’aurait jamais eut l’idée de trouver une détentrice du Hyôton à Suna. Et en mémoire de leur amitié, ils t’ont acceptés. Récoltant au passage un paquet d’ennui et de probable conflit avec Kiri mais problème, à mon avis, bien vite oublié au vu du sacré potentiel d’une Yutsune. C’est connu, le Yondaime Kazekage n’accordait de l’importance qu’aux choses de valeur. L’équation a du être simple, soustraire une discorde avec un Village qu’ils n’ont jamais pu encadrés à d’incroyable possibilité avec de tels Kekkei Genkai et se retrouver un résultat positif. 

 

D’abord il ne comprit pas pourquoi la jeune fille avait lutté contre sa sorte asphyxie, qui d’ailleurs le rendait plutôt mal à l’aise, pour sortir ces mots passablement dénué de lien avec le sujet principal et non des moindres qu’était cette vérité irréfutable. Puis, en remarquant que sa respiration s’était un peu calmé, il réalisa qu’il devait lui être tout bonnement impossible de formuler quoi que ce soit sur ce point. Surement que sa prise de conscience était encore trop violente pour qu’elle puisse en parler. Puisqu’elle était tant attachée à la notion de Village, cela signifiait que Suna était inestimable à ses yeux, ainsi son évocation avait agit comme une véritable bouffée d’air. Un lien la rattachant à la réalité dans cet oppressant brouillard obscurcissant brusquement sa conception du monde. Comme si s’épancher sur ses souvenirs lui permettait de ne pas perdre totalement l’esprit, de s’assurer que sa vie n’était pas qu’un atroce artifice. Oui, Kisame réalisa cela lorsqu’elle bredouilla d’une petite voix  :

 

- Normalement ils n’auraient pas du avoir d’ennui à cause de cela. J’étais cachée et devait le rester. J’étais… Sous le choc en arrivant, je ne m’en rappelais pas mais un ancien me l’a rapporté, les seuls mots que Satomi a pu prononcer furent que je ne devais pas être découverte. D’ailleurs je ne me souvenais de plus rien, rien du tout. Alors ça a facilité les choses. Jusqu’à ce mon Hyôton se déclenche. Ils ne pouvaient plus agir comme si de rien était et ils m’ont demandés… J’ai dis oui. Pour devenir une Shinobi. 

 

- Hm… Cela corrobore ce que je te dis. Le seul moyen de te protéger était de t’éloigner le plus de Kiri en te permettant d’avoir une vie à l’écart du monde des Shinobi. Dans l’esprit de Satomi seul l’anonymat te sauverait puisqu’il ne s’agissait pas de simple criminels en ayant après ton Dôjutsu mais d’un Village qui mettrait tout en œuvre pour anéantir la lignée des Yutsune. Enfin à mon avis même si ton affinité ne s’était pas montrée, le Yondaime aurait finit par craquer et te sortir de l’ombre. Ca m’étonne fortement qu’il ait respecté la dernière volonté de Satomi et patienté. D’ailleurs, cela m’intrigue, que lui est-il arrivé au juste ? 

 

Anéantir la lignée des Yutsune. Peut être n’aurait-il pas du employer ces termes. Rin, qui semblait se calmer à la pensée de son foyer, son petit bout de paradis existant bel et bien loin de l‘atrocité dans laquelle elle était plongée, s’était immédiatement pétrifiée. Comme si elle venait de réaliser le fossé entre la réalité et ce qu’elle avait toujours cru. Des conflits entre Nation, des infiltrations de Village, des combats pour s’emparer de Dôjutsu, il y en avait depuis la nuit des temps. Surement y avait-elle déjà eu à faire. Ca rentrait dans l’ordre des choses, compréhensible et presque naturel. Rien avoir avec une volonté crue d’éradiquer un clan. Pas de politique, de soif de pouvoir dissimulé, seulement l’envie de le faire disparaitre de la surface de la terre. De la cruauté, sanguinaire, bestiale. Cette notion inconcevable devait lui déchirer l’âme. Il ne su pas si ce fut le fruit de son imagination mais il lui sembla entendre le furieux tapage que faisait son cœur, l’effroi battant ses tempes au rythme de son sang. Sans doute extrapolait-il cela rien quand voyant son expression horrifiée. Le regard dans le vide se perlant à nouveau de larme qui s’étaient pourtant taris, elle souffla sans en avoir vraiment conscience :

 

- Un kunai, blessant à peine la chair mais empoisonné. A Suna user de poison est d’usage courant, ils auraient pu le guérir aisément s’il était venu plus tôt, sauf que nous n’étions qu’à la lisière de Kiri lorsque ça s’est produit. 

 

Kisame ne put retenir un grognement offusqué. Bien que son arrogance l’irritait souvent - et, avouons-le, le faisait rire la plupart du temps - l’idée que le fier Satomi ai périt à cause d’un simple kunai ne lui plaisait guère. Les rares personnes pour qui il éprouvait une sorte de respect étaient ses feus acolytes épéistes, tous avaient connus des morts indigne de leur rang, cela le révulsait. 

 

- Même s’il avait combattu avant, j’ai du mal à croire qu’il ai pu se faire avoir de la sorte. Surtout en ralentissant ses adversaires et étant si vif, il aurait du l’esquiver sans problème. Un kunai, c'est impossible. A moins que… Oui, ça me parait probable. 

 

Ce souvenir s’était imposé de lui-même. Déboussolé, il remarqua à peine le regard interrogateur de Rin qui se tournait vers lui. 

 

- Jamais je n’aurais cru… 

 

- Quoi ? Lança-t-elle d’un  voix plus aigue que d’ordinaire.

 

Cette sorte de glapissement, semblant lui avoir échappé, le sortit de ses pensées. Immédiatement il sentit un pic d’irritation monter en lui à la vue de la jeune fille, les mains posées sur le cœur et les yeux brillant d’espoir. Comme si elle s’attendait à ce qu’il lâche un raisonnement mirobolant contredisant l’évidence qu’il se tuait à lui faire intégrer. Que Rin puisse encore se laisser aller à des stupidités comme espérer un brusque changement d’avis l’exaspérait. Il n’avait jamais aimé les optimistes dans son genre. Des billes de naïveté à la place de la cervelle. L’envie de lui écraser pour de bon toute trace d’illusion avec une réplique acerbe lui brula les lèvres. Pourquoi en ce cas il n’en fit rien? Et puis, que diable était cette gêne s’épinglant à son cœur ?  Nous nous retiendrons bien de lui faire remarquer que cela se nommait de la peine, surement qu’il n’apprécierait pas franchement cette folle présomption. 

 

- Leur acte fut encore plus lâche que ce que je pensais. Dit-il alors, faisant comme s’il n’avait rien entendu. Déjà attaquer de nuit en traitre était bien abject mais ça ! 

 

- Comment pourrait-ce être plus infâme ? Répondit-elle presque dans un murmure, déçue étant un large euphémisme. 

 

- Kushimaru, l’épéiste doté de Nuibari, faisait parti de l’Anbu. Il a quitté sa place quelques temps avant notre tentative de renverser le Mizukage mais était encore présent lorsque la Section de Recherche se lança dans un projet censé les rendre invulnérable. La création d’un gaz incolore, indolore et inodore, indétectable en somme. Ils y sont parvenus. Ne dégageant pas la moindre fragrance, l’émanation se mêlait parfaitement à l’atmosphère, tu inhalais tranquillement ton arrêt de mort. Fort de leur succès, ils ont équipés les masques de l’Anbu de filtre pour qu’ils puissent l’utiliser sans problème. Etrangement personne de la Section de Recherche n’a ébruité l’affaire, ils auraient pourtant du être fier d’un tel exploit, mais rien. Ce silence fit naitre des soupçons chez Kushimaru.  Ainsi il a refusé de s’en servir, son orgueil y jouant aussi un rôle, il estimait n'en avoir pas besoin. Il m’a parlé de ce gaz peu après sa mise à l’effet. Même au Village, il gardait fréquemment son masque, je me souviens que ce jour la il l’a ôté. Promptement, le fil tranchant de Nuibari s’est entouré autour de Samehada, j’ai cru qu’il avait définitivement perdu l’esprit et qu’il m’attaquait mais en fait il m’a dit… Toutes deux ont connues le même affront, souillées par le sang de leurs compagnons. Il revenait d’une mission ou deux de ses acolytes avaient usé du fameux gaz et d’atroces hallucinations ont dévorées leur esprit, transformant n’importe quel être en ennemi. Cela expliquait cette étrange discrétion, malgré le filtre, l’émanation était trop puissante. Aucune protection ne fut suffisante et l’utilisateur en éprouvait les dommages collatéraux, finissant par être plongé dans la folie. Les dirigeants n’ont eu d’autre choix que de l’interdire, ce fut un échec cuisant. Pourtant je suis certain qu’ils ont transgressés leur propre règle en ordonnant son utilisation contre les Yutsune. L’aisance avec laquelle ils furent anéantit m’a toujours troublé, je comprend maintenant. 

 

Kisame avait un jour entendu dire que le Flocon des Sables attaquait constamment de front. Se montrant à ses victimes alors qu’il lui aurait été bien plus commode de se servir du Dôjutsu à l’abris. Non pas qu’il s’intéressait de loin à la vie du Trésor, ah ça certainement pas, il connaissait simplement des personnes monneyant ce genre d'information et la conversation déviait en sens parfois, sans l’avoir souhaité cela va de soi. Enfin, de la mine révulsée qu’affichait Rin il déduit avec raison qu’elle n’appréciait pas cette sorte de façon de faire, même pas une attaque à ses yeux, ne contenant pas la moindre gouttelette d’honneur.  

 

- Tu n’as pas parlé des ses effets. 

 

- Lente paralysie. Ironiquement inspiré du Kôrigan. D’abord les mouvements ralentis, puis les membres qui ne répondent plus. Plus tu inhales, plus ton système nerveux est touché. Et pas seulement, le flux de Chakra est également attaqué, comme s’il était rongé à petit feu. Rapidement il devient pénible de lancer le moindre Jutsu puis quasiment impossible. 

 

Elle était trop jeune pour sentir son Chakra affecté de la sorte et surement gouvernée par une terreur sans nom, l’ankylosant déjà bien assez pour avoir remarqué quoi que ce soit. 

 

- Ils ne leur ont même pas laissés la simple dignité…  Souffla-t-elle péniblement. De se battre loyalement. 

 

Lentement son regard couleur de perle se leva vers le ciel. Immobile, elle contempla la bleutée étendue, seulement striée de nuage filiforme par endroit. D’abord il crut à une tentative d’empêcher ses larmes de couler, bien sur que non, ses perles de tourments se contentaient de voiler ses yeux depuis ses premiers mots. Rin n’avait donc pas besoin d’incliner la tête pour entraver ce maudit processus, pas le moindre signe de sanglot à l’horizon. Dans l’esprit de Kisame pleurer était synonyme de chagrin, lui-même équivalent de faiblesse. Il réalisa qu’il en allait de même pour elle, ce n’était ni une volonté de fer ou un manque de sensibilité qui étouffaient une envie de fondre en larme, non, pour la jeune fille il aurait été insultant de pleurer en cet instant, signifiant alors que ces paroles l’attristaient. Or la tristesse n’était qu’une risible émotion en comparaison de l’ardent brasier la détruisant.   

 

- Les exécuteurs de cet ordre, ces lâches… Assassins aux mains souillés du sang des miens… Ce fut donc l’Anbu ? 

 

Toujours incapable de prendre une voix audible, elle avait soufflé cela dans un murmure en suivant la lente avancée d’un nuage effilé du regard. Pour Kisame ce foutu ciel était tout aussi banale que d’ordinaire, que pouvait-elle bien y trouver d’intéressant ?  Peut être qu’après s’être imaginé la terreur des siens engendrée par les sensations crées par ce gaz, Rin avait eu l’impression d’en éprouver les effets secondaires, que son esprit se scindait en un millier de morceaux. Cette gamine était bien assez étrange pour trouver que cette vue était apaisante, surement qu’elle tentait de ralentir une implosion mentale de la sorte. 

 

- Oui. Je le sais depuis longtemps, c’est pour cette raison que j’ai pensé à ce gaz. A mon avis ils n’ont pas du être affectés par ces effets néfastes, ce fut la première fois qu’ils en usaient pour la plupart. Les dirigeants ont expressément sélectionnés ceux qui tiendraient le coup je pense. 

 

Il lui sembla qu’elle n’avait pas écouté un traitre mot de ce qu’il venait de dire lorsque sa bouche s’ouvrit, laissant échapper sans qu’elle ne le remarque vraiment :

 

- Mon rêve était d’intégrer l’Anbu. Depuis mes dix ans je parle à Fuusetsu comme s’il s’agissait de ma famille, dès lors je leur ai conté à quel point je désirais porter le masque de l’Anbu. Dans mon souvenir les agresseurs n’étaient que de vagues ombres, des silhouettes vêtues de longue cape noire glissant dans la pénombre mais eux, ils les ont combattus, ils l’ont vu… Ce masque. La dernière image gravée dans leur esprit fut le masque de l’Anbu de leur propre Village. 

 

Immédiatement ses mains tremblantes lui couvrirent la bouche, comme si elle venait de prononcer l’irréparable. Ses paroles empoisonnées venaient de la contaminer à jamais, l’infectant pour de bon du venin de l‘aliénation. Croulant sous le poids de l’épouvante, elle tomba à genoux. Ses tremblements et halètement plus incontrôlable que jamais, Rin semblait en pleine crise de nerf.  Et encore il ne pouvait se doutait que ces atrocités la déchiquetait au plus profond d’elle-même, broyait les entrailles, lui donnant la nausée.

«  Rin est adorable, elle part dans de franc éclat de rire pour un rien et nous avons rarement besoin de la réprimander, la plupart des enfants font des histoires pour aller se coucher par exemple, aucun soucis pour nous, parfois elle disparait et nous la retrouvons endormie tranquillement. Rin est un véritable Trésor.»  Il ne sut pas bien pourquoi ses paroles, qui ne lui avaient d’ailleurs pas été adressées, lui revinrent à l’esprit. Comme elle aurait été accablée de voir son trésor de perfection de la sorte. Rin ne partiraient plus dans de franc éclat de rire et craindrait surement son propre sommeil qui ne sera que l’écho de ses sombres pensées à travers d’atroce songe. Le Trésor était détruit. La sotte idée de faire quelque chose - une parole, un geste - pour la calmer un tant soit peu le saisit brusquement. Sa mère l’aurait maudit d’avoir fait cela à son Trésor. Pourtant il n’esquissa pas le moindre mouvement. Et se retint même de lui hurler de cesser sur le champs ces simagrées, certainement pas une bonne façon de réagir.  

 

- Pourquoi ? Articula-t-elle d’une petite voix étranglée. 

 

Ravit de s’épancher plutôt que de penser, il se lança :

 

- Je ne suis surement pas le plus à même de te conter la raison. Par contre je peux t’expliquer mieux que quiconque le… Foutu prétexte qu’ils ont servit à leur compères. 

 

Elle leva un regard interrogateur, il nota alors à quel point son visage devenait de plus en plus pâle. A la limite du cadavérique. 

 

- Tu te doutes bien qu’ils n’avaient rien fait et que, malgré leur cuisante folie, les dirigeants avaient besoin d’un motif. Depuis que les Yutsune se mêlaient plus aux habitants et qu’ils avaient intégrés le Conseil, nombreux sont ceux qui ont appris à les connaitre et les apprécier. Dont les autres Conseillers, évidemment. En dépit de leur jalousie ravalée et de leur aversion sous-jacente, la majorité des dirigeants semblaient les estimer. Sauf une poignée, impossible de faire taire leur révulsion. Ils ont d’abord tentés de les discréditer en agissant aussi sournoisement que possible. Ces perfides cancrelats ont peu à peu pollués l’esprit de leur compères du Conseil. Suffisant à attiser les tensions mais surement pas à engendrer une telle infamie.  Et c’est la ou nous entrons en jeux, nous, les épéistes. 

 

- Le coup d’état. Lâcha-t-elle dans un souffle. 

 

- Pas si bête quand tu veux. 

 

- Aucun membre n’avait de lien avec…

 

- Prétexte, tu sais ce que ça signifie ? La coupa-t-il. Une excuse qui permet de faire quelque chose. Ils se fichaient bien de savoir si ce fut la vérité ou non, tant que cela paraissait plausible. Cette opportunité tombait à la perfection. Ils n’avaient plus qu’à convaincre les indécis que les Yutsune avaient tout orchestré dans l’ombre.  

 

- J’avais bien compris merci, mais comment ont-ils pu faire avaler une énormité pareille ? Satomi n’y avait même  pas participé. 

 

- D’ailleurs, en connais-tu la raison ? 

 

Bien que sur que non, elle n’en savait rien, il attendit tout de même qu’elle hoche la tête en signe de négation pour l’effet dramatique de sa tirade avant de se lancer :

 

- Ce ne fut pas un événement en particulier qui motiva cette opération, plutôt un trop plein. Nous en avions assez de ces dirigeants qui considéraient les Shinobi comme de la viande juste bonne à assouvir leurs ambitions. Sur aucune autre épée légendaire de plus ne devait goutteler le sang de nos compagnons et depuis longtemps nous ne supportions plus de voir des enfants assassiner leur proche pour arborer ce maudit bandeau. Nous voulions soulever à jamais le voile de la Brume Sanglante. Satomi fut le dernier à être mit au courant de notre plan, attaquer lors d’un Conseil ou tous seraient réunit. Bien entendu nous connaissions les dirigeants véreux et ne comptions nous occuper que de ceux la avec en priorité absolue de décrocher la tête du Mizukage. Enfin, nous savions pertinemment qu’il s’agissait des Shinobi les plus aguerris et que l’Anbu ne tarderait pas à intervenir mais nous sentions que notre haine à l’encontre de ce gouvernement nous rendrait invincible. Lorsque nous lui en avons parlé, il est resté longuement de marbre avant de refuser catégoriquement. Il n’avait décidément jamais les réactions aux quelles nous nous attendions ! Avec ses foutues valeurs, nous pensions qu’il serait le plus hardis d’entre nous. Immédiatement Jinpachi s’est jeté sur lui, l’attaquant tout en l’insultant de tout les noms. Satomi se défendait à peine et ce fut Ringo qui parvint à stopper Jinpachi, elle était pourtant tout aussi remontée contre ton oncle. Zabuza lui a alors intimé de s’expliquer, lui qui se vantait d’être la personnification du courage. Calmement il a déclaré que ce refus demandait plus de bravoure que nous ne le pensions puisque, brulant d’envie de se joindre à nous, il avait du aller à l’encontre même de son désir. Cette décision de nous abandonner, il la prenait à contre cœur, c’était son devoir. Si cette tentative plus que risquée échouait, les répercussions seraient terrible, il craignait pour le clan. Deux membres siégeaient au Conseil, ils risqueraient de perdre leur place ainsi que le mérite que les Yutsune avaient fini par acquérir. Satomi n’était pas dupe, il se doutait bien des tensions à leur égard. Autant de ne pas enflammer les braises. Nous autres n’avions pas de famille ou de proche, nous nous fichions bien des conséquences en cas d’échec. Satomi, lui, ne pouvait se permettre de vous mettre en danger en vous laissant assumer ses erreurs. Il se foutait autant que nous de perdre la vie mais impossible de laisser le déshonneur s’abattre sur le clan. 

 

Kisame ne put empêcher un fin grommèlement, une sorte de rire sardonique en fait. 

 

- Comme le destin se montre facétieux. La belle ironie du sort. Il a refusé pour vous éviter le moindre petit ennui alors que quoi qu’il eut décidé, l’avenir était plié. Ces chiens se sont jetés sur l’occasion… Enfin je m’égare. Après ces explications, nous avons finit par comprendre et accepter son choix. Il nous a tout de même promis qu’en cas de problème, nous pourrions nous échapper du Village grâce au passage secret du clan. L’histoire connait la suite des événements… 

 

Un instant il sembla perdu dans la bulle de sa mémoire. Les images du jour ou sa vie, et celle de tant d’autre par extension, avait basculé. Cri. Sang. Haine pur. Incapacité. Blessure. Obligation de fuir. 

 

- Sans ta mère et Satomi, nous serions probablement morts. Personne n'était au courant de l’existence de ce passage, nous étions d’ailleurs bien choqué de l’apprendre, de ce fait les dirigeants n’ont pas pu se douter que des Yutsune nous avaient aidés. Leur prétexte ordurier ne fut qu’un vile tissu de mensonge. 

 

En toile de fond de ses souvenirs de l’attaque trônait sa dernière image de Kiri, son sourire à elle. 

 

- Après cet échec cuisant, nous sommes restés un moment ensemble. La honte d’avoir raté et surtout de s’être enfuit lâchement nous détruisait à petit feu. De jour en jour, je sentais leur raison s’étioler. Nous étions devenus des moins que rien, déserteur d’un Village à l’agonie que nous voulions pourtant guérir de sa propre folie. La vie dans son entièreté nous devenait insoutenable, de nos semblables jusqu’à nos reflets. Kushimaru fut le premier à nous quitter, volatilisé dans la nature. Sa démence fut son pire ennemi et aura certainement eut raison de lui. Nous nous sommes séparés peu après son départ. Jinpachi et Jinin sont partis ensemble, connaissant leur cruel carence au combat en équipe, encore exacerbé par leur état d’esprit, ça ne m’étonnerait pas qu’ils se soient entre tués sans même le vouloir. Ringo souffrait d’un mal incurable, de toute façon elle n’aurait jamais atteint un âge avancé, mais notre fuite lui a annihilé toute force de combattre sa maladie et le chagrin engendré par la mort de Satomi a accéléré le processus. La fin de Zabuza, tu la connais. Et celle de Kisame Hoshigaki n’est pas encore écrite. 

 

- Tout cela est tellement… Injuste. Vous ne méritiez pas ce sort.

 

- Bien plus que ton clan méritait le sien. 

 

- Des criminels, même les plus vils, j’aurais pu y faire face mais ça… Une impitoyable trahison par sa propre Nation... De la pire façon… Ce gaz abject, les empêchant de combattre véritablement et ce mensonge indigne. De la pure barbarie. 

 

Toujours agenouillée et prise de sa pathétique crise, former des phrases entière semblait un véritable sacerdoce. La tête baissée, il ne pouvait voir son visage de plus en plus creusé par le venin s’épanchant en elle, ses traits tirés par la lutte contre la nausée traduisant les maux lui déchiquetant l’esprit. 

 

- Pourquoi, pourquoi, pourquoi. 

 

Dans un murmure, Rin avait répété cela. Rien au monde ne semblait mériter un telle fin pour des innocents à ses yeux. Et elle avait bien raison. 

 

- Je te l’ai dis, je ne suis pas le plus à même de t’expliquer. Si cela est explicable. 

 

Depuis le début de cette conversation, plutôt un monologue au vue de sa loque d’interlocutrice d’ailleurs, Kisame hésitait. Devait-il ? Valait-il mieux en rester la ? La laisser dans l’ignorance maintenant serait cruel, autant aller jusqu’au bout. Oui, il le devait. 

 

- Par contre je sais qui le peut. A la perfection même. Veux-tu, toi aussi, connaitre son identité ? Mieux, le rencontrer ?  Je dois te mettre en garde, comme précédemment, je crains que cela n’achève… Ne t’achève. Tu ne…

 

- Arrête ta comédie. Viens en aux faits.

 

- Bien, si  tu le souhaites. 

 

Cherchant ses mots, la situation étant complexe, Kisame s’avança jusqu’au rocher ou était toujours bloquée sa chère Samehada. Tirant un fort coup sur le pommeau, il parvint sans peine à la libérer, ne sachant toujours pas par quoi commencer. L’épée dont les écailles s’étaient résorbé les ressortit immédiatement pour les rétracter dans l’instant, un peu comme un animal se secouant les poils pour s’épousseter. La secouant légèrement pour finalement la poser à son endroit favoris, autrement dit sur son épaule, il se décida à aller directement au but. Meilleure solution pour une circonstance si tordue. 

 

- Le Mizukage. Ou du moins celui qui fut derrière tout ça. Il est le mieux placé pour te répondre bien sur et en sera ravi à mon avis. 

 

Elle daigna lever vers lui un regard non pas interrogateur mais franchement consterné. Bon, il fallait avouer que dit comme ça, cela sonnait un chouilla farfelu. Avec un haussement de sourcil notifiant que l’effort généré par une réponse ne valait pas cette peine, Rin lâcha :

 

- Il est mort depuis bien longtemps. La tu délires sec.  

 

- Le Yondaime, oui. Son corps et son esprit à lui, oui, Celui qui tirait les ficelles, non. 

 

Froncement de sourcil signifiant cette fois qu’elle commençait à s’interroger. Après tout la jeune fille avait du comprendre qu’il était digne de confiance, enfin au niveau de ce qui sortait de sa bouche. 

 

- J’ai manqué l’information principale. S’exclama-t-il brusquement. Sans cela, rien ne colle bien sur. Tout d’abord le Yondaime n’était pas à la base de ce massacre. Il n’y était pour rien, impossible de formuler un début de soupçon. Je t’assure. Le Conseil a agit seul, d’ailleurs ils l’écartaient de toutes les décisions depuis un moment. Je ne dis pas qu’il est d’une innocence à toute épreuve. Il est fautif pour bien des choses, la Brume Sanglante, les ordres de tuer nos compagnons mais à chaque fois pour le bien du Village. Enfin dans sa logique détraquée, comme tu l’as dis. Il régnait avec cruauté certes mais dans l’intérêt de Kiri. Et jamais il n’aurait touché aux Yutsune, c’est même lui qui les a promu au Conseil et qui a fait évoluer les mentalités concernant les Kekkei Genkai. Compréhensible lorsqu’on connait son identité. 

 

A nouveau Kisame se tut, rien avoir avec un suspens dramatique pourtant. Lui et la Jônin venaient de tourner le regard, instant et direction identique mais aucunement la même réaction. Sourire carnassier pour le Nukenin, mine horrifiée pour la jeune fille. Une sorte de buste venait de sortir du sol, non loin d’eux. L’expression une sorte convenait à la perfection pour cette chose indescriptible et passablement répugnante du point de vue de Rin. Il aurait pu avoir une vague forme de corps humain s’il n’avait pas été noir d’un côté et blanc de l’autre avec surtout, surtout, une armature verdâtre l’englobant. Une voix rauque et métallique s’en échappa :

 

- Le combat est fini. Il ramène le cadavre et le blessé.

 

Yeux écarquillés, bouche entre ouverte, Rin se tassa sur elle-même. La peur transcendant son être. 

 

- J’exige les détails tout à l’heure, ce sont les détails qui font les bons récits, mais d’abord va lui dire qu’il doit venir chercher notre jeune amie. 

 

Tournant sa tête inhumaine vers une Rin plus terrifiée par ses paroles - un cadavre, un blessé - que par son aspect, il la pencha légèrement avant qu'un atroce sourire ne fende son semblant de visage. 

 

- Merveilleux. Pronnonça t-il en appuyant bien sur chaque syllabe. 

 

Le voyant disparaitre dans le sol aussi aisément qu'il était apparut, elle réalisa à peine ce qui allait se produire sous peu. 

 

 

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Yzak

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 01:58

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

 

Ces mots sonnèrent creux à l’esprit de Rin, comme si elle les avait entendu, intégrés mais impossible d’en saisir le sens. Surréaliste, exagérément surréaliste. Comme nous le savons, pour notre jeune Yutsune l’essence même d’un Shinobi est avant tout la protection de son Village, lui vouer son existence et une foi inébranlable. De ce fait les Nukenin étaient la personnification de l’exécration. En dépit des guerres et conflits Rin se sentaient proche des Shinobi des autres nations au fond, ils se comprenaient. Elle savait que tous étaient mués par les mêmes sentiments envers leur Village, une vénération surplombée d’une loyauté sans borne pour leur Kage. Chacun, Rin la première, étant persuadé de la suprématie de sa nation et de porter les valeurs les plus éminente. Un attachement si fort ne pouvait être à sens unique, il n’existait aucun Pays ne croulant pas sous la fierté de ses Shinobi et aucun Village ne faisant pas de son mieux pour les protéger, depuis toujours les Kage œuvraient en ce sens. Se vouer corps et âme à son Village était le principe fondamental de Rin, par extension, sa plus grande certitude était que jamais, ô grand jamais, il ne vous laisserait tomber. Il était tout bonnement ridicule de croire que son propre Village pouvait vous trahir ! Cette entité suprême vous est tout aussi loyal que vous l’êtes. Le contraire serait pure hérésie. 

 

- Et tu crois que je vais gober ça ? Lança-t-elle d’un ton presque rieur. Un Village ne va pas ordonner l’assassinat de ses propres Shinobi. C’est une aberration. Franchement, t’as rien trouvé de mieux que…

 

Un sinistre éclat de rire, ressemblant plus à un grognement à vrai dire, la coupa suivit de :

 

- Et la Brume Sanglante, ça te dit rien ? Tu l’as dis toi-même, j’ai du tuer mes compagnons pour le bien d’une mission. Un ordre.  

 

- Ca m’écorche de le dire mais dans un sens, dans le sens de l’atroce folie du Mizukage, c’était pour le bien de Kiri. Or je vois pas l’intérêt de supprimer un clan si puissant. 

 

- Comme tu es sotte. Cracha-t-il, une moue méprisante lui déformant le visage. Leur puissance est justement la raison. Ca a toujours été la raison. Le désir de puissance enflamme les cœurs et aiguise les conflits entre les nations autant qu’entre les Hommes. A fortiori à Kiri. Pourquoi crois-tu qu’ils ont toujours hait les porteurs de Kekkei Genkai ? Une puissance innée, inexplicable, mystérieuse. Et surtout incontrôlable pour eux. Tous possèdent des affinités identiques que seul l’entrainement peut transformer en force, sauf une poignée d’individu naissant avec un don supérieur au leur. L’âme humaine est ainsi faite, l’inconnu effraie. Et quoi de mieux que de transformer cette peur, cette jalousie, en haine ? Au lieu de se sentir faible face à une personne, montre la du doigt, crie au monstre. Éclipse ta propre insuffisance derrière l’anormalité peu à peu mué en répugnance de l’autre. Autant le haïr lui que toi-même. Côtoie ceux qui te ressemblent et évince le reste. 

 

Rin le savait, elle l’avait toujours su, mais avait préféré ne pas y croire. Se convaincre du contraire. Impossible que des Shinobi aient une telle façon de penser. Pour elle, les dons puissants ne servaient pas à sa propre gloire mais été mis au service de son Village, ainsi elle avait du mal à comprendre qu’on puisse penser autrement dans un premiers temps et surtout qu’il était possible de vouloir écarter ceux qui apportaient un tel renfort. Tout bonnement ridicule. Pourtant il en allait ainsi à Kiri. Il avait raison. Enfin, il y avait tout de même un fossé, un ravin, un océan entre la rancœur envers les porteurs de Kekkei Genkai et l’envie de s’en débarrasser. Inconcevable. 

 

- Oui et c’est pourquoi mon clan a toujours été mis à l’écart. Répondit-elle donc. Et encore, ils avaient grimpés en flèche dans l’estime de chacun, ce sont tes propres mots, après l’attaque des Kaguya. Ils partaient en mission avec les autres et avaient même été incorporés au Conseil. Alors c’est certainement pas à cette période qu’ils auraient décidés de les anéantir. Tu débloques complètement. 

 

- Sois proche de tes amis et encore plus de tes ennemis. 

 

- Ils n’étaient pas leur ennemis. S’emporta-t-elle brusquement. Si c’est pour balancer des inepties, tu ferais mieux de la fermer. 

 

Sans vraiment s’en rendre compte, elle avait recouvert son poing droit de glace, prête à lui envoyer en pleine face s’il osait articuler le moindre son. Ce minable aimait à tourner au ridicule la mort de ses adversaires et raillait maintenant le massacre des siens en racontant n’importe quoi. Avec sa foi inébranlable en l’entité des Villages, il invoquait la le prétexte le plus ridicule possible pour Rin. Lui assurer qu’un groupuscule de mercenaire borgne et culs de jatte aurait été fautif de l’hécatombe lui aurait paru plus plausible.

 

- Tu ne comprends…

 

- Non, c’est toi. Tu éprouves une haine sans borne pour Kiri, tu as du t’exiler avec les autres épéistes suite à un coup d’état raté. Alors maintenant, en pauvre Nukenin que tu as du devenir, tu tentes de salir ce Village. Ferme la, vraiment. Parce que la, tu salis d’autant plus la mémoire de mon clan. 

 

Aucun son ne sortit de la bouche entre ouverte de Kisame. Pour la seconde fois, il resta pantois face à cette gosse. Son assurance doublée de sa certitude que des valeurs positives dirigeaient le monde le laissait sans voix. Comment diable, après ce qu’elle avait vécu, avait-elle pu devenir une personne si… Si…Comme sa mère. Soudain il réalisa à quel point Rin tenait d’elle. Elle. Il eut l’impression que la colère insufflée par ses paroles se faisait aspirer. Elle. Plus aucune trace de fureur ne s’infusait dans ses veines. Elle. Bon sang, comment avait-il pu vouloir faire du mal à sa fille ? Sa fille à elle qui avait ses traits fin, un sourire identique, un regard étourdissant, le même rire cristallin, en résumé une pureté équivalente. Elle. Il avait fait de son mieux pour l’oublier au fil des années, l’extraire de sa mémoire, se maudire des qu’elle apparaissait dans ses rêves. Pourtant la blessure fut aussi vive que jadis. Il lui sembla que son cœur se résorba ou peut être qu’il se déchiquetait ? A l’époque déjà il n’avait su trouver les termes exactes pour décrire cette souffrance. Rien avoir avec une douleur physique, la chair n’était pas déchirée, le sang ne perlait pas, pourtant le calvaire était insupportable. Aucun moyen d’apaiser ce supplice. Cette torture engendrée par une simple phrase, quelques mots posés les uns derrière les autres avec nonchalance par un type dont il ne se rappelait plus vraiment le visage. «  Tu sais pas la dernière, le scandale du moment, les Yutsune sont morts, tous. Crac. Plus un . »  Ce qu’il s’était passé ensuite, cela non plus il ne s’en souvenait plus très bien. Du sang, beaucoup de sang, celui de ce type. Il l’avait massacré. Un vrai carnage. Puis il avait déambulé, longtemps, sans savoir ou il allait. Et qu’importe. Le monde, déjà bien répugnant à ses yeux, était définitivement souillé. Son sang à elle avait coulé, la vie s’était échappé de ce corps céleste, ses yeux fermés à jamais. Il lui fallut un temps incommensurable pour se calmer et comprendre l’étendu de la situation. Les assassins et la raison, une évidence. De toute son existence Kisame Hoshigaki s’était sentit coupable une unique fois et ce fut plus violent, plus profond, que la plupart des êtres, il en était persuadé. Fautif. Sa faute. Il aurait du rester. Il aurait pu la protéger ou mourir à ses côtés, qu’importe. Jamais ils n’auraient du agir de la sorte, ils avaient tout perdu, brisés leur destin et servis de prétexte. Se fichant bien du danger, il avait fusé à Kiri. Traversant les rues que sa présence n’illuminerait jamais plus. Passant devant l’endroit ou il l’avait vu la première fois, les Yutsune sortaient rarement de leur quartier à cette époque mais incomparable à la rareté des fois ou on lui adressait la parole, à lui, Monstre du Brouillard. Et cette frêle gamine s’était planté devant lui et sans même un esquisse de grimace avait lancé «  Toi, t’as pas vu mon frère dans le coin ? C’est pas dur, il a la même tête que moi en version à peu près masculine. Non ? Bon, merci quand même. Si tu le vois, tu peux lui dire que sa sœur veut l’égorger ? Mais non, pas pour du vrai, t’es bête. Bon, allez, je vais me remettre à sa recherche. A la prochaine ! »  Il était resté abasourdi, par ce naturel, par ses longs cils qui papillonnaient avec le même entrain que sa voix enjoué et surtout par son mystérieux manque de crainte. Tout le monde, même les Yutsune, savaient qui il était. Pourquoi n’avait-elle pas eu peur ? Peut être n’avait-elle pas percuté. Comme si on ne pouvait ne pas percuter. Il l’avait regardé s’éloigner avec stupeur, se demandant pourquoi il n’avait pas osé lui dire qu’il voulait bien l’aider à trouver son fameux fugitif. Au fil du temps, le duo du Gel Ardent s’était fait connaitre, leur frasques autant que leur prouesses et jamais elle n’avait eu l’ombre d’un début d’appréhension envers lui. D’abord il avait cru qu’elle se croyait bien plus forte que lui, avec sa saleté de Dôjutsu - il n’avait jamais aimé le Kôrigan, son regard couleur de perle lui allait si bien - puis il avait finit par comprendre qu’elle ne le considérait pas comme une menace. « On porte le même bandeau, on a de la chance, c’est le plus beau de tous tu ne trouves pas ? »  Au-delà de la question, il avait comprit le sous-entendu, ils étaient dans le même camps. Il était son égal. Pas un Monstre du Brouillard. En assassinant ses compagnons, cette phrase avait tourné dans son esprit. Tant pis que la terre entière soit au courant, mais pas elle, tout sauf elle. Il s’était abaissé à demander à Satomi de ne jamais lui répéter l’atrocité qui avait salit son âme. En même temps, il s’était grillé auprès de son comparse qui avait immédiatement fait le lien. Ce saligaud l’avait raillé. «  Fais comme les Jin - ils appelaient toujours ainsi Jinin et Jinpachi - Deviens un gentil requin et tu verras que ma chère sœur te sourira trois fois plus  »  Il avait bien eut du mal à se retenir de lui exploser la tête. Ce fut sans doute à cette instant que lui avait germé l’idée, cette foutue idée, qui avait tout déclenché. Elle haïssait tant ces histoires de Brume Sanglante, ça lui avait parut la meilleure chose à faire. Elle lui sourirait en continu s’il pouvait s’en débarrasser. L’atroce contraire avait pourtant eu lieu. Il ne désirait que cela, rien de plus, juste qu’un sourire franc lui soit adressé. Jamais il n’aurait eu la folie de souhaiter plus. Quelle hérésie. Il se refusait même à la frôler. Comme si le simple fait de la toucher la souillerait. Lui le monstre, elle la colombe. De toute façon elle avait l’autre. Il le savait vaguement et ne lui en voulait pas, elle avait trouvé un être à sa hauteur. Pourtant le jour ou Satomi lui avait annoncé la nouvelle, il lui avait difficile de feindre l’indifférence. Ou est passée ta sœur, avait-il simplement demandé, après tout il était rare de le voir seul aussi longtemps. «  Je t’ai pas dis ? Elle est enceinte. Je vais devoir m’y faire pour quelques temps, tout le monde, moi le premier, veut qu’elle reste tranquillement au quartier. Pas qu’il arrive malheur au futur trésor !  » Tout le monde, il n’en faisait pas partis, jamais il ne compterait dans son entourage. Le trésor. Son trésor à elle. Vraiment secoué, il avait articulé qu’elle était un peu jeune pour être enceinte. Il ne savait pas trop pourquoi il avait dit ça, juste pour répondre poliment peut être. « Je trouve aussi, mais tu sais, ils s’aiment depuis toujours. Maintenant ou plus tard, ça ne change rien. Ils sont tellement heureux. Ils vont se marier. » Il s’était alors contenté de grogner et de lâcher un vague marmonnement : Comme c’est ridicule.  Peu de temps après cela Satomi avait demandé à être exempté de mission pour la noce. Il ne savait même pas quel jour exactement cela eut lieu et fit de son mieux pour enchainer les missions, n’empêchant pourtant pas son esprit de le torturer. Comme son rire avait du résonner lors de la fête. Peut être même de fine larme de joie avaient perlé sur ses cils. En dépit de ses efforts l’image de sa silhouette dépassant les limites décentes de la perfection drapée dans une robe immaculée s’invitait sans cesse à son esprit. Pendant des mois il avait fait son possible pour ne rentrer au Village qu’en cas d’extrême urgence. Il se souvenait encore des railleries de Zabuza à l’encontre de Ameyuri Ringo qui feignait de s’intéresser aux rejetons pour passer un peu de temps avec Satomi semblant vouer un véritable culte à la progéniture de sa sœur. Le trésor. Il l’appelait ainsi. Jamais Kisame ne se serait abaisser à demander quoi que ce soit. Il ne savait plus très bien si deux ou trois années s’étaient écoulé, aussi normalement que possible, menant sa vie en parallèle de la sienne, la croisant de temps à autre. L’admirant de loin, comme un corps cloué au sol contemple les étoiles. Jusqu’au jour ou, par une inadvertance plus ou moins fortuite, il déambulait près du quartier des Yutsune et qu’il l’avait vu de loin. Le trésor. Lâchant la main de son père, elle avançait du pas mal assuré qu’ont les enfants. Voila donc ce qu’a engendré un ange, s’était-il dit. Le trésor ressemblait à une poupée. Une véritable poupée de porcelaine. Il s’était surpris à se demander si l’on pouvait naitre ainsi. On l’aurait cru dessiné au pinceau. Il s’était promptement retourné, avant que le trésor ne puisse le montrer du doigt. Par la suite il avait appris un tas de futilité à son sujet. Comme son prénom ou le fait qu’elle avait été chamboulé d’apprendre qu’on emprisonnait les oiseaux dans des cages et qu’elle riait beaucoup quand les yeux de sa mère prenaient leur teinte mauve. Il ne voulait pas savoir ce genre de chose. « Rin adore admirer les Katana de Satomi, j’ai du mal à lui faire comprendre que ce ne sont pas des jouets » Avait-elle un jour dit. «Moi je la pousse secrètement, j’aimerais bien qu’elle prenne ma place plus tard au sein des épéistes légendaires » Avait rajouté Satomi dans le dos de sa sœur. « Je t’ai entendu, sale petit mesquin, laisse la grandir d’abord, elle le fait déjà bien assez vite  »   Jamais elle ne verrait son trésor grandir. Il n’y avait plus de trésor, plus de Satomi et surtout, surtout, plus d’elle. Le sang glacé, Kisame avait finit d’arpenter les rues de cet atroce Village. Village quitté grâce à eux, elle avait été la dernière chose qu’il avait aperçu avant de prendre la fuite. Elle qui n’avait pu prononcer le moindre mot, la gorge nouée par la crainte, et pourtant elle s’était forcée à sourire. Lui sourire une dernière fois. Comme pour lui souhaiter bonne chance. Ne se doutant pas à quel point il regrettait ce fiasco, il l’avait fait pour elle. Pire, ne pouvant soupçonner les répercussions chaotiques que cette folle tentative engendrerait. Il serrait si fort et depuis si longtemps le pommeau de Samehada que sa main tremblait. Ou peut être que cela n’avait pas le moindre lien avec l'épée. Son autre main tremblait tout autant. Frémissement redoublé lorsqu’il s’était dressé devant le Mizukage. Avec l’idée de lui arracher jusqu’à la dernière particule de peau. Puis il avait écouté et comprit. Le Yondaime n’y était pour rien, plus encore, il semblait regretter la tournure des événements. Réalisant alors pour de bon l’horreur de ce monde souillé, traitre, mensonger, Kisame l’avait rejoins. Jurant de trouver un sens à son existence aussi fausse et contaminée que le reste. Il rejoindrait l’Akatsuki et poursuivrait leur but. Plus fervemment que tout ce qu’il avait entreprit. Cela lui semblait si juste. Il contribuerait à l’épanouissement de ce nouveau monde. Lavé des outrages du passé. Sans réaliser qu’elle n’aurait jamais, ô grand jamais, souhaité une telle horreur. 

Et le trésor se dressait face à lui. Cette esquisse de lutte, pourtant violente, il aurait pu la transformer en véritable combat, frénétique et déchainé s’il l’avait voulu mais depuis le début, inconsciemment, il n’avait osé faire du mal au trésor. Seulement lui parler. En réalité il avait souhaité, au fond de lui-même, s’arrêter directement après quelques échanges de coup, juste histoire de s’assurer qu’elle méritait Fuusetsu, et discuter tranquillement. Elle n’y avait pas mis du sien, dès qu’il ralentissait la cadence, elle en profitait pour enchainer d’autre coup. En digne progéniture de la fameuse Shinobi du duo du Gel Ardent. Il était profondément ravi que le trésor soit devenu si puissante. Lorsqu’il avait entendu parler de ce Flocon des Sables il n’avait pas osé espérer qu’il puisse s’agir du trésor jusqu’à ce qu’on lui compte ses exploits à l’épée. Il avait cru Fuusetsu perdu avec ses maitres mais si ce Flocon des Sables la possédait logiquement ce fut de la main de Satomi et à qui d’autre qu’au trésor aurait-il pu remettre ce joyaux ? Il en avait été retourné. Comment cette poupée de porcelaine avait-elle pu survivre et se muer en implacable Shinobi, fameuse à seize ans seulement ? Fortement intrigué, il s’était pourtant juré de ne pas la chercher. Une décennie n’avait pas suffit à lui arracher totalement sa mère de l’esprit, elle le hantait encore, il ne souhaitait pas voir son trésor persuadé que cela agirait comme une lame affutée grattant une plaie purulente. Il n’en fut rien pourtant, bien au contraire, quel ravissement de la rencontrer. Il aurait aimé lui conter à quel point il était heureux pour sa mère qu’elle soit devenu une telle personne. Ce qu’il ne ferait bien entendu pas, même sous la  torture, ce qu’il éprouvait pour elle avait été et serait toujours le grand secret de son existence. 

Et bon sang qu’avait-il fait ? Il s’en voulut d’une force incommensurable d’avoir osé penser à la détruire. Ces années sans elle l’avaient transformé pour de bon en monstre. Les fois ou il ouvrait les yeux avec pour première pensée qu’elle n’était plus la, même très loin mais quelque part à respirer, semblaient lui arracher une autre particule d’humanité. Pourtant ce n’était pas une excuse. Comment avait-il pu perdre son sang froid de la sorte ? Enfin ce trésor était tout de même plutôt empoisonné avec sa langue de vipère prête à vous lancer ce qui vous tenaille depuis toujours à la figure. Lorsque, soudainement, il eut une idée.

 

- Tu ne me crois pas alors? Lâcha-t-il seulement. 

 

- Bien sur que non. Répondit-elle avec un soupire excédé. T’aurais rien pu trouver de plus improbable. Depuis quand les dirigeants d’un Village décident d’assassiner leur membre ? La foi en son Village, aussi inébranlable que réciproque, est la base de notre monde. Sans cette valeur fondamentale nous vaudrions encore moins que les bousiers. 

 

Elle aurait pu continuer sa tirade des heures durant mais n’en voyait franchement pas l’intérêt. Ce type avait beau lui être à peu près sympathique, il était complètement dérangé d’avancer de tel propos saugrenus.  De son côté Kisame était en plein dilemme. Ne le croyant pas, il pourrait la laisser partir sans rajouter un mot pour qu’elle continue son existence comme si de rien était. Pourtant il brulait de le lui faire comprendre pour de bon. Loin de lui, maintenant, l’idée de lui faire du mal. Il considérait cet aveux comme un devoir. Envers Rin, son clan et surtout elle. Le trésor méritait de savoir. Elle devait comprendre l’étendu de l’atrocité humaine. Il la connaissait à peine mais était certain du comportement qu’elle aurait. Elle voudrait détruire ceux qui avaient engendré cette ignominie. Et elle aurait bien raison. C’était à elle, la survivante, de le faire. Tout comme le choix de savoir lui revenait. 

 

- Ecoute moi maintenant, je vais être le plus sérieux que je n’ai été depuis bien longtemps. Désactive le Kôrigan et range moi Fuusetsu, l’heure n’est plus aux imbécilités. 

 

Rin le regarda d’un drôle d’air, plutôt consterné avec une pointe de désinvolture, signifiant très clairement qu’elle n’en ferait rien. Bon sang, qu’elle était irritante. Personne ne lui avait appris à obéir ? Alors qu’il maugréait mentalement contre ce pseudo trésor très largement corrompu par les effets néfastes de l’adolescence doublé d’une arrogance innée, il se surprit à voir son regard prendre sa teinte naturel. Fuusetsu ne bougea pas d’un millimètre en direction de son fourreau mais n’en demandons pas trop. Samehada été resté bien sagement planté dans son rocher, bien qu’il eut pu techniquement l’attaquer tout de même, désactiver ses pupilles et ranger son épée serait synonyme de trêve officielle en tout bien tout honneur. Ce fut par pur principe que la jeune Yutsune laissa sa main sur le pommeau d’ivoire tiède, lame plantée dans le sol. 

 

- Je t’écoute. 

 

- Tu peux me considérer comme un monstre, ou pire un minable, si ça te chante mais sache que je ne m’abaisse jamais à mentir. Cacher la vérité, je laisse ça aux faibles incapable d’en assumer les conséquences. Alors en mémoire du duo du Gel Ardent, que l’injustice du destin a décidé que je côtoierais plus longtemps que toi, je t’expliquerais l’entière vérité sur leur fin. Je te laisse le choix de l’entendre ou non. A toi de décider. Avant tout comprend bien les répercussions de cette décision, ta vie en sera bouleversé à jamais. Jusque dans ta façon de contempler ce qui t’entoures. Crois-moi. La Rin Yutsune que tu es en cet instant risque de partir en fumée. 

 

Les sourcils froncés, le souffle au ralentis, elle sentait qu’il disait vrai. Son instinct ne l’avait jamais trahi. Cette décision serait la plus importante de sa vie. Et elle n’hésiterait pas, tout simplement parce qu’elle n’avait pas le choix. Comme Sasuke qui avait bousillé jusqu’à la dernière parcelle de bonheur qu’il avait pu trouver pour réaliser son devoir, en tant que survivante Rin devait savoir. Depuis toujours ce mystère la hantait. Elle ne pouvait rester dans l’ignorance. Pourtant, au fond de son être, une angoisse s’immisça, maintenant qu’elle était sur le point de connaitre la vérité, elle n’était plus tout à fait certaine de la vouloir. L’ignorance avait quelque chose de confortable, pas besoin de mettre son existence si parfaite en péril en gâchant tout ce qu’elle avait construit. Refuser de savoir, rester celle qu’elle était, Rin aimait ce qu’elle était. Ses valeurs risquaient de bruler sous l’ardente haine qui la consumerait jusqu’à ne laisser qu’une dépouille carbonisée. Elle en était consciente et cette idée la terrifiait. Mais bien vite la jeune Yutsune eut honte d’avoir formulé de telles pensées. Profondément honte.  Force, Honneur, Bravoure étaient ciselé sur sa lame. Elle devait en faire preuve pour affronter la vérité. Levant Fuusetsu à hauteur de son visage, elle contempla un instant son reflet dans la lame miroitante. Se verrait-elle différemment ? Puis frôla du bout des doigts les signes inscrit. Aurait-elle assez de courage et de force ?  L’épée retrouva sa place douillette dans le fourreau de cuir noir dans son dos. Rin eut l’impression que sa cage thoracique s’amenuisait tant il lui était pénible, presque douloureux, de respirer lorsqu’elle acquiesça. 

Ce n’était plus une onde d’angoisse mais un tourbillon. Soudainement elle eut une envie aussi brusque que stupide de fondre en larme.  La seule révélation qui pourrait la faire changer à ce point était celle qu’il lui avait déjà faite. Rin en prit conscience. 

 

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Yzak

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 02:40

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

 

Résumons brièvement la situation : Rin se trouvait face à l’un des Shinobi les plus dangereux de son époque et elle n’avait rien trouvé de mieux à faire que de le provoquer. Connu sous le nom du Monstre du Brouillard depuis des décennies, aussi craint par ses compagnons que par ses ennemis dont le seul murmure de son nom suffisait à les faire se liquéfier de terreur. Contre ce Monstre du Brouillard armé de la funeste Samehada, au Chakra équivalent celui d’un Bijuu, que pouvait faire un Flocon de Sable ? Pourtant ce raisonnement l’effleura seulement et de loin, il l’avait critiqué et dans ce genre de cas sa raison ne dictait pas ses gestes. D’ailleurs sa raison ne parvenait que très rarement à se faire entendre comme nous le savons. Sa voix claqua donc, aussi froide qu’impétueuse :

 

- Excuse mon charisme inné. Remballe tes simagrées et crois pas que ça m’effraie. 

 

La fente qui lui servait de bouche s’agrandit encore dans un plus grand sourire. 

 

- Je suis ravi pour Satomi que tu aies hérité non seulement de Fuusetsu mais surtout de son tempérament. Tu dois vraiment être irritante comme adversaire en règle générale. Je me souviens que…

 

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’elle lui envoyait déjà un nuage d’aiguille de glace le forçant à bouger pour l’éviter et en profita pour lui assener un rapide coup d’épée. Samehada sembla bouger d’elle-même pour protéger Kisame et bloquer la lame entre ses écailles. 

 

- Oui, lui aussi adorait couper les gens en plein discours. Au final j’ai compris que ça tenait plus de l’impatience que de l’impolitesse. Enfin je disais donc que ses adversaires mouraient de colère avant de mourir tout court. 

 

En même temps qu’il parlait, Rin fit glisser sa lame le long de Samehada freinée par ses écailles et de son autre main intimait les sceaux pour faire naitre un… Mais se stoppa net. Semblant seulement percuter la teneur de ses propos. Bloquant de sa lame la monstrueuse Samehada, elle lâcha d’une voix incrédule :

 

- Tu as combattu à ses côtés ? 

 

- Ca agit avant de penser et de réaliser la situation. Un véritable calque ! S’exclama-t-il avec un éclat de rire. Combien de fois ta mère la frapper lorsqu’il faisait l’imbécile comme ça. Parfois elle se servait du Kôrigan sur lui, quand il s’agitait trop, un peu comme toi en ce moment.

 

Sans s’en rendre vraiment compte, Rin baissa sa garde, les bras ballants. 

 

- Ma mère. Murmura-t-elle. 

 

- Physiquement, tu es son double mais jusque dans ta façon de bouger tu me rappelles Satomi. Un sacré tempérament ces deux la. 

 

- Tu fréquentais mon clan ? Interrogea-t-elle à mi voix, sous le choc.

 

- Pas vraiment. Personne ignore l’identité des épéistes légendaires et toi plus que quiconque doit savoir que ton oncle en faisait partit. Bien entendu nous étions… Je dirais proche tout les sept. Alors bien sur que je le connaissais. Et ta mère était son équipière depuis toujours, constamment fourrés ensemble. A vrai dire ils étaient fameux dans tout le Village, surnommé le duo du Gel Ardent. En l’honneur de leur caractère enflammé. A ma connaissance ils étaient les deux seuls à se comporter ainsi, les autres… Collaient parfaitement à ce qu’on pouvait attendre de maitre de la glace. Froid, cassant, imperturbable. Du moins avec nous. Je n’ai pas beaucoup connu ton père mais je me suis toujours demandé comment leur union était possible ! Je n’ai jamais vu une personne si placide que lui. Remarque, c’est surement ce contraste qui les rapprochaient. 

 

Si Rin eut usé du Hyôton Senpû à l’intérieur d’elle-même, cela n’aurait pas eu autant de ravage que ces paroles. La tempête d’émotion qui se déchainait en elle était sans pareil. Elle ignorait tout cela. Paramètre, entre nous, dès plus attristant. Leur surnom, leur tempérament, ces frêles informations semblaient être la plus belle des mine d’or. S’imaginant son oncle fuser tête la première sur un adversaire après s’être longuement vanté et sa mère le geler pour lui assener un coup sur la tête puis le réprimander, une dispute aussi drôle que sur jouée aurait alors éclaté tandis que son père levait un les yeux au ciel, oui en pleine imagination de cette scène, Rin trop émerveillée ne fit pas attention à son monstrueux ennemi qui intimait des sceaux. Dans l’instant de puissant jet d’eau sortirent de ses manches, fusant sur la Jônin. Cette technique l’aurait emprisonné dans une énorme bulle d’eau jusqu’à l’asphyxiassions. Si elle n’avait pas été elle. Et étant ce qu’elle était, Rin n’eut qu’à se reculer promptement et tendre les paumes, transformant l’eau en glace à la seconde ou le liquide lui chatouilla la peau. 

 

- Gokakurô. 

 

Immédiatement le tout implosa, envoyant valser les cristaux de glace sur Kisame qui para le tout avec Samehada. Ou pas tout à fait. Le bout de l’épée se fendit en une sorte de gueule béante, relativement répugnante, et avala jusqu’à la dernière particule de glace. Bien sur ! Elle absorbait la sorte le Chakra contenu. Merde, mieux valait éviter de lui en fournir d’avantage. 

 

- Je ne connaissais pas cette façon d’exploser ta propre glace. Ta mère gelait le Suiton et ton oncle l’exploser d’un coup de lame, combinaison du duo du Gel Ardent. Je voulais voir si tu le pouvais aussi. 

 

Bien sur, le Gokakurô no Jutsu lui avait appris par Guren et relevait à la base du Shôton. 

 

- Il me semble que ça leur été plus complexe de geler des matières plus compactes, voyons si tu y parviens comme eux.

 

Dans la foulée il cracha un puissant jet de boue dans sa direction. N’appréciant pas l’idée de s’exécuter comme il l’entendait, elle ne leva pas les mains pour le transformer bien qu’elle aurait pu et préféra faire naitre une barrière de haut pic de glace, la protégeant de la répugnante coulée de boue. 

 

- Récalcitrante à agir comme on s’y attend, décidemment tu es épatante de ressemblance. Doton Doryô Dango ! 

 

Le Jutsu fut si brusquement lancé, Rin vit fuser sur le côté, en sa direction, si rapidement la parcelle de terre que son esprit n’eut pas le temps de réfléchir et opta pour sa technique favorite dans ce genre de situation :

 

- Hyôton Senpû !

 

N’ayant pas mis une grosse masse de Chakra, la tornade dévastatrice se contenta de déchiqueter le morceau de sol long comme trois troncs d’arbre aussi aisément que si elle avait soufflé sur une poussière. Kisame la gratifia d’un sifflement épaté. Rin ne lui laissa pas le temps de commenter qu’elle fit imploser les hauts pics de glace, créant cette fois un immense nuage de cristaux tranchants. A nouveau Samehada ouvrit sa gueule béante pour avaler l’énorme masse de Chakra, comme Rin l’avait prédit, exactement ce qu’elle voulait. Avec une rapidité hallucinante, elle fit disparaitre les éclats de glace et fusa sur Kisame et son immonde arme, assena un puissant coup de sa lame directement dans la gueule de Samehada. Tout le long de Fuusetsu trancha la large fente. Un hurlement étouffé s’échappa de Samehada, bruit strident et sourd à la fois. Dans la foulée Rin abattit sa lame, une, deux, puis trois fois sur l’écailleuse épée. Et se recula promptement, légèrement essoufflée. Samehada se mit à trembloter et referma sa gueule, impossible désormais d’absorber le Chakra. Mieux encore ses écailles se résorbèrent, Fuusetsu ne se bloquerait plus entre ses reliefs aiguisés qui étaient maintenant incapable de déchirer quoi que ce soit. Plus qu’une simple épée lisse et un chouilla émoussée. Autre inconvénient : Sa taille et donc son poids, ses mouvements seraient plus lents que ceux de Fuusetsu bien plus légère. 

 

- Sale mioche ! Gronda-t-il en fixant tour à tour Rin et son épée d’un air sidéré. Personne n’avait jamais compris le point faible de Samehada. 

 

- Ca me semble évident pourtant. Une sorte de conscience, donc des sensations. Et une bouche grande ouverte qui ne demande qu’à être fermé. Je  t’avais bien dis que je te ferais cesser de piailler. 

 

- Tu t’adresses à Kisame Hoshigaki, le Monstre du Brouillard. Eructa-t-il d’un ton menaçant. Bien que ma Samehada soit affaiblit, elle se fera un plaisir de t’apprendre les bonnes manières. Même les yeux fermés et avec un Kunai il me serait aisé de t’éventrer.

 

- Je demande qu’à voir. Lâcha-t-elle avec une main sur la hanche et l’autre tenant Fuusetsu posée sur son épaule. 

 

Immédiatement il se jeta sur la Jônin, une violente lutte à l’épée s’en suivit. Et avouons-le, derrière ses airs de suffisance, Rin peinait grandement à tenir la cadence, la force de Kisame étant extraordinaire. Se concentrant au maximum, elle fit de son mieux pour baisser sa température. Impossible de le tuer mais elle ralentirait au moins ses mouvements. Dès que l’onde glaciale traversa son corps, cela agit comme une décharge. Le Kôrigan allié à Fuusetsu, il sembla se rappeler à qui il avait à faire et par extension un souvenir. Bon sang, il s’était fait avoir par les acerbes paroles de cette gosse, exactement comme avec Satomi. Il y a tant d’années, il lui avait fait le même coup. Pourtant Kisame aimant à discuter avec ses adversaires et adorant encore plus s’entendre conter le passé - d’ailleurs il était souvent déçu de ses ennemis qui mourraient trop tôt, plus moyen de trouver des rivaux qui tiennent la route ces dernies temps - préféra garder ce souvenir pour plus tard et poser le décor de la scène en quelque sorte. 

 

- Comme ca faisait longtemps que je n’avais plus sentit ce froid grisant. S’exclama-t-il, tout en luttant. Loin de moi l’idée de te décevoir mais tu n’étais pas encore née que j’avais déjà l’habitude de combattre transi de la sorte. 

 

- Quoi, mais vous ne combattiez pas ens… Commença-t-elle avant de réfléchir et de continuer d’un ton incrédule. Vous vous entrainiez ensemble ? 

 

- C’est bien, tu n’es pas si longue à la détente. Quoi que plus pratique pour un épéiste que de s’entrainer de la sorte ? Si tu apprends à passer outre le froid et le ralentissement de tes mouvements, tu n’en deviens que plus rapide dans un combat sans entrave. Satomi était insatiable de lutte et s’emportait si facilement qu’il était des plus pratique pour l’entrainement. J’ai l’impression de me retrouver des années en arrière et de m’entrainer de la sorte. Tu vas finir par me rendre nostalgique !

 

Peu ravie du pseudo compliment sous-entendant que cette lutte était risible pour lui, elle se contenta de grommeler en se lançant dans un enchainement de coups vif.

 

- Pas si mal. Commenta-t-il en esquivant. C’est malin, j’ai perdu le fil de mes pensées.

 

Comme pour lui rappeler qu’ils n’étaient pas entrain de discuter autour d’un café, elle lui envoya une salve d’aiguille de glace qu’il peina à éviter tant cela était inattendu et la Jônin en profita alors pour assener un fort coup sur le manche de Samehada, à quelques millimètres de sa main. Faisant trembloter l’épée sous l’impact, il du se reculer pour ne pas s’en prendre un autre en pleine face ce coup ci et revint à la charge dans l’instant. Il était évident que tout deux aurait pu être largement plus véhément, Rin tenait à peu près la cadence alors qu’il ne retenait pas ses coups, ce qu’il nota avec ravissement pour Fuusetsu qui méritait plutôt sa propriétaire, mais passer à la partie sérieuse, c’est-à-dire Ninjutsu, aurait été alors synonyme de véritable lutte. Or Kisame se sentait d’humeur joviale et causante, ravit de se languir du passé et Rin brûlait d’envie de le questionner jusqu’à la fin des temps.  

 

- Arrête ces petites attaques. Maugréa-t-il. Je ne sais plus ce que je racontais. 

 

- Les entrainements avec Satomi. Eclaira-t-elle en évitant un brusque coup qui explosa un rocher. 

 

- Très juste. Enfin tu te doutes que cette capacité à ralentir ses adversaire a très largement permis son accession au rang d’épéiste légendaire. Pour tout être normal, il était impossible de tenir longtemps contre lui. En fait Satomi ne se servait pratiquement jamais du Hyôton, éprouvant une engouement sans borne pour les lames. Il possédait une collection incroyable de Katana en tout genre. 

 

- Je me souviens de ça oui. S’exclama joyeusement Rin, ayant une vague image de la pièce ou il entreposait les armes miroitantes. 

 

- Mais d’entre toute, sa préférée était celle-ci. Dit-il en donnant un léger coup dans la lame, la faisant agréablement tinter.  Fuusetsu, signifiant la tempête de neige, le déchainement de blizzard. 

 

- Ayant pour autre synonyme Epreuve. Fit remarquer Rin.

 

- En effet et dans les mains de Satomi je ne connais pas un Shinobi ayant passé l’épreuve de la tempête de blizzard. Fuusetsu, le joyaux des épées légendaires. Malgré tout personne n’a jamais contesté le fait qu’elle est la plus magnifique d’entre toute. Avec son pommeau d’ivoire et sa lame incassable semblant de cristal qui produit le plus beau des tintements. Chaque épéiste éprouve une sorte d’idolâtrie pour son arme principale, pourtant je dois avouer que nous étions presque chagriné de ne pouvoir la toucher. Surement que cette incapacité exacerbe l’envie. 

 

- Pourquoi malgré tout ? S’enquit Rin, que ce terme intriguait au cœur de cette magnifique tirade l’emplissant de fierté. 

 

- Parce qu’elle a été forgée et utilisée par les Yutsune voyons. Tu n’ignores tout de même pas la profonde aversion des habitants de Kiri pour les détenteurs de Kekkei Genkai ? Crois-tu qu’il a été aisé pour Satomi d’incorporer les épéistes légendaires en ce cas ?   

 

Rin, que cette révélation surprit au plus haut point, manqua de peu de se faire trancher le bras et sentit seulement et heureusement Samehada lui frôler la peau. Se reculant largement, plutôt essoufflée par leur constante lutte, lâcha :

 

- Je n’y avais jamais pensé. Je sais que l’antipathie de Kiri à leur égard s’opposait à leur gloire en dehors du Village. Comment a-t-il pu se faire accepter ? 

 

Kisame fit tournoyer Samehada, signe qu’il n’allait pas tarder à revenir à la charge, mais Rin, essoufflée et intriguée par la tournure de la conversation, leva la main comme pour lui intimer de s’arrêter. Et alla même jusqu’à désactiver le Kôrigan. Il haussa alors les épaules et se contenta de poser l’énorme lame sur son épaule. Scène des plus cocasse au vue de leur situation respective. 

 

- Le plus grand souhait de Satomi était de nous rejoindre bien qu’il se doutait de la complexité de la chose. Il ne possédait pas Fuusetsu à l’époque, utilisée par le Chef du clan, mais était incroyablement doué avec des lames de moindre qualité. Il l’a d’ailleurs reçu en guise de félicitation pour son accession officielle. Enfin, même sans user du Kôrigan pour ralentir ses ennemis, il était bien plus vif qu‘eux. Un peu comme toi d’ailleurs, sois dit en passant, tes coups sont net et rapides, dommage que tu manques de force brute. Tu devrais t’entrainer avec une arme plus lourde pour… Oh bon sang, voila que ça me prend de te donner des conseils. C’est que tu aurais presque un effet bénéfique ! Dit-il en riant presque. 

 

Rin s’étonna à presque en oublier son physique monstrueux et sa funeste célébrité, il fallait dire qu’il était tout de même sympathique comme adversaire. 

 

- Arrête de t’éloigner du sujet. Invectiva-t-elle, une main sur la hanche et l’autre sur le pommeau de Fuusetsu plantée dans le sol.

 

Décidemment cette scène n’était plus que cocasse mais franchement comique, on aurait presque dit deux vieilles connaissances. 

 

- C’est pas de ma faute, ça faisait un bout de temps que je n’avais plus eu l’occasion de discuter tranquillement. En ce moment, on me sert que de la camelote comme adversaire. Soupira-t-il. Pas le moindre savoir vivre, ils ne sont pas prompts à causer mais à mourir dans l’instant. 

 

Rin eut une moue répugnée à ses paroles mais se retint de lui faire remarquer qu’il portait bien son surnom de Monstre du Brouillard.

 

- Enfin bref. Je disais donc qu’il était doué. Et un de nous venait de mourir, mon maitre Fuguki Suikazan. Et Satomi semblait digne du titre vaquant. Expliqua-t-il sans préciser qu’il avait largement accéléré le processus en assassinant lui-même son Sensei, devenu un traitre vendant des informations militaires au plus offrant. De plus les Yutsune venaient de se charger presque à eux seul d’anéantir le clan Kaguya ayant attaqué Kiri, comme tu le sais, après ça ils ont grimpés en flèche dans l’estime de chacun. Suite à ses prouesses au combat, bien vite il a été assimilé aux épéistes légendaires par les autres Shinobi, extérieur ou non au Village. Restait pourtant l’ultime étape. Il devait mériter ce rang à nos yeux, qu’on daigne l’accepter en quelque sorte. Il était le plus jeune d’entre nous et aurait, normalement, du agir en conséquence. Comme Ameyuri Ringo juste avant lui. C’est-à-dire nous défier avec courtoisie. Avant tout, je devrais t’expliquer un autre paramètre.

 

Rin lâcha un long soupire des plus ostentatoire, allait-il se décider à venir à bout de son histoire oui ? 

 

- Nous autre étions craint et inspirions un mélange d’admiration et de méfiance aux autres Shinobi du Village. L’époque voulait ça, la fameuse Brume Sanglante, un climat de terreur pesait sur Kiri et personne n’aurait eu la folie de faire confiance à ses compagnons. Pire encore aux épéistes dont l’équilibre mental laissait parfois à désirer. Surtout Jinin et Jinpachi, ils sont rarement revenu de missions avec leur compagnons, je te laisse deviner pourquoi et… Oh qu’est-ce que je raconte, ces deux la c’était de la rigolade à côté de Kushimaru Kuriarare ! Son nom t’es sans doute inconnu mais pas son arme, la célèbre Nuibari. Avec sa forme de grande aiguille munie d’un long fil qui perçait et cousait ses ennemis ensemble. Pour lui tuer son adversaire de suite était une hérésie. Si tu n’as pas tranché des membres avant la tête tu n’es pas digne de ton arme, disait-il toujours. Fallait avoir le cœur bien accroché pour combattre à ses côtés !

 

La Jônin crut avoir un haut le cœur en imaginant les massacres qu’il engendrait, des corps percés de tout côtés et cousus en brochette. Le titre du plus grande barge de la galaxie aurait du lui être décerné. 

 

- Enfin Satomi n’était pas du tout de ce genre la. Les Yutsune, avec leur Académie interne et leur propre façon d’agir, avaient échappé aux atrocités de la Brume Sanglante. Ils n’ont pas eu à descendre d’autre Genin par exemple. Il possédait des valeurs nous étant totalement inconnues, plus encore, que nous trouvions ridicule. Seuls l’honneur du titre d’épéiste légendaire et le sentiment d’être accepté  aux yeux du Village importaient pour lui. En fait ils nous tenaient, nous en tant qu’individu, en horreur. Je m’en souviens comme si c’était hier, il s’est dressé face à nous et à lâcher avec la plus grande arrogance qu’il ne nous affronterait pas, parce que nous ne le méritions pas et qu’il ne s’abaisserait jamais à nous demander notre accord. Je te laisse imaginer l’effet produit par tant d’aplomb. 

 

- Oh, je crois que j’ai jamais été aussi fière d’être sa nièce et de posséder Fuusetsu. Lança Rin, des étoiles dans les yeux. 

 

- Quand je te disais que l’inconscience se transmettait. Répondit-il en éclatant de rire. Il fallait friser la stupidité pour oser tel affront. Nous nous sommes jeté sur lui dans l‘instant, tu m’as rappelé cette scène tout à l’heure, ce n’est pourtant pas mon genre de perdre mon flegme de la sorte. A croire que c’est un truc de famille d’être aussi irritant. 

 

- Mais ça veut dire qu’il a gagné face à vous six ? S’exclama-t-elle, trop occupée à bouillonner d’admiration pour prêter intérêt à la dernière phrase.

 

- Bien sur que non, ne soit pas sotte. Il a pas mal tenu pourtant, enfin il n’est pas mort. Grâce à ta mère. Elle l’avait suivit, se doutant qu’il allait faire l’idiot, et alors qu’il était sérieusement en charpie elle nous a bloqué dans la glace et l’a extirpé. J’ai bien cru qu’elle allait l’achever avant nous tant elle était remontée ! Elle nous a libéré de l’entrave glaciale et voulait le forcer à s’excuser. Je ne sais pas ou il a trouvé la force mais il s’est levé, sans arme, et alors qu’on pensait qu’il avait compris la leçon… Il a claqué d’une voix impétueuse qu’on pouvait lui arracher les bras si ça nous chantait, qu’il tiendrait alors un Kunai dans la bouche et que, tant que c’était une lame, il deviendrait un épéiste légendaire mais que jamais ce Kunai ne s’abaissera à nous combattre pour quémander notre accord. 

 

- Et ? Souffla-t-elle, le cœur sur le point d’imploser de fierté.

 

- Et c’est Zabuza qui s’est avancé, il a brandit l’Epée Trancheuse de Tête sur sa gorge. Je n’avais jamais vu un regard si ardent, si supérieur, que celui de Satomi en cet instant.  Zabuza n’a pas bougé d’un battement de cil. Nous savions ce que cela signifiait et nous étions tous d’accord. Alors Ringo à son tour a fusé sur lui, la pointe d’un des Kiba, les épées foudroyantes, sur sa trachée. J’ai été le troisième. Puis dans la foulée il s’est retrouvé avec les six lames de nos légendaires épées le menaçant de la sorte.

 

La jeune Yutsune retint sa respiration tandis qu’il aménageait un petit suspens de circonstance. 

 

- Zabuza a alors déclaré : Que tu le veuilles ou non, tu as notre accord. Mieux qu’un acquiescement nous avons tous baissé nos armes, enfonçant nos lames en un même point pour lier à jamais ce serment. 

 

Poser des mots après tel discours aurait été d’une vulgarité insultante selon Rin qui se contenta alors d’une longue onomatopée, transie de stupéfaction, d’admiration et de tout les sentiments positifs possible. 

 

- La belle époque comme je disais. Soupira Kisame, il en était presque attendrissant. 

 

- Tu me rends un chouilla jalouse. Ca en jette d’être un épéiste légendaire ! 

 

- N’est-ce pas. Articula-t-il dans un éclat de rire. J’ai entendu dire que nous avions un unique… Vague successeur. Il me semble bien pathétique en comparaison de notre génération, une sorte de fiotte. Dommage que tu n’aies pu prétendre au titre, tu… Comment dis-tu ? En jetterait plus !

 

- Merci bien. Répondit-elle en riant avec une révérence exagérée. Mais c’est justement votre génération qui en jetait. 

 

- Oui, je sais. Approuva-t-il, la mine déconfite à l’idée qu’une lavette de dégonflée hérite de ce majestueux titre. Mais tu n’aurais certainement pas supporté mes acolytes, comme Satomi, il ne cessait de provoquer des combats. Incapable de tenir sa langue. Je crois que Jinpachi et Jinin frisaient l’ulcère avec son impertinence. Heureusement pour lui une sorte de respect mutuel nous empêchait de réellement nous affronter. Il aurait pu les trainer dans la boue de la pire des façon, aucun de nous ne l’aurait vraiment achevé, bien que les luttes étaient violentes parfois. Le serment transcendait le plus abjecte des comportement. 

 

- Vous n’étiez pas si mauvais au fond. 

 

- Hm, je crois qu’il a finit par avoir… Presque un effet positif. A toujours se la ramener avec ses foutues valeurs. Je me souviens qu’un jour, alors que Kushimaru s’apprêtait à raccommoder, comme il disait, les membres des équipes nous affrontant, Satomi a commencer à le railler. S’il perce à tout bout de champs comme ça, c’est qu’en fait il vise la tête mais qu’il rate sa cible à tout les coups, avait-il lancé. Tu peux me croire que dans l’instant toutes les têtes sont tombées au sol. Nuibari avait fusé comme un fil à rasoir. Après ça Kushimaru a toujours agit de la sorte en présence de Satomi. Il avait bien réussit son coup avec son aversion à voir ses ennemis souffrir. Même Jinin et Jinpachi calmaient un peu leur ardeur à éradiquer leur compagnon de mission. Ils en pinçaient pour ta mère je crois bien et elle aimait protéger jusqu’au moindre  gosse insignifiant. En parlant de ça, Ringo avait aussi le béguin pour ton oncle. Fallait la voir prendre sa défense en toute situation. Enfin ça n’avait rien d’étonnant, il était la coqueluche de la gente féminine avec ses foutus airs supérieurs contrastant avec sa gueule… Délicate, comme elles minaudaient toutes. 

 

Rin ne put s’empêcher de rire au vu du ton dédaigneux employé sur la fin de sa tirade mais s’en voulut bien vite. S’il était réellement née de la sorte, peut être souffrait-il de ce physique pour le moins rebutant. Ainsi elle préféra changer de sujet en demandant :

 

- Zabuza fut le premier à l’accepter et tu n’as rien dis de ses penchants… Sanglant à lui. Ils s’entendaient bien alors ? 

 

- C’est probablement avec lui que ton oncle entretenait des liens à peu près amicaux, puisque justement, il se tenait plutôt bien au niveau des penchants sanglants comme tu dis. C’est peut être en respect pour Satomi qu’il a décidé de prendre sous son aile le petit bâtard. 

 

Le sourire de Rin s’estompa de suite. Bien entendu il parlait d’Haku. Haku, son cousin du côté paternel, fils d’une Yutsune et d’un père inconnu extérieur au clan. Si déjà elle l’avait provoqué suite à un simple sous-entendu sur le fait qu’elle ne méritait pas Fuusetsu, imaginez son état d’esprit lorsqu’il osa insulter son vénéré cousin. 

 

- Il s’appelait Haku. Gronda-t-elle.

 

- Je ne savais pas que le petit bâtard avait un nom. Lâcha-t-il avec un sourire malfaisant. 

 

Ils avaient beau converser gentiment, les bonnes vieilles habitudes revenaient à la charge. Chassez le naturel, il revient au galop et comme pour illustrer cette expression, le Kôrigan s’activa sous le brusque coup de la colère. Immédiatement ils se jetèrent l’un sur l’autre. Samehada, remise de ses émotions, à nouveau recouverte de ses écailles aiguisées frappa si fort Fuusetsu que le corps tout entier de Rin trembla. Après un échange de coup aussi violent que précédemment, l’outrage fait à la mémoire d’Haku résonna dans son esprit, lui donnant la force de faire chuter sa température plus que jamais. Le bras ballant, il tenait toujours Samehada mais le bout de la lame émoussée s’explosa au sol, envoyant voler une nuée de terre. Au vue de la teinte orangée des plus claire, il devait être complètement gelé. Incapable de se mouvoir. 

 

- Jamais Satomi n’était parvenu à… Cela. Ta maitrise du Kôrigan… Bredouilla-t-il à cause de l’onde glaciale, frigorifiant jusqu’à sa mâchoire. Est hallucinante. 

 

Alors qu’elle brandissait sa lame vers sa gorge, il fit de son mieux pour passer outre l’atroce froid mais incapable de plus il envoya tout bonnement valser Samehada sur Rin. Cette dernière eut juste le temps de se baisser que l’épée lui frôla seulement le bout des cheveux. Immédiatement Samehada lui revint comme un boomerang, tombant dans sa main levée. Il semblait hors de lui d’être en si mauvaise position. Dans la foulée Rin lui assena un vif coup, paré par Samehada bougeant d’elle-même. Ses écailles bloquant encore sa lame. Ses minuscules globes oculaires traduisant une fureur sans nom, il gronda :

 

- C’est quoi votre truc, à vous, les rescapés ? Le bâtard se croyait seul survivant et se la jouait invincible. Toi tu maitrises ta saleté de Dôjutsu comme personne et ça te suffit à croire que tes ainées sont à ta botte. Et l’autre tâche a tué Deidara et se croit capable de venir à bout d’Itachi. Vous êtes pas bénis des cieux, juste des petits merdeux. Ca survit à une hécatombe et ça se prend pour le roi du monde.  

 

Enserrant son poing dans la glace, Rin lui envoya un crochet en pleine mâchoire, lui faisant cracher un fin jet de sang. Alors que son poing revint à la charge, il l’attrapa fermement et la projeta contre un gros rocher.  Dans la seconde il fusa en sa direction mais elle fit à nouveau baisser sa température déjà bien remontée. Incapable de se mouvoir à souhait, Samehada ripa et se planta dans la pierre, à quelques centimètres de la tête de Rin. Immédiatement elle leva sa main pour planter sa lame en plein dans l’estomac de Kisame qui réussit encore à fermer son poing comme un étau sur le poignet de la Jônin. Une lame de glace apparut sur son avant bras libre, comme Guren lui avait appris, et fusa vers le visage de Kisame. Il lâcha promptement Samehada, bloquée dans la roche, pour attraper la lame de glace. A quelques millimètres de son œil, il la stoppa. De sa paume retenant la lame, goutta de grosse perle vermillon. Ils se bloquaient mutuellement, incapacité totale de bouger. 

 

- Faut avouer que vous êtes pas mal doué. Peut être plus que vos prédécesseurs. Alors, c’est quoi votre truc ? La pensée que vous avez l’honneur de vous foutus clans sur les épaules, c’est ça ? Pathétique. Ils sont crevés, mettez-vous ça en tête. Crevés. Tout le monde se fout de vos clans, de vos vengeances ridicules, crevés, ils sont…

 

Pourquoi n'acheva t-il pas sa phrase me direz-vous ? Et bien simplement à cause du choc. Rin venait de lui cracher au visage. 

 

- Saleté de… Gronda-t-il, la salive lui coulant le long de la joue. 

 

Sans se soucier de la cuisante douleur, il tira fermement sur la lame de glace, accrochée au bras de Rin. Ainsi il la mit debout. Lâchant la glace ainsi que son poignet, ils se dressaient face à face. 

 

- Désolé pour la mémoire de Satomi mais…

 

- La ferme. Claqua-t-elle d’une voix glaciale. Tu me fais de la peine tu sais. Tu ressasses le passé, tu joues les nostalgiques mais tout ce que je vois moi, c’est que ton existence est misérable. Jamais tu n’arriveras à la cheville de Satomi. Il avait des valeurs, du courage. Toi qu’est-ce que tu es ? Un Monstre du Brouillard. Tu n’as rien de légendaire. Ce n’est pas une gloire que d’inspirer la crainte à tes compagnons, ce n’est pas noble de plaisanter de la mort de tes adversaires. D’ailleurs rire de la cruauté des autres déments est juste méprisable. Ton être tout entier m’inspire de la pitié. Je connais la teneur de ta funeste célébrité, tout le monde sait que le Monstre du Brouillard était un chien à la botte du sanguinaire Mizukage. Tu as tué tes propres compagnons. Tu ne respectes rien, à commencer par la vie. Comment peux-tu te respecter en ce cas ? Tu n’as rien d’un Shinobi, tu es juste un minable. Et comme si ta miteuse existence à Kiri n’avait pas suffit, tu t’es empourpré dans la déchéance en rejoignant cette organisation de malade. Tu salis l’essence même des Shinobi. Et tu n’es même pas assez malfaisant pour me répugner, non, tu me fais de la peine.  

 

De ses premiers pas à cet instant précis, jamais Kisame Hoshigaki n’avait ressentit cela. De la lave coulait dans ses veines tant sa fureur était grande. Pourtant ce n’était pas son émotion principale. Non, un déshonneur sans pareil le plongeait dans une profonde torpeur. Etre insulté, bafoué, hait, il avait l’habitude. Tout au long de sa vie on l’avait méprisé pour ses actes dénués de conscience. Il était bel et bien dénué de conscience. Et cela le hantait. Depuis toujours. Il s’inspirait à lui-même un profond dégout.  Qu’est-ce que tu es toi ? Comment peux-tu te respecter ? Ces questions l’obsédaient continuellement. Cette gamine lui avait lancé en pleine face tout ce qui le tourmentait. Et le pire dans ce discours, le plus insupportable, était qu’elle ne l’écœurait pas.  Ca, il savait le gérer. De la pitié. De la peine. Il était pitoyable, minable. Lui.  Jamais elle n’aurait pu le toucher autant en l’attaquant avec la plus grande puissance jamais enregistrée qu’avec ces simples paroles. Rin ne surpassait pas ses prédécesseurs qu’au niveau du Dôjutsu, sa maitrise des mots était plus aiguisé, plus puissante. C’était la une force bien plus destructrice. Et il réalisa alors le pouvoir qu’il avait sur elle. Cette gosse l’avait rendu vulnérable, abattu mais il pouvait la détruire. Et pour de bon. Réduire à néant l’être qu’elle était. Avec de simple mot. 

 

- Et toi, qu’est-ce tu es ? Articula-t-il d’une voix d’outre tombe. Le Flocon des Sables de Suna, ayant atterris au Pays du Vent suite au massacre des tiens.  Pourtant tu ne sais pas pourquoi il en a été ainsi, pourquoi ta vie a basculé. Alors si tu ignores la raison de cette existence, de ton existence, peux-tu me dire qui tu es ? 

 

- Quoi ? Eructa-t-elle. 

 

Un sourire terrifiant naquit sur son visage monstrueux. L’éclat de la vengeance pétillant dans ses petits yeux, il articula au ralentis :

 

- Moi je le sais. Je connais le fondement de ton existence.

 

Et il la ferait basculer à jamais. 

 

- Pourquoi et par qui les tiens ont été massacrés. Ce qui a fait de toi l’être que tu es. Moi je le sais.

 

Rin eut le souffle coupé. Son cœur sembla s’arrêter. Tout comme son esprit. Pas la moindre pensée. Pas la moindre sensation. Le vide. 

 

- Kiri a donné l’ordre d’anéantir les Yutsune. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yzak

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 19:55

Idée de musique pour la lecture

 

 

 

 

 

 

 

Brusquement Rin se mit assise. Prise de sueur froide. Le cœur battant à tout rompre. Peut être même avait-elle laissé échapper un cri sans le savoir.

 

- Qu’est-ce qui t’arrives ?

 

Se tournant vers la voix de l’Uchiha, elle distingua dans la pénombre nocturne son corps assis contre un arbre.

 

- Mauvais rêve. Marmonna-t-elle en se passant sa main gelée sur le front.

 

Bien sur, il s’en doutait, ces mots lui avaient échappés machinalement et un brin bêtement. Outre son brusque réveil, un large indice, ils s’étaient conté leur cauchemars fréquents dans la grotte. Cette confession avait d’ailleurs été pour lui un aveux phénoménal, synonyme de faiblesse.

 

- T’as pas l’air de t’en remettre, tu trembles. Fit-il remarquer, ne sachant que dire d’autre.

 

- C’est pas ça, j’ai froid. Saleté de coin, la nuit est aussi glaciale qu’humide. Maugréa-t-elle en se frottant les bras.

 

- Je sais, je sais, en dehors de ton désert rien de vaut le coup. 

 

Sans trop savoir pourquoi, il se leva et s’assit à ses côtés, lui jetant sur les épaules son large haut. Après tout c’était de sa faute si elle se trouvait la, à être frigorifiée. Et il n’aimait pas la voir trembloter de la sorte. 

 

- Mais et toi ? Tu vas mourir de froid. S’exclama-t-elle devant son torse maintenant nu. 

 

- Il fait pas si froid pour un humain normal je te signal et je suis pas une petite nature comme toi. Rétorqua-t-il avec une esquisse de sourire. 

 

Après un court silence et en dépit de son léger embarras, elle se décida à bredouiller :

 

- J’ai rêvé que… Le combat de demain, tu… Horrible. Tu mourrais. 

 

D’abord surpris et, avouons-le, un chouilla ravi d’apparaitre dans ses rêves, il préféra pourtant répondre d’un ton sarcastique :

 

- Ton inconscient a foi en mes capacités dis donc. 

 

- Pas plus qu’en les miennes. J’arrivais absolument pas à tenir face à son équipière. Terrifiant. Me suis jamais retrouvée dans une si mauvaise position, pas plus en rêve que dans la réalité. 

 

La tête posée sur ses genoux repliés contre sa poitrine et entourés de ses bras, elle semblait vraiment perturbée par ce songe. N’ayant, lui, pas le moindre problème avec ce genre de geste, il attrapa entre deux doigts une mèche de ses cheveux pour lui frotter la joue avec et ainsi lui faire tourner la tête vers lui. 

 

- Ton admirable confiance en toi aurait-elle volée en éclat ? Tout ça pour un rêvasserie de rien du tout. 

 

- Ca va pas, même une centaine de défaite n’aurait que le poids d’un gravillon dans la balance de ma foi en moi-même. Plaisanta-t-elle, arrachant au passage un léger rire à l’Uchiha. 

 

- Ca me semblait aussi improbable. De toute façon tu n’auras pas à vraiment la combattre, tu l’attaques et tu décampes.

 

S’attendant au moins à un acquiescement, il leva un sourcil suite au détournement de tête de Rin. Mauvais signe la connaissant.

 

- C’est ce que tu comptes faire n’est-ce pas ? Lâcha-t-il avec une once de menace dans la voix.

 

- Si j’ai l’opportunité de me trouver face à une de ces ordures de l’Akatsuki, je vais pas…

 

- Non. La coupa-t-il brusquement. Je ne veux pas que tu la combattes. Je plaisante pas. Tu arrêtes de suite ton délire, seule c’est trop dangereux.

 

- On croirait entendre Gaara. Ca te va pas au teint ce genre de discours de bienveillance. Répondit-elle le ton rieur. 

 

Cela avait beau le froisser au plus profond de sa fierté masculine, il articula difficilement :

 

- Je dois admettre qu’il a pas tord sur ce coup. Prend pas ça à la légère. Si on te le dit tout les deux c’est qu’il y a une raison. Tu mets de côtés ton égo et tu te contentes de l’éloigner. 

 

- Je n’ai pas peur de l’affronter. Ce serait aussi stupide que lâche de laisser passer une telle occasion. Et je te signal que si tu peux en combattre un, je le peux tout autant. 

 

- Et après c’est moi le pauvre con. Maugréa-t-il à mi voix. Fais comme tu veux, si ça te plait de te jeter dans la gueule du loup pour jouer la maligne. 

 

Sans connaitre le cheminement de pensée qui l’amena à se lever brusquement et taper de la paume de sa main dans l’écorce au dessus d’elle, Rin le regarda avec stupeur.

 

- Tu le fais exprès de m’énerver autant depuis que t’es arrivée ? S’exclama-t-il ensuite. 

 

- Mon pauvre ami, c’est pas mon affaire si t’as des problèmes pour contrôler ta colère.  Lâcha-t-elle d’un flegme irritant. En plus ce serait plutôt à moi d’être énervée. Ca t’as pas traversé l’esprit de simplement me remercier d’être venue au lieu de t’exciter sans arrêt ? 

 

Apparemment non, ce paramètre ne lui avait pas traversé l’esprit. Affichant soudainement une mine hébétée, il articula :

 

- Merci. 

 

Le tout arracha un éclat de rire cristallin à la jeune Yutsune. Décidemment quelle tête de nœud. Ils ne remarquèrent pas que son brusque emportement avait réveillé Karin, couchée sur le côté un peu plus loin, qui pourtant ne fit pas la moindre mouvement.

 

- Heureusement que j’ai un tempérament facile à vivre et que je suis pas susceptible hein. Lança Rin d’un ton rieur.

 

Le rire incrédule que cette réplique créa chez l’Uchiha fit presque s’étouffer la Ninja Sensoriel. Jamais elle n’avait entendu ce son. Bien que léger, il n’était pas moins étourdissant pour elle. Immédiatement une ardente jalousie s’épancha en elle, pourquoi cette fille le faisait-elle rire ? Surtout pourquoi l’avait-elle énervé de la sorte un instant auparavant ? Karin avait beau être aussi insupportable que possible, il restait constamment impassible. Quoi qu’elle fasse, jamais elle ne faisait naitre la moindre émotion chez lui. Bon sang, comment cette saleté de greluche y parvenait-elle ?

 

- Enfin, je ne t’en tiens pas rigueur. Je me doute de la raison. Déclara-t-elle à mi voix. La gaspille pas inutilement, reviens donc t’assoir. 

 

Le bruit étouffé qui s’en suivit fit comprendre à Karin qu’il s’était exécuté, exacerbant encore sa jalousie. Heureusement pour elle et son rythme cardiaque déjà bien élevée, elle ne vit pas la main de Rin se poser sur le bras de l’Uchiha lorsqu’il prononça :

 

- C’est pire que ça ne l’a jamais été. Plus ça s’approche, plus ça me dévore.

 

Irritée, Karin ne saisissait pas la teneur de leur propos. L’esprit encore embué par le sommeil, elle ne déduit pas qu’ils parlaient de sa haine. 

 

- Je sais. Souffla-t-elle. Tu te souviens de la dernière fois, j’étais pareil. Enfin, surement bien moins. Tellement moins. Tu m’avais dis que ça me rendrait plus forte, je suppose que tu sens aussi et plus jamais cette impression d’invincibilité, annihilant toute forme de crainte.

 

Apparemment ils partageaient non seulement des souvenirs mais bien pire des émotions, ce qui acheva de courroucer Karin.

 

- Oui, largement oui. Il avait raison, ça m’a bel et bien rendu puissant. Je le tuerais.

 

Sentant son corps collé au sien se contracter à ses mots et ses poings se fermer, elle serra son bras et enserra son poing dans sa main libre. 

 

- J'en suis certaine. Murmura-t-elle presque. Mais ça ne veut pas dire que tu gagneras.

 

- Tu sais très bien ce que j’en pense. 

 

Ses mots eurent l'effet d'un étau lui enserrant les poumons. Il ne lui restait peut être qu’une poignée d’heure à vivre. Elle n’y pouvait rien. De lourd perle larmoyante lui montèrent aux yeux. La regardant, il se contenta d’hocher la tête en signe de négation. Il ne voulait pas la voir pleurer pour lui. Doucement il lui ferma les yeux et fit glisser sa main dans ses cheveux pour lui pousser délicatement la tête vers lui. Et lui déposa un frêle baiser sur le front.

 

- Toi mieux que personne sait à quel point j’attendais ça. Le moment est enfin venu. Ne sois pas triste, je ne le suis pas, au contraire. 

 

- Tu invoques toujours la fatalité, c’est ainsi et on y peut rien, ta voie, ton but, pas de raison de s’attrister de son sort. Même si c’est ce que tu veux, ce que tu dois faire, c’est triste. Si tu en es incapable, laisse moi pleurer pour toi. Pour cette injustice, pour tes choix, pour la vie que tu as du abandonner et que, quoi que tu en dises, te manque. Je suis heureuse d’être venu t’aider, heureuse que tu renvoies ce monstre en enfer et heureuse de partager un peu ton fardeau. En te laissant déverser ta colère ou en versant des larmes à ta place. 

 

Voila pourquoi il lui avait envoyé ce message, pas seulement pour éloigner l’autre, au fond il brulait d’envie de l’avoir à ses côtés. Pour la énième fois, leur regard planté dans celui de l’autre, ils entendirent leur cœur battrent à l’unisson, leur dictant leur geste. Celui de déposer un chaste baiser sur les lèvres tant désirés. Lors d’un infime instant, son plus cher souhait aurait été d’envoyer tout valser, d’oublier sa destinée. Au moins un instant. De dévorer sa vie l’espace d’une nuit avant qu’il ne soit trop tard. Mais il en été incapable. Ou plutôt ne le devait pas. Il ne pouvait pas se laisser aller, se détourner de son but, surtout pas maintenant. Après une ultime danse de leur langue enflammée, les sens en émoi, il murmura bien bas :

 

- Il ne faut pas. 

 

- Je sais. Dit-elle de la même façon, le cœur douloureux. 

 

- J’ai envie d’être un peu seul. Repose toi. Je viens te réveiller à l’aube. 

 

Presque imperceptiblement, elle acquiesça. Le regardant s’éloigner, elle frôla sa bouche du bout des doigts. Peut être était-ce la dernière fois qu’elle sentirait cette onde chaleureuse lui traverser l’échine lors de leur baiser. Ne pouvant empêcher de se sentir coupable envers Gaara d’avoir à nouveau succombé à la tentation, son esprit s’enflamma. Il lui sembla qu’une éternité s’écoula, le temps s’égrainant sans fin, impossible de trouver le sommeil. A plusieurs reprises elle somnola et fit d’étrange rêverie à demi éveillée, aussi floue qu’angoissante. Elle en vint à supplier mentalement le soleil de montrer son nez, pour achever ce supplice mais s’en voulut bien vite, quoi que serait le dénouement de son combat Sasuke serait souillé du sang de son frère. Désirant pouvoir éteindre son fichu cerveau qui l’obligeait à penser, elle se força de toutes ses forces à s’imaginer être dans son lit confortable bercés par le bruit du vent. Et finit enfin par trouver un sommeil salvateur.

 

De son côté la Ninja Sensoriel, que nous aurions presque oublié, peinait à se remettre des dernières paroles de Rin. Elle pleurait à sa place. Le reste fut quasi inaudible pour Karin qui, de surcroit, était trop perturbée par cette courte tirade. Ce qui lui rappela bien sur son discours suite à ses excuses forcées au rouquin. Et enfin elle comprit. Pour de bon. L’essence de cette splendeur. Ne pouvant résister à la tentation de ce ravissement, elle se concentra un bref instant et se tourna légèrement en sa direction. En effet possédant des dons Sensoriels d’une extrême acuité, Karin pouvait détecter la présence d’un porteur de Chakra à une bonne dizaine de kilomètre, dissimuler le sien, identifier la quantité ou mieux encore retrouver la trace d’une personne en particulier grâce à son Chakra, percevant jusqu’au moindre de ses gestes. En plus de cela, en se concentrant, elle distinguait en quelque sorte la forme du Chakra, son empreinte, son essence. Ce qu’elle faisait en cet instant même. N’ayant pas ses lunettes, elle était une véritable taupe et ne put le distinguer très nettement. Malgré sa vision dès plus floue, elle n’en fut pas moins scotchée. Le spectacle lui rappela une émotion enfouie depuis longtemps, du temps ou elle était encore dans son Village d’origine, à Kusa. Cela remontait tant qu’elle n’avait plus que de vaporeux souvenir de cette époque et la vue de son Chakra flouté lui donna une impression de déjà vu. Impression que nous connaissons d’ailleurs tous des matins ou une radieuse lumière solaire bénit notre réveil. Filtrant à travers nos volets, berçant notre éveil d’une agréable sensation de bien être ou guidant nos pas en sortant de la chambre obscure. Les chauds matins estivaux ou les douces matinées hivernales lorsque le soleil brille de milles feux, semblant irradié d’allégresse, plongeant la maisonnée ainsi que nos esprits dans une délicate liesse. Lors de l’infime instant ou la première vision du jour n’est d’autre que la chaude lueur d’un soleil flamboyant une voluptueuse impression de tranquillité s’épand alors, comme si la nature faisait de son mieux pour annihiler les nuages de votre existence. Ce fut exactement cette sensation la, de ce genre de réveil, que lui évoqua le Chakra de Rin à la seconde ou elle le perçut au cœur des ténèbres de la nuit. 

A son arrivée elle avait de suite sentit que cette Shinobi possédait une grande masse de Chakra mais avait également ressentit une drôle d’impression, comme si quelque chose émanait d’elle, provoquant une sorte d’attraction. Après son discours qui l’avait profondément touchée, elle l’avait longuement fixé en tenant ses lunettes ce que Rin avait remarqué sans se douter pour autant qu’elle se concentrait pour distinguer son Chakra. Ce ne fut pas l’effort qui lui demanda tant de temps mais bel et bien la stupeur. Ce fut la première fois de sa vie que Karin en distinguait un pareil. Loin, si loin, de ceux des sbires ou prisonniers d’Orochimaru. Comme si un nez habitué à de fade odeurs fut soudainement emplie fragrance sucrée. Jamais elle n’aurait pensé qu’il soit possible de posséder telle splendeur. La Ninja ne sut pas combien de temps elle l’avait contemplé, l’espace d’un battement de cil ou l’éternité ? Seulement certaine d’une chose : pas assez longuement. Quitte à s’y bruler les yeux, elle aurait voulu l’admirer de plus près, être capable de le toucher, de le capturer. Longtemps elle était restée silencieuse, cherchant un terme pour le décrire. Radieux, presque éblouissant, lui vinrent immédiatement à l’esprit mais ne semblaient pas convenir. Ca allait au-delà d’un vulgaire rayonnement. Chaleureux. Voila, chaleureux collait à la perfection. Sans doute cela ôtait la magnificence volupté des descriptions poétique, à coup de mirobolante formule, pourtant cela allait de soi. A ceux qui oserait critiquer son choix, Karin rétorquerait qu’il n’avait pas leur mot à dire, ils n’avaient pas vu, eux. La beauté pure. Ils n’avaient pas ressentis, eux. La chaleur qui embrasait votre être. Vous donnant envie de s’y baigner à tout jamais, toute crainte ou tourment ne pouvant vous approcher, protéger par l’éclat même de la bonté. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce fut dans un silence, aussi lourd que sinistre, qu’ils suivirent Sasuke à l’aube en direction de son frère, de l’aboutissement de sa destinée. Aucun d’eux n’avaient eu une nuit au sommeil réparateur, Jûgo avait flâné dans la foret de bambou, un mauvais pressentiment lui enserrant l’âme, une violente jalousie mêlée d’une irritante admiration avait embrouillé l’esprit de Karin et Rin, trop angoissée, n’avait pas assez dormis au vu de ses frêles repos des trois derniers jours et surtout de ce qui l’attendait. Quant à Sasuke, sommeiller tenait d’une frivolité qu’il ne pouvait se permettre. Comme à chaque fois qu’elle avait passé une mauvaise nuit, la tête de Rin bourdonnait et la même question l’assaillait : Comment diable faisait Gaara depuis toutes ces années ? La jeune Yutsune regardait l’Uchiha, avançant en tête de file, certaine qu’il tuerait son monstre de frère. Elle devait lui faire confiance, il survivrait. Il remporterait la victoire simplement parce qu’il avait de bonnes raisons de l’emporter. Voila tout. Ou du moins elle tentait de se le faire croire. Qu’adviendrait-il de lui après en ce cas ? Quoi qu’il en dise, Rin savait que Konoha et sa vie d’antan lui manquaient. Peut être arriverait-elle à lui faire entendre raison. Secrètement elle espérait qu’après la lutte, ses anciens compagnons le retrouvent. Il avait beau jouer les durs, il ne les tuerait pas, elle en était persuadée. Tout rentrerait alors dans l’ordre. A la perfection. Se répétant cela tout au long du trajet, elle sentit le poids pesant sur sa poitrine s’estomper peu à peu pour laisser place à une sincère motivation. Profonde volonté et confiance en leurs talents. Ils achèveraient ces ordures. Et il aurait le droit à une fin heureuse, tant méritée. L’empressement de se dresser face à l’ignoble comparse d’Itachi la titillait. Pour tout le mal que cette affreuse organisation avait engendré, elle l’atomiserait. Comme suite à leur combat côte à côte, Sasuke et Rin se jetteraient au sol avec un rire soulagé. Il pourrait enfin regarder le ciel et y voir milles opportunités d’avenir. 

 

- Nous ne sommes plus très loin. Lança Karin, sortant Rin de ses pensées. Je détecte son acolyte près d’ici. Ils ne sont pas ensemble, je sens le Chakra d’Itachi bien plus loin.

 

- Elle doit être la pour vous éloigner de moi en ce cas.

 

La Jônin se garda de lui faire remarquer qu’ils avaient eu la même idée, voulant tout deux se faire face sans interférassions.  

 

- Ca ne change rien au plan. Fit t-elle remarquer.

 

- Ce sera peut être même plus aisé pour toi. Enchérit l’Uchiha. Si elle ne cherche qu’à vous empêcher de passer, laissez vous faire.

 

- Cause toujours. Maugréa Rin à mi voix. 

 

- Sasuke ! Invectiva subitement Karin, l’air affolé.

 

L’ignorant, il répondit à cette saleté de têtue qu’était Rin :

 

- Tu vas faire ce qu’on te dit oui ?

 

- Sasuke, je.. Tenta une fois de plus Karin.

 

- J’ai déjà désobéi aux dirigeants de Suna alors c’est surement pas toi qui va me donner des ordres.

 

- Rin, Sasuke, arrêtez… Je…

 

- C’est quoi ton problème ? Lâcha-t-il à Rin.  Je me demande comment ils peuvent te supporter tous.

 

- Enfin taisez…

 

- Moi en tout cas je connais le tien. Rétorqua-t-elle. T’as peur que je la descende avant toi et que je remporte la course comme l’autre fois. 

 

- Sasuke !

 

- Pardon ? Eructa-t-il. On était à égalité.

 

- J’ai largement ralentis pour te faire plaisir. Railla-t-elle.

 

Alors qu’il s’apprêtait à rétorquer, Jûgo se décida à intervenir d’une voix forte :

 

- Vous allez finir pour vous taire ? Karin essaye de dire quelque chose !

 

Comme s’il venait à peine de réaliser leur présence, ils se tournèrent vers elle avec un air hébété. 

 

- Tout de même. Fulmina cette dernière. Si ça vous ferez rien d’arrêtez vos imbécilités, je vous signal qu’on a un gros problème. Ce n’est pas la comparse d’Itachi. Ce Chakra… C’est… Je ne sais pas qui ça peut être mais je n’ai jamais rien vu de tel. C’est…

 

Brusquement interpellés par cette révélation, ils retinrent leur souffle tandis qu’elle cherchait ses mots, l’air terrifié. 

 

- Presque celui d’un Bijuu. 

 

- Quoi ? S’exclamèrent Rin et Sasuke en chœur. 

 

- Je ne pensais pas qu’un humain pouvait avoir une telle masse de Chakra, affolant. On dirait quasiment un Bijuu. Répéta-t-elle.

 

Avec un air triomphant, il se tourna vers la jeune Yutsune et lança :

 

- Alors toujours prompte à l’affronter ?

 

Ouvrant la bouche, aucun son n’en sortit et elle se contenta d’afficher une moue sceptique.

 

- Nous ne connaissons pas la raison de ce changement mais si tel est le cas, Sasuke tu ne peux pas te permettre de l’approcher. Déclara le rouquin. Nous ne savons rien de ses réelles intentions. 

 

- Il a raison. Assura la Jônin. On s’en chargera comme prévu, tu devrais retrouver Itachi. 

 

- Il n’est plus très loin, en avançant tout droit tu ne tarderas à sentir sa présence. Ajouta la Ninja Sensoriel. 

 

Doucement il acquiesça mais demanda tout de même :

 

- Ca ira pour vous ? Ce type ne semble pas humain, Rin…

 

Laissant sa phrase en suspens il la fixa l’air de dire «  Sois raisonnable pour une fois  » .

 

- J’entame une esquisse de combat et s’il est vraiment si puissant… Je décampe. 

 

Avec un léger soupire soulagé, il hocha la tête avant de s’éloigner. Brusquement elle sentit l’inquiétude monter en flèche et ne put se retenir de l’interpeler :

 

- Sasuke ! 

 

Tant de chose qu’elle aurait aimé lui dire, lui semblant pourtant d’une futilité rebutante en cet instant. Avec un faible sourire, elle articula alors :

 

- A tout à l’heure. 

 

Un de ses sourires en coin qui la faisait fondre naquit alors sur son visage lorsqu’il acquiesça une ultime fois. Un instant plus tard, il avait disparut entre les branchages. 

 

- A nous de jouer. Dit-elle ensuite, en s’élançant à nouveau. 

 

Activant ses pupilles pour déceler sa silhouette lorsqu’elle sentit sa présence, Rin ne tarda pas à la percevoir. Au loin, semblant assis sur une pierre. Leur faisant alors signe de s’arrêter, elle lança :

 

- Jûgo si tu te transformes et que tu perds le contrôle, j’aurais du mal à te maitriser tout en luttant contre un tel adversaire. Restez la tout les deux. Dès que vous voyez que je recule, partez sur le champs. Je suis rapide, je vous aurais rejoins avant que…

 

- Non mais quelle prétention. S’emporta Karin. Nous sommes aussi la pour aider Sasuke, avant toi même. Tu te crois donc tellement supérieur que nous ne serions qu’une gêne ?

 

- Ca n’a rien avoir. Tu m’expliques quelle aide tu pourras lui apporter s’il t’arrives quelque chose lorsque les équipes de Konoha seront à ses trousses ? Et avant tout je ne veux pas que vous soyez blessés. 

 

Les yeux écarquillés, elle resta bouche bée. Rin voulait… La protéger ? A force de côtoyer les sbires d’Orochimaru, Karin était habituée aux chefs envoyant leur subalternes en première ligne, droit au casse pipe, préférant les utiliser pour affaiblir l’ennemi que de se mouiller de suite. Il lui était presque inconcevable qu’un Shinobi souhaite affronter tel péril seul pour que ses compagnons restent sain et sauf à l’arrière. Elle n’eut pas besoin de se concentrer pour percevoir son Chakra, cette splendeur gravé dans sa mémoire, Rin irradiait de sa seule présence, son regard assuré suffisant à lui faire confiance. 

 

- Très bien, nous resterons ici. Formula le rouquin, qui n’avait pas besoin de voir son Chakra pour se douter de sa grandeur d’âme. 

 

Acquiesçant, la Jônin se volatilisa dans la foulée. En dépit de sa vive jalousie Karin s’étonna à espérer qu’elle reviendrait vite. Après quelques instants la jeune Yutsune se stoppa net, dangereusement proche de leur adversaire. Cachée dans des bosquets, elle désactiva le Kôrigan l’espace d’un infime moment et crut défaillir. Elle ne put réprimer un juron.

 

- C’est quoi ce… Murmura-t-elle. 

 

Son adversaire vêtu de l’immonde cape de l’Akatsuki, la lame d’une large épée recouverte d’écaille posée sur son épaule, n’avait en effet rien d’humain. De minuscule globe oculaire enfoncé dans un visage répugnant. La peau écailleuse et bleutée. Il ressemblait tout bonnement à un… Requin. Bon sang, quel était leur problème à tout ces tarés de cette foutue organisation à n’être que d’atroce créature vaguement humaine ? Se demandant s’il résultait d’une expérience ou s’il était possible de naitre ainsi, elle activa à nouveau le Dôjutsu. 

 

- Pas de panique, tu le congèles de loin et le tour est joué. Pensa-t-elle à voix basse.

 

« Ou alors si, panique »  Bon sang que se passait-il ? Elle avait beau se concentrer au maximum, sa température corporelle tanguait à peine. Pire, bien pire, qu’avec les êtres transformés au second stade du sceaux maudit. De toute ses forces, elle tenta de faire descendre sa chaleur comme jamais. Ce qui fonctionna… Légèrement. Il aurait du mourir une bonne trentaine de fois, s’il avait été… Humain. Ce physique, son Chakra démesuré, merde, qu’était-il ? Au vue de la teinte oranger de sa silhouette qui s’éclaircissait, il devait certainement être frigorifié. Simplement frigorifié. Une vague d’angoisse s’épandit en elle.  Lorsqu’un rire résonna. Celui de son adversaire. Un rire dès plus humain pourtant presque… Jovial. Elle le vit lever les mains vers son visage comme pour les examiner.

 

- Alors ça, qui l’aurait cru ? S’exclama-t-il subitement. Je pensais ne plus jamais ressentir cela. Comme quoi hein, on est jamais à l’abris de surprise !

 

Fermant et ouvrant ses poings écailleux au ralentis à cause du froid, il affichait un sourire stupéfait et semblait… Ravi. 

 

- Logiquement, ça veut dire qu’elle est dans le coin. Continua-t-il d’un ton enjoué. Bon bah on dirait bien que ça va être intéressant quand même.

 

Plus qu’abasourdi par cette scène surréaliste, Rin ne pensa même pas à entamer le moindre mouvement. Lorsque soudainement il disparut. Son regard affolé papillonna dans tout les coins à sa recherche. Elle ne put retenir un cri de stupeur. D’un seul coup il apparut devant elle. Dans la foulée, son énorme lame s’abattit sur Rin qui, louons sa grande vivacité, eut le temps de dégainer son épée pour parer le coup. Immédiatement il lâcha un autre éclat de rire. Promptement elle sauta sur le côté et essuya une rafale d’autre coup. Péniblement comme jamais. Son bras entier tremblait sous les assaults. La force de ce type était incommensurable.

 

- Magnifique ! Lança-t-il en riant presque. Combien d’années ça faisait, ma belle ? Elle t’avait manqué n’est-ce pas ? Quelle agréable surprise, hein, ma Samehada ? 

 

Samehada, la fameuse Samehada ? Rin eut du mal a essuyer le choc. Ce ne fut pas le fait que ce type s’adressait à son épée qui la surprit à ce point, non, mais le fait de comprendre qui était son adversaire. Samehada, la plus terrifiante de toutes les armes jamais crée. Ne tranchant pas mais déchirant la chair. Possédant une sorte de conscience propre. Et aspirant le Chakra. Reine des épées légendaires. Elle faisait donc face à Kisame Hoshigaki, certainement le plus puissant des épéistes de Kiri. 

 

- Je sais, je sais, ça nous rappelle la belle époque. Lorsque nous étions encore tous réunis. Me voila presque nostalgique et ma Samehada dès plus ravie. Ce joyaux qu’est Fuusetsu t’avait manqué ma belle, je sais.

 

Satomi, son oncle, l’épéiste légendaire avec pour arme première Fuusetsu le côtoyait. Voila pourquoi il connaissait la sensation engendrée par le Kôrigan. Ce type connaissait sa famille, peut être même l’avait-il vu enfant. 

 

- Si cette gamine la mérite tu dis ? Ca je n’en sais rien. Tu as raison, nous devrions le vérifier. Et si ce n’est pas le cas ? Nous ne pouvons en faire usage mais il serait outrageux de la lui laisser. 

 

Ces mots résonnèrent comme d’irritant petit pics titillant la fierté de Rin. Epéiste légendaire ou pas, pour qui se prenait-il de l’ignorer de la sorte et pire d’oser la croire inapte de posséder son héritage ? 

 

- Tais toi donc. Lâcha-t-elle d’une voix impétueuse. Tu te rends ridicule. Au lieu de jacasser, viens donc te rendre compte par toi-même que je peux cesser de te faire piailler. 

 

Avec un sourire de ravissement, il s’adressa enfin à elle :

 

- C’est encore plus surprenant que ce que je pensais. J’ai l’impression de me retrouver face à Satomi. L’arrogance et l’inconscience se transmettent alors. Voyons si tu peux te permettre de l’être, comme lui le pouvait.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yzak

 

 

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